Les femmes engagées en Église et leurs pratiques

Prétendre cerner une pratique est toujours une entreprise difficile et périlleuse. Synthèse vitale, dynamique, expressive, toute pratique se rattache à un milieu particulier, original, qui porte ses tensions, ses besoins, ses valeurs, ses moments de mort et de vie. C’est pourquoi saisir le faisceau des pratiques vécues par nos interviewées ne s’avère pas une tâche facile. Ce n’est qu’en « accompagnant », avec patience, le mouvement des récits que nous sommes arrivées à faire ressortir quelques dimensions praxéologiques. Comme le dit si bien Michel Maffesoli, il faut savoir « écouter l’herbe pousserxvi ». Nous présenterons les principales caractéristiques de la pratique des femmes, les avancées et difficultés qui s’y rattachent, et nous essaierons d’y pressentir, en troisième lieu, les forces de renouvellement ou de reproduction pour l’avenir.

Principales caractéristiques

Inutile ici de dresser la liste des différentes pratiques qui s’exercent dans l’univers ecclésial. Les activités liturgiques, sacramentelles, sociales, administratives, spirituelles, caritatives, catéchétiques et théologiques sont suffisamment connuesxvii. Nous traiterons plutôt des différentes configurations ou colorations spécifiques de l’approche choisie par les femmes. Les univers intellectuels et expérientiels que recouvrent les mots rassemblement, solidarité, interprétation, et gestion nous serviront de référence.

Des pratiques de rassemblement

En écoutant les récits d’activités, une première caractéristique s’impose : l’importance de susciter, de provoquer, de faire advenir des rassemblements. Le passage du « je » au « nous » occupe une grande place dans l’agir féminin en Église. On parle abondamment de rassembler, coordonner, mettre ensemble. Qu’il s’agisse de personnes, d’actions, de problèmes, beaucoup de répondantes exercent une véritable pratique de chef d’orchestre. Qu’elles travaillent en quartier, en paroisse ou en institution, faire jouer à l’unisson les harmoniques des différents réseaux de vie se révèle une préoccupation majeure.

Toute la communauté est engagée dans notre projet de catéchèse. On forme des adultes pour faire de l’enseignement aux enfants. Les enfants sont appelés à participer lors de visites à des familles pauvres, les personnes âgées prient, d’autres ramassent de l’argent. Tout le monde est impliqué, même la secrétaire et la cuisinière. Nous sommes ensemble. C’est comme une nouvelle forme de pastorale qui s’établit… Mon idée c’est de créer des réseaux.

Intervenir par réseauxxviii, c’est instaurer une pratique qui cherche le décloisonnement, l’interrelation et la concertation. Dans cette optique, l’agir prioritaire est celui du lieu le plus proche de la vie : la maison, la rue, la cour d’école, la salle d’attente, la chambre d’hôpital, etc. Il s’agit d’habiliter une personne, une famille ou un groupe à devenir sujet de son devenir, en unifiant les ressources les plus diverses au service d’un projet à réaliser, d’une solution à trouver, d’un défi à relever. Même si les agentes de pastorale n’adoptent pas cette approche de façon formelle, car elles n’en maîtrisent pas la structure d’intervention, un constat indéniable ressort : beaucoup de répondantes désirent travailler par réseaux et plusieurs y réussissent d’une manière somme toute assez satisfaisantexix :

Les intervenants école-paroisse-famille, tu ne peux pas séparer cela. Pour une bonne catéchèse des enfants, il faut que ça fasse un tout aujourd’hui.

Nous voulons convoquer les femmes les plus pauvres de notre communauté à se regrouper. Pour les écouter d’abord et les aider, si elles le désirent, à se prendre en main elles-mêmes. Nous souhaitons que ce regroupement se nomme « Réseau ». Car nous nous sommes rendu compte que les services sociaux les compartimentaient et les fichaient. Nous voulons une approche globale qui ne sépare pas les gens en morceaux et que les différents réseaux de notre milieu soient à leur service et non pas le contraire.

En plus du « faire-ensemble » au niveau de la tâche, s’ajoute un véritable « saisir-ensemble » de toute la réalité. Sorte d’approche « écologique » qui cherche à épouser l’interaction des diverses dimensions d’une vie communautaire.

Être Église, ce n’est pas seulement une pratique dominicale ou sacramentelle, c’est aussi la vie quotidienne, l’entraide et tout le reste. Pourtant, on ne défend pas cela très souvent. Lorsqu’on a dans la communauté des non-pratiquants capables de don d’eux-mêmes, de charité, d’oubli de soi… ça fait aussi partie de l’Église.

Trop longtemps, on a séparé le côté humain et le côté spirituel. Ce serait important qu’on ne fasse plus cette division entre les deux. L’Esprit est venu travailler dans le monde, non pas à côté du monde.

