25 ANNÉES de PROMOTION DES FEMMES EN ÉGLISE – Archidiocèse de Moncton (1986-2011)

Un comité fidèle à son mandat

Le Comité diocésain pour la promotion des femmes en Église du diocèse de Moncton existe depuis 1986 alors qu’il était fondé par son archevêque, feu Mgr Donat Chiasson, en réponse aux souhaits des évêques du Canada. La Conférence des évêques catholiques du Canada [CECC], dans la foulée de la nouvelle ecclésiologie du concile Vatican II sur la mission des laïcs, voulait en effet se donner des moyens pour accorder une plus juste place aux femmes dans les ministères de l’Église. Le mandat du Comité est d’aider à faire reconnaître en fait et en droit la pleine participation des femmes dans l’Église.

De nombreuses pistes furent explorées depuis ses débuts. Et malgré des obstacles divers, les membres du Comité se font toujours une fierté de faire valoir l’immense contribution des femmes au sein de l’Église et un devoir de faire connaître et évoluer leur pleine participation à la mission de l’Église par l’éducation populaire des gens. La participation des femmes déborde largement le bénévolat. Leur théologie, leur vision de la mission du Christ, leur compassion unique et leur désir de service dans leurs communautés, en font de véritables disciples à la suite de Jésus.

25 ans de réflexion et d’action

Fidèle à son mandat, ce comité crée de multiples champs d’action. Annuellement les membres animent un atelier d’étude au printemps et un souper conférence à l’automne. Elles abordent des sujets tels : la théologie pastorale, la Bible, les pratiques pastorales courantes, la vocation, le rôle des baptisé-e-s dans la mission de l’Église, la diversité des ministères au service des communautés, etc. Elles ne manquent pas de prendre la parole dans les médias afin d’éclairer la population sur le rôle et les objectifs du comité diocésain.

En révisant les divers thèmes explorés depuis les débuts en 1986, nous constatons l’évolution des sujets abordés ainsi que l’intérêt soutenu des participants et des participantes toujours à la recherche d’un approfondissement de cette réalité pastorale qu’est l’inclusion des femmes dans l’Église et dans la société en Amérique du Nord aujourd’hui. Dès son entrée en fonction, le comité, sous l’initiative de la CECC, faisait la promotion et la diffusion, dans toutes les paroisses, d’une trousse intitulée Les femmes dans l’Église, communément appelée le « dossier vert ».  Ce document fait état des injustices et de la violence faites aux femmes. Rencontres et ateliers se succédèrent à travers le diocèse générant ainsi une nouvelle sensibilisation au sein du diocèse. En 1987, les religieuses Notre-Dame du Sacré-Cœur [NDSC] présentaient à Mgr Donat Chiasson un document intituléModifications à apporter au Droit Canon et à certaines pratiques diocésaines pour donner plus de place aux religieuses et aux personnes baptisées dans l’Église. Enfin en 1989 circule le Message pastoral de la CECC sur le langage inclusif, faisant suite à la parution de leur document Les femmes dans l’Église. Il faut souligner que dès 1971, la CECC, lors du Synode à Rome, se penchait sur la question des ministères des femmes en Église. Le cardinal Georges B. Flahiff présentait le document Les ministères féminins dans l’Église. De plus en 1986, la CECC interpellait les diocèses pour former un comité faisant la promotion de la condition féminine dans l’Église (voir lettre de Mgr Donat Chiasson).  Événement important à noter : lors de la visite officielle du pape Jean-Paul II à Moncton en 1984, Soeur Odette Léger, ndsc, osa une prise de parole percutante devant le pape lors de son passage dans la cathédrale de Moncton. Elle exprimait le désir au diocèse de voir la pleine participation des femmes aux ministères de l’Église. Ce fait fut grandement publicisé dans les médias.

Et de multiples activités se succèdent. 

