Des femmes, icônes du Christ

Communication présentée dans le cadre du congrès conjoint de la Société canadienne de théologie [SCT] et de l’Association catholique des études bibliques au Canada [ACÉBAC] tenu à l’Université Laval (Québec) du 5 au 7 juin 2017. Thème de ce congrès : « Égalité femme-homme et genre. Approches théologiques et bibliques »

Introduction

Les prêtres, icônes du Christ, un thème que plusieurs trouvent dépassé, mais que l’Institution ecclésiale catholique chérit particulièrement; d’où l’importance de s’y arrêter. L’Église catholique en fait en quelque sorte le noyau autour duquel gravite l’argumentation interdisant aux humains nés dans un corps de femme de représenter le Christ. Pour être icône du Christ dans l’Église catholique, la condition préalable est d’être de sexe masculin. Les femmes ne peuvent agir in persona Christi à cause de leur identité sexuelle. Parce que femmes, elles sont donc exclues des ministères ordonnés. Cette exclusion, fortement remise en question par plusieurs théologiennes et théologiens, s’appuie sur la conception romaine de la nature et du rôle des hommes et des femmes. La grille d’analyse qu’offre le genre et l’analyse du témoignage de celles qui ont perçu une invitation à suivre le Christ sur la voie de la prêtrise permettent d’éclairer cette problématique. Ces deux volets – genre et expérience des femmes – constituent le coeur de cette intervention.

Genre et accessibilité des femmes à l’ordination

La représentation du Christ par une femme demeure un obstacle majeur de la non-accessibilité des femmes aux ministères ordonnés. « Seul un homme baptisé reçoit validement l’ordination sacrée », est-il écrit dans le droit canon (canon 1024). Le coeur de l’argumentation romaine, une fois celle-ci « épurée », porte sur l’identité sexuelle. Mais est-il nécessaire d’être de sexe masculin pour représenter le Christ? Nulle part, dans le Nouveau Testament, il n’en est question. De plus, bien que Jésus soit un homme, les évangiles évoquent de nombreuses attitudes de Jésus qui se situent dans la gamme des comportements attendus des femmes dans plusieurs sociétés : il prend soin des personnes, les écoute, veut qu’elles aient la nourriture nécessaire pour leur subsistance. Le jour où l’Institution catholique acceptera la grille d’analyse qu’offre le genre, il lui sera plus difficile d’enfoncer le clou de l’identité sexuelle masculine comme prérequis à la prêtrise. Mais Rome exclut d’emblée toute interprétation basée sur le genre. Pourtant, ce concept élaboré au XXe siècle permet de mieux comprendre les êtres humains en ne les enfermant pas dans des rôles entièrement déterminés par leur sexe biologique. Cette façon d’aborder la réalité ouvre la porte au fait qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un corps d’homme pour représenter le Christ. Regardons en premier lieu ce que l’Institution véhicule sur le genre, puis ce qu’un autre regard pourrait apporter à la question et comment il viendrait éclairer la problématique de l’accessibilité des femmes à l’ordination.

L’éclairage possible par le genre

Ce n’est pas la première fois qu’il est question de genre en lien avec le sacerdoce ministériel dans ce congrès. Olivette Genest s’y était penchée lors du congrès de 2001i et avait poursuivi sa recherche lors du colloque « L’accès des femmes aux ministères ordonnés dans l’Église catholique : une question réglée » en octobre 2006ii. Comme elle, je crois que la catégorie « genre » mise au point dans la recherche féministe demeure un instrument d’analyse très utile pour servir à l’élaboration de la base critique d’opérations herméneutiques subséquentes (Genest, 2006).

La catégorie « genre » apporte une grille de lecture intéressante lorsqu’il est question des rapports entre les hommes et les femmes et de l’identité psychosexuelle. Elle permet d’expliquer une façon différente d’être au monde qui, même si elle en tient compte, va bien au-delà du sexe biologique. Car la construction de l’identité psychosexuelle n’est pas quelque chose de statique. Elle se réalise grâce à une interaction entre l’inné et l’acquis provenant de différentes instances constitutives du milieu. Si une société, qu’elle soit civile ou religieuse, peut s’inquiéter de l’action du milieu dans la construction de l’être humain, elle ne peut pas ignorer cette interaction. De nombreux spécialistes en sciences humaines ont développé ce volet.

