Virage 2000 – Quelques questions et réponses à la suite de la table ronde

Question.

La question se rapporte à la stratégie qui consiste à  travailler avec toutes les femmes même si elles ne se réclament pas de la religion catholique ou même si elles ne sont pas chrétiennes.   Bomarlet,  grand humaniste, affirme : « Personne ne vous libérera si vous ne le faites vous-mêmes, il faut vous libérer de l’esclavage mental ». Je me demande  quelle  stratégie avoir pour travailler en communion avec toutes les femmes, mais je ne sais pas si les revendications spécifiques des femmes en Église sont appuyées par d’autres femmes. Avons-nous  comme stratégie de les sortir de nos groupes restreints ou de travailler un peu isolées,  ou d’y aller à petits pas?

Réponse de Françoise David

Je trouve que c’est une question intéressante. Je vais faire un petit peu d’histoire. En fait, je pense qu’avant la Marche de 95, pour une très large part dans le mouvement des femmes, il y avait une ignorance à peu près absolue des combats que les femmes menaient dans l’Église catholique.  Je pense qu’il y avait beaucoup d’ignorance, j’irais jusqu’à dire des préjugés. Les années 60-70 ont été des années de grands balayages, de remises en questions du pouvoir de l’Église. Un certain nombre de gens de ma génération, hommes et femmes, ont décidé que c’était très loin d’elles et d’eux, et ont oublié qu’il y avait dans cette Église des hommes, des femmes qui travaillaient au ras les pâquerettes, non seulement à porter la parole d’un Dieu mais à lutter contre la pauvreté par exemple. Donc la Marche de 95 a été, pour beaucoup de femme, le moment d’une découverte d’abord de la présence de femmes dans l’Église et d’une présence active et intelligente, aussi que ces femmes étaient prêtes à appuyer d’autres femmes. La Marche a permis ce genre de rapprochement.  Dans la préparation de la Marche de l’an 2000 il y avait une représentante de « Femmes et Ministères » au comité de coordination mondiale de la Marche, plusieurs groupes de femmes en Église ont fait partie de la coalition nationale des femmes. C’est un changement assez radical.

Tout cela pour dire que vous, femmes en Église, vous êtes mieux connues et énormément appréciées. Mais il reste un pas très important : faire connaître aux autres femmes votre situation. Vous êtes modestes, vous n’expliquez pas assez qui vous êtes, ce que vous faites, l’importance de votre travail et quel est votre combat. À la question posée je dirais oui il y a des possibilités énormes d’appuis des femmes à vos combats, encore faut-il que vous en parliez  très ouvertement et très clairement.

Réponse de Léa Cousineau

Une réaction, c’est de développer des façons habiles de faire entendre la parole dissidente. Faire entendre la parole dissidente ce n’’est pas toujours facile parce que ça suppose que l’on a un certain bout de chemin de fait à l’intérieur même de l’institution pour ne pas y perdre sa crédibilité à partir du moment où on devient porte-parole de la parole dissidente, L’histoire du Québec est faite de la contribution des hommes et des femmes qui ont fait entendre la parole dissidente avec force, vigueur et qui sont maintenant reconnus par l’histoire par les institutions elles-mêmes.

Question.

Vous semblez toutes les quatre opter pour des objectifs de radicalité. Et vous savez que nous n’avons pas été formées comme cela en tant que femmes en Église. Alors, comment concilier la radicalité avec laquelle il faut croire beaucoup pour avancer et la douceur qui nous caractérise?

Réponse de Denise Veillette

J’ai insisté sur le fait d’un changement radical à la suite du constat que les petites changements que nous faisons ne semblent pas avoir toute la portée efficace relative à l’effort déployé depuis des années. (…) Le temps est peut-être venu de questionner l’Église plutôt que les femmes. L’Église en tant qu’institution est appelée à changer. En disant cela, je ne veux pas nier ni annihiler l’Église dans sa forme actuelle, mais repenser une autre forme d’Église. Je vois une mutation de l’Église. Il me semble que l’Église doit changer, être autrement.

Dans un monde post moderne, toutes les institutions sont remises en question. En ce qui concerne l’Église, ce n’est pas facile, on ne peut parler de démocratie à l’état pur…comme on l’instaure dans les autres institutions.  Mais l’Église ne peut être le parent pauvre des institutions du 21e siècle. Alors….

