Contre le définancement de groupes de femmes du Sud

COMMUNIQUÉ

Femmes et Ministères – Femmes et hommes pour l’égalité en Église appuie la déclaration de la collective L’autre Parole.

Québec, le 29 mars 2021. Indignation – Femmes et Ministères est indigné, mais sans être étonné, devant le définancement de partenaires du Sud, à la suite de la publication du communiqué conjoint de la CECC et de Développement et Paix annonçant la fin de la collaboration avec près de 40 % de partenaires, ainsi que le refus de publier le rapport final.

Ce Rapport, analysé par des journalistes de Présence information religieuse, nous apprend que sur les 63 partenaires dont le dossier a été soumis à une révision, 20 ont vu leur financement maintenu tandis que 24 partenaires sont définancés parce qu’ils n’ont pu fournir, à la satisfaction de la CECC, les éclaircissements sur des « préoccupations relatives à des prises de position ou à des actions qui contredisent l’enseignement social et moral de l’Église », plus précisément sur les pratiques concernant la santé sexuelle des femmes. Les autres partenariats sont arrivés en fin de parcours.

Respect des principes fondateurs de la justice sociale

Femmes et Ministères croit que l’enseignement évangélique appelle plutôt à se mobiliser pour assurer la dignité de tout être humain. C’est le coeur même de l’enseignement social de l’Église qui est aussi à l’origine de la mission de Développement et Paix. Nous ne comprenons pas comment la Conférence épiscopale elle-même a pu réduire son analyse des organismes partenaires à partir d’autres critères qui ont mené à leur définancement.

Or les organismes visés sont très souvent dédiés à la défense des femmes violentées, agressées, violées, laissées sans soutien, et qui ont besoin de soins et d’accompagnement. Ils ont droit à notre respect, à notre solidarité et à nos partages.

Solidarité avec les organismes d’aide aux femmes en situation de détresse

Avec nos soeurs de la collective L’autre Parole, et en sororité avec nos soeurs du Sud aux conditions de vie précaires :

Face au processus d’examen inqualifiable parce que contraire aux principes de droit et de justice sociale et vraisemblablement sans une connaissance approfondie de l’action concrète qu’exercent les partenaires sur le terrain et sans une consultation préalable des communautés religieuses canadiennes présentes dans ces pays;

Face aux conséquences du définancement qui entravera le travail des partenaires qui, avec de faibles moyens, travaillent au relèvement de femmes aux difficultés de tous ordres et précarisera encore plus les conditions de vie de celles-ci;

Femmes et Ministères réaffirme sa solidarité avec les femmes du Sud, comme elle l’a fait à l’automne 2019, en intervenant pour soutenir Fanm deside, organisme dont le subventionnement était alors remis en question.

En attente d’une gestion crédible : juste, éclairée et transparente

Face à cette situation inacceptable et à ses conséquences,

Femmes et Ministères appuie la déclaration que la collective L’autre Parole a publiée, le 17 mars 2021, et s’associe à ses demandes pour réclamer une gestion juste, éclairée et transparente des projets des partenaires du Sud, soit :

1) que le rapport final, avec les noms des partenaires exclus, soit rendu public;
2) que le vote du Conseil national de Développement et Paix soit reconsidéré pour que ses membres puissent voter en toute connaissance de cause et pour que les partenaires exclus aient droit au préalable à une défense pleine et entière;
3) que la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) cesse immédiatement sa pratique d’ingérence et de mise en tutelle de Développement et Paix, notamment dans le choix des partenaires du Sud et en étant surreprésenté au Conseil;
4) que les principes fondateurs de la doctrine sociale de l’Église, de justice, d’égalité, de dignité des personnes, de bien commun et de solidarité, redeviennent le fil conducteur des pratiques de discernement libre et autonome de Développement et Paix pour établir ses partenariats.

De plus, Femmes et Ministères demande expressément à la conférence épiscopale de revenir sur sa décision d’approuver tout nouveau partenariat que Développement et Paix voudrait instituer avec des groupes du Sud. La volonté d’imposer un tel contrôle clérical est en opposition frontale avec l’appel à la synodalité du pape François et à son désir que des personnes laïques et, en particulier, des femmes participent aux processus délibératifs dans l’exercice de la mission.

Enfin, faudrait-il rappeler à la conférence épiscopale que le point de départ de l’examen d’un partenariat doit d’abord être le regard de Dieu sur les gens des périphéries ainsi que le suggère la lecture de FRATELLI TUTTI.

Source : Femmes et Ministères – Femmes et hommes pour l’égalité en Église

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