Cette malléabilité de l’être humain semble toutefois déranger le Vatican. Il axe plutôt son opposition à l’instrument d’analyse qu’est le genre sur le fait qu’il mettrait l’emphase sur la diversité des choix de comportements sexuels que permet l’égalité de pouvoir de toutes les personnes, hommes ou femmes. Le Vatican craint une sorte de dilution des rôles assumés traditionellement par les hommes et les femmes. Chaque personne pourrait ainsi choisir « librement », entre autres, son identité ou son orientation sexuelle, sa « forme de famille » (Peeters, citée par Zénit.org, 2008).

Le rejet par l’Institution catholique du concept « genre » est le fruit d’une réflexion réelle et d’une analyse malheureusement basée sur une conception de l’homme et de la femme qui est dépassée. Plutôt que d’utiliser le genre comme une grille de lecture qui faciliterait la compréhension des relations entre les hommes et les femmes, l’Institution catholique à travers diverses publications en fait un bloc monolithique à rejeter. La compréhension des êtres humains hommes et femmes et leurs relations est un sujet d’étude en évolution. En sciences humaines comme dans d’autres champs de recherche, certaines théories semblent rendre mieux compte de la réalité. Selon plusieurs chercheurs, les approches féministes et la compréhension apportée par le genre permettent de mieux rendre compte aujourd’hui de la réalité psychosexuelle des hommes et des femmes. Malheureusement, le Vatican rejette en bloc les écoles de pensée et les lieux de recherches qui n’endossent pas une sorte de déterminisme rigide relié au fait d’être né dans un corps d’homme ou de femme.

Et si tenir compte de cette grille d’analyse qu’est le genre pouvait aider à ouvrir la porte de l’ordination aux femmes…

Ce que l’Institution véhicule sur le genre

Lorsqu’il est question de genre, l’Institution catholique utilise de nombreux raccourcis pour l’évoquer. Le Vatican en fait une sorte d’ennemi à éliminer le qualifiant de théorie « désincarnée », « irréaliste », « meurtrière », incompatible avec la foi chrétienne (Bourdin, 2009, 12 & 13 octobre). Et le pape François, malgré sa grande ouverture à bien des niveaux, continue sur la même lancée. Il a apparemment manqué ce chapitre de l’histoire intellectuelle, comme l’exprime la théologienne féministe Mary Hunt (2016) en évoquant ces paroles du Pape à Cracovie en juillet 2016 :

En Europe, en Amérique, en Amérique latine, en Afrique et dans certains pays d’Asie, il existe de véritables formes de colonisation idéologique qui se sont installées. Et l’une d’elles – je vais l’appeler clairement par son nom – est [l’idéologie du] « genre ».iii

Selon le Vatican, la « théorie » du genre s’opposerait à l’intention originelle du Créateur puisqu’elle serait construite sans tenir compte de la différence de sexe innée, constitutive de la nature humaine. Elle viendrait saper l’harmonie de la nature représentée entre autres par la réciprocité entre le masculin et le féminin (Benoît XVI, 2013, 19 janvier).

Le Vatican craint que l’être humain ne soit considéré uniquement comme un donné culturel, un donné construit (Anatrella, cité par Zénit, 8 juillet 2009). Il s’inquiète du fait que l’identité sexuelle des individus n’y soit pas présentée comme un donné objectif inscrit dans le fait de naître homme ou femme, mais plutôt comme une donnée psychosociale construite à même les influences culturelles subies ou choisies par les individus (Ouellet, 2009).

À l’intérieur de ces préoccupations, se retrouve celle de la vocation de la femme en tant que mère et épouse. On redoute qu’ellesoit vue et comprise comme une construction sociale, comme un « stéréotype » à déconstruire (Peeters, citée par Zénit.org, 2008). On craint que les relations entre les hommes et les femmes soient perçues comme des relations de pouvoir, de rivalité et d’opposition, un genre dominant l’autre, au mépris de leur complémentarité (Anatrella, cité par Zénit, 8 juillet 2009).