Cependant, nous devons rendre compte ici d’un phénomène particulier. Ce réel désir de concertation entre réseaux communautaires et d’intégration des divers aspects de la vie ecclésiale ne franchit pas la barrière entre le privé et le public. Peu de femmes parlent de leurs propres expériences parentales, sociales ou familiales. S’il est vrai que nous ne les questionnions pas là-dessus, il est quand même étonnant qu’elles n’y aient pas vu de liens significatifs avec leur travail. Un peu comme si pratiques de vie séculière et pratiques pastorales constituaient deux univers séparés. Nous rejoignons en cela un constat déjà établi : la dichotomie vie sociale/vie religieuse vécue par un grand nombre d’intervenantes et intervenants pastorauxxx.

Des pratiques de solidarité

Le désir d’ouvrir des espaces de regroupement et de solidarité avec les plus pauvres annonce l’existence d’une autre préoccupation. L’attention aux personnes exclues et démunies colore parfois légèrement, parfois très fortement, bon nombre de pratiques. Même si la pastorale sociale ne cesse d’être le parent pauvre des planifications diocésaines, un souci réel pour le sort de ceux et celles d’entre nous qui sont les plus défavorisés tenaille sincèrement beaucoup de femmes. Voyons deux exemples venus d’univers fort différents : la prison et la paroisse.

Ah ! si les gens pouvaient devenir un peu conscients de ce que vivent les prisonniers ! […] Ce serait comme aider quelqu’un qui est malade ou dans la misère. Ce n’est pas plus dangereux que cela. J’ai toujours aimé aller vers les sans-voix, vers les pauvres. Mais ce sont eux et elles qui m’ont aidée.

Dans mon milieu, il y a une augmentation de la pauvreté. Comment venir en aide à toutes ces familles monoparentales ? Je me sens démunie devant ces femmes et ces enfants qui ont besoin de moi… Il y a tellement de souffrances dans ces situations ! J’aimerais me rendre jusqu’à elles et sensibiliser la communauté. Par exemple, cette maman seule avec un enfant peut-être que je pourrais l’amener avec moi à l’épicerie, ça lui donnerait un petit repos.

Nous avons senti, surtout parmi les intervenantes en paroisse, une grande sensibilité, mêlée d’ambivalence et d’un vague sentiment de culpabilité, face aux situations de pauvreté présentes dans leur communauté. Il devient impératif de libérer la parole sur ce qui apparaît beaucoup plus comme une sorte de « paralysie structurelle » plutôt qu’une indifférence froide ou encore, une option écartée. D’après notre étude, les praticiennes du terrain pastoral pourraient apporter non seulement compassion et réflexion à ce débat, mais expériences et expertises des plus sérieuses.

Une conjoncture différente situe autrement celles qui investissent leurs énergies en quartier ouvrier, dans des organismes populaires ou en milieux défavorisés. Un discours clair, précis, parfois mordant dénote une action franchement située. Il y a là un parti pris et une solidarité vivement intéressés par la justice, la liberté, la dignité d’individus et de familles aux prises avec une véritable lutte pour la survie. Une insertion ecclésiale qui s’y mesure ne souffre pas mille nuances et tergiversations. Même et surtout lorsqu’il s’agit d’Évangile et d’Église. Recevons les réactions de quelques femmes qui y travaillent.

Les démunis sont parfois les personnes les plus vraies en humanité. Ce sont des gens qui ne sont pas assis sur le pouvoir de l’argent, de l’instruction ou d’un rang social. Ils n’ont pas grand-chose pour nous éblouir, mais ce sont ceux qui sont les plus près de l’Évangile et qui nous ramènent à l’Évangile.

Ça ne m’inquiète pas de savoir si les gens vont à l’église ou non. […] Moi je sais pourquoi je le fais [leur viens en aide] : pour reculer les frontières de la souffrance, faire en sorte que les gens prennent conscience de leur dignité, retrouvent leurs valeurs. Après advienne que pourra, c’est comme si le reste ne m’inquiète pas trop.

Moins nombreuses cette fois, certaines entrevues parlent d’une autre pratique de solidarité, celle qui s’intéresse à l’étranger, au nouveau venu, de race, de religion, de couleur ou de langue différentes. Le développement de nouvelles pratiques œcuméniques et/ou multi-ethniques s’annonce indispensable pour l’avenir de l’Église comme de la société. Des intervenantes ont déjà pris le tournant, comme le suggère cet extrait en provenance d’un milieu hospitalier.

Au commencement, nous rencontrions uniquement des catholiques. Maintenant, nous avons des équipes en provenance des Églises anglicanes, luthériennes, protestantes, etc. Nos attitudes ne doivent pas différer lorsque nous avons affaire à un Noir, par exemple, il a toute notre attention même s’il provient d’une autre culture. […] Je crois que nous devrions agir de la sorte dans n’importe quelle pastorale.

Voilà des réflexions qui pourraient alimenter un questionnement de fond sur les rapports Église/Monde de nos pratiques ecclésiales. Nous y reviendrons abondamment dans les chapitres ultérieurs. Pour le moment, arrêtons-nous brièvement à une dernière caractéristique : la montée révélatrice, quoique encore marginale, d’une réflexion théologique et pastorale de plus en plus proche des réalités contemporaines.