►  En 1987, alors qu’on s’alimentait abondamment des documents conciliaires, que les chrétiens et les chrétiennes vivaient d’espoir d’un nouveau vent soufflant des sources de l’Église, on écoutait attentivement un évêque américain, Mgr Kenneth Untener de Détroit, qui prononçait une conférence choc intitulée « Affronter ou ne pas affronter au sexisme dans l’Église – Conséquences pour l’Église institutionnelle[1] ». Soeur Ida Cormier, Blair et Angèla Bourgeois du Comité diocésain y assistaient à Washington :

Je suis membre d’une Église sexiste; nous faisons partie d’une société sexiste. L’Église devrait être un signe pour contrer ces défaillances… cela impliquerait une chirurgie à cœur ouvert à l’intérieur de l’Église…[2]

De telles affirmations ont provoqué bien des remous. Mais l’idée faisait son chemin. Les idées de plusieurs autres rencontres à haute teneure avant-gardiste se propageaient. 

►  En 1989, on accueillait un Mgr Remi DeRoo de l’Ouest canadien, qui intitulait sa conférence : L’Église enseigne l’égalité de la femme dans le monde, mais les femmes sont l’objet d’une certaine discrimination au sein de l’Église : comment se situer face à ce dilemme? 

►  En 1990, Marie Gratton-Boucher de l’Université de Sherbrooke parlait du Pouvoir dans l’Église : volonté de Dieu? volonté des hommes? 

►  En 1992, lors du rassemblement diocésain à l’École M.-Martin de Moncton, Fernand Arsenault demandait : « L’Église, où sont les femmes? »

►  Finalement, en 1993, Soeur Gisèle Turcot poursuivait : « Face à l’impasse, quel avenir pour les femmes dans l’Église? » Comme on pourra le constater, à l’époque, l’approche était plus revendicatrice qu’aujourd’hui. (N.B. : Un comité anglophone s’est formé dans les années 90. Elaine Murray et Carmel Higgins en furent les premières présidentes.)

►  En 1994 arrive l’interdiction officielle de Jean-Paul II, signée par Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, de débattre la question qu’une femme accède à la prêtrise.  Ce fut le coup de barre qui provoqua la consternation dans le monde catholique, surtout en Amérique et en particulier chez les baptisé-e-s engagés en Église et les théologiens-théologiennes. En guise de riposte, ce qu’on se permettrait probablement moins aujourd’hui, le comité rédigea, sous la plume de Soeur Viola Doiron, une grande requête, signée par plus de 1700 personnes. Elle fut présentée à Mgr Donat Chiasson et adressée avec une lettre explicative à Mgr Jean-Guy Hamelin, président de la CECC, appuyant deux demandes : que le dialogue se poursuive et que les recherches entreprises continuent.  Une réponse encourageante de collaboration fut reçue de Mgr Hamelin, nous incitant à conserver un esprit ouvert.  Quoique la question de l’accession des femmes à la prêtrise soit pour le moment encore non négociable dans l’Église, des avancées notables sont remarquées dans le domaine de la théologie féministe et de la théologie en général, y compris une nouvelle attention au rôle des femmes en Église dans plusieurs documents provenant de Rome. Rappelons entre autres la lettre apostolique Mulieris dignitatem de Jean-Paul II en 1988, ainsi que plusieurs discours de Benoît XVI dont cette entrevue en 2006 :

 …les femmes doivent et nous avec elles, chercher leur juste place…Mais je crois que les femmes elles-mêmes avec leur élan, leur force, avec leur supériorité, avec ce que je définirais leur ‘puissance spirituelle’, sauront déblayer le terrain. Et nous, nous devrions essayer de nous mettre à l’écoute de Dieu, afin de ne pas entraver ce mouvement, mais au contraire nous réjouir que l’élément féminin obtienne dans l’Église la place pleine d’efficacité qui lui convient.