Le Vatican craint que la « théorie » du genre ne détruise les repères les plus fondamentaux et les plus universels. Dans cette perspective la norme ne serait plus à chercher dans la vérité des choses et leur caractère universel, mais dans la singularité des situations individuelles et marginales et dans le ressenti. La subjectivité deviendrait source de droit (Anatrella, cité par Zénit, 8 juillet 2009).

Cette façon d’aborder et d’analyser la réalité des hommes et des femmes qu’est le genre génère beaucoup d’inquiétude dans l’Institution catholique. Déjà, en 2004, Ratzinger, alors président de la Congrégation pour la doctrine de la foi, mettait en garde contre l’utilisation du genre dans sa Lettre aux évêques de l’Église catholique sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Église et dans le monde. Il disait craindre l’occultation de la différence ou de la dualité des sexes et des conséquences qu’elle pourrait entraîner, entre autres sur les organisations familiales. Cette mise en garde faisait suite à celle du Conseil pontifical pour la famille en l’an 2000. Le Conseil craignait que l’ouverture à ce qu’il nommait une théorie ouvre la porte à l’acceptation de l’homosexualité et à d’autres genres, outre le masculin et le féminin.

Dommage qu’une telle compréhension du genre existe dans l’Institution catholique! Un déblocage de cette interprétation pourrait ouvrir une porte à l’accessibilité des femmes à l’ensemble des ministères.

L’éclairage possible à la question de l’accessibilité des femmes à l’ordination

Figer les rôles des hommes et des femmes dans des catégories rigides ne facilite pas la tâche pour tenter de régler ce problème. Le genre vient ouvrir le discours religieux en ébranlant la compréhension séculaire des spécificités féminines et masculines. Il permet de dépasser les données strictement biologiques et d’apporter une compréhension et une interprétation plus nuancée de la réalité en y intégrant l’impact de la culture et de l’environnement psychosocial sur le façonnement d’êtres humains, femmes ou hommes. Il aide à défaire l’argumentation basée sur l’identité psychosexuelle amplement utilisée par l’Institution ecclésiale pour refuser l’ordination aux femmes; ce qui est intéressant pour la question qui nous préoccupe. Car la prise en compte du genre ouvre la porte à la possibilité d’inclusion des femmes dans tous les ministères ecclésiaux. C’est peut-être ce qui la rend dangereuse aux yeux de l’Institution ecclésiale.

L’Institution ne retient que les arguments qui faciliteraient la non-accessibilité des femmes aux ministère ordonnés. À l’instar de l’exégète Olivette Genest qui se réfère à la première épître de Paul aux Corinthiens (1 Co 12, 4‑11) pour définir les ministères, l’Institution pourrait retourner à cette source biblique. Il serait alors question de dons de l’Esprit, ordonnés au bien de tous et nécessitant l’assentiment combiné du ministre et de la communauté (Genest, 1987, p. 16). Plus question alors d’une identité sexuelle encarcanée dans des rôles prédéterminés, surtout pour les femmes, tel qu’il est possible de le retrouver dans plusieurs documents romains.

Des femmes, icônes du Christ

Les femmes peuvent-elles être des « icônes du Christ »? L’Institution catholique répond : « Non! ». Parce que nées dans un corps de femme, elles ne pourraient agir in persona Christi. Pourtant être icône du Christ, ce n’est pas personnifier Jésus de Nazareth. S’il importe de tenir compte de cette question, il s’avère tout aussi important d’observer ce qu’en pense les femmes impliquées en pastorale. Un regard apporté par les chrétiennes de la base peut être d’un grand secours pour une compréhension plus juste de la réalité. Il permet d’enraciner la question théologique dans le vécu de personnes réelles. Faisons un pas de plus sur ce et regardons en premier lieu comment l’Institution bâillonne la question.