Des pratiques de réinterprétation

Tout essai de renouvellement de la pensée suppose une appropriation des interprétations antérieures, tout autant qu’un risque herméneutique pour l’avenir. Plus que jamais les femmes y participent. Car il est un fait désormais reconnu : des femmes œuvrent dans tous les domaines de la vie sociale et contribuent largement à développer de nouvelles voies de connaissance. Pourtant l’expertise, la réflexion et l’expérience des femmes ne constituent pas encore, au sein de l’institution ecclésiale, un élément important dans l’élaboration du savoir officiel. À cet effet, nos analyses ont découvert un refus manifeste de rester cantonnées dans le rôle d’objet de recherche. Les chrétiennes engagées réclament désormais le statut réel de sujets participantsxxi. Qu’il s’agisse d’exégèse biblique, de théologie fondamentale, de morale ou de pastorale, les répondantes considèrent leur apport indispensable, tant au niveau des hypothèses que de la construction herméneutique du sens; de l’enseignement que de la pratique. Parmi les répondantes, plusieurs travaillent comme chercheures, enseignantes, accompagnatrices, directrices spirituelles. D’autres, plus nombreuses, poursuivent des études collégiales ou universitaires. La plupart participent, de façon différente, à ce vaste chantier de réinterprétation théologique. Mais une distinction particulière s’impose entre celles qui œuvrent sur le terrain et celles qui travaillent dans des milieux de recherche intellectuelle.

Les praticiennes agissent silencieusement et souvent imperceptiblement. Les énergies sollicitées pour l’action répondent à des critères d’urgence, d’efficacité et d’efficience qui ne laissent guère le temps au travail d’écriture et de publication. Pourtant, leurs interventions laissent des traces indélébiles, beaucoup plus profondes et beaucoup plus lourdes de conséquences qu’une rature sur un papier. Déjà, au niveau de certaines conceptions traditionnelles, elles ont ébranlé des mentalités religieuses fermées, tout autant que questionné des normes anciennes. Et cela a même leur pratique quotidienne. Que penser de cette discussion entre une responsable de l’initiation sacramentelle et un prêtre à l’occasion d’une célébration pénitentielle ?

J’avais planifié une célébration pénitentielle avec les enfants où tout était pensé pour écouter son corps, son cœur et entrer en contact avec le cœur de Dieu. […] Tout se passait à merveille. Mais voilà qu’au moment de l’absolution collective, le curé sort la vieille formule traditionnelle. Je lui dis :

– Tu ne vas pas utiliser cette formule-là avec les enfants ?

– Et la tradition de l’Église, qu’est-ce que tu en fais ?

– La tradition de l’Église, ce n’est pas des signes tout faits avec des mots incompréhensibles aujourd’hui. Les enfants vont penser que tu récites une formule magique. Et puis, elle est complètement décrochée, sans aucun lien avec le reste de la célébration.

– Mais est-ce que j’ai le droit de la changer ?

– Quand tu rencontres les enfants individuellement, tu ne prends pas la formule toute faite, pourquoi le faire pour l’absolution collective ? Tu es capable de dire l’amour de Dieu avec ton cœur… et tout ton être… ce sera aussi bon !

Il ne s’est pas senti capable… Il a dit la formule traditionnelle, avec le geste de la main étendue.

Le débat porte bien sur une réinterprétation de la tradition. Une position stagnante, une morale figée, des dogmes interprétés une fois pour toutes, des habitudes pastorales sclérosées ne sont pas le fait de la grande Tradition ecclésiale. Les femmes s’emploient à distinguer croyances religieuses et foi chrétienne. Cette tendance reste minoritaire dans le discours des femmes interviewées, mais elle est suffisamment significative pour qu’on ne l’ignore pas. Beaucoup d’intervenantes se diraient certainement en accord avec le parti pris de leur consœur préoccupée par la transmission d’une tradition qui se fait vivante jusqu’au cœur de l’expérience d’un enfant.

Qu’en est-il de celles qui font profession de théologiennes ? Il semble que même si l’abondance et la qualité des publications impressionnent, même si les efforts de réinterprétation ouvrent des perspectives nouvelles fort importantes pour l’avenir de l’Église et de la théologie elle-même, les avancées restent vouées à la marginalité. Un peu comme si un univers théologique fermé se nourrissait d’un plein ne pouvant digérer que le « pareil » et le « même ». Certaines s’impatientent :

J’en ai marre qu’on demande continuellement aux théologiennes de creuser tel ou tel aspect qu’on réclame sans cesse de nouvelles études, qu’on dise qu’il faille approfondir ceci ou cela alors que tout cela a déjà été fait par des auteures qu’on ne prend même pas la peine de lire.

