40e anniversaire de l’intervention du cardinal George B. Flahiff au Synode de 1971 – Compte-rendu

Nous étions 150 femmes et quelques hommes à venir manifester notre solidarité pour la cause des femmes en Église à la maison mère des Sœurs de la Charité de Québec, à Québec.  En 1971, le cardinal George B. Flahiff de Winnipeg transmettait au Synode à Rome, au nom de l’épiscopat canadien, cette demande urgente : « qu’une commission étudie en profondeur la question des ministères féminins dans l’Église ». Les femmes de l’Ouest canadien avaient transmis aux évêques canadiens leur requête pressante qui avait été entendue. Quarante ans plus tard, que pouvons-nous célébrer?

Femmes et Ministères ont voulu marquer 40 ans de ténacité des femmes à faire avancer la question des ministères en dépit des obstacles.  Nous étions donc convoquées de 13h00 à 17h00 pour un programme de remémoration.

Tout d’abord, une pièce de théâtre « Flahiff… vous avez dit Flahiff? » écrite par Blaise Gagnon de Trois-Rivières. En trois temps vivement campés, nous nous rappelons de la joie de l’annonce de 1971, de la désolation créée par la Lettre Ordinatio Sacerdotalis en 1994, du rassemblement festif  en 2011.

Suivait une table ronde avec trois panélistes qui ont marqué des moments significatifs de l’évolution de la cause des femmes.  Hélène Pelletier Baillargeon a dressé avec adresse le contexte historique, tandis que Lise Baroni Dansereau a montré comment « nous avons été sujets de nos actions ». En troisième lieu, Yvonne Bergeron s’est demandé si nous étions « des têtes dures ou des femmes d’espérance » et nous a invitées à conjurer la peur, à avoir « la force d’une espérance lucide et têtue » et à travailler à un autre modèle d’Église, c’est une mission à poursuivre.

Pendant la pause, chaque personne participante a pu écrire ses commentaires sur des grandes feuilles affichées sur les murs.  Elisabeth Garant a eu la tâche hardie de faire une synthèse prospective de l’événement à partir de ces écrits. Elle a souligné en premier qu’il y avait une espérance têtue à soutenir, même si l’embellie n’est pas sur le point de poindre.  Elle a dégagé les points suivants : refonder l’Évangile en faisant confiance à ce que nous faisons avec d’autres.  Se resituer au coeur de la mission avec une foi intelligente, en remettant en cause les structures de pouvoir.  Remettre la question de la justice au coeur de nos questionnements,  Nous avons le devoir de continuer à inventer avec une force de résistance. Les indignées sont dans le décor. « Ça ne peut plus continuer comme cela! »

Une célébration animée par Mariette Milot est venue clore notre rencontre. Ont été soulignées la présence de l’Esprit et la solidarité des différents groupes et associations de femmes et de groupes alliés représentée par le symbole d’une tige de bambou.  Ensemble des personnes désignées ont prononcé :

 « Aujourd’hui, 29 octobre 2011, au nom du groupe que je représente, je joins cette tige de bambou à celle des autres groupes groupes, symbole de notre solidarité dans la reconnaissance effective des femmes en Église.  Demeurons unies et tenaces dans notre marche vers le Royaume. Tenons bon ensemble!»

Un vin de l’amitié a soutenu la convivialité et le goût d’espérance. Cette rencontre des 40 ans était nécessaire pour marquer la solidarité et le désir de poursuivre, même si l’enthousiasme était modéré. La persévérance n’a pas dit son dernier mot, il faut aller de l’avant envers et contre tout. 

Monique Dumais, Rimouski
Le 2 novembre 2011