Voix de femmes, voies de passage – chapitre 1

 Voix de femmes, voies de passage
par Lise Baroni, Yvonne Bergeron,
Pierrette Daviau et Micheline Laguë
Chapitre 1, p. 9 à 22 Une autre recherche sur les femmes
Textes reproduits avec les permissions requises

COUV Voix de femmesLes deux dernières décennies ont vu apparaître de nombreux fruits du travail et de la présence des mouvements de femmes dans les secteurs socioculturels, politiques et religieux de notre pays. La nouveauté de ce phénomène a fait émerger l’importance du rôle des femmes sur ces diverses scènes; elle met au défi plusieurs manières de penser et d’agir de la société et questionne dans leurs fondements les rapports hommes/femmes. Dans notre société occidentale, y compris dans la plupart des milieux d’Église, on fait, en général, un bilan positif des luttes des femmes depuis la Deuxième Guerre mondiale. On s’entend pour affirmer que l’égalité entre les hommes et les femmes est un projet en cours de réalisation et admis dans la majorité des secteurs professionnels. Des gains indéniables ont été obtenus.

Pourtant les statistiques et la vie concrète prouvent qu’il existe un décalage profond entre la théorie et les pratiques, entre les droits reconnus et les droits accordés, entre les modèles proposés et leur mise en œuvre. Les mentalités individuelles et collectives renvoient encore bien rapidement les femmes à leurs tâches ménagères. Plusieurs acceptent encore trop facilement de demeurer minoritaires et sous-payées dans la plupart des professions libéralesi. Ainsi, dans différents milieux de travail, des femmes sont toujours objets de discrimination plus ou moins avouée, plus ou moins subtileii… Celle-ci se vérifie entre autres dans l’attribution des tâches et des rôles, dans des conditions d’emploi moindres et dans leurs salaires inférieurs. La discrimination structurelle et systémique persiste également dans la plupart des secteurs de vie de la sociétéiii. Quant aux milieux religieux, même si on y fait de belles déclarations concernant l’égalité fondamentale des hommes et des femmesiv, les modèles traditionnels masculins continuent à régler les structures et les rôles d’une part, et à dicter, d’autre part, les décisions et les pratiques. Faut-il rappeler, en effet, que dans l’Église catholique, les femmes sont toujours exclues de certaines fonctions, c’est-à-dire de celles relatives aux ministères ordonnés (diaconat, presbytérat, épiscopat) ? Encore aujourd’hui, l’Église considère leur « accession » à certaines tâches ministérielles comme un privilège provisoire parce que résultant davantage du manque de prêtres ou du vieillissement de ces derniers que d’un choix délibéré. Ainsi cherche-t-elle à contourner cet inévitable défi du partenariat réel entre prêtres et laïques et refuse-t-elle de discuter la brûlante question du sacerdoce des femmesv.

Or, depuis les vingt dernières années, les laïques (et parmi eux, une très large majorité de femmesvi) sont de plus en plus présents dans des tâches ministérielles. Malgré les restrictions romaines, les femmes exercent de plus en plus les ministères de la Parole, de la sacramentalisation, de la miséricorde et parfois même du gouvernement. La présente recherche démontre clairement que, dans la pratique, plusieurs travailleuses en Église exercent des ministères, hier encore exclusivement réservés aux clercs, sans cependant en recevoir la reconnaissance officielle et sans se voir attribuer le statut correspondant à leurs responsabilitésvii. En nombre croissant égalementviii, des théologiennes questionnent le discours ecclésial dominant. Avec des praticiennes, elles analysent la situation et proposent de nouvelles manières de faire communauté. De leur côté, les interviewées ont été ouvertes à la discussion en vue d’apporter des solutions à cette opposition de moins en moins acceptable entre Église d’hommes et Église de femmes, Église cléricale et Église laïque, Église de chrétienté et Église de diaspora.

Ce faisant, ne prolongent-elles pas la mémoire des nombreuses femmesix dont la présence active a marqué l’Église canadienne depuis le début de la colonie ? Nous pensons particulièrement aux fondatrices (dont celles de Montréal) qui ont grandement contribué à la naissance et à la consolidation de l’Église d’ici tout au long de son évolution. Soulignons l’influence des religieuses novatrices en éducation, dans l’action caritative, dans la gestion des services de santé et des services sociaux, dans les secteurs de la formation des jeunes filles. De grandes figures parmi elles ont marqué nos divers mouvements sociaux et ecclésiaux. Toujours présentes dans la vie sociale et ecclésiale, les femmes sont restées souvent dans l’’ombre des évêques ou des clercs.

Enfin, revenant aux répondantes, mentionnons que la qualité de leurs pratiques, l’importance de leur nombre, la solidité de leur formation, la reconnaissance de leurs compétences par les chrétiennes et les chrétiens ne sont plus à démontrer. La force et la pertinence de leurs actions au cœur des communautés, les appels intérieurs de plusieurs à exercer un ministère au sein de l’Église interrogent fondamentalement le fait qu’elles ne soient pas reconnues comme membres à part entière de cette Église.

