35 ans déjà – Lettre pastorale de Mgr Bernard Hubert, évêque de Saint-Jean-Longueuil

Tiré du recueil Les évêques du Québec et du Canada et la question des femmes en Église par Annine Parent

bernard-hubertLe 7 décembre 1981,  Mgr Bernard Hubert, évêque de St-Jean-Longueuil, publiait une lettre pastorale sous le titre « Une complémentarité réciproque ». En 1981, alors qu’il était président du comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec, Mgr Hubert invitait chaque diocèse du Québec à désigner une répondante à la condition féminine.  Dans sa lettre du 21 avril 1981 Mgr Hubert dira : « Depuis un an, le dossier de la condition des femmes dans l’Église et la société est un des dossiers prioritaires du Comité des affaires sociales ».

UNE COMPLÉMENTARITÉ RÉCIPROQUE

1.    En [1981], le Conseil diocésain de la pastorale du diocèse de Saint-Jean-Longueuil me présentait six recommandations concernant la condition des femmes dans notre milieu. Entre autres, on me demandait de publier une lettre pastorale sur ce sujet. Était-ce pour souscrire à la mode du temps qui fait du féminisme une question d’avant-garde ? Y a-t-il chez nous des problèmes à cet égard qui justifient semblable intervention ? Pourquoi un évêque prend-il la parole sur la condition des femmes dans l’Église et la société quand son rôle prophétique doit consister en l’annonce de Jésus-Christ ?

2.    Il est évident que la recherche d’un nouvel équilibre entre femmes et hommes dans l’Église et la société constitue aujourd’hui un « point chaud ». Dans un monde sensible aux droits humains, l’égalité entre femmes et hommes est perçue comme une exigence fondamentale de la vie en société. Pour les chrétiens, il va de soi que le Royaume de Dieu abolit toute domination d’un groupe sur un autre puisque dans l’unité vécue en Jésus-Christ « il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave, ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme[1] ». Pourtant, cette recherche est réalisée dans l’ambiguïté et le conflit. Pour certains, elle menace inutilement l’ordre existant et la sécurité des familles. Pour d’autres, elle est promesse de renouveau social et source d’espérance pour l’Église. Un chrétien ne peut rester indifférent à la dynamique sociale exprimée sous le nom de « la condition féminine » car le Règne de Dieu y est impliqué.

3.    Souvent, le féminisme est reçu et jugé comme un phénomène global. On est pour ou contre. Si l’on veut saisir les richesses et les possibilités de ce mouvement, comme ses lacunes et ses limites, il importe de l’accueillir et de le comprendre dans ses manifestations locales et ses coordonnées vitales. Aussi, la présente lettre pastorale cherche à établir, pour les diocésains de Saint-Jean-Longueuil, une description de ce phénomène dans notre milieu, une réflexion sur la place que devrait avoir la femme dans l’Église et la société, des orientations pastorales pour la vie diocésaine. Comme évêque, je m’adresse à tous les diocésains car femmes et hommes, adultes et jeunes, pasteurs et autres fidèles sont concernés par cette question. Mais, en écrivant cette lettre, je pense particulièrement aux femmes intéressées de manière active à la condition féminine; je veux me situer dans des attitudes de solidarité et de dialogue avec elles.

I.       La situation des femmes dans nos milieux social et ecclésial

4.    Le discours des femmes concernant leur liberté personnelle et leur rôle social est multiple. J’entends souvent des propos nuancés et circonstanciés par rapport à certaines inégalités. Je constate que, malheureusement, ces messages ont peu d’impact dans le champ de conscience de la plupart des gens. Ce qui est habituellement retenu, ce sont les revendications virulentes. Droit à disposer librement de son corps. Droit à l’ordination dans l’Église. Accès à tous les rôles dans toute société. Libération de toute obligation. L’impression gardée par plusieurs est que le féminisme soutient que les femmes de chez nous ont été longtemps muselées, maintenues dans la dépendance, exclues du domaine public. Est-ce vraiment là ce qui préoccupe les femmes dans leurs luttes actuelles ? Surtout, est-ce là la situation réelle vécue par les femmes dans nos milieux social et ecclésial d’hier et d’aujourd’hui?

5.    Jusqu’à ce jour, les historiens ont presque toujours reflété la vie des sociétés à partir de l’action des hommes. On dit régulièrement que l’histoire est écrite au masculin. Il n’est pas étonnant que la contribution des femmes à la vie des sociétés apparaisse problématique. Nous avons analysé le passé comme si les femmes avaient été exclues des rôles importants. L’histoire du même milieu écrite au féminin change ces dires et ces apparences. À ce propos, le travail de quatre historiennes regroupées dans le Collectif Clio publié en 1982, sous le titre « Histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles[2] », montre clairement que notre société a été animée autant par des femmes que par des hommes.

