Femmes et honorées du Nobel de paix

Le Devoir, samedi, 8 octobre, publiait un article titré : La « lutte non violente » est récompensée – Le prix Nobel de la paix récompense deux Libériennes et une Yéménite.

Il faut s’incliner devant l’audace, l’intégrité et la justesse du comité pour le prix Nobel de la paix. J’aimerais admirer pareilles qualités chez le Pape et ses proches collaborateurs. Personne ne niera, à commencer par Benoît XVI, que Jésus de Nazareth a fait preuve d’ouverture envers les femmes, et sans même qu’elles aient à présenter des exploits, mais par leur seule faim de pain et de savoir, leur soif de guérison et d’un monde meilleur. Qu’on pense à la Samaritaine, à Marthe et Marie, à la veuve de Naïm.

Au-delà des arguments théologiques, comme le fait qu’une femme ne pourra jamais être signe de Jésus, ou historiques, comme le fait que Jésus a choisi uniquement des hommes comme apôtres, se profile un argument non-dit par la tête dirigeante de l’Église catholique pour refuser l’accès des femmes au sacerdoce, c’est l’unité. On craint de provoquer une séparation des églises africaines, entre autres, parce que ces sociétés soit disant patriarcales n’accepteraient pas d’accorder une telle reconnaissance au sexe féminin. Eh bien, voilà un démenti prophétique et une dégelée en règle pour cet argument caché, car les femmes désignées pour ce prix Nobel viennent d’un pays africain et d’un pays du Moyen Orient. Malheureusement, ce Pape et ses proches collaborateurs continuent de démontrer une fois de plus leur incapacité de lire les signes des temps, alors que les dirigeants du Nobel de la paix, une organisation non religieuse – mais selon moi inspirée de la béatitude « Heureux les artisans de paix… », ne craignent pas de décerner leur prix sans discrimination de sexe et d’honorer ces personnes parce qu’elles ont œuvré pour la paix au risque de leur vie.

Chefs de l’Église catholique, continuez d’ignorer le message de Jésus, continuez de protéger votre pouvoir mâle. Non seulement êtes-vous en train d’éloigner du Christ la moitié féminine de l’humanité, mais de voiler le message évangélique aux yeux de tous les hommes de bonne volonté. S’il y a crise de la foi dans l’Église, ce n’est pas tellement par manque de foi en Dieu que par manque de vision de ses dirigeants et leur manque de foi en l’action de l’Esprit saint dans la pâte humaine.

Chefs de l’Église catholique, vous prétendez être croyants en Jésus Christ, hâtez-vous de montrer au monde des œuvres dignes de Lui, car avec des pierres Dieu est en train de faire des fils d’Abraham.

Ce texte a été publié le 8 octobre 2011 sur le site eau du rocher et est reproduit avec la permission de l’auteur.

 
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A propos Michel Bourgault

Enseignant retraité du secondaire en enseignement moral et religieux , Michel Bourgault est, depuis 30 ans, animateur de pastorale dans la paroisse catholique de Saint-Paul de Joliette et actif dans la formation à la vie chrétienne de tous âges. Il est webmestre du site Internet du Réseau des Forums André-Naud et initiateur du blog « Eau du rocher », voué à un regard chrétien sur le monde actuel.