Ainsi, une réflexion en profondeur sur les diverses pratiques des femmes en Église invite donc à remettre en cause la façon dont l’Église-Institution interprète la Tradition. En effet, une véritable praxisx ecclésiale amorcée par des femmes se répand de plus en plus en Occident, plus particulièrement en Amérique du Sud et chez nous. Cela soulève des questions fondamentales qui dépassent la reconnaissance de « l’égalité de nature » pour poser plus profondément le problème de l’égalité au niveau des fonctions ministérielles des femmes et des hommes dans l’Église.

Buts de la recherche

Partant de ces premiers constats et de l’étude sociologique de Sarah Bélanger qui décrit globalement la situation, les conditions de travail et les motivations des femmes engagées dans des tâches pastoralesxi, nous porterons un regard plus attentif sur les pratiques elles-mêmes pour en dégager les constantes et les configurations aux plans sociologique, pastoral et ecclésial.

Notre intention majeure est de vérifier si une vision nouvelle de l’Église et des ministères émerge de la pratique pastorale exercée par des femmes dans les diocèses francophones du Canada. Nous ne cherchons pas uniquement à éclairer l’engagement actuel des femmes à la lumière du discours théologique et des grandes données de la Tradition, mais à esquisser un nouveau profil de leurs fonctions pastorales. Cela nous conduit à montrer en quoi les pratiques des femmes mettent en cause les normes disciplinaires de l’Église concernant les ministères et spécialement le ministère ordonné. Cela oblige, par le fait même, à questionner les principes pastoraux qui président aux décisions dans l’Église.

Cette recherche veut aussi identifier les conséquences praxéologiques qui se dégagent des exigences de la mission de l’Église et les avenues ouvertes par la reconnaissance non équivoque de cette mission. Réarticuler une théologie des ministères qui soit une réponse aux exigences de la mission et aux besoins des communautés chrétiennes d’aujourd’hui nous apparaît une nécessité. L’émergence de laïques dans des fonctions pastorales, et plus encore celle des femmes, questionne la Tradition, le type d’insertion culturelle et la structure organisationnelle de l’Église actuelle.

Nous souhaitons également préciser ce que les femmes entendent par « nouveau modèle d’Église » et contribuer à son instauration. Ce renouvellement comporte des enjeux et des défis prioritaires dont il faudra tenir compte pour construire une Église vivante. Trop souvent, sous le couvert du respect des traditions ou de différences culturelles, des vérités gênantes sont passées sous silence. Refusant cette option, nous prévoyons faire connaître les conclusions de cette étude, et ce, particulièrement aux groupes concernés (Églises, groupes de décideurs, mouvements de femmes, agentes de pastorale, public plus large). Nous désirons par-là soutenir les efforts de changement déjà entrepris, susciter des actions concertées et développer des stratégies efficaces pour une transformation des mentalités, des comportements et des structures discriminatoires. Nous espérons même que cette recherche, d’une façon ou d’une autre, exerce quelque influence en des lieux dépassant nos frontières et manifeste notre solidarité avec des femmes toujours aux prises, dans les faits, avec la reconnaissance de leurs droits fondamentaux.

Méthodologie

Analyser et questionner les pratiques des femmes en Église afin de découvrir l’ecclésiologie qui s’en dégage, les nouveautés qui s’y logent, nous oblige à choisir une méthodologie de recherche axée sur la réalité-terrain. La méthode de la recherche-action jointe à certaines caractéristiques de la recherche féministe nous offre un cadre à la fois pratique et thématique. En effet, selon les analystes, ces deux méthodes tendent à unir ce que la recherche classique sépare souvent : « la théorie et la pratique, la recherche et l’action, l’individuel et le communautaire, l’affectif et l’intellectuelxii ». Il nous apparaît que la complicité alliant ces deux dimensions propose un savoir susceptible de remettre en question les structures existantes, souvent responsables d’inégalités, pour promouvoir les droits humains, la solidarité et le partage réel des richesses et du pouvoirxiii.

Ces deux méthodologies combinées (recherche-action et recherche féministe) relèvent davantage d’une approche qualitative qui privilégie le vécu comme base de recherche et d’action. Ce type de recherche nécessite un processus dans lequel actrices et chercheures interagissent, partagent le vécu, posent les problèmes et cherchent ensemble à les solutionner en vue d’enrichir la collectivité et les individus tant aux plans cognitif, affectif que pragmatique. Partir de la pratique des femmes en Église pour y cerner les constantes, les divergences, les piétinements et les nouveautés implique de travailler sur une réalité changeante. Aussi importe-t-il de revenir constamment à cette réalité afin d’en préserver la richesse et d’assurer la justesse de l’interprétation. Le défi consiste ici à rester collé à ce qui se pratique de facto et non à ce que l’on souhaiterait qu’il se fasse.

On ne peut se le cacher, la recherche empirique, et par conséquent la recherche-action et la recherche dite féministe, n’ont pas encore acquis leurs lettres de noblesse dans le monde universitaire davantage préoccupé du « haut savoir ». En effet, ce combiné « fait appel à une révolution épistémologique où la dite objectivité est soupçonnée de dissimuler sous une neutralité et une rigueur apparentes l’engagement servile à l’égard des pouvoirs de domination et d’exploitationxiv ». En choisissant une méthodologie axée sur le changement, nous nous inscrivons dans une démarche qui suppose un investissement énorme sur le terrain et une grande proportion de temps accordée à discuter entre nous et avec les praticiennes. Aussi sommes-nous conscientes de rester en marge de la recherche dite traditionnelle pour nous aventurer dans un corridor encore peu exploré.