6.    Pour ce qui est de notre milieu, nous évoquons avec fierté l’œuvre d’éducatrices telles que Marguerite Bourgeoys, Marie-Rose Durocher et les membres de leur groupe respectif, ou encore le travail social accompli par Marguerite d’Youville et ses filles ou Marie Gérin-Lajoie et les siennes. Sur le plan civil, l’histoire locale garde la mémoire de ce qu’ont accompli la baronne de Longueuil, les Jeanne Crevier, Mélodie Dufresne, Joséphine Marchand-Dandurand, Bernadette Morin-Guérette, Antoinette Robidoux, Simone Monet-Chartrand et autres femmes de leur trempe. Cela ne signifie pas que dans l’histoire du Québec il y eut une égalité hommes-femmes telle qu’on l’entend maintenant. La vie de la famille, l’organisation du travail et les mentalités du temps ont façonné des rôles stéréotypés pour l’homme et la femme dans une société traditionnelle. Ces modèles sont aujourd’hui déphasés mais ils ont permis à des milliers de femmes de contribuer généreusement à l’émergence d’un peuple et, malgré l’âpreté de leur vie, de chercher avec fierté à s’épanouir. Chez les femmes des générations passées, la qualité de leur langue parlée, témoin de la personne, le donne tout au moins à le penser.

7.    De nos jours encore, des femmes jouent un rôle social éminemment important. À l’occasion des visites pastorales, je constate régulièrement qu’un nombre fort élevé de femmes appartiennent à des associations féminines très engagées socialement. En rencontrant les comités d’écoles, je vois parmi les membres une majorité de femmes qui n’en sont plus à déplorer que les maris laissent la responsabilité de l’éducation aux épouses mais qui travaillent avec compétence et sérieux au projet éducatif de l’école. D’ailleurs, les conseils scolaires ont vu apparaître ces dernières années des femmes qui s’étaient préparées à la tâche de commissaire dans un comité d’école. Le monde jadis masculin des Caisses populaires et des PME accueille progressivement des femmes dans les responsabilités administratives.

8.    Dans notre milieu, plusieurs groupes de femmes se sont formés pour répondre aux besoins de leurs semblables qui étaient socialement isolées, méprisées ou battues. Qu’il s’agisse de maisons de transition ou d’hébergement temporaire, que l’on parle de regroupements féminins venant en aide à d’autres femmes, je constate que la situation dramatique de certaines femmes donne lieu à des luttes humaines remarquables et à des initiatives exemplaires d’entraide, de dignité et de solidarité. Ces œuvres sont souvent séculières. Elles sont ouvertes à toutes les femmes, sans discrimination de religion, de couleur ou d’idéologie. Dans le respect de leur autonomie, j’y vois l’œuvre de l’Esprit de Dieu et une contribution valable au Règne du Christ.

9.    L’Église connaît-elle une évolution semblable ? Parce que les femmes n’ont pas accès au ministère ordonné, on dit parfois que l’Église retarde sur la société concernant la promotion de la femme. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette question plus loin. En nous limitant à l’Église particulière qui nous concerne, vous et moi, je voudrais relever certaines initiatives locales qui illustrent la présence féconde et rayonnante des femmes dans notre diocèse. En premier lieu, il faut dire que quelques-uns des projets énumérés au paragraphe précèdent ont vu le jour grâce à la collaboration de chrétiennes qui y œuvraient au nom de leur foi en Jésus-Christ. Comme évêque, j’ai eu la joie, à plusieurs reprises, soit d’appuyer de tels projets, soit de dire à leurs responsables mon admiration et ma solidarité. D’ailleurs, je souhaite que l’Église ait le souci de se bâtir en lien avec de telles réalisations. C’est en effet au cœur des besoins humains que le Christ nous adresse sa Parole et qu’il nous faut chercher Dieu, le prier et implanter l’Église.

10.    En second lieu, je rappelle que la théologie n’est plus un savoir réservé aux hommes. Notre diocèse est animé, bien sûr, par des prêtres mais aussi par un nombre sans cesse croissant de femmes et d’hommes non ordonnés. Ces personnes officiellement chargées d’animation ont une compétence professionnelle reconnue. Plusieurs ont fait des études avancées en théologie ou dans une discipline connexe. L’école diocésaine de formation des agents pastoraux accueille actuellement au-delà d’une centaine de femmes qui se préparent à un ministère. L’expérience des récentes années montre que l’action des femmes animatrices de pastorale est non seulement riche mais irremplaçable dans une Église qui se veut tout entière ministérielle.

11.    Cette responsabilité des femmes s’étend et à l’animation des communautés et à la préparation des prêtres et des autres ministres. Dans notre diocèse, en 1984, plusieurs centaines de femmes sont d’authentiques collaboratrices dans la pastorale, une cinquantaine exercent un ministère reconnu, quelques-unes ont le statut de responsable dans le service diocésain ou le groupe chrétien qu’elles animent. Sur le plan diocésain, ce sont des femmes qui ont actuellement la première responsabilité en ce qui a trait aux domaines suivants : éducation de la foi et catéchèse des adultes, promotion humaine, éducation permanente, accompagnement des futurs agents pastoraux durant leur formation, bureau des religieux, journal diocésain d’information, comptabilité diocésaine.

