Présentation de la journée – 40 ans de ténacité des femmes en Église 1971 – 2011

Il me fait plaisir de vous accueillir ici, au nom du réseau Femmes et Ministères, pour célébrer l’audace et la ténacité des femmes en Église.

Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour fêter, pour témoigner et vivre dans la solidarité un anniversaire important pour nous. Nous voulons rendre  hommage à la persévérance, à la détermination et au courage des femmes de chez-nous. Il y a 40 ans, leur audace et leurs convictions ont marqué l’histoire de notre Église ici au pays et ailleurs dans le monde.

Nous voulons aussi reconnaître le travail constant et soutenu des femmes en Église depuis 40 ans. En solidarité avec vous tous et toutes nous voulons dire haut et fort que ce n’est pas fini, que nous sommes là pour durer.

Il est bon de se rappeler que de 1970 à nos jours, des groupes de femmes et des organisations reliées à l’Église ont présenté  à laConférence des évêques du Canada, à l’Assemblée des évêques catholiques du Québec ou aux autorités diocésaines concernées, des revendications concernant les femmes en Église. Et en 1970, dans le contexte du synode sur « Le sacerdoce ministériel et la justice dans le monde » (1971), un groupe de femmes d’Edmonton a pris l’initiative d’interpeller et de réclamer un dialogue avec les évêques réunis en assemblée plénière pour la préparation du Synode. Il s’agissait d’un geste audacieux et prophétique pour le temps. Et elles ont réussi. Leur démarche a été l’élément déclencheur qui a abouti à l’intervention du cardinal Flahiff prononcé au nom de la Conférence des évêques du Canada à ce Synode. Vous pourrez retrouver leurs diverses recommandations et l’intervention du Cardinal sur notre site Web.

C’est donc avec un sentiment de fierté  que nous sommes rassemblés afin de nous rappeler nos initiatives, fêter 40 ans de travail constant, nous supporter mutuellement et faire savoir que nous continuerons notre « lutte » jusqu’à ce que les femmes soient effectivement reconnues pleinement dans l’Église.

Merci d’avoir répondu généreusement à notre appel. Il y a ici des gens qui viennent non seulement de Québec et des environs, mais aussi du Bas Saint-Laurent, de Bellechasse, des Cantons de l’Est, du Centre-du-Québec, de la région Chaudières-Appalaches, de la Gaspésie, de la région de Lanaudière, des Laurentides, de la Mauricie, de la Montérégie, de la région de Montréal, du Saguenay/Lac St-Jean. Certaines viennent même de France. Nous aurons l’occasion de nous connaître au fur et à mesure du déroulement du rassemblement.

J’aimerais, avant de passer la parole à l’animatrice de la journée, souligner quelques présences particulières :

-Tout d’abord, une pionnière des toutes premières heures : Hélène Pelletier-Baillargeon. Elle a participé à la toute première rencontre convoquée par les évêques canadiens en 1971 sur Le statut des femmes au Canada. Elle a donc été de celles qui ont influencé la déclaration de nos évêques canadiens au Synode de 1971. L’année suivante, elle participait au comité pancanadien sur Le rôle des femmes dans la société et dans l’Église. Elle y agissait en tant que participante et secrétaire du groupe. Hélène, nous sommes tellement heureuses que vous soyez des nôtres.

– Il y a également Gisèle Turcot, membre du réseau Femmes et Ministères pendant 19 ans. Gisèle a participé à la fondation du Réseau en 1982 avec Lise Baroni, Rita Beauchamp, Élisabeth Lacelle, Rolande Parrot et Annine Parent.

-Quelques mots sur Annine Parent, coprésidente actuelle de Femmes et Ministères et membre très active de notre Réseau après 29 ans d’implication. Je puis même vous confier que sans elle, sans son dynamisme et son énergie incroyables, l’événement que nous vivons n’aurait pas eu lieu. Et elle occupe une place importante dans l’Église du Québec, du Canada comme dans l’Église universelle. On se rappelle qu’en 1987, elle fut nommée experte au Synode romain sur la vocation et la mission des laïques dans l’Église et dans le monde.

-On retrouve également parmi nous, Monique Dumais, cofondatrice de L’autre Parole avec Louise Melançon, Bibiane Beauregard et Marie-Andrée Roy. La Collective a souligné dernièrement ses 35 années d’existence par un colloque, la sortie de la version électronique leur revue et la publication d’un volume rassemblant leur 35 ans d’écriture et de réécritures.

-Je souhaite également la bienvenue aux répondantes diocésaines à la condition des femmes. Elles ont souligné leur 30e anniversaire au Cap-de-la-Madeleine en mai dernier. Quelques-unes sont avec nous aujourd’hui dont Huguette Labrecque de Québec. 

– Et on ne peut passer sous silence la présence du Centre justice et foi à travers deux de ses représentants, Élisabeth Garant, sa directrice, et Marco Veilleux. Ils ont su rallumer la flamme du débat sur l’ordination des femmes par une table ronde Femmes en Église: un débat à relancer de laquelle a surgi le colloque « L’accès des femmes aux ministères ordonnés : une question réglée ? » à l’automne 2006.

– Mentionnons également la présence de Ghislaine Vézina. Elle représente officiellement la Fédération des femmes du Québec, nos alliées extraeccésiales. Grand merci de vous joindre à nous pour cet événement.

– Et enfin, nous avons la chance d’accueillir les deux auteures de « Les pieds dans le bénitier », Anne Soupa et Christine Pedotti. Plusieurs d’entre nous les avons entendues hier soir au Montmartre ; et d’autres les rencontreront prochainement dans d’autres villes du Québec. Votre présence nous fait chaud au cœur. Et votre leitmotiv « Ni partir, ni se taire » rejoint ce que Femmes et Ministères a vécu durant ces 30 ans d’existence. Nous nous retrouvons très bien derrière ces mots. Bienvenue au Québec.

Je cède maintenant la place à Marie Bergeron, également de Femmes et Ministères. C’est elle qui vous guidera à travers les différentes étapes de notre démarche.

Le samedi 29 octobre 2011

Texte d’ouverture la rencontre tenue à Québec et organisée pas Femmes et Ministères pour souligner 40 ans de ténacité des femmes en Église à l’occasion du 40e anniversaire de la déclaration du cardinal George B. Flahiff en faveur de l’ouverture des ministères ordonnés aux femmes lors du synode de Rome en 1971.

 

Ce contenu a été publié dans 40e anniversaire de la ténacité des femmes en Église par Pauline Jacob. Mettez-le en favori avec son permalien.

A propos Pauline Jacob

Théologienne féministe, Pauline Jacob détient un Ph. D. en théologie pratique et une maîtrise en psychoéducation de l’Université de Montréal. Elle est l’auteure d'« Appelées aux ministères ordonnés » (Novalis, 2007), coauteure de « L’ordination des femmes » (Médiaspaul, 2011) et a à son actif plusieurs articles. Elle poursuit depuis plus de 15 ans des recherches sur l'ordination des femmes dans l’Église catholique et est très active à l’intérieur du réseau Femmes et Ministères.