Une formation aux ministères inspirée des spiritualités féministes

C’est lui (le Christ) qui a fait don des envoyés, des prophètes, des évangélistes, des pasteurEs et des enseignantEs, pour qu’ils forment les saintEs à pratiquer le service et pour qu’ils construisent le corps du Christ (Éph 4,11-12).

Depuis plusieurs années, la crédibilité de l’Église et de ses ministres est rudement mise à l’épreuve par de nombreux scandales, mais plus encore par la distance qui les sépare du Peuple de Dieu. L’institution ne comprend pas ce qui se passe avec ses « fidèles » et revient à ses dogmes moralisateurs et à ses interdits pour se donner bonne conscience. Durant ce temps, les gens s’en éloignent de plus en plus d’autres, désillusionnés, rêvent d’un Évangile libéré de toute institution au risque que ce dernier se dénature, certains optent pour s’éloigner de cette institution sclérosée en se tournant vers le monde pour lui parler de l’Évangile. « Mais pour que la Bonne Nouvelle annoncée atteigne l’individu postmoderne, elle doit l’être sur un ton, une mélodie qu’il puisse entendre, une mélodie qui ne se confonde pas avec le bruit ambiant et qui soit diffusée à l’aide de méthodes appropriées[1] ».

Comme chrétiennes et chrétiens nous avons la mission de constituer une ekklésia de disciples égaux[2], une Église présente au monde de ce temps, une Église en marche, une Église qui arbore une Tradition vivante et non une tradition sclérosée. Plus que jamais, le Peuple de Dieu a besoin de pasteurEs et de leaders formés pour le monde de ce temps, capables de porter le flambeau de l’Évangile en des termes d’aujourd’hui, capables d’aimer leurs semblables  avec le cœur même de Dieu. Dans un univers où règnent la souffrance et le désarroi, où l’institution est déconnectée du terrain, les ministres de demain sont appelés à la compassion, à la sollicitude et à la générosité pour comprendre et guider leurs contemporains.

En fidélité au message du Nazaréen, nous sommes convaincues que les spiritualités féministes[3] constituent une occasion de renouvellement des ministères et un espoir pour nos Églises. Changer le regard d’une institution patriarcale est un travail qui doit se continuer à la base, mais également dans les divers lieux de formation. N’avons-nous pas un besoin urgent d’une révolution psychologique dans la manière de nous référer à Dieu, au leadership, à la nature, aux relations entre nous et avec l’Église? Cette dernière demeure encore le symbole et la gardienne de la domination et de la soumission des femmes. Nous croyons que plusieurs éléments dynamisants des spiritualités féministes pourraient ouvrir des voies différentes de faire communauté et tracer des chemins nouveaux dans la formation aux ministères. Cela pourrait peut-être même contribuer à faire avance la cause de l’ordination des femmes au ministère presbytéral et faire advenir une réelle égalité hommes-femmes dans l’Église. En effet, les spiritualités féministes ont inventé divers rituels, proposé des attitudes nouvelles, favoriser des pratiques alternatives proches des personnes et ouvertes à la créativité.

Ces spiritualités ont émergé dans le contexte d’une prise de conscience par les femmes de leur identité et de leurs droits en tant que personnes humaines et en tant que baptisées à part entière. Elles tendent davantage vers une spiritualité incarnée dans la vie ordinaire, dans les gestes simples, dans l’attention aux petits, dans l’importance de nourrir, de guérir, de prendre soin des corps. Ces corps, en particulier ceux des femmes, sont encore tellement objets de scandale pour l’Église dans ses discours, ses interdits, sa morale et ses condamnations[4].  Ces spiritualités veulent répondre aux besoins des individus de respirer, de s’épanouir, de mener des actions justes, solidaires, de poser des actes d’amour du prochain et des gestes de pardon.

Formation aux ministères

Si l’Église institution tarde à changer ses structures, les ministres doivent, pour être fidèles à l’Esprit, tenir compte que la culture a changé s’ils désirent contribuer à restaurer la crédibilité de l’Église du Christ. Il nous semble donc bien indiqué d’intégrer les valeurs et les manifestations des spiritualités féministes dans les programmes de formation. À notre avis, cette implantation peut servir à promouvoir la communion, la solidarité et la réconciliation en vue de l’établissement et du développement du Royaume de Dieu déjà présent et actif dans le monde. Les véritables ministres d’aujourd’hui et de demain seront des personnes ayant une spiritualité bien ancrée, une spiritualité entretenue au quotidien pour accompagner les gens à mettre leur espérance et leur foi dans l’Esprit à l’œuvre dans leur vie personnelle et dans leur communauté. Ils seront porteurs d’Évangile à condition de sortir des sentiers battus de l’orthodoxie, de cultiver leur potentiel humain intégral et leur vie intérieure, qu’ils soient laïques ou clercs.

