Lettre ouverte au pape François

Nous invitons les femmes à signer cette lettre, initiative des groupes  Catholic Women Speak et Voices of Faith.
Voici le lien : https://catholicwomenspeak.com/open-letter-to-pope-francis/
En voici une traduction française

 

Cher pape François,

Nous sommes des femmes catholiques qui vous écrivons des quatre coins du monde. Nous vous remercions pour votre sage direction de l’Église et pour votre souci pastoral concernant les réalités de la vie dans tous ses nombreux défis et luttes. Nous accueillons l’esprit de compassion, de joie et de miséricorde que vous encouragez dans notre foi et nous nous engageons à travailler avec vous et avec tous les dirigeants de l’Église pour un monde plus juste et plus durable.

Nous apprécions également votre désir d’impliquer davantage les femmes dans la vie de l’Église. Dans ce contexte, nous avons lu avec intérêt le nouveau Statut du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie publié le 8 mai 2018. Nous notons que le ton est pastoral, compatissant et non moralisateur en ce qui concerne certaines des difficultés rencontrées par les femmes, y compris l’appel à la procréation responsable et la reconnaissance des défis difficiles liés à la grossesse et à l’avortement. Nous sommes d’accord avec l’ensemble de son contenu.

Cependant, nous sommes préoccupés par l’article 9 qui se lit comme suit:

Le Dicastère travaille à approfondir la réflexion sur la relation entre les hommes et les femmes dans leur spécificité respective, la réciprocité, la complémentarité et l’égale dignité. Valorisant le « génie » féminin, il offre une contribution à la réflexion ecclésiale sur l’identité et la mission des femmes dans l’Église et dans la société en favorisant leur participation.

Il s’agit d’un certain nombre d’hypothèses sur la nature des femmes et cela suggère que les femmes pourraient être un objet d’étude plutôt que des partenaires dans le dialogue. Nous sommes nombreuses à nous préoccuper sérieusement de l’expression « génie féminin », car nous croyons que les qualités auxquelles elle fait référence devraient être communes à tous les chrétiens et à toutes les chrétiennes et ne sont pas propres aux femmes. Nous pensons également que des concepts tels que «spécificité, réciprocité, complémentarité et dignité égale» doivent encore être développés et interprétés d’une manière qui tienne pleinement compte des expériences vécues, des dons et des capacités des femmes.

Vous insistez souvent sur le fait que les réalités doivent passer avant les idées, mais en ce qui concerne les femmes, nous nous retrouvons encore trop souvent dans le langage des idées plutôt que dans le langage qui exprime la riche diversité de nos vies dans des cultures et des contextes différents. Pour que cela change, nous croyons qu’il doit y avoir un éventail plus large et plus représentatif de femmes s’engageant dans un dialogue avec la hiérarchie. Votre réflexion profonde et inspirante sur le dialogue dans Amoris Laetitia paragraphes 136 à 141 serait un excellent guide sur la façon dont un tel dialogue devrait être mené.

Beaucoup d’entre nous seraient des participantes volontaires dans un tel processus de dialogue pour le bien des individus, des familles et des communautés à travers le monde et nous vous offrons nos services en tant que partenaires et collaboratrices dans le Christ.

Merci de prendre le temps de lire cette lettre.

[Cette lettre a été écrite par Catholic Women Speak et Voices of Faith ce 10 mai 2018]
Traduction : Pauline Jacob

12 réflexions au sujet de « Lettre ouverte au pape François »

  1. J’ai signé bien sûr pour ce changement d’attitude positif qui relaye ce que nombre de prêtres conciliaires pratiquaient déjà dans les paroisses : la reconnaissance des œuvres des femmes et la compassion pour leurs souffrances au regard de la stérilité qui augmente ou à l’inverse de devoir prendre une décision radicale d’avortement : c’est un recentrage sur le respect à l’égard des femmes qui est remis à l’honneur… Il était temps de l’officialiser… Merci pour toutes les femmes

  2. Je signerai ce texte par solidarité pour toutes ces femmes patientes et tenaces qui persistent à vouloir faire partie d’une Église machiste et prétentieuse qui dans sa «grande bonté» daigne parfois leur accorder une bienveillante attention, toute subalterne qu’elles leur semblent.

  3. Je souhaite de tout cœur une plus grande ouverture pour tous et toutes aux ministères.
    Mais je crois qu’auparavant, il faudrait redéfinir le sacerdoce ministériel. Ça ne peut plus continuer comme ça se passe actuellement. Il faudrait retrouver la vraie mission
    pastorale du presbytérat comme un service à la communauté.

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