30e anniversaire du réseau Femmes et Ministères – Remise d’une plaque symbolique à Gisèle Turcot


Dévoilement de l’icône de LYDIE/ de LYDIA

Micheline LagueUne plaque  symbolique qui rejoint à la fois des traits de la personnalité de Gisèle, femme de décision, d’audace, femme engagée en Église, et le projet de fondation de Femmes et Ministères.

Voici la pionnière des pionnières : Lydie, première personne à devenir membre de l’Église en Occident. C’est chez cette riche commerçante en tissus de pourpre que la communauté chrétienne naissante se réunissait. Une femme de décision, si l’on en juge d’après le texte des Actes des Apôtres relatant la rencontre de Paul avec Lydie,  quelques jours après l’arrivée de l’Apôtre en Grèce.

Nous avons pris le bateau à Troas, et nous avons gagné directement l’île de Samothrace, puis le lendemain Néapolis, et ensuite Philippes, qui est une cité romaine, la première de cette région de Macédoine.

Nous avons passé là quelques jours et, le jour du sabbat, nous sommes allés hors de la ville, au bord de la rivière : nous pensions y trouver l’endroit où les Juifs venaient prier. Nous nous sommes assis, et nous avons parlé aux femmes qui étaient réunies.

Il y avait parmi elles une certaine Lydia, une commerçante en tissus de pourpre, originaire de la ville de Thyatire, qui adorait le vrai Dieu. Elle nous écoutait, car le Seigneur lui avait ouvert l’esprit pour la rendre attentive à ce que disait Paul.

Elle se fit baptiser avec tous les gens de sa maison, et elle nous adressa cette invitation : « Puisque vous avez reconnu ma foi au Seigneur, venez donc loger dans ma maison. » Et nous avons été forcés d’accepter ». […] Paul et Silas s’en allèrent donc de la prison et entrèrent chez Lydia. Ils virent les frères et les encouragèrent, puis ils s’en allèrent (16,11-15).

Lydie, une femme de décision, Paul et ses compagnons l’ont appris de belle façon « Et nous avons été forcés d’accepter ».

Douce contrainte puisqu’au sortir de prison, « Paul et Silas entrèrent chez Lydie. Ils virent les frères et les encouragèrent, puis ils s’en allèrent » (16,40).

Ce qui laisse entendre que la maison de Lydie est le lieu d’une assemblée de chrétiens et de chrétiennes.

Au nom de Femmes et Ministères, il me fait plaisir de t’offrir cette icône orthodoxe grecque de Lydie comme un gage de notre admiration pour ce que tu es Gisèle,  une femme de conviction, une femme de discernement et de sagesse. C’est aussi un  gage de notre profonde gratitude.

L’icône de Lydie, à sa façon,  remet sous nos yeux la reconnaissance officielle des ministères exercés par les femmes en général et la question du ministère presbytéral en particulier.

Car comme beaucoup d’autres femmes, Lydie joue un rôle important pour la diffusion de la Bonne Nouvelle. On a le droit de penser que, dans ce but, elle met à profit ses  voyages comme négociante en tissus de pourpre, son savoir-faire et sa maison.

Aussi, au nom de quoi pourrait-on exclure la possibilité qu’elle était responsable de la communauté chrétienne qui se réunissait chez elle, qu’elle présidait même des célébrations et peut-être même celle de la fraction du pain? Le fait qu’elle apparaît comme la maîtresse de maison, que les siens se sont convertis avec elle et que Paul et ses compagnons ont quitté rapidement la ville, permet au moins de poser la question1.

Une question d’autant plus pertinente qu’elle s’adresse à des hommes vêtus de  pourpre … « De la pourpre romaine cardinalice à la commerçante en tissus de pourpre, Lydie, femme responsable d’une communauté chrétienne », voilà un itinéraire à emprunter afin que soit reconnu sans réserve l’accès des femmes à tous les ministères ecclésiaux.

Micheline Laguë

À l’occasion de la célébration du 30ième anniversaire de la fondation du Réseau Femmes et Ministères

Montréal, le 19 octobre 2012


NOTE

[1] Traduit et commenté par Albert Hari, site: Jonas  Alsace. Chrétiens aux XXième siècle. 

 

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A propos Micheline Laguë

Détentrice d'un Ph. D en théologie de l'Université d'Ottawa et d'un doctorat en théologie, grade canonique, de l'Université Saint-Paul, Micheline Laguë, m.i.c., est professeure retraitée de théologie de l'Université Saint-Paul. Ses recherches portent sur la spiritualité, les ministères, le partenariat hommes et femmes dans l'Église. Membre active du réseau Femmes et ministères, elle est coauteure de « Voix de femmes, voies de passage » (Éditions Paulines, 1995) et auteure de nombreux articles.