Nous osons l’affirmer : les spiritualités féministes rejoignent parfaitement les priorités d’action des ministères, qu’ils soient exercés par des femmes ou par des hommes. En effet, si nous reprenons les principaux traits d’une « pastorale d’engendrement », celle-ci nous renvoie à l’expérience humaine dans toutes ses composantes :

Le mot « engendrement » est ainsi riche de multiples connotations qui ouvrent des perspectives d’une grande densité existentielle : le don de la vie, la complémentarité du masculin et du féminin, la réciprocité des échanges, la naissance à une identité nouvelle; une attitude d’accueil et de don, de plaisir, de joie, de souffrance aussi, acceptant le deuil, la traversée de l’inconnu, la surprise devant l’imprévisible de la vie…[5]

Les pasteurEs sont appelés à cet engendrement de la vie, à ce travail en partenariat hommes-femmes, à ces visions transformées pour que les gens assoiffés de sens «aient la vie  et la vie en abondance» comme le Christ l’a promis (cf. Jean 10,15).

Il ne s’agit pas de rejeter les formes traditionnelles de la spiritualité, mais de proposer des alternatives, de les actualiser et de les enrichir des apports féministes. Faire coexister l’ancien et le nouveau, se mettre à l’écoute de ces formes nouvelles d’expressions ne serait-il pas un gain pour les communautés? Les approches diverses des femmes en matière de spiritualité sont un héritage, non seulement pour les générations futures, mais également pour celles d’aujourd’hui. Leur conviction est qu’il faut travailler ensemble, femmes et hommes, pour construire un monde juste, une Église libératrice, des communautés inclusives. Elles réclament une part égale et équitable dans cette Église du Christ où elles se considèrent partenaires autant dans le travail pastoral que dans l’approche spirituelle à proposer.

Dans une perspective de justice, d’équité et d’égalité sociale cette approche, axée sur la diversité des genres devient une action complémentaire, puisque basée sur la pleine participation des femmes et des hommes dans l’ensemble des tâches sociales et ecclésiales. Elle encourage et promeut des stratégies favorables à la réduction des barrières; elle favorise la pleine participation des femmes à tous les niveaux de la société et des institutions en présupposant l’égalité dans les résultats et dans les fonctions. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une panacée, mais d’une ouverture à offrir aux femmes et aux hommes qui s’orientent vers un ministère. Voilà pourquoi, si l’on désire former des ministres ouverts aux réalités actuelles, il paraît essentiel de les confronter aux principales caractéristiques des spiritualités développées par les femmes.  Nous en présentons ici quelques-unes qui, à notre avis, seraient avantageuses d’insérer dans les programmes de formation aux ministères.

Construire son identité personnelle

Une dimension importante de la spiritualité féministe tout autant que du ministère est la découverte et l’identification reconnue des capacités de la personne : celle qui est en formation et celle vers qui les ministres se dirigent. Construire son identité ne se réalise pas uniquement à partir de cours de théologie, de stages en paroisse ou d’examens réussis. Ce « devenir soi-même » permet à l’agentE de pastorale d’assumer son identité personnelle, l’autorise à vivre de manière créatrice en présence de modèles archaïques ou de structures figées qu’il veut transformer pour faire valoir davantage les valeurs évangéliques.

La quête spirituelle ne peut se faire sans la quête de son identité. Ce travail constant sur l’actualisation de son être  l’aide à voir les liens entre le personnel, le social, le politique; il l’invite à une plus grande solidarité considérée comme un élément d’intégration de son cheminement personnel et communautaire. Cet accès à la connaissance de soi ne se fait pas en vase clos; l’inventaire de ses ressources et la mise en valeur des compétences et talents, des dons reçus de l’Esprit, des charismes personnels peuvent grandement s’inspirer des forces de la spiritualité féministe. Cette dernière favorise la construction de soi et oriente vers la saisie de l’unicité de son expérience humaine et chrétienne.

