Les 40 ans de L’autre Parole interpellent l’ensemble de la société

Marie Bergeron

Les 19  et 20 août derniers se tenait le colloque marquant le 40e anniversaire de la Collective L’autre Parole.

L’autre Parole est une Collective de femmes féministes et chrétiennes actives au Québec depuis 1976. Nous nous sommes donné un espace pour vivre, repenser et célébrer le message libérateur des évangiles. Conscientes des liens étroits qui existent entre toutes les formes de domination tant civiles que religieuses, nous travaillons

  • à nous réapproprier la tradition chrétienne, ses pratiques et ses discours;
  • à nous inscrire dans des réseaux de solidarité avec des personnes en quête de justice et d’égalité. (L’autre Parole, Qui sommes-nous?).

Des déléguées du réseau Femmes et ministères ont été invitées à participer à ce colloque qui réunissait à la fois des membres et des Amies de L’autre Parole. Cette rencontre nous a permis de communier aux objectifs de la Collective et de faire l’expérience d’une pratique phare au coeur de la Collective, soit la réécriture féministe des textes bibliques. Cette réécriture se fait en solidarité avec un petit groupe de travail, jamais seule. Cet exercice nous permet de confronter le texte choisi à notre vécu de femmes. Il exige un climat de liberté d’expression, de créativité et de mutualité. Le texte biblique peut alors prendre un sens nouveau pour nous, un sens dépourvu du biais patriarcal et dominateur envers les femmes. Je vous invite à aller lire des réécritures féministes sur le site de L’autre Parole.

Le colloque s’est terminé par une célébration au cours de laquelle les réécritures féministes de la bible on été proclamées et célébrées.

À l’issue du colloque, nous avons évoqué quelques perspectives d’action pour la Collective : quelle société voulions-nous, quelle serait pour nous la Terre Promise? De celles-ci je retiens particulièrement la nécessité d’élargir nos solidarités, de créer et de renforcer les liens entre les féministes de tous les milieux, qu’ils soient religieux, communautaires, syndicaux, politiques, des affaires, etc. Ne visons-nous pas toutes les mêmes objectifs, si bien inscrits déjà dans la Charte mondiale des femmes pour l’humanité : égalité, liberté, solidarité, justice et paix. (Adopté à la 5e rencontre internationale de la Marche mondiale des femmes du Rwanda le 10 décembre 2004.)

Si les groupes féministes dénoncent la violence et la discrimination faites aux femmes dans certaines religions, pensons au débat sur le port du voile islamique ou du burkini, pourquoi ne prennent-ils pas la parole pour dénoncer le sort qui est fait aux femmes dans la religion partagée par la majorité des citoyennes québécoises? Et si l’égalité hommes-femmes est une valeur revendiquée dans toutes les sphères de la société  (équité salariale, parité entre les hommes et les femmes au sein des divers lieux décisionnels, etc.), pourquoi ne met-on pas toutes ensemble autant d’énergie pour atteindre cette égalité dans l’Église? La question a été soulevée et autant la Collective L’autre Parole que le réseau Femmes et Ministères souhaitent investir de l’énergie dans les prochains mois pour examiner cette problématique.

Longue vie à l’Autre Parole et Solidarité!

Québec, le 6 septembre 2016

Ce contenu a été publié dans Les propos de... par Marie Bergeron. Mettez-le en favori avec son permalien.

A propos Marie Bergeron

Marie Bergeron détient une maîtrise en théologie de l'Université Laval. Elle a été chargée de cours pendant plusieurs années. Elle a ensuite oeuvré au sein du milieu syndical, particulièrement en éducation et santé-services sociaux. Marie est également membre du réseau Femmes et Ministères.

Une réflexion au sujet de « Les 40 ans de L’autre Parole interpellent l’ensemble de la société »

  1. Une tendance très actuelle à l’unité à travers toute la planète. La diversité et/ou les distances par rapport à la religion quelle qu’elle soit sont-elles des barrières infranchissables? Avons-nous peur des risques inhérents à une telle démarche? Comment s’en sortir tout en partageant sur la donnée fondamentales: faire avancée l’ÉGALITÉ – non seulement hommes-femmes – mais une Égalité de fait entre nous les femmes?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *