Tant qu’il le faudra : Femmes et Ministères a 35 ans

Nous traversons en Église une période de turbulences qui révèle des failles et appelle à une transformation profonde. La question de la contribution des femmes – et des laïcs – en fait partie. Les préparatifs et le déroulement du récent Synode sur la jeunesse ont été marqués par des requêtes qui disent haut et fort : fini le temps de tenir les femmes hors des débats, sans voix ni droit de vote.

Tout au long de l’année, nous, membres du réseau francophone Femmes et Ministères, avons été attentives à ces voies plurielles; elles confirment plus que jamais la pertinence de notre mission qui consiste à promouvoir « la reconnaissance de tous les ministères exercés par des femmes dans une Église dynamique et missionnaire ».

Après avoir organisé des colloques à une large échelle, nous nous sommes concentrées sur des activités de formation offertes à nos membres et à un plus large réseau de sympathisant-e-s qui s’est formé dans la région de Québec. Une mise à jour s’imposait sur divers sujets abordés; mentionnons entre autres deux demi-journées animées par des théologiennes : l’une pour approfondir les divers types de féminisme et leur compatibilité avec l’expérience des femmes chrétiennes; l’autre pour nous familiariser avec l’ouvrage du théologien Christoph Theobald sur l’urgence pastorale d’une réforme dans l’Églisei. D’autres démarches concernaient l’absence de langage inclusif dans les textes de la liturgie disponibles en langue française.

Après plus de 35 ans de cheminement notre réseau priorise deux modes d’action :

  • Agir au plan local, tout en appuyant des initiatives plus larges.
  • Encourager le débat sur les transformations à obtenir pour faire débloquer la question des femmes reliée à celle des ministères.

Au plan local, nous sommes préoccupées d’atteindre la parité hommes et femmes dans les milieux de travail, les associations et les lieux de décision, par exemple dans les Conseils de fabrique qui régissent les paroisses. Femmes et Ministères s’est d’ailleurs rallié au Groupe partenaire pour la parité dans tous les domaines de la vie économique, sociale et politique.

La Lettre au peuple de Dieu du Pape François nous invite à participer à la réforme souhaitée en Église qui impliquera de nombreuses conversations, voire des débats. Depuis le début, nous privilégions le dialogue avec les responsables de l’Église. C’est l’esprit qui présidera à l’organisation de rencontres avec des prêtres et agents de pastorale sur les manières de reconnaître les ministères exercés ici par des femmes.

Puisque les regroupements favorables à la révision de la place des femmes en Église se multiplient au plan international, nous pouvons faire connaître leurs initiatives et leurs réflexions. C’est la fonction de notre site Internet (http://femmes-ministeres.org) qui diffuse annuellement plusieurs dizaines d’articles de théologiennes et militantes francophones.

Dans ce contexte, notre organisation doit aussi s’interroger sur le nom qu’elle porte et la composition de son membership qui pourrait inclure femmes et hommes. Nous sommes à pied d’œuvre sur ce chantier.

Gisèle Turcot, sbc
Membre de l’équipe fondatrice de Femmes et Ministères et de l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil de Montréal

Ce texte a d’abord été publié dans  Rencontre (décembre 2018 – janvier – Février 2019), vol.8, no25, p. 9. et est reproduit avec l’autorisation de l’auteure.

NOTE

i Christoph THEOBALD, Urgences pastorales du moment présent. Comprendre, partager, réformer. Éditions Bayard, Montrouge, 2017.

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