Recherche-action

La recherche-action, surtout utilisée dans les sciences sociales, éducationnelles et administratives, comporte explicitement une finalité d’intervention sociale impliquant l’éducation et la formation des personnes engagées dans la démarche ou concernées par elle. Les participantes comme les chercheures de cette présente recherche se sont donc compromises dans un processus de conscientisation et d’analyse critique qui débouchera, nous le souhaitons, sur des interventions renouvelées à l’intérieur de l’institution ecclésiale. La composition de l’équipe multidisciplinaire des chercheures a favorisé la collaboration, la concertation et les échanges de points de vue. Cela a permis une meilleure connaissance des conditions et de l’impact du vécu des femmes en Église et un traitement plus équitable des acquis susceptibles d’être généralisés.

Nous le voyons, cette étude allie la pensée théorique à l’intervention. Travailler avec des groupes extérieurs, analyser avec eux les problèmes de leur milieu, les aider à les percevoir plus nettement et à prendre en charge les principaux enjeux de leur vie collective suppose un nouveau rapport au savoir, une façon particulière de concevoir la recherche. Dans une telle démarche, la méthode elle-même présente un véritable défi méthodologique et stratégique puisque l’objet est défini en fonction d’une expérience ou d’un problème concret plus ou moins immédiat. Dans le cas présent, il est relié au champ encore jeune et fluctuant des pratiques des femmes en Église.

Notre problématique ne s’est donc pas définie à partir de théories ou d’hypothèses préalables à confirmer ou à infirmer. Elle s’est articulée en fonction d’une situation concrète et nouvelle, celle de l’arrivée massive des femmes en pastorale. Nous le savions au départ, les données recueillies ont peu de valeur quand on les considère comme des variables isolées. Elles en acquièrent davantage lorsqu’elles sont inscrites dans un processus de changement social en cours de réalisation et mises en relation les unes aux autres. Il nous a fallu ainsi respecter le processus circulaire qui fonctionne selon une logique en « spirale », plutôt que linéaire, selon laquelle un cycle se complète par une interprétation, une conclusion et une prise de décision qui entraînent elles-mêmes un autre cycle, également basé sur la réflexion et l’action. Voilà d’ailleurs ce que nous espérons provoquer en retournant auprès des femmes interviewées pour les informer des conclusions de la présente recherche.

Cette attitude participative, alliant l’observation à l’interaction directe, instaure une relation de sujet à sujet entre toutes les partenaires sans toutefois exclure la distance critique. Pour l’équipe de recherche, en effet, il s’agit d’élaborer une théorie « provisoire » et non pas de recueillir des informations à partir d’une problématique et d’un cadre qui orienteraient les données (ce qui ne dispense pas le savoir théorique de répondre aux exigences de pertinence et d’efficacité). Cela suppose bien évidemment la cueillette des conclusions des autres recherches, des études et idées sur le sujetxv. Cela exige avant tout de faire s’exprimer les femmes sur leurs pratiques et sur la perception qu’elles ont de leur travail, ce à quoi nous nous sommes longuement consacrées, sachant pertinemment que cela ne va pas toujours de soi comme le signale une collègue :

N’assistons-nous pas depuis quelques années à un profond choc des cultures entre chercheures et praticiennes militantes plutôt qu’à labelle aventure « tissée serrée » des premières heures de la recherche féministe ? Est-ce que cette folle et envoûtante conviction du coude à coude pour porter le projet de changer le monde nous habite et nous relie toujoursxvi?

Si la méthodologie de la recherche-action constitue un lieu privilégié d’interactions, un riche va-et-vient entre théorie et pratique, les exigences imprévisibles du terrain et la formation variée des chercheures constituent aussi un obstacle à surmonter pour rester fidèle au « vécu des femme » tout en maintenant la rigueur scientifique. Nous n’avons pas échappé à cette difficulté, en particulier en dégageant les composantes idéologiques sous-jacentes aux pratiques et aux discours des répondantes. En effet, à partir des données recueillies, les chercheures deviennent les interprètes des valeurs, des perspectives pastorales, des savoirs et des projets ecclésiaux présents dans les pratiques. Car le but de la recherche empirique – faut-il le rappeler ? – est d’attirer l’attention sur les tensions existantes dans un système, sur les nouveautés qui émergent ou sur des tendances répétitives, récupératrices de modèles passés.

Dimension féministe de notre recherche

C’est à cet égard particulièrement que l’approche féministe de notre recherche se précise. En effet, la logique de la recherche-action menée jusqu’à son point ultime conduit à se rallier à un mouvement social pour traduire ses aspirations, ses tensions, ses visions. Dans cette optique notre étude se rapproche de la méthodologie propre à la recherche féministe. En effet, la seule recherche-action (pas plus d’ailleurs que la recherche classique) n’est pas nécessairement libératrice des populations avec lesquelles elle travaille. Or, aller jusqu’au bout d’un projet entrepris avec un groupe qui souffre des inégalités d’un système quel qu’il soit conduit éventuellement les intervenantes comme les chercheures à se

relier à un projet [qui] s’allie aux secteurs identifiés comme marginalisés, opprimés; elle [la recherche féministe] fait cause commune avec leur destin et essaie de mettre le potentiel libérateur de la connaissance et de la science à leur servicexvii.