Après 1995, avec les débuts d’une nouvelle orientation et un regain d’espoir nourri par une nouvelle théologie, une série de conférences d’éducation populaire prend son envol. On veut développer une nouvelle compréhension et une sensibilisation aux sources théologiques et bibliques, tel que préconisé par Vatican II. Le comité organise des soupers – conférences à chaque automne qui attirent constamment au-delà de 200 personnes incluant plusieurs prêtres. Voici quelques parcours :  

►  En 1995, Soeur Yvonne Bergeron, cnd., présente une conférence sur La gestion du partenariat (homme et femme) en Église où elle fait la déclaration suivante : les femmes aspirent à un partenariat réel.

En 1996, Soeur Micheline Laguë, mic, nous entretient sur la mission de tout baptisé-e homme et femme, laquelle est fondamentale pour notre compréhension des prérogatives du baptême chrétien. Fait à noter : à cette rencontre, Mgr Ernest Léger incite le comité à poursuivre ses activités.

En 1997, Soeur Rita Gagné, osu, reprend le thème de la coresponsabilité : La gestion de nos différences, hommes et femmes en Église.

En 1997 également, on se dote d’un logo : on y retrouve trois figures –— deux de femmes et une d’homme entre les deux (symbole de l’Église vivante) — regardant vers la flamme, symbole de l’Amour universel provenant de la Croix du Christ ressuscité qui vit aujourd’hui au cœur de notre monde ; le tout encadré dans le globe terrestre. La couleur rouge représente la force féminine dans l’Église.

En 1998, le comité poursuit la réflexion en retournant aux sources évangéliques. Une brochette de théologiennes se succèdent et dévoilent un nombre considérable de traditions et d’écrits des premières communautés chrétiennes ainsi que des textes bibliques jusqu’à maintenant jamais expliqués en des termes aussi forts et révélateurs du message inclusif des femmes de la part de Jésus. La bibliste Odette Mainville traite de La liberté de la femme chez saint Paul. C’est en introduction à cette conférence que le Père Valéry Vienneau, v.g., encourage les membres à poursuivre leur travail.

En 1999, la théologienne Lise Baroni, dans son exposé sur Les images féminines de Dieu dans la Bible, aborde des images telles une mère qui nourrit son enfant, une sage femme (l’Esprit-Saint), etc.

En 2000, voulant faire le point sur le cheminement de la question depuis 1994 et marquer le passage à un nouveau millénaire, le comité invite Mgr Pierre Morissette, évêque de Baie-Comeau, comme conférencier au souper annuel. Il parle de La femme en Église en l’an 2000. En résumé, la question évolue malgré tout, et il faut continuer des petits pas constructifs, même si la route est et sera longue. C’est une question encore neuve…Il nous met en garde contre la tentation de retourner en arrière. On doit ouvrir des postes de responsabilités aux femmes… Une action percutante pour le comité fut la publication d’un MANIFESTE soulignant le tournant du siècle en l’an 2000. Là encore on perçoit l’énergie et la volonté d’aller de l’avant pour promouvoir l’apport et l’engagement des femmes en Église. Le tout se base sur le baptême et la mission de l’Église.

En l’an 2000 apparaît également le Rappel historique des interventions de la CECC concernant les femmes. Nous le considérons aussi comme un nouveau signe des temps en Église.

L’année 2001 fut un sommet. La découverte du livre de Suzanne Tunc Des femmes aussi suivaient Jésus fut le sujet de l’atelier du printemps alors que le comité présenta une dramatisation des personnages bibliques féminins.  De nouvelles percées théologiques abondent dans les passages bibliques où Jésus parle et témoigne beaucoup d’estime et de respect aux femmes de son temps, et cela malgré la culture ambiante du contraire. Élisabeth Lacelle, théologienne d’Ottawa, confirme ces données dans sa conférence du même titre en 2001. Elle cite en exemples le récit de la Samaritaine (Jn 4,26) à qui Jésus dévoile pour la première fois qu’Il est le Messie; l’onction à Béthanie (Mc 14,9) où Jésus promet que partout où sera proclamé l’Évangile dans le monde entier, on racontera aussi en souvenir d’elle, ce qu’elle a fait ; enfin (Jn 20,17-18) l’apparition à Marie de Magdala, où Jésus Ressuscité se dévoile et lui demande d’aller dire à ses frères qu’ils doivent se rendre en Galilée. Cet atelier a suscité de nombreux commentaires positifs.