Les femmes ne sont pas dupes. Ce sera une longue bataille à livrer. Car, comme le dit cette autre : « L’Église a besoin de notre force, de notre compétence, de notre formation, pourtant nous ne sommes pas encore des partenaires, mais des corps étrangers. » La traduction étroite donnée dernièrement, par les grands diocèses de Montréal et de Québec, au texte du lavement des pieds, l’illustre fort bienxxii. Il y a longtemps que des femmes exégètes ont fait la preuve d’une révolution effectuée par Jésus de Nazareth. Révolution tellement incroyable qu’elle a profondément perturbé les mœurs de son temps. Qu’en est-il aujourd’hui de sa décision d’interpeller des femmes à le suivre et à propager la Bonne Nouvelle de sa résurrection ? Comment dire et insinuer encore que les femmes ne peuvent être reçues dans le corps des disciples réunis ? Têtue, l’indignation des femmes théologiennes se transforme sans cesse en travail acharné. Voyons brièvement ce qu’il en est au juste du mouvement de cette réinterprétation.

Si le contenu de la pensée s’enrichit, le processus herméneutique lui-même se déplace et force à tenir compte du vécu réel des pratiques. Les femmes ne parlent pas de « kaïros », mais se pourrait-il que leur acharnement à vouloir redonner au « monde d’en bas » sa place dans l’univers théologique soit une nouvelle façon de faire théologie ?

Quand j’ai à pondre un texte sur le thème de la pastorale familiale, par exemple, je ne cherche pas mes appuis d’abord dans les encycliques, le magistère ou les études patentées, mais dans les procès-verbaux des réunions de laïques ou de mouvements familiaux. Je prends des citations du monde « d’en bas », plutôt que du monde « d’en haut ». J’essaie de sortir de l’habitude de l’Église de pontifier pour favoriser l’éclosion d’une parole de laïque.

Ce qui me passionne, c’est apprendre à faire théologie à partir de la vie. J’ai la conviction qu’au cœur de nos travaux, de nos amours, de nos échecs, il y a une Parole de Dieu qui ne demande qu’à être libérée. J’essaie de redonner confiance aux personnes que je rencontre, à leur parole propre, pour que la théologie cesse d’être l’affaire des seuls spécialistes.

Cette Parole-Événement, irruption de Dieu dans la vie quotidienne, marque la conviction profonde de la totalité des femmes rencontrées. C’est pourquoi nous ne reculons pas devant l’hypothèse suivante : une inculturation réelle de la théologie dans le monde moderne passera par de nouvelles visions féminines ou ne passera pas. Non pas que nous ayons senti chez les interviewées un désir d’enfermement sur elles-mêmes; au contraire, la très grande majorité affirme clairement l’intention de refaire le monde et l’Église par l’homme et la femme. Une seule condition : revoir les choses autrement. Cette auteure en exprime très bien les déplacements.

Les hommes et les femmes qui enfantent, c’est-à-dire qui donnent chair et sang, temps, bonheur et en même temps détresse aux enfants de leur nom, pourraient prendre conscience, un jour ou l’autre, qu’ils sont là au cœur même des liturgies pascales. Les êtres fraternels qui touchent de leur doigt à la misère humaine et continuent d’aller au chevet des souffrants… ne seraient-ils pas les véritables prêtres ? Le quartier qui, dans des locaux de fortune et dans des groupes réels, laboure la solidarité tout en reconnaissant sous la lumière des Écritures les subtiles et indéracinables manigances du narcissisme… n’est-il pas la véritable Église ? Les chercheurs de Dieu, qui plongent dans le récit biblique comme dans un océan sans barrage, cherchant au détriment du dogme, 1’appel plutôt que la réponse… ne seraient-ils pas les seuls théologiens utiles à la vocation humainexxiii?

Comment ne pas influencer l’avenir avec de telles pratiques de réinterprétation ? Insistons encore une fois, les femmes ne prétendent aucunement être les seules à s’y débattre. Des amis et confrères participent au chantierxxiv. Mais comment ne pas souligner le fait suivant. Dans cette spécialisation théologique particulière, de même que dans le travail pastoral, les femmes composent la majorité de la clientèle. Tout se tient et la boucle est bouclée. Une interprétation nouvelle surgira de leurs pratiques concrètes et leurs façons habituelles de pratiquer devront se transformer à la lumière de nouvelles interprétations. Inutile de le nier, qu’elles agissent comme intervenantes ou théologiennes-chercheures, les travailleuses en Église instaurent des pratiques de réinterprétations théologiques et pastorales avec lesquelles l’institution ecclésiale devra désormais compter.

Mais que penser de la capacité de gérance des femmes ? Arriveront-elles à assumer les difficiles tâches de réorganisation effective qu’impliqueront de plus en plus les changements exigés ? Dans les milieux paroissiaux, diocésains, universitaires et para-ecclésiaux, on se doute encore trop peu de la révolution inhérente à ces nouvelles façons de faire théologie. À la lecture des entrevues, force nous est de constater que, sans en prendre conscience véritablement, plusieurs répondantes explorent diverses formes de gestion organisationnelle et s’y habilitent. Elles nous ont inspiré le choix de cette dernière caractéristique.