Faire appel à l’expérience

L’attention à la vie et le recours à l’expérience sont au cœur des spiritualités féministes et le ministre est invité à s’intéresser aux conditions concrètes des personnes, principalement de celles vivant dans des situations de pauvreté et d’exclusion. Pour y parvenir, il est nécessaire de développer chez les agentEs de pastorale une spiritualité axée sur un style de vie mettant en valeur l’expérience personnelle lisible à travers ses attitudes pastorales. Si l’on se tourne vers les Évangiles, on se rend compte combien le quotidien y est présent, combien l’expérience personnelle de Dieu s’arrime aux réalités de l’existence ordinaire.

Il apparaît désormais indispensable que les personnes appelées aux ministères puissent communiquer leurs expériences, repérer et nommer les processus de constitution et interpréter ce qu’elles vivent pour que l’événementiel (le kairos) soit signifiant dans leur devenir et s’inscrive dans leur histoire (le chronos). Les futurEs ministres ont à annoncer l’Évangile et à inviter les chrétiennes et les chrétiens à être en contact avec leur propre expérience qui embrasse la personne dans ses dimensions cognitive, sociale, religieuse et éthique. Demeurer proche de son expérience rend l’individu présent à lui-même et contribue au processus d’engendrement et d’actualisation de soi et des autres. La formation aux ministères gagne à être expérientielle: révélation de soi, de son identité, de ses ressources, de sa vie intérieure. L’immanence à soi comporte un au-delà de soi, une réponse spirituelle à un appel intérieur persistant et souvent fort exigeant.

Cultiver l’intériorité

Il arrive trop souvent que la formation aux ministères soit davantage axée sur l’acquisition de connaissances au détriment d’exercices d’intériorisation. Si on affirme que la spiritualité incite à une capacité accrue de s’actualiser, de se réaliser pleinement comme être humain, le devenir spirituel n’est pas automatique. Or si la transcendance ne s’impose pas de l’extérieur, elle doit s’expérimenter comme une dimension primordiale à acquérir. S’inspirer du Christ suppose d’être accompagné d’une fréquentation assidue de l’Évangile pour apprendre à y lire et à y nourrir sa prière. C’est à ce travail d’intériorisation et d’actualisation de la Bonne Nouvelle qu’invitent fortement les spiritualités féministes.

Dans un environnement de bruit, d’agitation marchande et médiatique, il devient important, mais non nécessairement facile, de découvrir ses propres voies d’intériorité : la prière méditative, la contemplation, les rituels inspirants, les groupes de partage de foi, les groupes de théologie contextuelle, etc. Cette conscience de soi, cette recherche intérieure valorisée par les spiritualités féministes peut, nous semble-t-il, contribuer à la formation aux ministères à condition que formatrices et formateurs y consacrent suffisamment de temps et d’importance. Pour en donner le goût, il importe de favoriser des temps explicites pour initier les futurs ministres à développer et vivre leur propre vie intérieure. Mais loin de nous de proposer une spiritualité désincarnée.

Revaloriser le corporel

La présence au corps est une particularité des spiritualités féministes. « Le courant de spiritualité hérité du passé a insisté et insiste encore sur l’oubli de soi et l’abnégation. Il a pu conduire à exalter le salut individuel dans une fuite des réalités quotidiennes ou du moins dans une méfiance à leur encontre »6. Longtemps dénigré et réduit à la sexualité par les autorités ecclésiales, le corps est perçu par les femmes non moins comme une entité close sur elle-même, mais comme une configuration éclatée toujours ouverte pour l’accueil, le don et la tendresse. Les féministes visent à faire tomber les formes de coercition, d’oppression et d’appropriation qui existent encore à propos du corps et, en particulier, du corps féminin. La croyance que le corps doit être contrôlé, mortifié, qu’il doit souffrir, être subordonné à l’esprit est profondément ancrée dans la psychè chrétienne. Or toute matière est en fait de l’énergie et l’expression de l’esprit et de l’âme. Le corps ne doit pas être perçu comme un lieu de péché mais comme un havre de paix qui fait advenir la vie, toute la vie sexuelle, intellectuelle, sociale, y compris la vie spirituelle.