À partir de 2002, les thèmes développés dans nos ateliers et nos conférences tournent autour de la vie concrète de femmes en Église, telles Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, Marguerite Bourgeoys, Élisabeth Cady Stanton, Edith Stein et Dorothy Day. La théologienne, Marie-Andrée Roy, apportera de grands éclaircissements lors de sa conférence d’octobre sur la spiritualité chrétienne au féminin.

L’atelier du printemps 2003, consacré à l’exploration d’une  recherche du Père Maurice Léger, aumônier du comité sur la mémoire des femmes acadiennes, fut un grand succès. L’apport de ces femmes, souvent inconnues, fit l’admiration de tous et de toutes. Nous avions choisies les femmes suivantes : Mme de Brice d’Auxère, Madeleine David-Julien, Madeleine LeBlanc-Belliveau, Blanche Thibodeau-Cyr, Marie-Judith-Dugas-Thériault, Émilie LeBlanc-Carrier (Marichette), Édith Branch-Pinet, Rita LeBlanc-MacNeil. L’enregistrement réalisé par le Père Edmour Babineau fut en grande demande, ici et ailleurs.

À l’automne 2003, on a présenté une table ronde portant sur l’engagement de femmes chrétiennes avec la participation de Claudette Bradshaw, de Luce Richard, de Laura Bourque-Arsenault et du Père Yvon LeBlanc témoignant pour feu Madeleine Cormier.

Au printemps 2004, un atelier portant sur la spiritualité des religieuses en Acadie, rassemblait des représentantes de communautés religieuses oeuvrant dans le diocèse. Il s’agissait des sœurs Roseline Babin, f.m.a., Stella Gallant, s.s.f. Murielle Duguay, n.d.s.c., Marie Fougère, f.j., Émilie Maddix, c.n.d. (absente).  Toutes ont su démontrer l’importante influence de ces communautés de chez-nous, tant du point de vue éducatif que spirituel. Mgr André Richard s’est dit heureux de l’atelier.

En 2005, une soirée est consacrée à la théologie mariale. La théologienne Micheline Gagnon de l’Université de Sherbrooke nous entretient sur « La théologie mariale contemporaine ». En parallèle un atelier du 05 mars 2005 mettait en valeur les vitraux de la nef de la Cathédrale Notre-Dame de l’Assomption de Moncton, exceptionnellement riches d’un point de vue biblique et artistique. Une recherche approfondie menée par les membres du Comité révéla l’immense richesse de ces vitraux. Chaque volet représente une figure biblique féminine de l’Ancien Testament placé en parallèle avec un événement de la vie de la Vierge Marie. Cette œuvre fut la création artistique du maître verrier réputé, Auguste Labouret de Paris. Un montage complet et unique de cette recherche sur les vitraux, réalisé par le Père Edmour Babineau, constitue une pièce unique d’archive diocésaine.

En 2006, une rétrospective nous invite, par le biais d’une table ronde, à un partage sur : Les femmes dans la mission de l’Église aujourd’hui?  Père Daniel Deveau, c.s.c., Soeur Viola Doiron, f.m.a., Soeur Fernande Chiasson, f.d.j., et Père Zoël Saulnier du diocèse de Bathurst, animaient vivement le débat.

À l’automne de cette même année, Soeur Diane Foley, osu, livrait une conférence sommet titrée Femmes en Église, bilan des 20 dernières années, où elle illustre le sens de la vocation à partir de celle du prophète Samuel. En résumé : la vocation au ministère vient de Dieu et passe par la communauté.