Des pratiques de gestion

Un très grand nombre de tâches accomplies par nos interviewées exigent une compétence de gestionnaire. Que cette gestion s’exerce au niveau juridique, financier, administratif ou à celui des relations humaines, elle force à reconnaître chez plusieurs femmes des qualités de responsables d’entreprise.

Je suis coordonnatrice de paroisse dans un milieu où il n’y a pas de prêtre résident. La paroisse est bilingue et la plupart des gens vivent de l’assurance-chômage. Je suis responsable d’absolument tout.

Comme cheffexxv du service de la pastorale, je suis un des cadres de l’hôpital. J’ai donc mon mot à dire dans les réunions de personnel. Ma parole a autant de poids que celle d’un chef d’unité de soins. Je trouve cela très important; il s’y joue de grands enjeux.

Je suis la première femme à être présidente de fabrique dans cette paroisse. […] J’ai dû m’imposer et faire ma place parce que plusieurs étaient mal à l’aise d’être dirigés par une femme. Mais ça s’est replacé avec le temps. […] C’est moi qui engage le personnel et le gère. […] J’ai aussi été responsable de la construction de l’église.

Habiles en gestion et en administration, elles n’en sont pas moins très sensibles à la valeur du témoignage rendu. Telle la réflexion de cette femme d’affaire, directrice d’une agence de communication : « Être témoin du Christ est pour moi très important. J’ai moi aussi à porter l’espérance tout en étant une partenaire sérieuse de la culture des médias. »

C’est ainsi que dans l’Église comme dans la société, des femmes assument des rôles de direction. Une saveur démocratique se dégage souvent de leur pratiquexxvi. Des méthodes de gestion participatives et consensuelles tiennent autant compte du bonheur des employés que de leur efficacité au travail. Elles considèrent que le rendement est à la mesure de la qualité des relations humaines. Une enquête réalisée auprès des femmes entrepreneures le confirme.

Non seulement l’aspiration à bien gérer une entreprise sur le plan des relations humaines est exprimée par toutes les entrepreneures, mais elle fait l’objet de longues explications, démonstrations et illustrations, ne laissant aucun doute sur l’importance qu’elles accordent à cette dimension de la vie de l’entreprise. Elles estiment essentiel que les personnes qui travaillent pour elles soient satisfaites de leur sort, qu’il leur soit loisible d’utiliser au maximum leur potentiel, leur créativité et leurs capacités d’apprentissage, qu’elles puissent participer aux décisions, qu’elles se sentent respectées et appréciéesxxvii.

Voilà, très sommairement, le relevé des principales caractéristiques issues des récits d’activités. À travers des mandats traditionnels, la plupart des intervenantes en Église expérimentent, d’une façon de plus en plus assurée, des pratiques de rassemblement, de solidarité, de réinterprétation et de gestion. Des joies et des difficultés parsèment le quotidien de ces pratiques. Qu’en est-il au juste ?

Avancées et difficultés

Dans tous les milieux de travail historiquement masculins, les approches nouvelles occasionnées par l’arrivée des femmes provoquent résistances et difficultés. L’institution ecclésiale ne fait pas exception. Au contraire, l’entêtement de certaines de ses positions officielles la campe bien en place parmi les derniers bastions mâles en Occident. Attitudes difficiles à accepter, alors même qu’elle a désespérément besoin des femmes pour remplir ses fonctions d’évangélisation et de service auprès de la population croyante. Toutefois, depuis les vingt dernières années, des avancées importantes ont été réalisées. Trois lieux principaux sont mentionnés par les répondantes. On les distingue dans tous les milieux et à tous les niveaux. Quelques exemples serviront à les démarquer.

Au niveau de la reconnaissance

Je travaille avec beaucoup d’hommes. Au début, il a fallu que je taille ma place, aujourd’hui, elle est là; on me fait confiance, on m’invite à prendre de plus en plus de responsabilités. Ils croient maintenant en ce que je réalise.

Au niveau du travail en équipe

Chez nous, il n’y a plus d’équipe presbytérale. C’est une équipe pastorale composée d’hommes et de femmes, tout simplement. On oublie les titres. Chacun a sa place et la prend. L’initiative n’est plus réservée au prêtre. Chacun et chacune peut mijoter un projet, le présenter et le réaliser.

Au niveau des changements espérés

Il se passe des choses nouvelles, il y a des prises de conscience. L’autre jour, des prêtres ont proposé de réunir les six paroisses pour un symposium sur nos façons d’agir ensemble. C’était une idée très constructive; auparavant, ils auraient refusé ce projet, car il fallait être chacun à ses petites affaires.

Bien sûr, les femmes sont heureuses de ces acquis et elles en font joyeusement le récit. Mais lorsqu’on les interroge sur les obstacles rencontrés, les réponses deviennent fébriles, tristes et parfois quelque peu agressives. Les déboires semblent fort nombreux et se situent au niveau de leurs difficultés relationnelles avec le clergé. Nous l’avons déjà dit, inutile d’occulter la situation par des sous-entendus polis. Analysant ce lourd contenu, nous avons repéré quatre expériences décrites comme particulièrement difficiles.