12.    Même si certaines réalisations sont intéressantes, il n’y a pas lieu de pavoiser. Plusieurs faits illustrent qu’un profond malaise continue d’exister relativement à la condition féminine. Dans la vie sociale, les femmes font fréquemment l’expérience qu’elles n’ont pas beaucoup de prise sur les pouvoirs décisionnels où s’élaborent les politiques économiques; surtout en temps de crise et de chômage. Les secteurs des affaires sociales et de l’éducation comportent beaucoup de femmes au niveau des instances locales. On en trouve peu, cependant, dans les postes de direction, les conseils d’administration et les responsabilités gouvernementales. Dans la mentalité de bien des gens, ces situations sont normales. L’accession des femmes à des postes de commande est perçue comme un privilège ou une exception.

13.    Cela tient à des facteurs d’ordre culturel. Les façons de penser, de vivre et de transmettre l’héritage reçu jouent une influence déterminante sur la structuration des rôles masculin et féminin dans la société. Si on accorde facilement du leadership aux femmes dans les domaines de la famille et de l’éducation des enfants, on est encore très exigeant envers elles lorsqu’on leur permet d’assumer des responsabilités plus larges dans les secteurs social, économique, culturel et politique. Vous et moi sommes bien conscients qu’au Québec la femme est vue et jugée selon les stéréotypes de l’épouse et de la mère. Les femmes célibataires savent pertinemment qu’entre les épouses et les religieuses la place qui leur est laissée dans la vie sociale est souvent fort mince. Jusqu’à récemment, il en était ainsi pour les chefs féminins de famille monoparentale; heureusement, cette dernière situation s’améliore petit à petit.

14.    L’Église ne fait pas exception aux réactions déjà décrites. En elle, on retrouve des courants de pensée reflétant des perceptions diverses de la place de la femme dans les communautés chrétiennes. Certains soutiennent que celle-ci devrait avoir accès à toutes les responsabilités en Église, y compris au ministère ordonné. D’autres sont agacées par un partage nouveau des tâches et souhaitent maintenir le statu quo dans le rapport homme-femme en Église. D’autres éprouvent une indifférence totale à l’égard de ces questions. Parfois, on interprète la non-accessibilité à l’ordination comme un refus de l’égalité homme-femme et on en fait un test de vérité et de crédibilité pour l’Église. Parfois, j’assiste à un phénomène de rejet à l’égard des animatrices de pastorale. Il a même fallu que j’intervienne, à quelques reprises, pour que des agents pastoraux féminins ne soient pas remerciés indûment de leurs services.

15.    Le malaise éprouvé par plusieurs femmes dans l’Église s’étend au-delà de la participation à des activités pastorales. Plusieurs chrétiennes, tout en refusant de signer le réquisitoire de certains groupes féministes contre le magistère de l’Église touchant les questions morales de la contraception et de l’avortement, mettent en question le rôle exclusif des ministres ordonnés, et donc de quelques hommes, dans l’élaboration du discours officiel de l’Église. Ces femmes sont très sensibles à la dimension du « pouvoir » qui est réservé aux ministres ordonnés. Elles se sentent exclues des lieux décisionnels de leur communauté ecclésiale. Cela est vrai de femmes laïques qui désirent réagir devant l’enseignement du magistère mais aussi de religieuses qui ayant donné leur vie au Seigneur veulent décider elles-mêmes de leurs affaires communautaires et servir l’évangile dans une participation aux diverses responsabilités pastorales.

II      Une réflexion sur la condition des femmes

16.    Aussi longtemps que les questions liées au féminisme sont débattues dans la périphérie de l’Église, tout le monde est content. Les personnes militantes, d’un côté comme de l’autre, ont du pain sur la planche. Les indifférents finissent par trouver une place où ils ne sont pas dérangés. La volonté d’amener au centre de la communauté chrétienne la discussion sur la place de la femme dans l’Église risque de « faire des vagues ». Si l’on veut préserver la paix et favoriser l’évangélisation, il importe de manifester les enjeux chrétiens de ce sujet et de dégager des points de repère utiles dans l’opération. Je vais essayer de faire cela en situant la légitimité des luttes des femmes et en proposant un éclairage théologique sur le rapport homme-femme dans la société et dans l’Église.

17.    Bien sûr, les luttes humaines sont toujours marquées par l’ambigu. Cela est vrai aussi du féminisme. Il arrive que des femmes cherchent le pouvoir pour l’utiliser à leur profit. Il arrive aussi que des femmes, imbues d’un idéal de justice, de partage et d’égalité, veulent changer le monde pour le rendre plus humain. Conscientes des inégalités dans lesquelles elles vivent, des femmes se lèvent et font valoir leurs droits. En 1963, Jean XXIII avait vu un signe des temps dans la montée des femmes vers la vie publique. Aujourd’hui encore, devant les femmes qui militent pour l’égalité homme-femme, l’Esprit de Dieu nous convie à discerner dans les luttes menées par nos sœurs ce qui est aspiration à la justice et appel du Seigneur.