En mars 2007, une table ronde a réuni des femmes de diverses dénominations religieuses dont l’Église catholique, l’islam, le judaïsme, et l’Église baptiste unie. Leur impact au sein de leur religion est tangible et révélateur.

À l’automne 2007, la théologienne Pauline Jacob nous parle de la vocation des femmes dans l’Église et de la souffrance souvent exprimée de celles qui se sentent appelées au presbytérat. Des réalités difficiles pour certaines chrétiennes engagées en pastorale aujourd’hui.

En 2008, l’atelier fait une place aux femmes oeuvrant dans des professions non traditionnelles afin de découvrir l’intervention  particulière des femmes de foi au travail. Il s’agit d’une avocate, d’une pharmacienne, d’une policière et d’une courtière en vente immobilière et en assurance. Madame Aldéa Landry, dans sa conférence de l’automne, en parle avec éloquence.

L’atelier du 28 février 2009 mettait de l’avant une dramatisation signée par la bibliste Odette Mainville. Elle y présentait des femmes dont la vie a été transformée par leur contact avec Jésus : Marie de Magdala, la Samaritaine, l’adultère, l’hémorroïsse, Marthe, Marie, et la femme de Cléophas. La toile de fond de cette mise en scène était signée. ,

À l’automne 2009, Odette Mainville revient présenter une conférence intitulée Les femmes du Nouveau Testament – la liberté chrétienne : une vraie libération.

En 2010, le Père Normand Provencher, omi, théologien de renom, nous invite à Oser l’espérance dans notre pastorale. Il nous propose d’inventer de nouvelles actions pastorales, innovatrices et évangéliques et de ne pas se figer dans des stéréotypes du passé, tout en respectant l’orientation de l’Église en 2010. Le temps de « crise » que vit l’Église présentement est une occasion unique d’en faire en temps de réorientation pour l’avenir de l’Église.

Pendant tout ce cheminement, les autorités du diocèse ont, à maintes reprises, manifesté leur appui et leur encouragement au travail du comité.

Écrits et événements marquants

De plus, le Journal diocésain a, depuis une quinzaine d’années, publié un certain nombre d’articles donnant une vue d’ensemble des multiples activités du comité diocésain : Valeurs évangéliques vécues au féminin, Les visages féminins de l’Évangile[3]; Femmes et Mission de l’Église; La question des femmes – toujours d’actualité; De nouvelles voies pour briser l’impasse; Journée de la femme : événement d’Église, etc.

Certains écrits et événements précurseurs et propulseurs ont également servi de balises pour façonner l’évolution du comité.  En plus de la visite du pape à Moncton en 1984 et l’appel des évêques en faveur de la formation de comités diocésains pour la promotion des femmes en Église, mentionnons les volumes  Partenaires en Église, Voix de femmes, voie de passage,  Marthe, Marie et les autres,  Des femmes aussi suivaient Jésus, et bien entendu l’approfondissement des textes bibliques éclairaient de plus en plus nos agirs pastoraux,  en particulier, Galates 3, 27-28 qui sert toujours de fondement biblique authentifiant la question :

Oui, vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n’y a plus ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus l’homme et la femme ; car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus Christ.

Voici quelques uns de ces moments clé :

¤ La présentation de Soeur Odette Léger, ndsc, citée plus haut, évoquant la pleine participation des femmes en Église devant le Pape en 1984.

¤ L’appel de la CECC, en 1986, pour former un comité d’étude sur la question avec les évêques canadiens. Les diocèses furent invités à se structurer en se dotant d’un comité pour la promotion des femmes en Église[4]

¤ Une session biblique, en 1994, animée par le Père Pierre Mourlon Beernaert, s.j., exégète à Lumen Vitae, Bruxelles, sur Les visages féminins de l’Évangile fut également une pierre d’angle propulsant la démarche générale du comité.