Une lutte continuelle

Comment arriver à changer les mentalités dans notre Église; toute cette structure masculine est si solide ! […] Parfois ça ne tient pas debout; tu as une femme compétente, peu importe, il faut qu’il y ait un nom masculin à côté, un prêtre pour justifier le travail. […] Il faut que tu te débattes pour tout, pour faire l’homélie, pour intervenir, pour toutes sortes de choses.

On m’a fait comprendre dernièrement que je n’ai pas à réfléchir à la communauté dans son ensemble… Et même au niveau des dossiers dont je suis responsable, ma place est restreinte […]. Par exemple, lorsque je chemine avec un groupe de parents ou d’enfants, je dois prendre mon trou au moment de la célébration, comme toutes les autres femmes. Certains prêtres acceptent qu’il faille changer la situation, mais lorsqu’une occasion se présente, ça ne marche plus, ils reculent. […] Non, c’est clair, on cherche à nous convaincre que la femme ne doit prendre que sa place.

L’autre côté du travail en équipe

Il y a maintenant quatorze ans que je travaille en pastorale et je ne me souviens pas d’avoir vraiment travaillé en équipe. Les prêtres ne sont pas formés à cela. C’est extrêmement difficile. […] On peut avoir une réunion aux deux ou trois mois. C’est lourd, parce qu’ils croient, eux, savoir travailler en équipe. […] Alors, on fait ce qu’on peut.

Comme membre de l’équipe, je me sens obligée d’accepter des choses avec lesquelles je suis en désaccord et sur lesquelles je n’ai aucune prise. Parce que, même s’il y a de réels efforts pour essayer d’être démocratique, les mentalités, elles, restent autocratiques. On te dit que tu peux décider au même titre que les prêtres, mais quand vient le temps des divergences, l’égalité n’est plus aussi réelle et vraie… Cela, tu le sens très bien.

L’isolement et la solitude

Sur le terrain de l’engagement social, nous sommes en quelque sorte des orphelines. Nous sommes là au nom de notre foi, mais l’Église semble se désintéresser complètement de nous. On aurait besoin nous aussi d’être dans « une gang », d’avoir des célébrations liturgiques. Ce qui se passe dans les églises ne nous rejoint pas. Il faut alors, en plus de la lourdeur d’un quotidien fait de pauvreté et de misères humaines, fabriquer nous-mêmes des lieux de ressourcement… Il y a1à quelque chose de difficile à vivre.

Une longue patience souterraine

Beaucoup de nos curés ont des préjugés contre la femme et son rôle dans l’Église. Il faut être extrêmement diplomate et paraître soumise tout en sachant, en arrière-plan, que l’on sait ce que l’on fait… Aller doucement, mais continuer toujours à avancer… toujours continuer… sans que cela paraisse que nous sommes frustrées.

Ces extraits ne sont pas uniques. Ils révèlent au contraire la pensée d’une forte majorité d’interviewées. S’il fallait donner une indication plus précise, nous pourrions affirmer que, dans 75 % des entrevues, les femmes énumèrent longuement leurs malaises et leurs souffrances. Elles parlent comme si, enfin, la parole était donnée sans restriction. Il est certain qu’une observation systématique de ces difficultés exigerait une étude complexe et supposerait d’autres paramètres que ceux déterminés pour cette recherche. L’important est de comprendre que toute organisation en pareil bouleversement possède son cortège d’accrochages et de conflits. Il est donc normal qu’une conjoncture ecclésiale différente, appelant la transformation de mentalités et l’instauration de nouveaux rapports de pouvoir, suscite des remous considérables. Il est regrettable que l’institution ecclésiale ne profite pas davantage des outils mis à sa disposition par les sciences humaines pour faciliter le changementxxviii. La prière, la réflexion et les discussions sans fin ne parviendront jamais à rencontrer l’ampleur de ces défis monumentaux.

Terminons cette analyse des pratiques pastorales en montrant brièvement, ce qu’il y a d’innovation créatrice ou de reproduction répétitive dans les approches féminines. Certes, la présence massive des femmes occasionne une perte d’équilibre au niveau de l’organisation; mais, sommes-nous en présence de pratiques qui induisent au changement réel ? Très sommairement, voyons ce qu’il en est.

Renouvellement ou reproduction

La lecture spontanée des entrevues laisse une sorte d’impression diffuse; un peu comme si nous entrions dans une atmosphère chargée de revendications. Pourtant, au cœur de ces requêtes, à travers des expressions de fatigue et d’impatience, émane un souffle d’espérance bouleversant. Comme si les femmes pressentaient l’imminence d’un grand renouvellement. Notre étude a permis de préciser quelques pierres d’attente dissimulées. Explorons-les brièvement.

Les récits colligés abritent plusieurs déplacements fort révélateurs. On les retrouve surtout au niveau des valeurs, des attitudes et des perspectives d’avenir. Telle cette intention, réitérée jusqu’à l’obsession, de privilégier l’écoute des autres d’abord. Malgré l’impératif de l’offre, les femmes s’acharnent à ouvrir un espace important pour la demande. Là-dessus leurs convictions sont très fermes : le discours officiel n’enferme pas l’Esprit. Seraient-elles en train de redonner au peuple le sensus fidelium qui le constitue Église ?

