« Des pasteures… malgré l’Institution »

Le curé a été victime d’un accident. Il est en congé de maladie pour une période indéterminée. Or, le pauvre a quatre paroisses sous sa responsabilité. Des femmes (car ce sont majoritairement des femmes qui sont les acolytes du curé) ont dû, in extremis, préparer une célébration — de la Parole évidemment — afin d’accueillir les fidèles qui tiennent mordicus à satisfaire à l’obligation dominicale.

Dans ma paroisse, ce sont deux religieuses âgées qui ont monté la célébration. Une célébration magnifique, incarnée dans la vie des gens; qui a parlé de leur vécu; mais qui, surtout, a fait « parler la Parole ». Au terme de la célébration, des personnes sont spontanément allées vers elles, le cœur gonflé de joie, ne tarissant de remerciements et d’éloges, certaines allant même jusqu’à les embrasser. Imaginez! Elles avaient compris tous les mots! Elles, habituées à se colletailler avec un accent d’outre-mer, celle du curé, afin de déchiffrer ses paroles.

Ce n’était cependant pas la première fois que ces religieuses étaient gratifiées des mêmes élans de reconnaissance. C’est la même chose chaque fois qu’elles sont appelées à prendre la relève, pour des funérailles, pour un baptême ou pour toute autre cérémonie qui ne requiert pas nécessairement l’empreinte sacerdotale pour en valider la catholicité. Et chaque fois, les fidèles viennent à elles, radieux et reconnaissants, parce qu’elles ont parlé d’eux; parce que c’est dans leur langage, à partir de leurs expériences, qu’elles ont parlé d’eux au Seigneur. La reconnaissance des fidèles est leur salaire, car elles travaillent toujours bénévolement.

Mais qu’on ne s’illusionne pas! Les autorités diocésaines allaient rapidement remédier à la situation. Dès le dimanche suivant, un prêtre — déjà responsable de deux autres paroisses — était là pour « dire la messe », transformer le pain et le vin en corps et sang du Christ et offrir aux fidèles des hosties fraichement consacrées. D’ailleurs, si ce prêtre n’était pas là pour assurer dignement ces services le dimanche précédent, c’était que lui-même, déjà âgé, était malade.

Mais revenons à ces religieuses qui ont assuré, au pied levé, la célébration en remplacement du curé blessé. Si elles ont pu le faire si prestement, c’est qu’elles en ont l’habitude, car elles sont en quelque sorte des piliers de toutes les célébrations cultuelles de la paroisse, à longueur d’année. Ce, sans compter leurs visites aux malades, aux personnes âgées, et tant d’autres activités caritatives auxquelles elles se prêtent généreusement. Bénévolement!

Ces anecdotes, qui peuvent sembler quelque peu caricaturales, reflètent pourtant l’état pitoyable des communautés chrétiennes d’aujourd’hui. Au lieu de laisser aux femmes l’espace qu’elles devraient occuper, on continue d’épuiser les vieux prêtres jusqu’à leur dernier souffle, puis on en importe d’autres de continents étrangers, la plupart du temps ignorants des us et coutumes des ouailles dont on leur impose la charge. Un prêtre absolument! Peu importe ses origines et ses compétences, plutôt qu’une femme bien implantée dans son milieu. Il y a quelques années passées, on pouvait au moins se targuer d’avoir des agentes de pastorales (des agentes, car c’était des femmes en grande majorité) qui détenaient des formations universitaires, baccalauréats et même maitrises. Mais c’est une époque révolue. Elles ont toutes fini par prendre leur retraite, épuisées… souvent désabusées.

Oui, désabusées, car en dépit de leurs compétences théologiques, qui souvent surpassaient celles des curés, elles ne pouvaient espérer davantage que de jouer un rôle de « servantes » de ces mêmes curés. Parce qu’elles étaient des femmes et que les femmes ne peuvent et ne pourront jamais accéder aux rôles de gouvernance; aux rôles de pouvoir qui sont dévolus aux prêtres. Et cela est immuable, selon un décret de saint Jean-Paul II. Un décret légitimé par le fait qu’il n’y avait pas de femmes parmi les Douze choisis par Jésus. Un décret entériné par le bon pape François; qui ne cesse de prêcher justice et égalité parmi tous les êtres humains de la planète.