18.    Un premier critère utile dans l’analyse des revendications féministes réside dans l’objet de la lutte. Je laisserais aux groupes populaires le soin de mener eux-mêmes les combats visant à un nouveau partage du pouvoir dans les secteurs social, économique et politique. Même s’il m’intéresse de connaître la place que les femmes y exerceront, j’affirme qu’il n’appartient pas à l’Église de déterminer, en tout ou en partie, les rôles dévolus aux différents agents sociaux, si les exigences de la justice et de la vérité sont satisfaites. Je retiendrais, cependant, que les revendications portant sur l’égalité et le respect mutuel entre hommes et femmes rejoignent la mission des chrétiens à l’égard de la femme. Longtemps l’identité de celle-ci a été définie par des hommes. Aujourd’hui, les femmes veulent donner elles-mêmes, de façon responsable, un contenu à cette identité et établir par leurs propres moyens leur statut social. Parce qu’il y va de la vérité de la femme et de la justice à son égard, toute l’Église doit reconnaître la légitimité de cette revendication et partager avec les femmes cette quête de leur identité.

19.    L’enseignement social des évêques nous fournit aussi des critères pour l’engagement des chrétiens aux côtés des femmes dans leur militantisme. L’être humain est appelé à une gérance responsable de l’univers. La Bible, dès le livre de la Genèse, présente l’homme et la femme comme responsables avec Dieu de tous les biens créés. Être une personne selon le plan divin signifie participer avec tous ses dynamismes à l’évolution de la terre habitée pour achever cette dernière et procurer à chaque humain ce dont il a besoin pour une vie digne et décente. Quand les femmes veulent découvrir par elles-mêmes leur identité et définir leur statut et rôle, dans le respect des fins inscrites par Dieu dans la création, elles vont dans le sens d’une gestion responsable. Lorsqu’elles s’engagent pour affirmer leur liberté profonde et manifester une authentique maturité, elles rejoignent une dimension éthique fondamentale.

20.    Mais la vie humaine est marquée par le péché. Il ne suffit pas de promouvoir une gestion responsable. Il faut aussi corriger des situations injustes, des structures entraînant de l’oppression. Là aussi, les femmes engagées dans des luttes pour la justice sociale expriment une autre dimension fondamentale de l’éthique. Lorsque le rapport homme-femme devient une rivalité entre l’une et l’autre, les conflits naissent et paralysent la communion et le partage. L’oppression trouve alors un terrain fertile où elle s’enracine et se développe. Il arrive souvent que ce soit au détriment de la femme. La justice exige en ce cas que l’on change un tel rapport de force. Pour ce faire, la femme aura besoin de la solidarité de ses semblables et de celle des forces vives de la société. La revendication collective devient alors recherche de libération, de justice sociale.

21.    Si l’éthique fournit au féminisme ses lettres de créance et ses chemins de lumière, la théologie apporte aux chrétiens un appel et une espérance relativement à la condition féminine. En christianisme, la Bonne Nouvelle est une personne. C’est Jésus le Christ. Celui-ci a vaincu la mort et le péché. Il a libéré les humains de tout asservissement. En Lui, le salut est donné en espérance[3] . Tout être humain peut y participer en vivant le mystère pascal. Depuis le matin de Pâques, Jésus le Ressuscité est vivant. Il partage la vie des humains. Dieu est désormais présent dans l’histoire. Il est au cœur des luttes humaines pour la libération.

22.    Cela signifie que Jésus n’est pas étranger à l’histoire des femmes et à leur recherche d’une authentique identité. Son comportement à l’égard de Marie, sa Mère, de la femme de Samarie, de Marie de Magdala et de plusieurs autres femmes révèle de sa part une perception de l’égalité foncière de la femme et de l’homme. La participation au Règne de Dieu est ouverte aux femmes comme aux hommes puisque la libération apportée par Jésus Christ est pour toute personne humaine. À ce sujet, il est intéressant de lire certaines études bibliques récentes où les auteures cherchent à dégager le rôle actif joué par les femmes qui ont accompagné Jésus pendant sa mission en Palestine[4] . Aujourd’hui encore, Jésus le Sauveur est vivant dans les attentes de liberté et de responsabilité réelles des femmes. Il est donc solidaire de la recherche de celles-ci pour en arriver à l’autonomie, à la liberté, à la solidarité et à la réciprocité avec les hommes.