¤ Une rencontre personnelle et unique avec la renommée bénédictine américaine, Soeur Joan Chittister, grande promotrice de la promotion des femmes en Église, lors de sa conférence à Regis College, Boston, a su raviver, en octobre 2003, l’espoir de Louise Melanson et Diane Arsenault, membres du comité.   

¤ Les ateliers du printemps : À chaque année, en plus du souper conférence qui sert de tremplin d’éducation populaire auprès des adultes des communautés, le comité anime un atelier touchant divers aspects du rôle des femmes en Église.  Cette activité sert à creuser une question théologique et pastorale d’actualité, pertinente à l’évolution de l’intégration des femmes en Église. De multiples exemples furent donnés plus haut ; en voici quelques autres : Le partenariat en pastorale, La mission de tout baptisé-e : vers une transformation de nos pratiques pastorales, Laisser la Bible nous parler, Un rêve pour l’an 2000 ; Tables ronde touchant les valeurs chrétiennes en milieu de travail, Le point sur les femmes dans l’Église aujourd’hui ; Les femmes et leurs rencontres avec Jésus dans le Nouveau Testament,  etc.

Hommage

Depuis 2003, le Comité souligne, par une courte activité de reconnaissance lors du souper conférence annuel, la contribution particulière  de certaines personnes, hommes ou femmes, en lien avec la promotion des femmes en Église. Les membres du Comité veulent ainsi témoigner de leur solidarité avec l’Église agissante. Voici les personnes honorées jusqu’à maintenant : Soeur Ida Cormier, ndsc (première présidente), Angéla Bourgeois (deuxième présidente), Mgr Donat Chiasson, (fondateur, post-mortem), Soeur Viola Doiron, fma, Père Maurice Léger, (ardent conseiller du comité), Marie Steadman, Jeannita Gaudet, Soeur Odette Léger, ndsc, et Monique Martin.

25e Anniversaire

En cette année 2011 nous célébrons le 25e anniversaire de la création de notre comité diocésain. Nous voulons célébrer nos acquis, notre cheminement, nos espoirs, et notre détermination de poursuivre la route. Nous tenons à remercier toutes ces personnes qui de près ou de loin ont contribué au succès et à l’avancement de la connaissance du rôle important que jouent les femmes en Église, par leur fidèle participation aux activités, par leur indéfectible appui, et leur constant encouragement. 

Un mot sur nos deux premières présidentes devancières.

Lorsque Mgr Donat Chiasson a nommé Soeur Ida Cormier des religieuses N.D-S.C comme première  présidente du Comité Femmes en Église, il savait qu’elle était prête à relever le défi. Supérieure générale de la congrégation de 1975 à 1984, elle était une femme calme et avait un bon jugement. De plus, elle était une personne de relations humaines. Elle est décédée en 2010, après avoir œuvré au sein de la congrégation pendant 73 ans.

Angèla Bourgeois fut une figure de proue dès les débuts du Comité. Elle en fut la 2e présidente, avec l’appui de son mari Blair. Déléguée par Mgr Donat Chiasson à diverses conférences sur le sujet, elle siégea au Comité ad hoc des évêques du Canada, sur la promotion des femmes en Église. Dotée d’une communication facile, sa prise de parole se fait entendre sans équivoque dans tous les mouvements du diocèse.  Femme de foi, elle se dit heureuse d’avoir pu ainsi servir son Église qu’elle aime toujours.   

Voici un texte de Marie Steadman, membre du Comité pendant sept ans :

Présidente bénévole du Comité depuis plus de seize ans, madame Louise Melanson s’y dévoue avec passion et compétence. Elle relève courageusement et avec une grande efficacité les défis continuels d’un tel mandat.  Elle sait, avec foi et lucidité, être fidèle aux traditions tout en ayant l’audace du renouvellement.

Ce message est complété par un mot de remerciement adressée à Jacqueline LeBlanc qui a généreusement accepté d’agir comme présidente par intérim pendant l’année 2005-2006.