C’est honte et injure que de valider cette exclusion des femmes au nom de Jésus. De valider cette exclusion par une soi-disant fidélité à Celui qui a poussé les droits des femmes de son entourage au-delà des limites acceptables par la société et les mœurs de son époque; qui les a guéries, les a données en exemple, jusqu’à faire disciples celles qui ont voulu le suivre sur la route; car des femmes l’ont effectivement suivi depuis la Galilée jusqu’à Jérusalem (Luc 8,2-3; 24,55). Et ce n’est pas peu dire, considérant que les femmes n’étaient autorisées à franchir le seuil de leurs demeures qu’en compagnie d’un père, d’un mari ou d’un fils. Ces femmes qui furent les premières témoins de la résurrection, à Jérusalem, le matin de Pâques, alors que les Onze (car l’un d’eux s’était déjà suicidé) avaient fui en Galilée, après avoir abandonné leur Maître au moment le plus tragique de sa vie. Eux, ses amis, ses plus proches collaborateurs, l’avaient abandonné.

Aujourd’hui, ceux qui se prétendent leurs héritiers dans la lignée sacerdotale, dans une certaine mesure, lui font encore faux bond en niant aux femmes les droits et privilèges que lui, Jésus, leur avait accordés; en refermant à jamais la porte qu’Il leur avait dûment ouverte.

L’Institution ecclésiale serait franchement gagnante d’intégrer les femmes à part entière dans l’Église. C’est, ici, non seulement une question d’équité, mais c’est d’abord et avant tout une question de fidélité à Jésus.

Dire qu’on exclut les femmes du sacerdoce et de toute instance du pouvoir au nom de la fidélité à Jésus!

Je suis toujours étonnée que tant de femmes tiennent à rester au sein de cette institution qui ne veut d’elles qu’à titre de servantes?

Le 1er mars 2018

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A propos Odette Mainville

Odette Mainville est bibliste et professeure retraitée de la faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université de Montréal. Spécialiste du Nouveau Testament, elle s'intéresse particulièrement aux recherches sur le Jésus historique et au thème de la résurrection. Conférencière recherchée, elle est l’auteure de nombreuses publications concernant l’interprétation biblique, mais aussi de trois romans québécois.

31 réflexions au sujet de « « Des pasteures… malgré l’Institution » »

  1. Merci Odette

    Baptisées en Jésus, comment affirmer qu’une femme ne peut exercer ce ministère qui les habite tout autant que les baptisés masculins.

    Ce qui me peine, c’est de constater cette injustice. Combien de mères n’ont pas fait baptiser leurs filles ? Et, surtout, pendant combien de temps nos baptisées et diplômées se verront ordonnées au sein d’autres églises chrétiennes ?

    Le temps n’est plus à la formulation d’une ‘théologie de la femme’.

    Tout a été dit à ce sujet.

    Appelées au ministère ordonné , nous sommes toujours exclues.

  2. Merci Odette Mainville.
    Tellement d’accord.
    J’ai pris ma retraite en août 2016 après 26 ans comme agente de pastoral.
    Au début des années 2000 j’ai vécu de belles avancées mais à mesure que les prêtres prenaient de l’âge, ils reprenaient l’espace qu’ils avaient confié aux membres de l’équipe. Allez comprendre…
    Une chance que mon travail se situait davantage en pastorale sociale car cela m’a fait vivre des rencontres spéciales dans différents organismes communautaires et de riches accompagnements.
    Par contre, ce qui continue de me troubler un peu ce sont les personnes (principalement des femmes) qui continuent de maintenir sur un piédestal leur «précieux curé».
    Merci pour tous vos articles qui, un après l’autre, me font penser à une «pierre d’angle» autour desquels se construit peu à peu l’Église de Jésus le Ressuscité.

    • Je suis tellement d’accord avec vos propos. Quant à moi, je me dis chrétienne en tant que disciple du Christ, mais je ne peux plus m’afficher comme catholique, considérant que cette Église commet une injustice trop grande envers les femmes qu’il a tant défendues.

      • Je formule tout à fait de la même manière mon appartenance….dans la foi en Jésus des évangiles… Je le disais ainsi à un ami, cette semaine…L’exclusion des femmes dans l’église catholique nous renvoie nécessairement dans la marge… très pénible à vivre… quand on continue d’être chrétienne….

  3. Merci pour ce bel article. Oui, je reste dans cette institution même si, certains jours, j’ai envie de tout lâcher. Oui, j’y reste pour y propager mon cri. Oui, j’y reste car j’essaye de la changer… et j’y crois. Douze apôtres figurent dans un texte écrit par des hommes mâles pour faire comprendre à d’autres hommes-mâles que le nouvel Israel est arrivé. Inclusif de toute l’humanité, et non exclusif des femmes, les douze ont, en effet, été cités par l’évangéliste indépendamment de leur tribu d’appartenance. La scène est citée 4 fois mais à partir d’une même source, l’évangile de Marc. A-t-elle seulement eu lieu? ou est-ce une construction qui participe au témoignage de foi et non à une quelconque historicité? De plus, encore aujourd’hui, certains hommes sont incapables de voir les femmes, de les imaginer en position d’autorité. Comment en serait-il autrement au 1er siècle? Jean-Paul 2 et Benoît 16 insistent également sur l’incarnation de Jésus dans sa forme masculine. En lisant et en relisant leurs textes, j’ai fini par comprendre que l’Eglise catholique appliquait depuis 20 siècles, les conclusions des études de genre mais …à sens unique. Seuls les hommes peuvent aller dans le masculin et le féminin. Les femmes sont sexualisées et coincées dans le féminin. Les hommes sont la maquette neutre de l’humanité et sont invités à s »approprier les caractéristiques féminines. Le Christ, représente toute l’humanité faite de femmes et d’hommes. Par leur ordination, sur une maquette neutre, les prêtres mâles peuvent représenter toute l’humanité. La maquette femme, par contre, ne pourrait le faire selon nos monseigneurs du magistère. C’est pourquoi, les prêtres, et toute la curie romaine, n’ont aucune gène à parler au nom des femmes, à décider pour elles, à légiférer contre elles et à considérer que c’est juste. Eux représentent les femmes et les hommes.