Comment l’Institution bâillonne la question

Impossible que des femmes soient icônes du Christ, qu’elles agissent in persona Christi selon la théologie qui inspire les déclarations vaticanes. Conformément à l’interprétation théologique mise de l’avant par le Vatican, le prêtre, comme icône du Christ, est un signe qui se doit d’être perceptible par les croyants et les croyantes; d’où l’importance que cette fonction soit assumée par un homme puisque Dieu s’est incarné dans un individu de sexe masculin. De plus, pour actualiser l’image biblique de l’Époux et de l’Épouse, il est nécessaire que le prêtre soit un homme pour être image du Christ, époux de l’Église. Dans le choix d’hommes comme apôtres, l’Institution catholique voit une façon particulière voulue par Dieu d’exprimer la relation entre l’homme et la femme, entre ce qui est « féminin » et ce qui est « masculin », dans le mystère de la Création comme dans celui de la Rédemption (Jean-Paul II, 1988, no 26). Le déterminisme corporel devient en quelque sorte déterminisme vocationnel. Impossible alors, pour quelque femme que ce soit à l’intérieur du cadre institutionnel catholique et de sa législation, d’envisager la prêtrise comme réponse à une aspiration profonde même quand celle-ci est appuyée fortement par sa communauté d’appartenance.

Deux éléments continuent de m’étonner particulièrement après toutes ces années de recherche et de réflexion sur la question, soit l’appui sur une analogie, celle de l’Époux et de l’Épouse, pour justifier théologiquement la non-accessibilité des femmes à l’ordination presbytérale, mais aussi ce choix à l’exclusion des autres analogies de la Bible. Et à ceci s’ajoute l’appui sur une traduction douteuse de in persona Christi comme élément décisif du non au femmes.

L’appui sur une analogie

L’analogie de l’Époux et de l’Épouse, très cher à l’Ancien Testament, est utilisé par l’Institution comme fondement de l’argumentation excluant les femmes de la prêtrise. Une image très riche utilisée maladroitement pour légitimer l’exclusion des femmes de tous les ministères; surtout qu’elle est rattachée à un contexte social où la structure du mariage traduisait la supériorité et l’autorité des hommes sur les femmes (Genest, 2006). Même si l’Église considère maintenant les deux partenaires comme ayant la même autorité à l’intérieur du mariage, l’image biblique de l’Époux et de l’Épouse est basée sur une relation de type patriarcal où l’homme est le chef de la femme. Et cette image joue un rôle majeur dans l’exclusion des femmes de la prêtrise.

Un choix à l’exclusion des autres analogies de la Bible

On peut s’interroger sur la pertinence d’utiliser cette analogie alors que la Bible contient d’autres images de Dieu. La position officielle du magistère catholique n’en considère qu’une seule pour limiter l’accessibilité des chrétiennes à tous les ministères. Pourtant, le Nouveau Testament ne semble pas avoir un intérêt théologique pour la masculinité du Christ. L’accent théologique sur l’humanité masculine du Christ semble même étrangère au Nouveau Testament, comme l’évoque Joseph Komonchak, prêtre et théologien américain (Komonchak, 1976/ 2016). Trois textes seulement utilisent le mot aner pour le Christ (Lc 24, 19; Jn 1, 30; Actes 2, 22) et aucun d’entre eux, rappelle-t-il, n’exploite la masculinité du Christ. Selon ce théologien, c’est précisément parce que Dieu transcende infiniment nos images et nos idées qu’un grand nombre de symboles est nécessaire pour tenter de le représenter. « Il » est parfois « Elle ». Ces deux volets de l’être humain sont essentiels pour représenter Dieu. Sa tendresse est celle d’une mère pour son enfant (Is 49, 14-16). Et ses cris sont parfois ceux d’une femme en train d’accoucher, haletant et soufflant (Is 42,14). Komonchak insiste sur l’importance d’illustrer diférentes facettes de Dieu afin d’en avoir une image plus juste. Chaque facette a besoin des autres pour ne pas être déformée dans son interprétation. Et il est bon de percevoir, à tel moment de notre cheminement spirituel, que Dieu est notre rocher et notre forteresse et à un autre, qu’il est la source d’eau vive. De même, si nous l’abordons comme un Père ou comme un Époux, nous savons qu’à certains moments nous pouvons aussi être avec Dieu « comme un enfant sevré sur les genoux de la mère » (Ps 131, 2).