Il faut se dire que les chrétiens sont baptisés, qu’ils ont l’Esprit et donc de bonnes idées. Je ne crois pas qu’ils soient tout croches parce qu’ils ne respectent pas les lois, cette mentalité est terrible. Ces gens ont de la bonne volonté, ils veulent essayer et ils ont aussi un peu de vérité à partager… C’est une approche qui est neuve dans l’institution.

Comme nous l’avons souligné précédemment, la formation théologique et spirituelle, tant au plan du contenu que du processus, reçue et retransmise dans la communauté, instaure une disposition favorable aux changements. Les agentes tablent beaucoup sur l’évolution des mentalités. Elles y voient souvent l’unique route possible, en Église, pour accéder à l’autonomie de pensée et d’action. Cette vision des choses garantit-elle, à long terme, la sortie d’une certaine aliénation religieuse ? Avec les femmes, nous croyons que oui.

Je travaille en éducation de la foi des adultes. Il est important pour moi de préparer un laïcat responsable, capable d’une vision renouvelée de l’Église qui s’ajuste au monde d’aujourd’hui. Il faut donner une formation qui puisse permettre d’intervenir comme adultes dans l’Église, et non pas toujours comme des mineurs… Voilà le fond de mon engagement.

Plusieurs énoncés cachent un désir de renverser les perspectives. Il est parfois difficile de discerner si ces nouvelles façons d’envisager la réalité transforment effectivement les pratiques. Mais déjà, ce refus du statu quo prépare la place à d’autres éventualités. Celles-ci commencent à poindre. Quelques expériences prennent forme :

Nous avons commencé un nouveau projet. Avant lui, nous avons essayé beaucoup de choses encadrantes, pleines de structures. Finalement, d’une certaine façon, nous emprisonnions l’Esprit. […] Nous essayons maintenant l’inverse : voir où l’Esprit va nous mener. C’est difficile et insécurisant, mais je suis sûre que ce sera beaucoup plus efficace, car maintenant plutôt que d’attendre les gens, c’est nous qui allons vers eux.

Ainsi, des intervenantes arrivent à mettre en place les mille et une conditions instauratrices des grandes révolutions. Le mur de Berlin, percé par une multitude de petits gestes subversifs, parfois infimes et quotidiens, s’est effondré en trois jours ! Apparemment adaptées à la culture cléricale, combien de travailleuses en Église s’emploient à transformer l’univers ecclésial ? La présente recherche ne permet pas d’en évaluer tout l’impact. Mais comme le dit une chercheure, ne sous-estimons pas les profondes transformations possibles par l’intérieur.

La participation sociale via les cultures prescrites n’a rien d’automatique. Ce sont des êtres vivants humains qui possèdent ces capacités de porter les cultures comme de créer du neuf, ces deux processus de reproduction ou d’innovation exigeant le concours actif de l’individu façonnent la société en même temps qu’il se façonne lui-même. […] Quelles que soient les « sonorités » jouées par l’individu  pour employer une métaphore musicale intéressante  c’est toujours d’un être humain capable de « résonner, de produire des « sons » anciens ou nouveaux qu’il s’agitxxix.

Mais il est rare que l’ombre ne côtoie pas la lumière. L’espoir du renouveau ne doit pas masquer les obstacles présents. Deux pierres d’achoppement ont attiré notre attention. L’absence d’analyse et de jugement critique risque de garder certaines femmes dans une sorte de naïveté et de béatitude qui ne pourront que les enfermer dans la résistance aux changements. Non pas qu’elles refusent d’évoluer, mais elles se méprennent sur la direction et l’ampleur du changement. Le seul fait que des répondantes croient provoquer une grande nouveauté en exerçant une tâche autrefois dévolue aux prêtres en est un exemple frappant. Pourtant, force nous est de constater qu’une observation sérieuse sollicite la compréhension.

L’apprentissage d’un nouveau travail, les ajustements familiaux, les études théologiques, le malaise suscité par la présence d’une femme dans certains milieux pastoraux ne sont que quelques-unes des réalités auxquelles il faut faire face. De tout cela peut surgir un danger réel. Un tel branle-bas personnel, familial et communautaire risque de faire oublier une réalité indéniable : le tournant ecclésial attendu aujourd’hui par nombre de chrétiens et chrétiennes ne se réalisera nullement par des réformes de surface. Seules des transformations idéologiques, juridiques et structurelles y parviendront. Trop souvent, une certaine naïveté fait dire « que la distribution de la communion par des femmes s’avère une grande nouveauté ». Une telle inconscience est d’autant plus paralysante pour l’Église que les femmes lucides et critiques ont tendance à quitter une à une le terrain institutionnel. Voilà une autre pierre d’achoppement qui risque de s’appesantir avec le temps. La fatigue et la lassitude gagnent plusieurs répondantes.