  4. Pleinement d’accord avec vous. J’avoue éprouver souvent de la colère devant la misogynie devant la caste sacerdotale de mon Église. Pour avoir lu  »Des eunuques pour le royaume des cieux » de Uta Reinke-Heinemann, cela remonte aux origines de l’Église. Quel aveuglement! Comment ce qui différencie un homme d’une femme au plan physique (un petit bout de chair entre autre) peut-il empêcher l’ordination au ministère? C’est ridicule. On se retrouve dans une structure de pouvoir (nomenclature) patriarcale rigide et oppressive, un  »boy’s club » de vieillards fermés au Souffle de l’Esprit Saint et à l’évolution du monde.

    Ce même Esprit qui appelle des femmes au ministère sacerdotal (cf la recherche doctorale de Pauline Jacob), appels que la théologienne a validés en y appliquant les critères de discernement que les autorités utilisent pour les hommes… Je connais quelques agentes de pastorales qui ont quitté après l’arrivée de curés autoritaires incapables de travailler en équipe. La hiérarchie de mon Église, surtout le Vatican, est en train de détruire sa vitalité et de saboter sa mission. Tellement triste.

    • Vos propos d’indignation, voire de colère, rejoignent exactement ce que je pense. La position du Vatican. de ces hommes en robes, est totalement dénuée de logique. Et ce qui me scandalise le plus, c’est qu’ils osent défendre cette position au nom de leur fidélité à Jésus, alors que, ce faisant, ils le trahissent carrément.

      • Jésus a été en effet révolutionnaire dans ses rapports (respect et égalité) avec les femmes. Et Paul affirme carrément qu’il n’y a plus ni juif ni grec, ni homme ni femme dans le Christ. Il a nommé des femmes responsables de communautés. Faut avoir l’esprit tordu par le machisme et la soif de pouvoir pour ignorer ces faits.

        En lisant la sortie des religieuses-servantes du Vatican parue dans l’Osservatore Romano – quel beau coup de poing sur la table – je pensais au documentaire québécois  »Les servantes du bon Dieu »… Des rapports comme dans la société patriarcale et capitaliste (de nos jours), rapports de classes, ont contaminé l’esprit de l’Évangile et dominé depuis longtemps dans cette institution.

        Heureusement l’Esprit de Dieu ne se limite pas à agir dans l’Église catholique mais est à l’oeuvre partout. J’en prends pour exemple le mouvement féministe (inspiré de Lui selon Jean XXIII), le mouvement  »me too » de dénonciation de la culture dominante de la pornographie et du viol. Signes des temps. Je trouve notre monde pourtant si violent, en avance sur les Églises sur bien des questions dont celles du droit des femmes et des droits humains en général.
        Heureusement (une bénédiction) qu’il y a des femmes dans ce monde.

  5. J’aime toujours me laisser interpellée par vos écrits. L’eucharistie, mémorial du dernier repas de Jésus fut le premier que j’ai lu et il m’a donné des ailes pour vivre en toute liberté ce à quoi je me sens appelée intérieurement, comme pasteure. Il ne s’agit plus d’attendre que l’Église nous apporte ce dont nous avons besoin mais d’oser être, à la suite de Jésus, fidèles à qui nous sommes créées. C’est ainsi que depuis près de 20 ans, nous avançons dans notre belle petite communauté fraternelle Chez Nous, en lien à Jésus, fidèle à sa parole mais en marge de cette Église contre laquelle il s’élèverait sûrement, s’il revenait aujourd’hui…

    • Heureuse de voir que certains de mes propos aient vous faciliter la voie à la liberté, car c’est très difficile d’être libre. C’est parfois tellement marginalisant qu’il devient plus facile de suivre le troupeau. Bravo pour cette ouverture vécue dans votre communauté.