Portant sur les femmes, réalisée par des femmes et avec des femmes, cette étude s’insère dans un courant « lié, par ses postulats, au féminisme, donc à l’objectif ultime de transformation des rapports sociaux de sexexviii». S’inscrivant en solidarité avec les femmes en Église, dont les initiatives et les luttes pour la transformation des structures et des mentalités se retrouvent au cœur des entrevues, notre recherche s’apparente en quelque sorte aux recherches dites féministes. Une revue de la littérature récente le confirme : de très nombreuses recherches réalisées ces dernières années s’intéressent aux conditions de travail des femmes, à leur carrière professionnelle ou politique, à leur difficile insertion sociale et culturellexix.

Celle que nous présentons concerne le milieu restreint de l’Église catholique francophone d’ici, principalement l’Église du Québec. Nous savons que l’Église catholique romaine demeure un des derniers bastions à ne pas reconnaître aux femmes la pleine égalité fonctionnelle. Pourtant, nous l’avons déjà évoqué, les femmes exercent de plus en plus de fonctions réservées jusqu’à récemment aux seuls ministres ordonnés. Cette situation n’en finit pas de causer des malaises profonds tant chez les femmes que chez des hommes laïques et chez certains clercs. Aussi la volonté d’aller au-delà de l’intuition du sens commun nous convie-t-elle, par le présent travail, à une analyse critique et systématique des pratiques vécues.

Bien que ne s’alliant pas à un projet de militance féministe, les analyses et les conclusions de, cet ouvrage se prononcent quant à la situation des femmes en Église. Si nous ne prétendons pas modifier les comportements ou transformer les mentalités, nous espérons toutefois conscientiser un certain nombre d’individus à l’intérieur et à l’extérieur de l’Église et, par-là, promouvoir des prises de position pour une action libératrice concernant la place des femmes dans le champ de la pastorale et de l’Église dans son ensemble. En ce sens, nous ouvrons sur des propositions d’actions concrètes à entreprendre donnant raison aux justes réclamations entendues lors des entrevues. Un parti pris favorable aux femmes teinte donc notre écriture et nos propos en vue d’apporter notre modeste contribution à ce courant de transformation de la réalité des femmes engagées dans l’Église. En effet, nous sommes convaincues que leur apport est loin d’être négligeable dans ce vaste concert du mouvement féministe qui vise le changement social par la libération du dynamisme encore peu exploité des femmes. Notre approche rejoint ainsi au sens large celle des études féministes dont le « lieu de consensus est une volonté de produire un savoir renouvelé et intégré, susceptible de contribuer […] à la redéfinition de nouveaux rapports homme-femmexx».

D’autre part, si cette recherche ne se réclame pas de la « théologie féministe », elle n’en porte pas moins un regard de féministes sur la théologie. En effet, poser un regard critique sur les différences injustifiées maintenues entre les femmes et les hommes et sur l’interprétation qu’en donne l’Église, et les analyser sous l’angle du pouvoir, n’est-ce pas s’inscrire dans une démarche féministe s’apparentant aux objectifs d’une certaine théologie de la libération ? S’il y a une manière féministe de chercher et de connaître, y aurait-il une façon de gérer l’Église qui soit différente du modèle patriarcal encore prédominant dans le discours théologique et dans le code canonique qui régit les pratiques ?

Au-delà des questions de méthodologie, notre projet veut favoriser plus de justice, d’autonomie et d’égalité au sein d’une institution hiérarchique et masculine. Cette égalité, cette justice se vivent et s’expriment principalement au cœur du quotidien. Voilà pourquoi les paroles et les pratiques, les expériences et les confidences des deux cents répondantes constituent notre principal matériau d’analyse, notre point de référence constant.

Échantillonnage

La perspective qualitative pour laquelle notre collectif a opté n’exigeait pas que les personnes choisies, soient statistiquement représentatives de la population globale de l’Église. Les interviewées demeurent pourtant des témoins privilégiées en regard de l’objet de notre étude. En recherche qualitative « le but de l’échantillonnage est de produire le maximum d’informations : qu’il soit petit ou grand importe peu pourvu qu’il produise de nouveaux faitsxxi». L’échantillonnage retenu met particulièrement en évidence les réalités vécues par les femmes et par les diverses communautés où elles œuvrent. Tenant compte de la variété des secteurs pastoraux et géographiques, nous avons privilégié la représentativité selon les milieux, même si le nombre de répondantes n’est pas directement proportionnel à celui des femmes travaillant dans tel type de pastorale ou dans tel diocèse. On parle ici « d’échantillonnage stratifié non proportionnelxxii ».

L’entrevue semi-dirigéexxiii s’est avérée rapidement le meilleur outil de recherche et d’intervention. Pour favoriser une interaction maximale entre les participantes et optimiser le nombre de personnes consultées dans un minimum de temps, les interviews ont été menées majoritairement avec des groupes de deux à cinq personnes. Cette technique de l’entrevue de groupe fournit beaucoup d’informations; elle permet aussi de créer des rapports relationnels féconds et des échanges productifs et facilitants. Un autre avantage de ce « type d’entrevue de non-directivité mitigée » consiste à accorder plus de place à la spontanéité des interlocutrices, les questions ouvertes établissant un climat de confiance et de partage d’expériences.