Réponse  de Françoise David

Moi je pense qu’on a tellement été conscrites à la douceur, on n’a pas eu beaucoup le choix à vrai dire.  Mais là où on est embêtées quand une femme exprime sa colère, c’est très mal vu. On va encore aujourd’hui dire qu’elle n’a pas de bon sens, qu’elle pogne les nerfs, qu’elle est hystérique. Si c’est un homme c’est une preuve de virilité. Et moi ce qui m’amuse chez mes adversaires et ils sont nombreux, ils reconnaissent ma capacité à rester calme. Je me fais dire cela régulièrement.  Cependant, j’ai compris qu’une arme intéressante des femmes, c’est la capacité d’exprimer, dans des réunions une colère extraordinaire en restant calme. Si vous saviez l’effet que ça fait là essayez-le…

Mais  je pense qu’il faut qu’on assume nos colères sincèrement. Cela dit, je trouve en même temps que cette capacité qu’on a développée, peut-être qu’on n’a pas eu le choix, mais elle fait partie des acquis des femmes, cette capacité qu’on a de vouloir le dialogue, de vouloir d’abord essayer de convaincre avant de se choquer. Au travail, les femmes montent bien leurs dossiers, il ne faut pas perdre cela… la douceur, ce n’est pas une faiblesse, c’est une qualité. Sauf qu’il ne faut pas que ça devienne de la mièvrerie? Il ne faut pas que la douceur soit soumission, démission, résignation.

Donc j’ajoute aussi en réponse à la question sur les objectifs visés radicaux que nous sommes toutes des femmes assez réalistes pour savoir que nous les atteindrons dans un certain temps,  et qu’entre temps il faut bien vivre, il faut bien survivre, beaucoup d’actions peuvent être faites et qui ne sont pas toujours de l’ordre de « là on monte aux barricades ». Mais c’est vrai qu’à mon avis vous allez avoir des choix à faire entre les silences, les alliances mais discrètes, pour que ça ne paraisse pas trop, la non-confrontation et un moment donné dire clairement c’est ça. Appeler un chat, et le faire savoir non seulement à l’interne mais à l’externe. Mais je suis consciente que ça prend beaucoup de courage, beaucoup de solidarité. Mais c’est possible.

Question.

Ma question s’adresse à madame Patricia. Quand vous avez mentionné l’Esprit Saint, cela m’a beaucoup touchée. Nous sommes ici des femmes en Église et pour moi l’Esprit Saint    c’est une personne qu’on ne peut voir ni entendre, mais qui est bien agissante, c’est une alliée. L’Esprit habite tout le monde et l’esprit de changement que nous souhaitons, c’est un fruit de    l’Esprit. Voici ma question : avez-vous dans l’Église anglicane, à l’occasion de la Marche  des femmes des revendications spécifiques, ecclésiales concernant les femmes?

Réponse de Patricia Peacock

Je ne pense pas. Mais à partir d’aujourd’hui, j’aimerais développer cette interrogation dans mon Église.

Question.

On nous dit qu’il nous faut prendre notre place, créer des alliances. On dit aussi, devant certains refus relativement à l’ordination que le plus beau cadeau à faire à l’Église     catholique, c’était de devenir protestante.  Ainsi, il n’y aurait plus de pression…

Réponse de Patricia Peacock

J’aimerais supporter les femmes dans l’Église catholique de toutes sortes de façons possibles. Comme je le disais à la fin de ma présentation, c’est dommage de voir des femmes quitter l’Église catholique parce qu’elles sont acceptées dans l’Église anglicane. J’aimerais mieux vous supporter afin que l’accès aux ministères ordonnés soit accepté dans votre Église.

Question.

Souvent pour nous parler de l’ordination des femmes c’est faire lever des barricades. À travers votre expérience, que ce soit dans l’Église anglicane ou dans d’autres milieux, est-ce que vous avez des suggestions à nous faire pour rejoindre ces personnes qui nous mettent des freins et que nous aimerions approcher? Peut-être n’avons-nous pas l’habilité, ni les bons moyens pour y arriver.

Réponse de Patricia Peacock

Ma réponse concerne notre conviction de l’importance de l’ordination pour les femmes. Je dirais aux gens de l’Église catholique qui sont favorables à l’ordination des femmes de rester sur leur conviction. Si les gens de l’Église ont dit non aux femmes, il faut dire non à ce non.

Personnellement, j’approche les gens par ma propre expérience. C’est ma conviction qui m’a poussée là où je suis maintenant. La vérité de ce que vous êtes, la force de vos convictions en regard es femmes est importante. (…) Je comprends votre question, je comprends aussi la difficulté des barricades.

Réponse de Denise Veillette

Peut-être que c’est heureux que les femmes n’aient pas encore accès à l’ordination. Je m’explique. Il faut comprendre ce qui se passe dans ce qu’on appelle le pouvoir clérical. C’est l’imbrication très forte de ce qu’est le pouvoir et de ce qui est lié à la fabrication du sacré. C’est un pouvoir qui lui donne tous les droits. (…) Quand on repasse les arguments contre l’ordination des femmes, il y a ceux qui renvoient à la tradition, à l’Écriture, à la symbolique. À ce sujet de la symbolique, il y aurait beaucoup à dire. Je voudrais rappeler trois éléments à considérer en parlant d’un pasteur protestant hommes et un pasteur protestant féminin.  Dans les deux cas, le sentiment d’appartenance est le même, la formation est la même. La différence si situe au niveau symbolique. La femme a ses lettres de noblesse quant à la tendresse, à la charité, à l’amour mais elle a beaucoup moins de crédibilité quant au pouvoir.