23.    L’affirmation de la Bible à l’effet que « Dieu créa l’homme à son image, homme et femme il les créa » constitue une piste capitale pour les luttes du féminisme[5]. À cause de la culture et de l’histoire, la femme a longtemps été considérée comme inférieure à l’homme. Les Églises, très liées à la culture de leur milieu, ont traîné pendant des siècles les séquelles de cette perception. L’anthropologie biblique contredit, cependant, cette image de la femme. L’être humain est à la ressemblance de Dieu. Femme et homme sont l’être humain. Entre elle et lui, il y a une complémentarité réciproque. Au-delà des contingences physiques et culturelles, l’homme et la femme sont égaux.

24.    L’humanité créée à l’image de Dieu postule qu’entre les personnes humaines il y ait des relations semblables à celles qui existent en Dieu entre le Père, le Fils et l’Esprit. L’Évangile du Christ rappelle qu’en Dieu il n’y a aucune relation d’inégalité, d’assujettissement, ni d’exploitation. Au contraire les Personnes divines connaissent des rapports d’égalité, de réciprocité et de partage vécus dans la totalité de la perfection. Quand les femmes visent à établir entre elles et avec les hommes des relations semblables, elles répondent à l’appel qui leur vient de Dieu. Créées elles aussi à son image, elles apportent un reflet de Dieu qui nous aide à comprendre que Celui-ci est au-delà du masculin ou du féminin que nous sommes portés à projeter en Lui.

25.    Le rapport homme-femme dans l’Église a été dénoncé occasionnellement comme le lieu d’une inégalité qui a causé des frustrations. Les évêques canadiens ont même parlé du besoin de réconciliation hommes-femmes dans l’Église[6] . Pourtant, la théologie du Peuple de Dieu élaborée à Vatican II met en lumière que tous les baptisés, hommes et femmes, prêtres et laïcs, sont égaux dans le rassemblement des croyants. Si les uns et les autres ont reçu des fonctions différentes dans l’Église, cela n’est pas pour établir une supériorité des premiers sur les seconds, mais pour donner au Corps du Christ une structure d’autorité apte à maintenir la cohésion de l’ensemble et l’harmonie entre les membres. Il se pose parfois des problèmes de pouvoir dans les communautés chrétiennes. Cela est dû, non pas à l’organisation de l’Église, mais à des attitudes de gens concernés qui s’inspirent inconsciemment des modèles profanes de pouvoir plutôt que de l’enseignement de Jésus. « Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il n’en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur et celui qui voudra être le premier d’entre vous, sera votre esclave[7] . »

26.    Le ministère dans l’Église est un service. Longtemps, les prêtres ont assumé la plupart des actions ministérielles. À ce point que notre perception en était arrivée à considérer que seuls les évêques, les prêtres et les diacres étaient des ministres. Depuis quelques années, la participation de laïcs au ministère nous a amenés à distinguer les ministres ordonnés et les non ordonnés. L’expérience pastorale continue à évoluer. De plus en plus, le service ministériel est identifié à la responsabilité de tous les baptisés. Sans confondre les rôles et réduire le caractère vital du ministère ordonné, les chrétiens assument une part des responsabilités jadis dévolues aux prêtres. Il en résulte un rapport dont l’accent est moins mis sur le couple prêtre-laïc que sur la dynamique ministres-communauté. Les questions soulevées par des femmes sur leur accessibilité à l’ordination se trouvent posées dans un contexte bien différent de celui qui a prévalu jusqu’ici.

27.    Il y a lieu d’ajouter aussi que la vie chrétienne change beaucoup au niveau des communautés locales de l’Église. Dans les paroisses populeuses où le ministère est accompli par un petit nombre de chrétiens, l’élaboration du discours sur la foi reste l’apanage des personnes instituées en autorité. Au contraire, la formation des communautés chrétiennes à taille humaine favorise davantage la prise de parole par un grand nombre de baptisés. Plus le leadership pastoral est proche de la vie des membres de la communauté, plus il est sensible à l’expérience vécue par les croyants. Il devient alors possible de formuler les exigences de l’Évangile dans un langage accessible à tous et de nourrir les énoncés de la foi par la pratique chrétienne telle que vécue ici. Plus les femmes apportent leur vécu en communauté chrétienne et le mettent en partage avec les membres de toute l’Église, plus l’enseignement du magistère s’enrichit de ce qui fait l’expérience de la foi aujourd’hui.

28.    Bien sûr, cela ne donne pas une réponse à la question de la possibilité de l’ordination de femmes au ministère, mais cela en change la problématique. Si les femmes avaient la conviction que leur identité de femme est acceptée dans l’Église et que leur expérience humaine est source de lumière pour l’enseignement officiellement donné en Église, déjà la frustration éprouvée par plusieurs d’entre elles jusqu’à ce jour serait changée. Néanmoins, la question demeure. Ce n’est pas moi, cependant, qui peux la résoudre. Il revient aux théologiens de scruter les divers aspects de cette question et de soumettre leurs avis au pape et aux conférences épiscopales, s’il y a lieu. À ce sujet, différentes et intéressantes études sont en cours[8] . Pour ma part, je me soucie de favoriser la contribution de femmes à l’exercice du service de l’autorité dans l’Église. Déjà, le partage amorcé dans les tâches ministérielles annonce un avenir d’égalité aux femmes et aux hommes dans l’Église. La voie est ouverte pour une authentique coresponsabilité dans la prise en charge des communautés chrétiennes par les baptisés-confirmés avec les ministres ordonnés. Il y a maintenant lieu de chercher à mieux articuler la prise de parole des chrétiens dans leur vie de foi avec l’enseignement de l’évêque solidaire de ses frères et du pape.