Ainsi, nous avons cherché dans les rencontres de groupexxiv à couvrir l’ensemble des secteurs (paroissiaux, diocésains, scolaires, institutionnels) où œuvrent les femmes. Les tâches de ces dernières sont des plus variées; elles vont de l’administration et de la gestion aux fonctions liturgiques et pastorales en passant par des tâches de miséricorde et d’animationxxv. L’ensemble des diocèses du Québec a été presque entièrement couvert par les rencontresxxvi; quelques diocèses francophones de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick ont aussi été impliquésxxvii.

Au-delà des frontières géographiques, toutes les interviewées partagent un engagement au service de l’Église pour annoncer une Bonne Nouvelle au cœur du monde.

Venues d’horizons divers, mais toutes reliées par le dynamisme d’un peuple en marche, ces femmes parlent, agissent et transforment le visage de l’Église. Elles convoquent ses dirigeants à une fidélité toujours plus grande au message fondateur. Écoutons-les nous raconter leurs pratiques. Leurs VOIX proposent des VOIES DE PASSAGE vers un partenariat intégral entre chrétiens et chrétiennes qui exprimerait la manière évangélique de vivre la communauté des disciples égaux du Christ. Puissent-elles être entendues dans l’ensemble des milieux, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Église.


Annexe I

QUESTIONNAIRE DES ENTREVUES

ÉTAPE NON DIRECTIVE

  1. Une personne de ton entourage, qui n’est pas familière avec les questions de l’Église te demande de lui parler de ton engagement dans cette Église. Quelles sont les choses que tu jugerais les plus importantes de lui dire ?

  2. Tu dois faire un exposé-témoignage à des agentes de pastorale d’un autre diocèse, que dirais-tu de la tâche que tu exerces actuellement?

ÉTAPE SEMI-DIRECTIVE

  1. Par rapport à la tâche pastorale dont tu viens de parler, qu’est-ce qui t’apparaît nouveau, neuf (pas comme hier), dans ce que tu fais?

  2. Quelles sont les principales difficultés que tu rencontres dans ton travail pastoral? Arrives-tu à résoudre ces difficultés? Comment? Y a-t-il des problèmes sur lesquels tu n’as aucune prise?

  3. Comment réagissent les gens de la communauté (une communauté peut être paroissiale, hospitalière, scolaire, carcérale, de quartier, de rue, etc.) face au type de travail pastoral que tu exerces? Dans son ensemble, y a-t-il des sous-groupes qui manifestent des avis différents? Quelles sont les réactions du clergé que tu côtoies? Crois-tu que dans la tête des gens qui t’entourent, il y a confusion entre le rôle du prêtre et le tien? Si oui, peux-tu donner un exemple, un fait?

  4. Dans les faits, te sens-tu reconnue dans la tâche pastorale que tu accomplis? Si oui, par qui? Comment? Si non, par qui? Pourquoi?

  5. Crois-tu que ton travail pastoral constitue un ministère dans l’Église actuelle? Si oui, qu’est-ce qui te fait dire que c’est un ministère? Si non, pourquoi? Y a-t-il d’autres personnes qui reconnaissent ton travail pastoral comme un ministère? Lesquelles? Si non, pourquoi?

  6. Qu’est-ce que c’est pour toi, un ministère dans l’Église? Autrement dit, comment définirais-tu un ministère ecclésial? D’après toi, qu’est-ce qu’il faut pour qu’un travail pastoral soit un ministère ecclésial, soit désigné comme ministère dans l’Église?

  7. Penses-tu exercer ton travail pastoral encore longtemps? Pourquoi?

  8. As-tu vécu des événements où tu as eu l’impression de dépasser ce qu’il était permis « officiellement » de faire, où tu as mesuré la limite « canonique » de ton travail? Lesquels?

  9. As-tu eu l’impression d’avoir innové, fait quelque chose de neuf, de nouveau par rapport à ce que les femmes pouvaient réaliser, hier encore, au plan de la pastorale dans l’Église?

Annexe II

PROFIL DES PRATTQUES ÉVOQUÉES

Pratiques mentionnées par les interviewées

Classification qualitative et brièvement explicative des multiples tâches et fonctions pastorales mentionnées par les interviewées.

Le sondage fait auprès des diocèses par l’intermédiaire des répondantes à la condition des femmes complète ce tableau et permet un portrait assez complet des multiples pratiques pastorales des femmes ente 1992 et 1994.

  1. FONCTIONS ADMINISTRATIVES
    1.1 Plusieurs femmes sont coordonnatrices ou responsables de paroisse (une ou plusieurs) avec des fonctions variées et très diversifiées :

– animation de l’équipe pastorale
– gestion du personnel et des finances
– présidence du CPP, du Conseil des marguilliers, de divers comités
– coordination et gestion de divers services et activités de la paroisse : liturgie, vie sacramentelle, pastorale sociale, etc.
– liens avec les autres paroisses, les autres institutions, les autres Églises
– consultation et concertation de toutes sortes
– membres de comités divers : presbytéraux et autres.

1.2 Plusieurs des répondantes sont directrices ou responsables de centres de formation pour des animatrices et des animateurs de pastorale, des catéchètes, des prêtres et des séminaristes, des divers agents et agentes, des futurs théologiens et théologiennes.