Un merci non équivoque s’adresse à l’archevêque, Mgr André Richard, csc, qui, à l’instar de ses prédécesseurs, nous soutient de son encouragement et de son appui. Un merci est aussi adressé à Mgr Ernest Léger, Mgr Valéry Vienneau, et au Père Jean-Guy Dallaire pour leurs diverses contributions

En dernier lieu, nous tenons à rendre un vibrant hommage à feu Mgr Donat Chiasson, fondateur du Comité et grand visionnaire qui a tant cru et désiré la pleine intégration des dons et du charisme baptismal des femmes au sein de la mission de l’Église sur terre. Nous lui disons le plus reconnaissant des mercis.

La trajectoire qui nous reste maintenant à parcourir devra être semée de nouveautés et d’audace devant un avenir toujours inconnu. Ce passage des Écritures en Marc 2, 19-22 nourrira notre agir et notre espérance :

Personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres…
À vin nouveau, outres neuves !

Enfin, nous voulons confier cette année anniversaire à Marie qui a vécu l’Esprit des évangiles de Jésus dans le Nouveau Testament. Puisse cet Esprit de bonté, de justice, de liberté, et d’Amour continuer à guider notre monde aujourd’hui. C’est Jésus Lui-même qui nous dit en Jean 16, 12… :

J’ai encore bien des choses à vous dire mais…,
vous ne comprendrez que plus tard !

Ce plus tard serait-il pour aujourd’hui?
Nous gardons espoir et nous nous réjouissons !

Nous terminons ce périple historique avec un texte fort inspirant du théologien français, Joseph Moingt, jésuite, paru dans la Revue ‘Études’ de janvier 2011 et qui s’intitule La femme et l’avenir de l’Église? :

Les femmes ne sont pas seulement les plus nombreuses parmi les fidèles… elles sont les plus actives…on compte toujours et plus que jamais sur l’aide des femmes… Mais il faut que l’Église desserre le corset de la tradition… en laissant entrer les laïcs où se prennent les décisions pastorales, à tous les échelons…

Et laisser entrer les femmes dans ces lieux de décisions à égalité avec les hommes.

La reconnaissance effective de l’émancipation de la femme dans l’Église

Comme dans le monde, est devenue la condition de possibilité
de l’évangélisation du monde.
La femme et l’avenir de l’Église?
La femme est et sera l’avenir de l’Église.

Les Écritures ne nous montrent-elles pas que la femme fait naître la communauté?

 Mc 1, 30-31 Or la belle-mère de Simon était couchée, elle avait de la fièvre ; aussitôt on parle d’elle à Jésus. Il s’approcha et la fit lever en lui prenant la main : la fièvre la quitta et elle se mit à les servir.

  Jn 20, 17-19 Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre ère, vers mon Dieu qui est votre Dieu.  Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples : J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit…

Louise Melanson, présidente
En collaboration avec les membres dont Laurida Brun et Soeur Thérèse Vautour
Comité diocésain des femmes en Église, archidiocèse de Moncton

Membres du comité du 25e : Mgr André Richard, archevêque, Gisèle St-Amand, Père Yvon LeBlanc, Soeur Thérèse Vautour, ndsc, Laurida Brun, Johanna LeBlanc, Jacqueline LeBlanc, Soeur Jacqueline Poirier, fma, Annette LeBlanc, Anita Melanson, Louise Melanson.

Ce 2 avril 2011


NOTES 

[1] Trad. de l’auteure. Texte original : To face or not to face sexism in the Church – Consequences for the Institutional Church

[2]  Trad. de l’auteure. Texte original : I am a member of a sexist Church; we are part of a sexist society… the Church should be a sign counter to these failures… this is major open heart surgery within the Church …

[3]  Journal diocésain, 7, Moncton, 1994.

[4]  Voir la lettre de Mgr Donat Chiasson.