III       Quelques orientations pastorales pour la vie diocésaine

29.    Depuis quatre ans, le dossier de la promotion des femmes a été présent dans l’Église de Saint-Jean-Longueuil. Les travaux du Conseil diocésain de la pastorale et l’animation d’une répondante à la condition féminine ont aidé des petits groupes de fidèles à comprendre l’importance chrétienne du féminisme et à accueillir ce phénomène de façon ouverte. Il ne suffit pas, cependant, que des petits noyaux de chrétiens soient sympathiques à la condition féminine. S’il est vrai que l’égalité homme-femme n’est pas encore une réalité pleinement vécue dans nos milieux social et ecclésial, il importe que la promotion de la femme devienne un projet de toute l’Église diocésaine. La vérité et la justice à l’égard de la femme sont en cause. La vitalité et la mission de l’Église sont en jeu. J’invite donc tous les diocésains de Saint-Jean-Longueuil à accueillir, à discuter et à promouvoir les orientations pastorales suivantes.

30.    Le premier chemin à parcourir en Église diocésaine, en ce qui a trait à la condition féminine, est celui de la sensibilisation des femmes à leur situation. Jusqu’à ce jour, beaucoup de femmes ont parcouru une longue route dans la perception exacte de leur vécu. Elles sont devenues très conscientes des faits de leur vie en Église et en société. Elles connaissent les enjeux de ces situations. Je leur rappelle qu’il est bon qu’elles aient à se prendre en charge elles-mêmes et à exprimer leur identité et leurs attentes. Les dynamismes spirituels qu’elles ont reçus à leur baptême et à leur confirmation les poussent en ce sens afin de participer à la libération réalisée Jésus Christ. Je leur dis ma solidarité, je les invite à considérer que leurs acquis dans la condition féminine sont des forces vives pour notre Église et que, en conséquence, je leur demande de mettre en partage auprès des autres fidèles les fruits de leur démarche.

31.    Les hommes sont témoins des revendications des femmes. Il n’est pas facile pour eux, cependant, de développer l’empathie qui leur fera comprendre ce phénomène nouveau pour eux. Je les invite à écouter avec faveur ce que les femmes ont à dire et à accepter une collaboration avec celles-ci. Bien des femmes ne veulent pas travailler seules à changer les situations actuelles de l’égalité homme-femme car elles savent que leur libération ne se fera pas sans celle des hommes. Ce n’est pas un monde féminin prenant la relève d’une société fortement masculine qui rendra nécessairement libres femmes et hommes. C’est un nouveau rapport basé, non plus sur la puissance et la domination, mais établi sur une complémentarité réciproque et un partage mutuel. Il est impérieux que les hommes fassent crédit ou confiance aux femmes pour le développement d’un rapport harmonieux entre les sexes.

32.    C’est d’abord la responsabilité des femmes de faire la sensibilisation de leurs semblables sur la condition féminine et, par ricochet, de toute la communauté ecclésiale. Mais cela ne pourra pas se faire sans une contribution active de la part des pasteurs locaux. En effet, je crois fermement que c’est au niveau local de la communauté chrétienne que la sensibilisation va donner du fruit. Il serait trop facile de désigner une personne rattachée à un service diocésain pour faire un tel travail. Tout le monde aurait bonne conscience mais l’action s’étiolerait inévitablement. Il faut que dans chaque communauté chrétienne une ou des personnes assument le leadership de la sensibilisation des fidèles à la condition féminine. C’est à ce titre seulement que l’on pourra dire vraiment qu’il s’agit là d’un projet porté par notre Église de Saint-Jean-Longueuil.

33.    Évidemment, tout ne peut pas être prioritaire dans une communauté chrétienne. La condition féminine ne remplacera sûrement pas l’initiation sacramentelle des enfants ou la mise en place de la coresponsabilité dans des équipes pastorales. Ce qui importe, c’est que quelqu’un, dans la communauté, s’occupe de la sensibilisation de tous, à la juste revendication des femmes à l’égalité dans l’Église et la société. Pour ce faire, l’attitude du pasteur; aura un poids considérable. S’il: considère que tout cela est de la foutaise, il va écraser le projet. S’il est indifférent ou neutre, l’action du groupe porteur demeurera marginale et inefficace. J’attends des pasteurs qu’ils appuient le travail des personnes intéressées à la sensibilisation et qu’ils leur facilitent la communication avec l’ensemble des chrétiens. Peut-être pourraient-ils aussi veiller à monnayer à leurs fidèles les réflexions contenues dans la deuxième partie de cette lettre ou d’autres semblables. Ils manifesteraient ainsi leur solidarité aux responsables du projet local et la dimension chrétienne de la condition féminine.