De plus, Jésus n’a pas hésité à utiliser des images féminines et maternelles pour décrire son travail. (ex. : Mt 23, 37; Jn 16, 21). Et Paul fera de même (I Thess 2, 7; Gal 4, 19). Le Christ présentait à l’humanité les facettes féminines et masculines de Dieu bien qu’il fût de sexe masculin. Si un homme peut représenter ces dimensions féminines de l’amour divin, pourquoi une femme ne pourrait, à son tour, représenter les dimensions de l’amour de Dieu pour lequel les images masculines sont utilisées? Pourquoi un homme peut représenter à la fois le masculin et le féminin alors qu’une femme ne peut représenter que le féminin?

Et il est bon de se rappeler la courte intervention de Jean-Paul 1er (1978), ce pape au court pontificat, qui parlait de la parentalité maternelle et paternelle du Dieu de la Bible. En référence à la prière de chefs d’état réuni à Camp David, il évoquait celle du premier ministre israélien Menahim Begin rappelant, à l’instar du prophète Isaïe, que Dieu était soucieux de son peuple comme une mère qui ne peut oublier son propre enfant. Jean-Paul 1er rappelait à la foule rassemblée pour l’Angélus que nous sommes de la part de Dieu objet d’un amour sans faille, qu’Il a toujours les yeux tournés vers nous même lorsqu’il semble faire nuit. « Il est papa, dira-t-il; plus encore Il est mère. »

L’appui sur une traduction douteuse de in persona Christi

Regardons maintenant comment la traduction douteuse de in persona Christi influence aujourd’hui la non accessibilité des femmes à tous les ministères. Tel que quentionné précédemment, selon l’interprétation théologique du magistère catholique, le prêtre, dans l’exercice de son ministère, n’agit pas en son nom, mais représente le Christ qui agit en lui. Il agit in persona Christi. Il est une icône du Christ.

Pourtant, un retour aux sources de l’utilisation de l’expression in persona Christ invite à plus de prudence. Bernard Dominique Marliengeas (1978) a montré l’origine de l’utilisation de cette expression, puis Micheline Laguë a poursuivi la réflexion (2002). Elle l’évoque comme une « interprétation discriminatoire à l’égard des chrétiennes ». Le in persona Christi vient de Paul dans la deuxième épître aux Corinthiens. Une mauvaise traduction du grec au latin de en prosôpo (2CO 2,10 ) a donné in persona et l’utilisation qui en a été faite par la suite. Le sens en serait plutôt « en présence de ». La Traduction Œcuménique de la Bible [TOB] comme la Bible de Jérusalem et la Nouvelle Traduction de la Bible [NTB] utilisent l’expression « sous le regard de ». Une femme, comme un homme, peut représenter le Christ « sous le regard de Dieu ».

Ce qu’un autre regard apporte à cette problématique

Un autre éclairage est également possible à partir des croyantes et des croyants de la base. En ce sens, la théologie féministe peut être d’un grand apport. Non seulement utilise-t-elle le genre dans ses analyses, mais elle permet une analyse à partir du vécu. Elle invite à se mettre à l’écoute des femmes et reconnaît les récits de vie comme source de révélation. Comme l’exprime la théologienne anglaise Lavinia Byrne, le/la Dieu/e des Écritures juives, le/la Dieu/e de la Révélation divine en Jésus-Christ est un Dieu qui est présent à nous. Et cette présence n’est pas statique (Byrne, 1994/1999, p. 71). D’ailleurs le pape François le rappelle régulièrement. Byrne développe cette idée dans le livre qui lui a entraîné de nombreux démêlés avec Rome, Woman at the altar (1994/1999). Elle y expose les arguments en faveur de l’ordination des femmes et y exprime librement son point de vue allant jusqu’à dire : « Comment peut-on avoir une conversation calme et lucide concernant les femmes et l’ordination quand la cassette « la biologie est le destin » joue à plein volumeiv » (p. 38). Byrne a d’ailleurs dû démissionner de sa congrégation religieuse après que le Vatican lui ait demandé de faire une déclaration publique soutenant la position de l’Église catholique contre le contrôle artificiel des naissances et contre l’ordination des femmes. Pourtant, cette ancienne religieuse parlait en connaissance de cause. Elle a accompagné de nombreuses femmes catholiques et anglicanes à l’intérieur de cheminements de retraites basées sur les Exercices spirituels de saint Ignace. Elle en a aidé plusieurs à discerner ce que l’Église nomme un appel à devenir prêtre; et ce, tant chez les anglicanes que chez les catholiques. Elle évoque l’importance d’une écoute fidèle de ce qui nous anime profondément que la tradition chrétienne a nommée discernement (p. 71). D’où l’importance de l’écoute de ces récits et leur mise en relation avec les Écritures (p. 72).