Leur travail en est aussi un de gestion et d’administration, de concertation, de sélection des personnes-ressources, de choix du personnel à embaucher.

Elles sont également responsables des contenus catéchétiques et théologiques des programmes de formation et/ou des programmes d’enseignement religieux.

La plupart relèvent du diocèse, d’autres œuvrent comme professeures ou directrices dans le secteur public (Universités, Cégep, Ministère de l’Éducation).

1.3 Des femmes sont procureures, présidentes des Assemblées de Fabrique, en charge des finances (achats, entretien, comptabilité, salaires, etc.) d’un diocèse ou d’une paroisse. Elles administrent les biens temporels de leur communauté, consultent des experts, prennent les décisions concernant les finances, les constructions, les politiques économiques.

Des femmes chanceliers ou vice-chanceliersxxviii. Elles voient aux questions de droit canonique relatives à la vie ecclésiale. Quelques-unes travaillent auprès des personnes qui font une demande de reconnaissance de nullité de mariage. D’autres préparent les dossiers relatifs aux assignations ou nominations.

Coordonnatrices de la pastorale d’ensemble. Quelques femmes assument la coordination des services pastoraux. Elles collaborent à la nomination des agents pastoraux, clercs et laïques. À noter que cette fonction varie selon les diocèses.
Quelques-unes participent au Conseil épiscopal ou à l’organisme qui en tient lieu, elles sont impliquées dans le processus de prise de décision pour l’ensemble du diocèse.

Directrices de services diocésains. Elles sont responsables de dossiers spécifiques : éducation de la foi, pastorale familiale, pastorale sociale, pastorale jeunesse, initiation sacramentelle, liturgie, etc.

Présidentes ou animatrices de zones pastorales. Leur travail en est un de planification, d’animation et de concertation. Ces postes présentent des aspects différents selon les diocèses.

Autres postes de direction : embauche et gestion du personnel, coordination d’activités, administration financière, politique d’édition, mise en marché, marketing, direction de revues d’informations ou de formation religieuse, direction de maisons d’édition de livres religieux, etc.

Bref : Ces femmes se disent souvent à des postes-clés de service et même d’influence des personnes en autorité. Sur les femmes interviewées près de 60% ont une fonction de gestion ou de participation au gouvernement paroissial, diocésain, des communications, des services divers de formation ou de pastorale sociale, et près d’une quarantaine mentionnent occuper des postes de direction.

2. FONCTIONS RELIÉES AU MINISTÈRES DE LA PAROLE

Nous classons ces fonctions d’enseignement selon deux catégories :

2.1 Prédication :

Des femmes prononcent des homélies régulièrement ou en certaines circonstances spéciales (plus d’une trentaine sur deux cent ont mentionné cette activité).

Quelques-unes insistent pour dire qu’elles préparent les homélies avec une équipe, d’autres favorisent des homélies « participatives ».

Plus d’une dizaine ont déjà animé des retraites paroissiales.

2.2 Formation catéchétique et/ou enseignement de la théologie :

– quelques-unes enseignent la théologie ou les sciences pastorales dans une université.

– plusieurs enseignent au niveau de l’éducation de la foi des adultes, donnent des cours de Bible, de liturgie, de pastorale, assurent la catéchèse aux enfants ou la catéchèse sacramentelle aux parents.

– plusieurs participent à la formation de multiplicateurs et de multiplicatrices capables d’animer les communautés chrétiennes et de prendre en charge certaines fonctions.

Au moins 50 % des répondantes ont mentionné leur implication dans ce domaine de la pastorale.

3. SERVICES CARITATIFSxxix

Nombre de femmes ont mentionné divers engagements davantage en lien avec une pastorale sociale :

– animatrices de pastorale hospitalière (C.H., C.A.)
– animatrices de pastorale dans des prisons
– intervenantes ou directrices de maisons d’hébergement pour des femmes ou pour des sans-abri
– pastorale auprès des jeunes
– pastorale auprès des divorcés
– pastorale auprès des familles monoparentales
– travail auprès d’organismes populaires
– engagements et prises de position en faveur des plus petits, des démunis
– implication auprès des pays du Tiers-Monde
– humanisation et promotion des valeurs
– conscientisation du milieu aux droits humains.

Près de 40% des interviewées ont mentionné œuvrer dans ces secteurs à plein temps ou à temps partiel.

4. SERVICES LITURGIQUES

– animation de rassemblements liturgiques (ADAP ou ADALE), de célébrations de la Parole, de rencontres de prière
– présidence ou participation à des célébrations œcuméniques
– responsabilité de la préparation des liturgies dominicales et autres : exposition du Saint-Sacrement, imposition des cendres, célébration des baptêmes, coanimation des célébrations du pardon
– ministère de la communion : malades, personnes âgées, lors des célébrations eucharistiques.

Près de 25 % des répondantes ont mentionné leur participation à des activités liturgiques.

5. PASTORALE DE L’ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL

Le spécifique de ces accompagnatrices est d’accueillir le vécu, de ne pas juger, mais d’aider les personnes à s’accueillir et à accueillir Dieu dans leur vie. L’écoute active et le respect du cheminement des personnes au plan humain et spirituel reviennent constamment comme approche.