34.    D’aucuns vont demander pourquoi notre diocèse s’engage dans une telle sensibilisation. La réponse à cette question est contenue dans la mission même de l’Église et elle fournit une deuxième orientation pastorale à notre propos. L’Église doit être prophète dans son milieu. Les croyants sont rassemblés par l’Esprit de Jésus pour être le signe de la présence de Dieu Sauveur dans le monde. L’Église est sacrement du salut. Elle accomplit son rôle de plusieurs manières. La prédication de la Parole, la prière et les célébrations sont des signes du salut. Bien des gens, toutefois, deviennent sensibles à la manifestation du Règne du Christ quand la Bonne Nouvelle correspond à une libération dans des domaines où ils se sentent frustrés ou brimés. Pour être un signe parlant pour l’ensemble de la société, l’Église doit passer par l’engagement social ou le service des humains dans leur vie concrète.

35.    Par le baptême, les chrétiens apportent au monde la présence du Christ. Trop souvent, hélas, ce témoignage n’est pas explicité. On ne fait pas les liens entre l’action humaine et la vie évangélique. Quand je me rappelle qu’il y a quelques milliers de diocésaines, membres de l’AFEAS, des Cercles des Fermières et des Filles d’Isabelle, je fais le rêve que ces dames, dans l’accomplissement de leur programme d’action sociale, soient des signes du Christ dans leur entourage. Ici et là dans le diocèse, ont surgi des maisons d’hébergement ou de transition pour des femmes dans le besoin. L’aide apportée à ces personnes est de l’ordre de la compassion, de l’amour et du partagé dont parle le Christ dans la parabole du jugement dernier[9] . Pour que l’Église soit sacrement du salut dans ces œuvres et ces associations, je souhaite que les communautés chrétiennes, par des membres représentatifs, appuient explicitement les projets qui y sont réalisés et mettent en lumière les éléments évangéliques présents. L’Église est dans le monde pour y chercher Dieu et en révéler l’action libératrice.

36.    La mission prophétique s’exerce aussi par certaines œuvres que l’Église met elle-même sur pied. Les services, les groupes et les mouvements jadis rattachés à l’Office de la famille ont beaucoup fait pour l’égalité homme-femme dans notre milieu et, ainsi, pour l’évangélisation des couples. Grâce à l’organisme Vie Nouvelle, le diocèse a permis à un bon nombre de femmes, chefs de familles monoparentales, de se retrouver sur les plans personnel et social. N’y aurait-il pas lieu, toutefois, de développer un plus grand nombre d’équipes locales de Vie Nouvelle au cours des années prochaines ? Nous savons tous le pourcentage élevé des mariages brisés. Les personnes meurtries par ces échecs ont droit à la sollicitude des communautés chrétiennes et à une aide concrète pour affermir leur identité profonde. Parlant de la famille, notre Église diocésaine devra aussi apporter son point de vue sur les changements envisagés dans la politique québécoise en ce domaine. Là encore, la contribution des femmes sera sûrement déterminante. Leur intérêt constant pour la famille et leur engagement généreux auprès des jeunes en font des intervenants autorisés et compétents pour discerner dans les projets mis de l’avant les besoins réels et les réformes souhaitables.

37.    Après avoir rappelé que l’Église de Saint-Jean-Longueuil peut exercer son prophétisme en se solidarisant avec des organismes centrés sur la promotion de la femme et en animant elle-même des services d’aide aux femmes et aux familles, je voudrais maintenant inviter les chrétiennes du diocèse à participer à un projet particulier et temporaire. Décembre 1984 marque la fin de la décennie de la femme décidée par les Nations-Unies en 1975. À la fois pour faire le point sur l’évolution réalisée en dix ans concernant la condition féminine et pour assurer un suivi à l’action commencée, l’année 1985 pourrait être le lieu d’une série d’ateliers portant sur la condition féminine dans nos milieux social et ecclésial. Du matériel est déjà disponible. Le comité ad hoc sur la condition féminine de la Conférence des évêques catholiques canadiens a préparé une démarche et un dossier d’animation pour la tenue de tels ateliers. Chacune des rencontres comporte des temps de prière et des échanges sur un aspect du vécu des femmes. La réalisation de ce projet permettrait une prise de conscience collective par les femmes de ce qu’elles vivent et une activité prophétique opportune.