Je crois avoir pratiqué une écoute fidèle dans l’analyse de récits de femmes se croyant appelées à la prêtrise ou au diaconat réalisée pour ma thèse de doctorat soutenue en 2006. Elle est venue confirmée l’importance de cette écoute pour une véritable compréhension théologique.

L’éclairage apporté par la base

Des intuitions théologiques peuvent également s’actualiser à travers des récits d’expériences vécues et éclairer certains concepts théologiques. C’est pourquoi je souhaite reprendre le fameux in persona Christi à partir de la lecture qu’en font certaines femmes avec des vocations de prêtres.

Écouter celles qui ont un jour perçu une invitation à suivre le Christ sur la voie de la prêtrise ouvre une nouvelle perspective. L’expérience de femmes ordonnées dans l’Église anglicane, celle de femmes ordonnées dans la marge de l’Église catholique à l’intérieur de la Roman Catholic Women Priests [RCWP] comme celle des femmes auxquelles on refuse de reconnaître leur vocation de prêtre est en effet éclairante. Comment ces femmes vivent-elles cette représentation du Christ? Comment se perçoivent-elles comme icônes du Christ?v

In persona Christi – une représentation d’un Dieu pour toutes et pour tous

L’idée que le ministère ordonné représente le peuple de Dieu dans son entier, hommes et femmes, revient régulièrement dans les commentaires des femmes concernées et de leur entourage. Représenter l’humanité du Christ implique, pour être complet, représenter l’humanité à traves ses deux pôles, l’un masculin, l’autre féminin. Pour illustrer cette idée, Katherine Rumens (citée par Mercier, 1994, p. 242), l’une des femmes ordonnées prêtres dans l’Église anglicane d’Angleterre, parle du Christ qui, dans le monde, n’avait qu’une main lorsqu’il n’y avait uniquement que des hommes prêtres. Avec des femmes prêtres, l’Église ne fait rien d’autres que rendre au Christ ses deux mains.

In persona Christi – une représentation d’un Dieu incarné

« Celle qui préside l’eucharistie rend Dieu plus proche des gens et rapproche les gens de Dieu », souligne une autre prêtre de la Communion anglicane, Joyce Bennett. « Pour eux, dit-elle, elle représente le Christ dans ce qu’elle dit et ce qu’elle fait. Elle ne représente pas sa masculinité, mais elle montre que le Verbe s’est fait chair. » (Bennett, citée par Mercier, 1994, p. 138).

In persona Christi – une représentation d’un bon pasteur

Le geste de rassembler la communauté pour célébrer l’Eucharistie est signifiant au niveau de la représentation du Christ, comme l’exprime cette femme prêtre de la Roman Catholic Women Priests [RCWP] : « Comme prêtres, nous sommes icônes du Christ en réunissant nos communautés pour célébrer l’Eucharistie, ‟source et sommet de la vie de l’Église”. Nous sommes appelées par vocation à garder vivante la mémoire de Jésus, sa vie et son enseignement. »

In persona Christi – une représentation d’un Dieu père et mère

Certaines soulignent qu’une femme prêtre n’est pas seulement une prêtre qui représente l’Église, mais aussi une prêtre qui représente particulièrement les femmes. Elle se réfère par là à Ali Green dans A theology of women’s priesthood. La femme prêtre offre une représentation féminine du divin et donc médiatise dans son corps les aspects maternels du divin qui ont jusqu’alors été négligés ou oubliés (Green, 2010, p. 98).