Réponse de Françoise David

Juste un mot. Je pense que la difficulté que les femmes rencontrent est la même que celle que l’on rencontre quand on travaille avec des gens qui pour toutes sortes de raisons n’ont pas eu accès à l’éducation. Beaucoup vivent dans la pauvreté, dans l’exclusion, dans l’insécurité. Le changement fait peur. (…) Je comprends très bien les résistances au changement surtout quand le sacré est impliqué. Toutefois, avec de nouveaux modèles qui apparaissent, on peut changer les choses.

Question.

Je me demande si la lenteur actuelle que nous vivons face à l’ordination des femmes ou d’hommes mariés, peut favoriser le développement d’une nouvelle perspective ecclésiale et ministérielle où hommes et femmes, laïques pourraient travailler ensemble dans un ministère de direction ?

Réponse de Denise Veillette

Je dirais que dans ce sens on pense à une forme renouvelée du leadership, un leadership partagé, décloisonné, diversifié entre hommes et femmes, entre clercs et laïques. Concevoir une autre forme de leadership qui implique des ministres pluriels afin que tout ne repose pas sur une même personne, un individu sacralisé.

Réponse de Patricia Peacock

Je trouve vos questions d’une grande profondeur, votre engagement incroyable. Ma tête est bouleversée par vos idées et vos engagements. J’essaie de répondre à vos questions sur le ministère de direction. Dans l’Église anglicane, il y a un mouvement profond où on change ce périmètre où il y l’évêque, les prêtres, ensuite les laïques.  Nous essayons de considérer d’abord les laïques et de reconnaître vraiment ce qu’ils font dans l’Église. Ainsi l’évêque  a nommée la première laïque comme chanoine de la cathédrale. Il y a une reconnaissance de la valeur du travail des laïques et la reconnaissance que l’avenir de l’Église repose sur les laïques…

 

Commentaire.

Je viens du Brésil et je tiens à faire quelques commentaires.

Une intervenante vient de dire qu’il fallait transformer profondément les structures, l’Église et la manière d’exercer le pouvoir. Elle ajoutait qu’il faut aussi changer nos mentalités. Je     pensais à ce moment là pour être vraiment dans l’Église des sœurs et des frères. Voilà ce qui est essentiel.

Nous croyons qu’il y a vraiment une exigence de révision sérieuse du système de légitimation de l’autorité dans l’Église catholique à partir d’une référence démocratique, inclusive. Nous croyons aussi qu’il faudrait revoir le système philosophique et théologique qui soutient les positions actuelles de l’Église.

Nous parlions aussi d’objectifs radicaux, ce sont même des objectifs révolutionnaires et c’est difficile de les atteindre du jour au lendemain. Je pense à un processus qui est déjà en place au Canada et qui consiste à créer des alliances avec d’autres associations religieuses. Dialoguer dans le respect des différences. On doit travailler minutieusement pour avancer.

J’ajouterais qu’il est important que l’Église catholique romaine ne s’identifie pas à l’État du Vatican qui est un état politique masculin, un pouvoir politique qui détruit les intuitions religieuses de la tradition chrétienne.

Comment vivre le partenariat? Je pense qu’il faut le vivre dans des structures renouvelées, renouvelables et changeables…

 

Commentaire.

Je suis de Montréal, j’assure la responsabilité de directrice de pèlerinage à l’Oratoire St-Joseph. Bon vous avez toutes compris que si je peux assumer cette responsabilité là c’est qu’on manque de prêtres à l’Oratoire et que j’ai dû arriver bien bardée, bien préparée.  Mais je dirais, au delà de la fonction, c’est clair pour moi que si l’Église catholique était plus ouverte, je serais prêtre aujourd’hui.  Pour dire ça dans des mots qui me rejoignent davantage je suis sûre que Dieu m’a donné le charisme de pasteur et si je ne peux pas être prêtre il n’y a rien qui m’empêche d’être pasteure à la suite de Jésus et ça c’est important pour moi. Et ce qui m’a beaucoup frappée évidemment du témoignage de Patricia c’est quand elle nous dit l’importance de l’Esprit-Saint. Pour moi comme femme c’est très important parce que quand c’est clair en terme de discernement que j’ai à être pasteure ou que je suis appelée à aller au bout de ce charisme en assumant les fonctions sacerdotales, il n’y a rien, il n’y a pas un argument qui peut jouer contre ça. Je vous rejoins aussi beaucoup quand vous avez dit Patricia et d’autres, il faut oser, il faut oser poser des gestes et à la rigueur être délinquante. (…) Il faut oser aller chercher des alliés, des alliés tant chez les prêtres que dans le peuple de Dieu.