Je crois que c’est le temps de partir; autant pour les autres que pour moi… Je suis là actuellement, dans six mois, je ne le sais pas. […] Ma réflexion actuelle me conduit vers la porte de sortie… Je suis en train de sortir… de la tâche, pas de l’Église de Jésus Christ, mais de la tâche pastorale.

Voilà, à peine esquissées, des questions pour l’avenir. Une interprétation plus distanciée permettra de marquer, en creux et en bosses, les déplacements collectifs nécessaires. Pour le moment, poursuivons l’étude des entrevues, par le signifiant contextuel qui a permis d’identifier trois strates particulières : le social, le religieux et l’institutionnel. Tantôt en sourdine, tantôt avec force, ces trois aspects du champ contextuel couvrent l’espace dans lequel évoluent les femmes interviewées, du moins dans le discours qu’elles nous ont livré.

xvi La connaissance ordinaire, op. cit., p. 29.

xvii Ces pratiques sont répertoriées dans l’annexe II.

xviii L’intervention de réseaux est bien connue dans le monde des affaires sociales. Sa définition repose sur une observation toute simple de la société. Deux types de réseaux occupent l’espace social : les réseaux primaires où se tisse la socialité de base (famille, voisinage, parenté, amis et amies) et les réseaux secondaires structurés et organisés en fonction de la collectivité (école, hôpital, C.L.S.C., paroisse, municipalité, etc.). Pour de plus amples renseignements, on pourra consulter, entre autres, Claude BRODEUR et Richard ROUSSEAU, L’intervention de réseaux. Une pratique nouvelle, Montréal, France-Amérique, 1984.

xix Pour une excellente application de l’intervention de réseaux au monde de la pastorale, on peut consulter le mémoire rédigé par Alain DUROCHER, L’enjeu de la sécularité chrétienne dans la pastorale du mariage, Faculté de théologie de l’Université de Montréal, septembre 1992.

xx La recherche réalisée à Saint-Jérôme auprès du personnel pastoral a démontré la même dichotomie. Voir Entre l’arbre et l’écorce, op. cit.

xxi De plus en plus de femmes trouvent inacceptable que le magistère romain, composé uniquement d’hommes, se prononce unilatéralement sur des réalités comme la vocation de la femme dans le monde et l’Église, les rôles d’épouse et de mère, les ministères accessibles ou non aux femmes, la famille, la contraception, l’avortement, l’insémination artificielle, le mariage des prêtres, etc.

xxii Le rite du lavement des pieds, ordinairement vécu au cours de la célébration du Jeudi saint, a été refusé à des femmes sous prétexte qu’il est impossible qu’un symbole liturgique suggère la présence de femmes parmi les douze apôtres.

xxiii Andrée PILON-QUIVIGER, « Ni homme ni femme », dans Présence, 2/12, 1993, p. 7.

xxiv Évoquons, entre autres, l’initiative prise, il y a maintenant une vingtaine d’années, de retrouver la dimension praxéologique de la théologie. Du coup, on a senti l’importance de revoir l’univers de l’interprétation à la lumière des pratiques. À cet effet, voir le sixième Cahier d’études pastorales, publié par la section des études pastorales de la Faculté de théologie de l’Université de Montréal, Jean-Guy NADEAU (dir.), « L’interprétation, un défi de l’action pastorale », Montréal, Fides, 1989.

xxv Voir le mot « cheffe » autorisé par Le dictionnaire féminin-masculin des professions, des titres et des fonctions, Genève, Métropolis, 1991, p. 106.

xxvi Il est important ici d’éviter les quiproquos. Nous ne prétendons aucunement que toutes les femmes en situation d’autorité exercent leurs fonctions de façon démocratique; pas plus que nous n’excluons le fait qu’il y ait des hommes démocratiques. Cependant, d’après certaines enquêtes et une observation attentive de la réalité, des femmes, en poste de pouvoir, découvrent de nouveaux modes de direction qui respectent davantage les individus, sans compromettre la réalisation des objectifs visés par l’entreprise.

xxvii Femmes entre vie et carrière, op. cit., p. 79.

xxviii La méconnaissance des dimensions névralgiques d’un changement peut compromettre tout effort de transformation du système clérical actuel. Dans les milieux sociaux et économiques, maintes entreprises sont déjà au fait des conditions, résistances et stratégies inhérentes à tout effort de renouvellement, qu’il soit au niveau de la culture institutionnelle ou de son organisation. Qu’il suffise seulement de référer à une étude de base dans ce domaine, celle de Michel CROZIER et Erhard FRIEDBERG, L’acteur et le système, Paris, Seuil, 1977. Voir aussi Philippe BERNOUX, La sociologie des organisations, Paris, Seuil, 1989; Pierre BEAUDOIN, La gestion du changement. Une approche stratégique pour l’entreprise en mutation, Montréal, Libre Expression, 1990.

xxix Danielle LAFONTAINE, « Identité et créativité », dans L’émergence d’une culture au féminin, op. cit., p. 44.

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