In persona Christi – une représentation d’un Dieu reconnu par son peuple

Un volet intéressant est apporté par une catholique de qui l’Institution ne reconnaît malheureusement pas l’appel ministériel. Sa communauté reconnaît, par ses gestes et ses paroles, qu’elle est icône du Christ et lui en a fait prendre conscience :

Ce n’est pas moi qui ait réalisé que j’étais devenue l’icône du Christ, mais bien toutes les personnes que je touchais par mes paroles bienveillantes, par mes implications sociales, tels l’organisation de voyages humanitaires ou simplement mon regard. Les jeunes me demandaient de les confirmer, des parents m’ont demandé de baptiser leur enfant et des couples de les marier. De plus, je reçois chaque année de nombreuses demandes pour célébrer des mariages civils, des célébrations de la vie en dehors d’une église et des funérailles. Toutes ces personnes au fil des années me confirment que je suis vraiment l’icône du Christ!

In persona Christi – pour dire « Prenez et mangez »

La femme est celle qui donne la vie, qui nourrit, qui porte la famille. Et le prêtre est « celui qui offre la nourriture à travers l’eucharistie, qui donne la vie de Dieu à travers les sacrements, c’est-à-dire une figure plutôt « maternelle » et féminine ». L’« image du prêtre renvoie à une figure plutôt féminine, à cause du rapport très fort avec la vie qu’ont les femmes », comme l’exprime Faith Claringbull (citée par Mercier, 1994, p. 284).

In persona Christi – parce qu’appelée par le Christ

J’aimerais évoquer ici la réponse faite par Susan Davies Buell, une prêtre anglicane alors nouvellement ordonnée, à Paul Aymard, moine bénédictin, à la question de la représentation du Christ :

S’il y a quelque analogie (à définir d’ailleurs) entre le ministre et le Christ, celle-ci ne saurait porter en effet sur la ressemblance naturelle, mais sur l’identité ministérielle. Quand donc sortirons-nous du marasme de la « nature »? Ce n’est pas par ce que je suis, mais par ce que le Christ m’appelle à être, que je peux exercer ma tâche ministérielle.  (Davies Buell, citée par Aymard, p. 97).

De nombreux autres exemples pourraient être apportés pour illustrer la représentation du Christ par des femmes ayant une vocation de prêtre.

Bref, les femmes ont intégré l’idée de représenter le Christ. Elle se voit, avec leur corps de femme, agir in persona Christi. Leur communauté les reconnaît comme telles. Elles ne se laissent pas détourner de l’essentiel par une interprétation théologique trop étroite. Une autre prêtre anglicane parlera même de l’« impertinence de la catégorie ».

J’aimerais souligner que la seule et unique onction que Jésus ait reçue de sa vie lui a été donné par une femme à Béthanie. C’est ce que rappelait l’évêque Gilbert Baker au Comité consultatif anglican réuni à Limuru en novembre 1971, alors qu’il y présentait sa décision d’ordonner deux femmes prêtres :

Alors que le Christ est l’initiateur du ministère, poursuivra-t-il, des femmes se sont comportées à son égard comme des ministres, lors de sa naissance, pendant sa vie, au moment de sa mort, et ont été les premiers témoins de sa résurrection. (Baker, cité par Mercier, 1994 p. 80)

Des femmes se perçoivent icônes du Christ. Leur discours, différent de celui du Vatican, a une valeur théologique aussi grande que celle de l’Institution. Il faudra bien qu’un jour celle-ci se réveille et officialise leur vocation.