C’est lors de ces rencontres de « direction humaine et spirituelle » que des femmes se voient demander l’absolution.

– accompagnement des mourants, des couples en difficultés, des divorcés remariés, des personnes séparées, des prisonniers, des malades
– counselling pastoral des familles ou relation d’aide
– croissance ou groupes de cheminement de foi et d’intégration spirituelle
– accompagnement des futurs agents et agentes de pastorale (clercs ou laïques).

Certaines femmes exercent cette pratique comme fonction principale (environ 7 %) alors que plusieurs autres le font occasionnellement sur demande ou parce qu’elles en voient la nécessité.

6. PASTORALE SACRAMENTELLE

Dans leurs tâches d’animation pastorale en paroisse et au diocèse, les femmes sont très souvent :

– responsables auprès des parents et/ou des jeunes pour les sacrements d’initiation et pour celui de la réconciliation.
– formatrices ou coordonnatrices des responsables de l’initiation sacramentelle
– ministres du baptême, de la communion.

Près de 80 % des répondantes travaillent dans l’un ou l’autre de ces domaines où elles font surtout de l’animation.

NOTES

i Dans son avis sur la violence faite aux femmes, le Conseil du statut de la femme établit des liens entre l’inégalité et la violence : « La violence apparaît à la fois comme une conséquence de l’infériorisation des femmes dans la société et comme une façon de perpétuer l’inégalité entre hommes et femmes en remettant celles-ci à leur « place », » Pour que cesse l’inacceptable : avis sur la violence faite aux femmes, Conseil du statut de la femme, Gouvernement du Québec, 1993, p. 2.

ii Le Devoir du 11 octobre 1993, en citant la politique québécoise en matière de condition féminine, écrit : « Une proportion de 42,1 % des femmes travaillent dans les l0 principales professions féminines tandis que seulement 23,8 % des hommes œuvrent dans les l0 principales professions masculines. Pour atteindre le même ratio que les femmes, il faut en compter, pour les hommes, une trentaine. La représentation des femmes s’est accrue dans certaines professions traditionnellement masculines, mais également dans la plupart des professions féminines, accentuant ainsi la ségrégation professionnelle […]. Dans un contexte démographique où la main-d’œuvre se raréfie, la ségrégation professionnelle représente un obstacle à l’utilisation optimale des ressources humaines. Elle est aussi source d’inégalité pour les femmes qui ont un accès moindre au large éventail des professions. »

iii Un autre article dans Le Devoir du 23 septembre 1993 note : « La profession juridique est dominée par des valeurs blanches et masculines. La pratique du droit crée un environnement hostile aux femmes. Voilà ce qu’affirme un rapport dévastateur rendu public par le Barreau canadien. […] Le constat du groupe est sévère : les avocates sont victimes de discrimination aussi bien de la part de leurs collègues que de celle des juges. Elles gagnent moins que leurs homologues masculins, sont très souvent l’objet de harcèlement sexuel, voient leurs possibilités de carrière restreintes et ont moins de chance de se faire proposer le statut d’associées dans un cabinet. »

iv Le Pape, dans sa lettre sur la dignité de la femme, promulguée à l’occasion de l’année mariale, insiste d’ailleurs sur ce caractère égalitaire de nature entre les hommes et les femmes. Cf. JEAN-PAUL II, Lettre apostolique La dignité et la vocation de la femme, Mulieris Dignitatem, 1988. Cette affirmation contraste évidemment avec de nombreux autres textes des papes sur le statut inférieur des femmes. Cf. La femme dans l’Enseignement des Papes, Introduction, choix et ordonnance des textes par les moines de Solesmes, Solesmes, 1982.

v JEAN-PAUL II interdit même de considérer la question comme encore « ouverte au débat… », cf. Lettre apostolique Sur l’ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes, Ordinatio Sacerdotalis, Cité du Vatican, Libreria Éditrice Vaticana, 22 mai 1994, no 4. Lettre publiée aussi dans L’Église canadienne, 27/8, 1994, p. 225-226.

vi Une approximation basée sur les chiffres fournis par les diocèses lors du sondage et comparés avec les statistiques officielles des diocèses fournies dans l’Almanach populaire catholique 1993, Québec, Revue Sainte-Anne, 1993, permet d’estimer que les femmes, laïques et religieuses, constituent actuellement plus de 70 % des ressources humaines de l’Église francophone du Québec.

vii Voilà pourquoi la recherche veut contribuer à la clarification d’un statut pour les agentes de pastorale. Au Canada, jusqu’à aujourd’hui, les femmes travaillant en Église sont répertoriées par le Conseil du statut de la femme dans la catégorie « femmes au travail non classées ailleurs » (catégorie 99) alors que le Bureau de Statistiques Canada les classifie parmi les « membres du clergé et assimilés » (catégorie 25).

viii Non seulement le nombre de femmes théologiennes s’est-il accru considérablement depuis les vingt-cinq dernières années, mais les diverses facultés de théologie du pays ont une population étudiante davantage féminine que masculine. À titre d’exemples, l’Université de Montréal en compte 62,4 %o, l’Université Saint-Paul (Ottawa), 55 % et l’Université Laval, 54 %.