38.    Les souhaits formulés dans cette lettre sont nombreux. Je suis bien conscient que le désir de voir femmes et hommes, laïcs et pasteurs, communautés locale et diocésaine participer aux luttes des femmes apparaît utopique. Il est évident que chaque chrétien militant ne peut pas être engagé sur tous les fronts de la pastorale en même temps. Par ailleurs, il n’est plus acceptable en Église que la question de la promotion, des femmes soit traitée à l’extérieur ou en périphérie de la communauté chrétienne. Il faut donc suggérer des modalités permettant d’intégrer les diverses composantes. Une voie possible d’approche serait de désigner une répondante à la condition féminine pour chaque secteur pastoral au sein d’une région. La personne animerait les diverses communautés chrétiennes de son territoire, collectivement ou séparément selon les cas. Elle serait responsable de promouvoir une action collective pertinente pour tout le secteur, de favoriser la tenue des ateliers sur la condition féminine et de diffuser l’information utile auprès des pasteurs et dans les communautés. La répondante travaillerait avec le vicaire épiscopal régional, d’une part, et ses collègues des autres secteurs, d’autre part.

39.    Les effets pastoraux de cette opération sont considérables. Dans l’hypothèse où une animation est faite dans la plupart des communautés chrétiennes, cela signifie qu’un nombre important de femmes vont prendre la parole, qu’une majorité des chrétiens du milieu seront sensibilisés aux attentes des femmes, que les pasteurs connaîtront mieux le vécu de leurs fidèles, que toute l’Église diocésaine devra réviser la cohérence de sa pratique et de son discours. Nous faisons souvent le constat que l’engagement social est la dimension faible de notre pastorale. La solidarité des chrétiens avec les femmes va enrichir la présence de l’Église au monde. Pour un diocèse qui entend promouvoir des communautés responsables, la participation active des femmes rend possible la préparation d’équipes pastorales formées de femmes et d’hommes et elle permet l’expérimentation d’une coresponsabilité accrue dans l’élaboration du discours sur la foi.

40.    Finalement, c’est la solidarité chrétienne qui est favorisée par l’intérêt manifesté par l’Église à l’ensemble des luttes des femmes. En travaillant entre elles, les femmes bâtissent des liens qui les établissent en réseau ou groupe leur permettant de s’exprimer collectivement et de dialoguer avec d’autres instances de notre Église. Ainsi, prêtres et femmes sont appelés à mieux se connaître et à davantage être attentifs au discours d’autrui. Hommes et femmes s’apprivoisent et se font un peu plus confiance. Religieuses et laïques découvrent qu’elles ont en commun d’être femmes et qu’elles sont différentes par leur vocation en Église. Les chemins pour s’épanouir en humanité sont multiples. L’histoire a vu les distances s’accroître entre les routes. Le partage des attentes et des luttes a rapproché les destins. Toute la communauté ecclésiale en tire solidarité, joie et espérance.

41.    Il restera toujours une tension au cœur des engagements dont on vient de parler. Les luttes humaines ne sont pas la pleine libération en Jésus Christ. Celles-là sont marquées par l’ambiguïté. Elles peuvent même être teintées de volonté de puissance et de domination. Elles ne sont pas exemptes du péché qui nourrit l’injustice et l’exploitation. Cela est vrai aussi de la recherche d’équilibre dans le rapport homme-femme. Il n’empêche que l’Évangile invite à mener les luttes humaines de libération et de justice. Les luttes deviennent libération chrétienne lorsque les valeurs de justice et de vérité constituent les énergies de l’engagement et que celles du pardon et du partage deviennent la nourriture quotidienne des personnes militantes.

42.    L’Église elle-même a connu et connaît une pratique marquée par l’ambiguïté et le péché. Le concile Vatican II a dit de ce Peuple de Dieu qu’il a sans cesse à se convertir afin de retrouver une limpidité et une souplesse qui laisseront passer le visage du Christ en lui. Fort heureusement, grâce au don de l’Esprit que Jésus Christ lui fait, l’Église est suffisamment libre pour se remettre en cause. À travers les changements de ce monde, elle cherche et trouve son Seigneur. Concernant la condition féminine, la présente lettre ne dit pas tout. Loin de là. C’est à nous maintenant, vous et moi, d’apporter les compléments utiles et de mettre en œuvre les projets opportuns. C’est pour quoi la solidarité des femmes entre elles et avec l’Église vivifie le contenu de notre espérance.

Longueuil, le 7 décembre 1981


Notes

[1] Gal. 3, 28
[2] Collectif Clio, Histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, édit. LES QUINZE, 1982
[3] Rom. 8, 24
[4] Voir les suggestions bibliographiques, Dossier d’animation préparé par le Comité ad hoc de la CECC, 1984
[5] Gen 1, 27
[6] Mgr L.A. Vachon : Réconciliation hommes-femmes en Église, L’Église canadienne Vol. XVII, no 4, le 20 octobre 1983
[7] Mt 20, 25-27
[8] Certaines auteures scrutent les évangiles pour découvrir si Jésus n’aurait pas appelé des femmes à être disciples et apôtres telles Marie de Magdala et autres. Voir note 4 ci-haut.
[9]  Mt 25, 31-40