 

Commentaire.

Nous sommes à la recherche de stratégies. Il faut nous demander quels sont les objectifs à long terme que nous voulons atteindre. Est-ce une réforme, est-ce que c’est radical en partie, qu’est-ce que nous pouvons penser gagner tout de suite. Quelles sont nos alliances, quelles sont les forces de nos alliances, que sommes-nous prêtes en mettre en jeu?

 

 

Commentaire.

 

La question qui m’a particulièrement intéressée c’est l’alliance possible entre les féministes chrétiennes et les autres féministes québécoises. Ce qui se passe avec la Marche mondiale des femmes est intéressant. Ce projet a été mobilisateur pour les chrétiennes féministes et aussi qui je pense qu’il nous amène à élargir la  problématique « Femmes et religion ». La critique féministe du religieux redevient pertinente et importante.

 

Je pense que la question spirituelle importe, je dirais Dieu importe, la question ultime importe. Je dirais aussi que, pour toutes les femmes de toutes les traditions spirituelles et religieuses, la question spirituelle importe. À la limite, pour les femmes qui ont quitté le religieux, il n’y a pas d’espace de liberté femme dans le monde spirituel.  Pour moi, ce serait une autre façon de considérer la question « femmes et religion ».  Un rêve pour moi ! Dans cette optique, ce serait de développer des espaces de liberté pour les femmes, pour dire Dieu, pour dire leur quête spirituelle. Ainsi je m’inscris comme femme intéressée par le religieux de l’intérieur du religieux, mais on peut aussi faire des critiques plus neutres ou plus extérieures des phénomènes religieux.

 

Commentaire.

Je suis directrice à l’Entraide Missionnaire à Montréal. Ce groupe qui a été initié par des communautés religieuses du Québec dans les années 70-75, cet organisme s’est défini comme organisme autonome d’Église, j’insiste sur le mot « autonome ». Nous avons un petit bout d’histoire sur l’autonomie…fragile.

Je voudrais juste pour notre mémoire collective rappeler un événement en lien avec des questions posées ce matin et qui m’ont beaucoup rejointe. Quand est-ce qu’on va prendre un espace au niveau de la parole publique? Quand est-ce qu’on va sortir de nos silences collectifs? Mais j’aurais juste le goût de dire que prendre parole ça fait mal. On a parlé d’avoir mal à l’Église, mais prendre parole dans l’Église ça fait mal à l’Église et ça fait mal à la parole.

Je nous rappelle un fait, il y a 10 ans maintenant, on avait organisé un congrès à l’Entraide missionnaire comme à chaque année sur différentes thématiques liés aux enjeux à la conjoncture nationale, internationale tant au plan civil qu’au plan ecclésial. Une année on avait eu la bonne ou la mauvaise idée de faire un congrès sur la démocratie dans nos sociétés civiles du nord et du sud et la démocratie dans l’Église. À la fin du congrès, on avait pris une parole collective sur 4 enjeux très précis, entre autres, sur le fait d’avoir imposé le silence à des femmes en Église qui essaient de dire autrement la théologie, autrement le sacerdoce, autrement les enjeux sociaux etc. La prise de position avait été publiée dans les journaux du Québec, le Devoir, la Presse, etc.

Le lendemain, il y a eu lobbying entre certains évêques du Québec et certaines supérieures majeures du Québec pour demander : qui sont ces gens là, à qui rendent-ils des comptes?  C’est pour vous dire que si on prend parole et qu’on prend parole comme femme dans l’Église et qu’on remet en question le modèle patriarcal et qu’on revendique des valeurs de démocratie, d’égalité, de sororité, cela va faire mal. D’où l’importance des alliances avec d’autres groupes de femmes.

 

Commentaire.

Une participante nous a fait part d’une importante question : quand allons-nous penser à la transmission intergénérationnelle et faire une place aux jeunes femmes.  C’est urgent ! Je m’inscris dans la suite  de la question de la transmission. Madame Cousineau nous rappelait la nécessité de connaître l’histoire de l’institution et de la lutte que les femmes ont menée dans l’Église. Beaucoup de personnes ignorent cette réalité. Elles ne connaissent pas ce visage de l’Église.

Je veux aussi dire un mot de l’appartenance à l’institution, de la foi en l’institution ecclésiale. L’appartenance à l’institution elle est certainement perçue différemment de nous  par des femmes dans la trentaine, par exemple. L’appartenance à l’Église peut-être « plurielle ». Une appartenance plurielle qui fait qu’on sent les choses différemment et c’est important d’en tenir compte si on veut que d’autres jeunes femmes puissent adhérer à nos luttes.

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