Les ministres, désireux d’être au service des joies et des peines vécues dans la communauté, savent se connecter à leurs véritables émotions, être en contact avec leur être. Si le Christ s’est incarné, ce n’est certes pas pour que nous vivions hors de notre corps. Nous croyons que toute cette dimension corporelle, de présence à soi, de conscience de ses émotions et sensations sont peu développées dans les programmes de formation aux ministères. Le corps est porteur de l’âme, de l’esprit, de la vie, espace de respect, de discipline, mais aussi de plaisir, de relations avec les autres.

Privilégier les relations

Les théologiennes féministes[7] font de plus en plus référence au concept de relation et d’interrelation autant dans les processus de connaissance que dans ceux d’action pour désigner l’apport des femmes. Les interrelations entre les femmes et les hommes, entre les humains et la Terre, entre les humains et le divin sollicitent une transformation dans les relations et dans les symboliques.

Car si le lieu du Royaume n’est plus le temple, un endroit sacralisé, mais la table autour de laquelle tous se rassemblent et où chacun sert l’autre, la formation peut devenir un de ces terrains où les mœurs de la table du Royaume se vivent au quotidien. Et cela, non seulement dans le cadre des partages au sein des groupes de formation ni uniquement lors de certains moments festifs ou plus simplement à l’occasion des repas où formateurs et formés se retrouvent, mais aussi dans les divers moments de convivialité[8]. « Il n’y a d’engendrement que mutuel », ce qui implique que la formation aux ministères permet le développement d’un milieu communautaire où les personnes entretiennent entre elles des relations de proximité. Ainsi s’engendrent « l’estime réciproque » et « l’affection  mutuelle » qui permettent des relations de réciprocité[9]. Cette importance de former des pasteurEs capables d’entrer en relation avec les gens ordinaires comme avec les autorités ou avec leurs collègues nous semble insuffisante dans les divers programmes de formation consultés. Pouvons-nous souhaiter que des sessions intensives sur la communication interpersonnelle soient intégrées plus systématiquement dans les années préparatoires au ministère?

S’engager de façon responsable

La formation en pastorale vise à responsabiliser les femmes et les hommes  qui y participent pour qu’ils puissent vivre en toute dignité et transformer les systèmes et les valeurs sociétales. Favoriser une action pastorale engagée demande souvent un changement de conscience, une conversion du cœur nécessaire à une vision renouvelée en vue d’initier des rapports sociaux solides et durables. La solidarité, la compassion, le souci d’aider les gens autant dans leur cheminement spirituel que dans leur devenir communautaire demeurent au cœur d’une pastorale dans leur devenir communautaire demeurent au cœur d’une pastorale d’engendrement.

Celle-ci suppose d’être adaptée aux préoccupations de nos contemporains pour devenir une praxis active de l’édification de communautés de foi à partir desquelles dénoncer les systèmes et les idéologies d’oppression et de destruction de notre monde. L’Église de demain a besoin de pasteurEs créatifs, d’enseignantEs ouverts à la nouveauté et au courant des divers systèmes sociaux. Elle voudra compter parmi ses membres des femmes et des hommes capables de guider les communautés à réfléchir sur ce qu’elles ont hérité en vue de les orienter à la lumière de l’Évangile. Les centres de formation aux ministères sont invités à travailler pour produire des leaders habilités à analyser les structures patriarcales, à savoir les critiquer et à mobiliser les gens en vue d’une transformation sociale et ecclésiale. Et l’Église d’aujourd’hui, comme celle de demain, a grand besoin de conseillères et de conseillers spirituels remplis de sagesse pour accompagner les individus dans leur cheminement de foi et dans leur engagement chrétien.

Vivre en interdépendance avec le cosmos

La spiritualité de la création est fortement influencée par les théologies féministes; elle reconnaît que la vie elle-même et sa protection est le premier des sacrements. Cette caractéristique des spiritualités féministes pourrait davantage être incluse dans la formation des ministres de demain.

Cheminer dans cette perspective c’est vivre de plus en plus en harmonie avec le cosmos, créer des liens, louer le Christ cosmique. Il ne s’agit pas de diviniser le cosmos à outrance, mais il appartient à chaque individu de le transformer, de l’habiter et de développer des relations avec tout ce qui vit sur la Terre. L’interdépendance avec la Planète et ses habitants devient au cœur d’une spiritualité de la création : nous sommes des intendantEs responsables de la générosité que Dieu nous manifeste dans l’Univers. Inciter les futurs ministres à assumer une préoccupation écologique comme un élément central d’un nouveau paradigme fait partie du développement d’une conscience responsable. Assurer la guérison de la Terre, régler les problèmes environnementaux ne relèvent pas uniquement de préoccupations scientifiques et techniques, mais invitent à engendrer de nouveaux types de rapports avec le Cosmos tout entier.