Conclusion

En utilisant la grille d’observation et d’analyse que permet le genre et en y incluant le témoignage de celles qui ont perçu une invitation à suivre le Christ sur la voie de la prêtrise, la symbolique « icône du Christ » prend un sens plus adapté. L’argument théologique affirmant que le prêtre agit in persona Christi n’exclut en rien la possibilité qu’une femme puisse être prêtre. La ressemblance physique est un bien piètre argument. De plus, l’Église ne peut faire abstraction du sensus fidei, cette sorte d’instinct de foi, d’instinct pour la vérité de l’Évangile. Et il est amplement favorable à l’égalité réelle entre les hommes et les femmes dont l’accessibilité à tous les ministères n’est qu’une facette. La théologie contextuelle et la théologie féministe peuvent mettre en lumière le sens réel que les chrétiens et les chrétiennes accordent à in persona Christi. La vision vaticane de cette question est perçue comme très sexiste par un grand nombre de croyantes et de croyants. Les chrétiens et les chrétiennes trouvent plus importantes les qualités de pasteur du prêtre que sa constitution biologique.

J’aimerais en terminant apporter ce commentaire de Jane Redmont publié en 1997 dans le National Catholic Reporter [NCR] :

Est-ce que la question de l’ordination se réduit essentiellement à une question de corps – le corps des femmes? Née dans un corps de femme, je n’ai pas le droit d’être ordonnée. […] Si nous avions vraiment honoré le corps des femmes dans cette religion qui voit Dieu dans la chair humaine, est-ce que l’ordination des femmes serait alors un problème?vi (Redmont, 1997)

Pauline Jacob, Ph. D. (théologie pratique)
Québec, le 7 juin 2017

Notes

i Il s’agit du 38e congrès de la Société canadienne de théologie [SCT] tenu à l’Université Laval du 19 au 21 octobre 2001.

ii Il s’agit du colloque « L’accès des femmes aux ministères ordonnés : une question réglée? » tenu à la Maison Bellarmin (Montréal), les 27 et 28 octobre 2006 et organisé par le Centre justice et foi en partenariat avec le Centre St-Pierre, le réseau Femmes et Ministères et la collective L’autre Parole.

iii Texte original :« Pope Francis has apparently missed this chapter in intellectual history. His July 2016 remark in Krakow was telling : “In Europe, America, Latin America, Africa, and in some countries of Asia, there are genuine forms of ideological colonization taking place. And one of these – I will call it clearly by its name – is [the ideology of] ‘gender.’ ” »

iv Texte original : « How can one possibly have a cool and lucid conversation about women and ordination when the “biology is destiny” tapes are playing at full volume? »

v Plusieurs témoignages rapportés viennent de récits d’anglicanes d’Angleterre. Ils ont éré recueillis par Jean Mercier quelques semaines après le vote du 11 novembre 1992 du synode de l’Église d’Angleterre ayant levé l’impossibilité pour les femmes de devenir prêtres dans cette branche de la Communion anglicane.

vi Texte original : « Does the ordination discussion come down, fundamentally, to bodies — women’s bodies? Born into a woman’s body, I may not be ordained. Note that I say may, not can. Our church teachings have often conflated the two. If we truly honored women’s bodies, in this religion that sees God in human flesh, would ordination of women even be an issue? »

Références

Aymard, Paul (1979). Réfléchir la beauté du Seigneur. Une femme dans l’Église anglicane. Paris : Éditions du Cerf. 125 p.

Benoît xvi (2013, 19 janvier). Discours aux participants à l’assemblée plénière du Conseil pontifical Cor Unum, [en ligne]. [http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2013/january/documents/hf_ben-xvi_spe_20130119_pc-corunum_fr.html] ( 10 août 2017)

Bourdin, Anita  S. (2009, 12 octobre). La théorie du genre préoccupe les pères synodaux, par Mgr Anatrella (1) – Une théorie « désincarnée », « irréaliste », « meurtrière ». Zenit, [en ligne]. [https://fr.zenit.org/articles/la-theorie-du-genre-preoccupe-les-peres-synodaux-par-mgr-anatrella-1/ ( 10 août 2017)

Bourdin, Anita  S. (2009, 13 octobre). La théorie du genre préoccupe les pères synodaux, par Mgr Tony Anatrella (2) [2009-10-13] – Elle s’impose progressivement y compris grâce à certaines Institutions chrétiennes. Zenit, [en ligne]. [https://fr.zenit.org/articles/la-theorie-du-genre-preoccupe-les-peres-synodaux-par-mgr-tony-anatrella-2/] ( 10 août 2017)

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