Reine Antier (1801-1883) – Femme de foi et d’audace

Reine AntierLe dynamisme apostolique de Reine Antier continue d’inspirer la mission des Sœurs de l’Enfant-Jésus de Chauffailles en relation avec l’évolution du monde et en réponse aux besoins actuels de l’Église. Une brève traversée de leur histoire aidera à faire ressortir les traits qui caractérisent l’engagement prophétique de leur fondatrice.

Enracinement au Puy

La congrégation des Sœurs de l’Enfant-Jésus de Chauffailles est une branche de la Société de l’Instruction du Saint-Enfant-Jésus du Puy, fondée au Puy-en-Velay en 1667, par Anne-Marie Martel et deux prêtres de Saint-Sulpice. Ces Dames se livraient à l’éducation et à l’instruction de la jeunesse. Reine Antier est née à Lausonne en 1801 d’une famille aisée et très chrétienne où elle a appris à respecter toute vie et à aimer chaque être pour qu’il se reconnaisse aimé de Dieu. Elle a fait ses études à l’école de l’Instruction du Saint-Enfant-Jésus du Puy. En 1823, elle devient membre de cette Société et reçoit le nom de sœur Augustine.

En 1846, pour répondre à un besoin du diocèse d’Autun, la supérieure du Puy envoie Reine Antier prendre la direction de l’école des filles à Chauffailles; elle y est appréciée pour sa sagesse, sa grande bonté, la clairvoyance de son jugement et sa riche expérience dans l’enseignement. Dès la première année, l’attention à la vie des habitants l’incite à ouvrir avec ses sœurs une garderie pour les enfants laissés seuls pendant que leurs parents travaillent aux champs ou au tissage. Elle met tout en œuvre pour former, par l’éducation des filles, des chrétiennes et de bonnes mères de famille. Rapidement, elle perçoit l’urgence d’évangéliser non seulement les enfants mais la famille entière. Alors, elle crée des rassemblements pour les filles, pour les femmes et pour les hommes. Les oeuvres hospitalières sont nées dans la Congrégation le 27 août 1848, jour où Reine Antier accueille son premier malade. Sa compassion pour les malades, les pauvres et les disgraciés était sans limites. Douze ans plus tard, la Maison de Chauffailles possédait un florissant noviciat et soixante-dix établissements répartis en cinq diocèses. De toute la région, on lui demande des sœurs formées selon sa méthode et son esprit.

Fondation à Chauffailles

Dès 1857, l’évêque d’Autun entreprend des démarches pour détacher la communauté de Chauffailles de celle du Puy. Le 14 septembre 1859, Mgr Bouange publia le décret d’érection de la congrégation des Sœurs de l’Enfant-Jésus de Chauffailles alors formée de 14 novices et 78 religieuses professes avec sœur Augustine comme supérieure générale.

Dès sa jeunesse, deux passions ont habité Reine Antier : partager avec les enfants son avoir et son savoir; visiter et aider les personnes pauvres et âgées de son voisinage. Après la fondation de la Congrégation, elle fera des plus pauvres une priorité apostolique, tant auprès des jeunes, des malades ou d’une région entière. À partir de 1877, elle participera à l’évangélisation à l’extérieur de la France alors qu’elle enverra, à la demande de Mgr Bernard Petitjean, pmé, le premier contingent de sœurs au Japon.

Reine Antier mourut le 28 octobre 1883, à l’âge de 82 ans, après avoir travaillé à l’ouverture de 127 établissements. La Congrégation comptait alors 356 religieuses professes, 16 novices, 7 postulantes et 111 établissements. La congrégation des Sœurs de l’Enfant-Jésus de Chauffailles a été reconnue de droit pontifical par le Pape Pie XI le 17 juin 1931.

Conséquences de la Loi Combes

En 1901, Émile Combes, à la tête de la République française, déclencha une vive offensive contre les congrégations religieuses. Cent deux des écoles des Sœurs de l’Enfant-Jésus furent fermées et les sœurs en furent expulsées. Chacune d’elles choisit alors personnellement sa voie : poursuivre la présence dans le monde scolaire en renonçant à tout signe de consécration religieuse et à tout lien visible avec la Congrégation ou bien quitter l’enseignement et inventer d’autres manières de vivre l’éducation chrétienne, en paroisse et hors frontières. Leur choix a lancé les sœurs sur de nouveaux chemins d’évangélisation. Déjà présente au Japon (1877), la Congrégation a essaimé alors en Italie (de 1904 à 1938; de 1965 à 1988), au Canada (1912), en République Dominicaine (1969), au Tchad (1980) et au Cambodge (2002).

Ministère de présence

Dans la vie de Reine Antier, tout était centré sur l’amour et la contemplation du Verbe fait chair. « À la suite de leur Fondatrice, les Sœurs de l’Enfant-Jésus de Chauffailles sont appelées par le Père  à manifester le mystère d’amour d’un Dieu qui se fait enfant en Marie. Elles se consacrent à l’éducation chrétienne spécialement auprès des jeunes, des malades et des pauvres, de préférence en milieux moins favorisés. » (Charisme et mission)

Influencé par les spiritualités sulpicienne et ignatienne, le projet évangélique de Reine Antier correspondait à des appels du temps avec une attention spécifique pour les personnes moins nanties. L’impulsion donnée par Reine Antier s’est transmise jusqu’à aujourd’hui. L’héritage sulpicien-ignatien est une sève qui alimente encore la vie spirituelle, communautaire et apostolique des Sœurs de l’Enfant-Jésus. La contemplation du mystère de l’Incarnation les conduit à l’engagement auprès des frères et sœurs en attente de justice et d’amour. Dans la simplicité, elles vivent leur mission d’éducation chrétienne en se faisant proches de ceux et celles vers qui elles sont envoyées par une présence compatissante et aimante. Transformer le monde en y ajoutant une touche de tendresse et de paix, n’est-ce pas faire œuvre d’incarnation?

Georgette Sirois, rej

Pour plus de détails, visiter le site www.soeursdelenfantjesus.com

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A propos Georgette Sirois

Infirmière de formation, Georgette Sirois fait partie de la congrégation des Sœurs de l'Enfant-Jésus de Chauffailles. Membre du réseau Femmes et Ministères, de l’Association des religieuses pour les droits des femmes et du Comité des personnes associées de sa Congrégation, elle est également engagée à La Clarté-Dieu, organisme qui fait le lien entre la foi et les arts et s’intéresse à la mission du Parvis, lieu de parole pour la vitalité de l’Église de Québec.

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