  6. C’est avec une incroyable émotion que je viens de lire votre texte. Merci! À la veille du prochain 8 mars, je me sens réconfortée… et tellement moins inquiète des distances que je prends avec l’institution ecclésiale depuis de très nombreuses années. Vous me répétez ce que je trouve comme consolation auprès d,autres théologiennes et parfois auprès de certains théologiens: mes distances institutionnelles me rapprochent de la fidélité à Jésus.

    Nous, les femmes, nous faisons partie des périphéries comme dit Pape François avec sincérité assurément. Mais on dirait qu’il ne s’aperçoit pas qu’il nous garde toutes dans les périphéries qui nous font tellement mal à l’âme. Il vient justement de proclamer que les femmes sont les piliers de l’Église. De quelle Église nous parle-t-il? Certainement pas de la communauté de foi sans exclusion à laquelle Jésus nous a invités, femmes et hommes. Faut-il croire à l’ex-opere operato de la sacramentalisation???
    Merci, Odette, merci pour ce texte de consolation.

    • Oui, ce n’est pas toujours facile de prendre ses distances face à l’Église, parfois même insécurisant. Mais moi, j’ai adopté la devise de saint Pierre face au Sanhédrin : «Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes» (Actes 5,29). Je crois même qu’il faut choisir entre fidélité à Jésus et fidélité à l’Église. Moi, j’ai choisi et je me sens très à l’aise, voire rassurée d’avoir fait ce choix.

  7. Si on suivait l’argument principal de ceux qui défendent le refus d’ordination pour les femmes, il faudrait se dépêcher d’ordonner des hommes mariés et même de n’ordonner que des hommes mariés, car au moins 11 apôtres l’étaient. Mais en haut lieu on utilise un argument quand cela fait l’affaire et on l’ignore quand cela nous contrarie.

    • Votre réflexion est tout à fait logique, mais comme vous le dites si bien, «on utilise un argument quand cela fait l’affaire…».

  8. Voilà une réflexion qui devrait être déposée sur le bureau personnel de François. Comme j’aimerais lire sa réponse personnelle, pas celle d’un pape enfermé dans les normes ou assujetti à une décision de son saint confrère. Quand l’Église va-t-elle enfin ouvrir les yeux?

  9. En France, pas d' »agentes pastorales », par contre, dans de nombreuses paroisses, des femmes sont « missionnées » (après une formation) pour certains services, principalement les funérailles. Mais cela reste à la discrétion des curés. Il n’y a que dans ma paroisse, pour tout notre doyenné, où nous sommes 2 femmes à conduire des obsèques sans prêtre. Dans les autres paroisses, elles rencontrent les familles, préparent la célébration et participent aux lectures. Mais cela s’arrête là. Il faut reconnaître que ce sont les familles « loin de l’église » qui acceptent une célébration par des laïques (en effet les hommes ne s’intéressent pas à ce service) et qui viennent nous remercier à la sortie pour les mots que nous avons su trouver. Les familles « pratiquantes » veulent une messe, donc un prêtre.

    • Merci, Madame Girard, d’ajouter votre mot et de nous faire connaitre comment ça se passe chez vous. On constate quelques différences, mais aussi des convergences. Chez vous comme ici, les gens sont reconnaissants quand on parle leur langage et, comme vous le dites si bien, «pour les mots que nous avons su trouver». Il demeure cependant que le rythme ne semble pas tout à fait le même.
      Merci à vous.

  10. Après observation des débats et tentatives d’être entendues, écoutées et considérées, il me semble que nous en sommes à OUVRIR un séminaire pour nos jeunes filles…en dehors du modèle unique qui perdure…et PROPOSER une formation , puis la vivre en parallèle comme alternative actuelle à l’Étude…et en évaluation par la gent féminine elle-même….et CECI n’est pas une blague !
    car Si Jésus les appelaient à créer une jeunesse à l’Esprit renouvelé……?

    • Je trouve l’idée séduisante. Car il ne faut attendre qu’on nous en accorde droit, car ce droit, nous l’avons déjà. On avance en abolissant les barrières, n’est-ce pas?

      • Une initiative est envisageable, je suis de celles qui ont honte de présenter notre Église à des jeunes filles intelligentes, j’ai une crise de foi aigüe … je vois de plus en plus des bâtiments vides…ou démolis…ou dédiés à d’autres usages…c’est un temps de renouveau obligé. Toute une génération de personnes plus que sexagénaires en colère ou en retrait ou en questionnement… un ralliement des forces entre jeunes et aînés…pour innover et prendre le tournant ensemble…dans une indéracinable espérance et l’Agir lumineux pour l’avenir de la foi équilibrée et vécue en VRAi.

        • Dommage que l’Institution n’ait pas la sagesse de reconnaître la valeur de ses forces vives, de les respecter et de les laisser occuper l’espace qui leur revient.

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