Élisabeth J. Lacelle, une théologienne féministe de renom

Elisabeth Lacelle

C’est avec grande tristesse que nous avons appris le décès d’Élisabeth J. Lacelle à Ottawa le 1er octobre 2016, à l’âge de 86 ans. Théologienne, professeure émérite, Élisabeth J. Lacelle a enseigné à l’Université d’Ottawa, à l’Université Saint-Paul et au Collège universitaire dominicain à Ottawa. De 1987 à 1992, elle a dirigé le département des Sciences religieuses de l’Université d’Ottawa et elle y a fondé le premier Centre canadien de recherche sur les femmes et les religions. Pionnière dans le domaine, elle a créé en 1979 le Groupe d’études interdisciplinaires sur les femmes et les religions et elle a établi un programme doctoral sur les femmes et les religions.

Dès les années 1970, ses travaux portent la marque du dialogue interdisciplinaire, oecuménique, interreligieux et, plus récemment, intergénérationnel. Elle fut la première Canadienne à être élue membre de l’Académie internationale des Sciences religieuses. Ses études sur les femmes et le christianisme sont appréciées au point d’être sollicitée comme personne ressource à travers le Canada, les États-Unis et l’Europe.

Ainsi en est-il à ce qui a trait aux recherches et aux publications d’Élisabeth sur Catherine de Sienne (v.1347-1380). Les écrits de la tertiaire dominicaine furent une source d’inspiration pour sa vie. Souhaitant qu’il en soit ainsi pour d’autres, Élisabeth a mis sur pied le Fonds Catherine-de-Sienne au Collège universitaire dominicain d’Ottawa pour favoriser la recherche sur la vie et l’œuvre de la sainte, proclamée docteure de l’Église en 1970 par le pape Paul VI.

En décembre 1981, Élisabeth affirmait à une émission religieuse de l’époque : « Aussi longtemps que les femmes, qui sont elles-mêmes engagées sur le terrain de la pastorale avec un mandat de leur évêque, ne se rassembleront pas entre elles pour discuter de l’exercice de leurs fonctions, la question des femmes en Église n’avancera pas».  Cette judicieuse affirmation commandait l’urgence d’agir. Peu de temps après, le réseau Femmes et Ministères voyait le jour en 1982, grâce à l’initiative de quelques femmes qui ont su regrouper des chrétiennes engagées dans différents secteurs de la vie ecclésiale. Élisabeth comptait parmi les membres fondateurs du Réseau.

Toujours fidèle à ses convictions, le 5 mars 2014 elle affirmait lors d’une entrevue « croire que la réforme de l’institution ecclésiastique, souhaitée par le pape François, ne se fera que par son passage d’une institution cléricale exclusivement masculine à une institution ecclésiale inclusive de l’homme et de la femme dans tous les domaines de la vie de l’Église. C’est ensemble, l’un et l’autre recréées dans l’intégralité de leur personne sexuée, que l’homme et la femme peuvent être des témoins de l’Humanité nouvelle née de Jésus-Christ – toutes barrières abattues, tout mur détruit, en reconnaissance mutuelle intégrale comme y appelle la réconciliation en Jésus-Christ (Éphésiens, chap. 2) ».

Merci pour tes recherches, tes nombreuses publications et tes prises de parole qui ont su inspirer les unes et les autres dans l’action pastorale et la réflexion théologique. Une conviction inébranlable traverse ta pensée : les femmes sont des partenaires à part entière de la Mission, fondement sur lequel repose l’avenir des ministères dans l’Église. Ces derniers ne sont ni masculins ni féminins mais sont, par nature, ecclésiaux.

Grand merci Élisabeth pour avoir pendant plus de 35 ans témoigné à ta façon ton soutien au Réseau. Tu as su l’aider à travailler avec détermination à la reconnaissance officielle des ministères exercés par les femmes. Par tes publications sur le site, tu as contribué à son rayonnement..

Notre reconnaissance prend des accents d’éternité!

Annine Parent
pour le réseau Femmes et Ministères.

Autres références :
Décès de la théologienne Élisabeth J. Lacelle
Avis de décès –  Élisabeth Jeannine Lacelle – samedi 1 octobre 2016

Textes d’Élisabeth J. Lacelle sur le site du réseau Femmes et Ministères

3 thoughts on “Élisabeth J. Lacelle, une théologienne féministe de renom

  1. Je souscris à cette présentation et au sentiment de gratitude que Femmes et ministères exprime envers Élisabeth. Cette femme est inscrite dans le Réseau et plus largement dans le milieu ecclésial canadien comme une intellectuelle qui a créé les outils d’analyse et de crédibilité des propos sur femmes et religions. Elle était aussi une femme d’action qui par ses interventions audacieuses a réussi à mobiliser celles et ceux qui partageaient ses convictions.

  2. A titre personnel et au nom de notre association Femmes et Hommes en Église, devenu Parvis, nous vous rejoignons dans l’action de grâce pour la vie et l’œuvre si féconde et si gracieuse d’Elisabeth J. Lacelle.

    Chrétienne convaincue et grande théologienne, elle fondait son engagement, son exigence, sa confiance sur son appartenance à l’Eglise, en tant que corps du Christ et corps des baptisés. Et elle était fière d’y inscrire l’autorité, les dons, la pleine capacité d’une femme et la dignité infrangible et incontournable d’une fille de Dieu.

    Elle nous a aidés, soutenus et si souvent inspirés; grande amie qui fut une pionnière sur nos chemins et en nos avancées de partenaires, femmes et hommes féministes. Nous pouvons toutes et tous être fiers d’elle, la fêter, la prier, lui demander de nous rester solidaires. Et redire avec elle, avec Thérèse d’Avila et tant de femmes qu’elle a croisées et si bien servies, notre foi, notre espérance, notre exigence et notre confiance baptismale.

    Marie-Thérèse van Lunen Chenu

  3. Avec vous et tant de personnes au monde et ici au Brésil, nous rendons grâce pour la vie et le travail d’Élisabeth Lacelle.
    Toute ma solidarité à la famille et aux amies.

    Ivone Gebara

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