Une pétition pour le vote des femmes au Synode sur les jeunes

Alors que le Synode des évêques sur les jeunes se poursuit tout au long du mois d’octobre, l’absence de droit de vote pour les participantes continue d’être problématique.
Même si les nouvelles directives du Synode permettent à deux religieux non ordonnés de voter, les religieuses présentes se voient refuser le même droit. Ces femmes qualifiées sont exclues parce qu’elles ont un corps de femme.
Il n’y a aucune raison valable pour justifier cette exclusion. Nous vous invitons, en lien avec d’autres groupes de femmes, à signer cette pétition demandant aux membres votants présents au Synode de changer cette pratique sexiste et indéfendable et ainsi manifester votre soutien pour le droit de vote des femmes au Synode.
La pétition sera remise en main propre aux évêques, aux cardinaux et à tous les membres votants présents au Synode à Rome ainsi qu’au cardinal Baldisseri, secrétaire général du Synode des évêques et ce, à partir du 18 octobre.

Voici la traduction française de cette pétition :

Aux évêques catholiques romains, aux cardinaux, aux membres votants du Synode sur les jeunes et au pape François
Les supérieurEs de communautés religieuses catholiques devraient voter au Synode

Campagne créée par Deborah Rose-Milavec de Future Church

Deux religieux sont des membres votants de l’actuel Synode sur les jeunes, mais aucune religieuse. Nous exhortons les évêques, les cardinaux, le Synode des évêques et le pape à faire en sorte que les supérieures de communautés religieuses travaillent et votent sur un pied d’égalité avec leurs frères dans le Christ aux réunions du Synode des évêques.

Pourquoi est-ce important?

Le XVe Synode ordinaire des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel réunit des évêques, des auditeurs, des auditrices et des experts du monde entier pour collaborer et discuter des besoins urgents de l’Église pendant trois semaines à Rome (du 3 au 28 octobre 2018).

Le vote sur les documents finaux lors de ces réunions était réservé aux hommes ordonnés jusqu’en 2015, année où un religieux (un homme non ordonné) a été autorisé à voter.

Cette année, ce nombre a doublé. Deux supérieurs religieux non ordonnés sont autorisés à voter sur les documents qui, s’ils étaient approuvés par le pape François, pourraient devenir un enseignement magistériel ordinaire.

C’est une ouverture encourageante. La représentation de non-clercs ajoute de la diversité à l’un des principaux organes de décision de l’Institution et aide l’Église à se rapprocher de l’essence de la Constitution apostolique Episcopalis Communio du pape François qui vise à impliquer plus directement le Peuple de Dieu.

Bien que nous nous réjouissions du vote des religieux non ordonnés, cela ne va pas assez loin.

Si les supérieurs religieux non ordonnés peuvent voter, les supérieures religieuses non ordonnées devraient également voter. En l’absence de barrière ontologique/doctrinale, la seule barrière se trouve à être le sexe biologique du supérieur religieux.

Dans la Lettre aux femmes (1995), saint Jean-Paul II a souligné « l’urgence de parvenir à une véritable égalité dans tous les domaines… ». Il a également déclaré : « C’est une question de justice, mais aussi de nécessité. Les femmes joueront de plus en plus un rôle dans la solution des problèmes graves de l’avenir… » Nous pensons que c’est particulièrement vrai pour les synodes. Les femmes font partie de la solution aux graves problèmes de l’Église.

C’est pourquoi nous vous exhortons tous, évêques, cardinaux et autres membres ordonnés et non ordonnés qui avez droit de vote à ce Synode, à faire en sorte que les supérieures de communautés religieuses travaillent et votent d’égal à égal avec vous comme sœurs et frères dans le Christ.

Leaders au service des communautés les plus marginalisées du monde, les religieuses sont beaucoup plus nombreuses que les religieux et pourraient apporter au Synode des expériences sous-représentées d’accompagnement, de leadership et de soin pastoral. En 2016, il y avait 659 445 religieuses dans le monde et 52 625 religieux (CARA).

Alors que le pape François invite à « une présence féminine plus incisive » dans l’Église tout en désignant le Synode comme « un instrument approprié pour donner la parole à tout le peuple de Dieu… » (EC 25), nous vous recommandons vivement de faire participer les femmes à la prise de décisions significatives dans toutes les instances de l’Église, y compris le Synode.

Depuis le début du Synode sur les jeunes, des femmes de divers horizons et pays se sont prononcées en faveur du droit de vote des religieuses au Synode. Nous pouvons avoir des opinions divergentes sur de nombreuses questions, mais une chose nous unit : nous croyons que notre Église peut surmonter la crise actuelle seulement si les femmes ont une voix et un vote.

Les partenaires de l’Initiative:

Catholic Women Speak
Donne per la Chiesa
FutureChurch
New Ways Ministry
RAPPORT
Voices of Faith
We Are Church International
Women’s Ordination Conference
Women’s Ordination Worldwide

Comment la pétition sera remise

Nous remettrons la pétition aux évêques, aux cardinaux et à tous les membres votants présents au Synode de Rome ainsi qu’au Cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode des Évêques, à compter du 18 octobre 2018.

Voir le texte original :
https://action.groundswell-mvmt.org/petitions/catholic-women-religious-should-vote-at-the-synod

Présentation et traduction, Pauline Jacob

9 réflexions au sujet de « Une pétition pour le vote des femmes au Synode sur les jeunes »

  1. Comme nous avons de la difficulté nous les femmes à faire comme si nous étions des personnes à part entière! Ce sont des pays industrialisés et développés où il n’y a pas de raison que les femmes ne soient pas encore des êtres humains à 100% comme les hommes le sont.
    Je demande donc aux dirigeants de régler cette situation, qui aurait du être fait au moins un siècle passé et même plus!

  2. Dieu est-il misogyne? N’aime-t-il pas tous ses enfants? Tout chrétienne ou chrétienne doit avoir les mêmes droits dans ses implications chrétiennes, ses choix et ses possibilités de prendre totalement un rôle actif dans L’Église.
    L’Église est-elle misogyne usant de son droit de gérance selon le sexe de la personne?

  3. Comment se sentir partie prenante d’un tournant missionnaire quand les hommes d’église ne nous laissent aucune place pour nous dire !

  4. Quelle habitude bizarre, tradition étrange de ne pas donner la parole à une part très vivante et active du peuple de Dieu.
    Une part « féminine » qui, pourtant, participe au grand chantier du royaume. Ô combien !
    AUCUNE raison ne le justifie hormis la peur, le goût du pouvoir, le mépris et l’ignorance de l’autre, qui sont les propres expressions de l’Ennemi de notre Dieu, qui est confiance et Tout-Amour.
    L’Église use d’un art savant pour empêcher l’Esprit même du Christ de souffler sur cette Terre. Tristesse.
    Heureusement, l’Esprit continue sans elle et en dehors d’elle, mais à quel prix, et pour combien de vies méprisées?

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