Invitation donc à être sensibles et présents là où la vie est la plus menacée dans notre société en voie de globalisation qui risque de reléguer plusieurs personnes dans une détresse anonyme. Susciter la vie et la promouvoir c’est apprendre à résister de toutes ses forces à tout ce qui dégrade l’être humain et son environnement. Les formatrices et les formateurs pourraient davantage intégrer ces perspectives dans leurs relations avec les ministres de l’avenir.

Conclusion

Dans un contexte où les Églises d’ici sont de plus en plus désertées par les fidèles, nous constatons que la demande spirituelle s’est par contre installée au cœur de la demande des personnes en cheminement. Nous nous en réjouissons. Et nous croyons que les ministères et la formation aux ministères auraient avantage à s’inspirer des visées et des développements des spiritualités féministes pour alimenter leurs programmes et sortir de cadres classiques qui semblent de moins en moins répondre aux attentes du monde contemporain.  Nous osons faire le pari que les spiritualités féministes peuvent contribuer à ouvrir des perspectives inédites et à tracer des voies de renouvellement dans la formation des ministres femmes et hommes.

Cette formation exige une remise en question des manières traditionnelles de faire et des croyances bien apprises dans les séminaires et les cours de théologie. Les formateurs et formatrices sont parfois encore bien marqués par ces dernières jusque dans les plis de leur peau. Les spiritualités féministes leur proposent donc un chemin à parcourir qui passe par un largage des anciennes manières d’être et de faire, par une recherche à tâtons, faite de reculs et d’avancées bien sûr. Nous en sommes cependant convaincues, l’expérimentation de nouvelles voies d’expression et de nouveaux apprentissages sont possibles pour « former les saintes à pratiquer le service pour qu’ils construisent le corps du Christ »( Eph 4,12).

Introduire les caractéristiques des spiritualités féministes correspond sans doute davantage à une danse qu’à un cheminement. Il n’y a pas de point d’arrivée;  il y a plutôt des pas, des tours, des élans, des pauses et de nouveaux mouvements à intégrer le plus tôt possible dans les divers programmes de formation.


NOTES 

[1]  « Hors de l’Évangile, point d’Église! » dossier dans Présence magasine, Vol. 21, No 159, Février 2012, p. 17 à 22.

[2]  Nous pouvons nous référer au classique sur ce thème : En mémoire d’elle. Essai de reconstruction des origines chrétiennes selon la théologie féministe, Elisabeth Schüssler-Fiorenza, Paris, Éditions du Cerf, 1986.

[3]  Pour une présentation plus complète des caractéristiques de ces spiritualités, voir P. Daviau « Les spiritualités féministes. Redonner souffle et vie » dans Théologiques, Vol. 18, (2010) p. 103-120)

[4]  Rappelons-nous ici les excommunications faites par les évêques du Brésil dans le cas de l’avortement opéré chez une petite fille de neuf ans enceinte de jumeaux suite au viol de son père (mars 2009). Le monde entier n’en avait-il pas été scandalisé?

[5]  Philippe Bacq « Vers une pastorale d’engendrement », dans Une nouvelle chance pour l‘Évangile. Vers une pastorale d’engendrement, Lumen Vitae et Novalis, Bruxelles et Ottawa, 2004; p. 17. 
Les caractéristiques de cette approche pastorale sont développées dans les pages de ce chapitre.

[6]  Ambroise Binz, Robert Moldo Alain-Louis Roy, Former des adultes en Église. États des lieux. Aspects théoriques. Pratiques, Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 2000, p. 237.

[7]  Nous pensons en particulier à Rosemary Radford Ruther dans Gaïa and God. An ecofeminist Theologie of Earth Healing, San Francisco, Harper & Row, 1992.

[8]  Cf. Ambroise Binz et alii, Former des adultes en Église, op. cit., p. 236.

[9] Cf. Une nouvelle chance…, op.cit., p. 19.