ix Est-il nécessaire de mentionner ici les Marie de l’Incarnation, Marguerite Bourgeoys, Marguerite d’Youville, Jeanne Mance et plus récemment les Marie Gérin-Lajoie et Simonne Monet-Chartrand, sans compter ces nombreuses éducatrices qui ont formé des croyants et des croyantes influents ?

x La praxis peut se définir comme un ensemble de pratiques et/ou d’actions ordonnées à une certaine fin, par opposition à vision ou à théorie.

xi Les soutanes roses, op. cit.

xii Robert MAYER et Francine OUELLET, Méthodologie de recherche, Chicoutimi, Gaëtan Morin, 1992, p. 104.

xiii Cf. Lucie BÉLANGER, « Une heureuse rencontre des savoirs », dans Bulletin du RQCF (Réseau Québécois des Chercheuses Féministes) 3/3, 1994, p.9.

xiv Ibid., p. 9.

xv Nous voulons ici rendre compte des principales recherches récentes consultées dans le champ des études pastorales et féministes :

– Sarah BÉLANGER, Les soutanes roses, op. cit.

– Yvonne BERGERON, Partenaires en Église. Femmes et hommes à part égale, Montréal, Éditions Paulines, 1991.

– Anita CARON (dir.), Femmes et pouvoir dans l’Église, Montréal, VLB, 1991.

– Simonne MONET-CHARTRAND, Pionnières québécoises et regroupements de femmes d’hier à aujourd’hui, Montréal, Remue-Ménage, 1990.

– Monique DUMAIS, Les droits des femmes, Montréal/Paris, Éditions Paulines/Médiaspaul, I991.

– Monique DUMAIS et Marie-Andrée ROY, Souffles de femmes. Lectures féministes de la religion, Montréal/Paris, Éditions Paulines/Médiaspaul, 1989.

– Jean-Marc GAUTHIER et Jean-Marc CHARRON, Entre l’arbre et l’écorce. Un monde pastoral en tension, Montréal, Fides, 1993.

xvi L. BÉLANGER, « Une heureuse rencontre des savoirs », loc. cit., p. l0.

xvii Francine DESCARRIES et Christine CORBEIL, « La recherche-action, un défi féministe à relever », dans Cahiers réseau de recherches féministes, 1, p. 7, citées par L. BÉLANGER, ibid., p. 10.

xviii Méthodologie de recherche, op. cit., p. 207.

xix Nous voulons en signaler quelques-unes qui rejoignent notre observation et notre méthodologie :

– En collaboration, Femmes en tête. De travail et d’espoir. Des groupes de femmes racontent le féminisme, Montréal, Remue-Ménage, 1990.

– Pauline FAHMY, Femmes entre vie et carrière. Le difficile équilibre, Montréal, Adage, 1992.

– N. GUBERMAN, J. LEBLANC, F. DAVID, J. BELLEAU, Un mal invisible. L’isolement social des femmes, Montréal, Remue-Ménage, 1993.

– Chantal MAILLÉ, Les Québécoises et la conquête du pouvoir. Enquête sur l’émergence d’une élite politique féminine au Québec, Montréal, Saint-Martin, 1990.

– Marisa ZAVALLONI (dir.), L’émergence d’une culture au féminin, Montréal, Saint-Martin, 1987.

xx Ruth ROSE, citée dans L. BÉLANGER, « Une heureuse rencontre des savoirs », loc. cit., p. 9

xxi 21. J.-P. DESLAURIERS, cité dans Méthodologie de recherche, op. cit., p. 4O.

xxii Ibid., p. 382.

xxiii « L’entrevue semi-dirigée utilise un guide d’entretien qui permet de centrer le propos du narrateur sur certains termes limités par la recherche », ibid., p. 455. Sauf une question ouverte, toutes les autres questions de l’entrevue portaient sur les visions d’Église, les pratiques nouvelles, les ministères, la reconnaissance, etc. Le questionnaire des entrevues, administré avec l’aide des membres du Réseau Femmes et Ministères et celles du Réseau des répondantes diocésaines à la condition des femmes, se retrouve en annexe I.

xxiv Nous avons réalisé soixante-douze entrevues de groupe d’une durée de quarante-cinq minutes à trois heures chacune; quelques rencontres individuelles ont aussi eu lieu; près de deux cent vingt-cinq femmes ont ainsi participé à notre recherche.

xxv Nous proposons une classification de l’éventail des fonctions énumérées par les répondantes en annexe II.

xxvi Amos, Baie-Comeau/Hauterive, Chicoutimi, Gaspé, Gatineau/Hull, Sherbrooke, Labrador/Schefferville, Montréal, Nicolet, Québec, Saint- Hyacinthe, Saint-Jean-Longueuil, Saint-Jérôme, Trois-Rivières, Valleyfield.

xxvii En Ontario : Alexandria/Cornwall, Hearst, Sault-Sainte-Marie, Ottawa, Timmins. Au Nouveau-Brunswick : Edmundston et Moncton.

xxviii Rôle du chancelier : selon le can. 482, les chanceliers gardent les papiers, contresignent ce qui a été décidé par l’évêque pour que certaines décisions aient force de loi. Au Canada, en pratique, ça dépasse souvent le simple rôle inscrit au Code de Droit canonique.

xxix Ce terme englobe diverses fonctions reliées davantage aux œuvres humanitaires, mais assumées par des répondantes engagées dans un travail pastoral.

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