Le Réseau des répondantes diocésaines à la condition des femmes

Eileen PerryLe réseau des répondantes, qui est un regroupement de femmes mandatées par leur évêque pour accomplir au nom de l’Église un service pastoral à la Condition des femmes, existe depuis plus de 30 ans. En voici brièvement l’historique :

SIGLE Condetion des femmes

En 1978, lors de la parution du document du Conseil du statut de la femme intitulé « Pour les Québécoises : égalité et indépendance », une réflexion accompagnée d’actions ponctuelles marque la vie des femmes dans la société québécoise. Cette réflexion a des répercussions dans l’Église du Québec. En 1981, le Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec recommande que chaque évêque désigne une répondante diocésaine pour sensibiliser les divers milieux à la condition des femmes dans la société et dans l’Église. En mai 1984, les répondantes diocésaines se regroupent entre elles pour la première fois : c’est la naissance du réseau. En novembre 1988, elles ont pris le nom de « Réseau des répondantes diocésaines à la condition des femmes ». (Extrait du dépliant du Réseau)

Je fais partie des répondantes diocésaines depuis 2009. Nous étions, alors, près d’une vingtaine de femmes représentant plusieurs diocèses au Québec. En 2016, le groupe ne compte plus qu’une dizaine de répondantes. Nous n’avons plus de présidente depuis deux ans. Le Réseau fonctionne présentement sous un mode « collectif » avec des rencontres téléphoniques mensuelles. Nous participons aussi à deux rencontres annuelles dont une journée avec la Table provinciale de pastorale sociale du Québec (autre groupe du Conseil Église et Société de l‘Assemblée des évêques catholiques du Québec [AECQ]) avec qui nous faisons équipe pour certains dossiers.

Dans plusieurs diocèses, la répondante fait souvent partie d’une Table qui réunit des groupes de femmes de son milieu et participe aux activités et manifestations de sa région. Je suis membre de la Table de concertation des groupes de femmes Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. J’ai siégé pendant deux mandats au Comité de coordination, dont un an à la présidence. En 2015 (et aussi en 2010), j’ai participé à la Marche mondiale des femmes (locale : Gaspé, régionale : New Richmond et nationale : Trois-Rivières). Même si nous n’endossons pas nécessairement toutes les revendications féministes, nous sommes solidaires à l’atteinte de l’égalité pour toutes les femmes dans un monde sans violence.

Nos principaux dossiers en 2016 sont :

  • Langage inclusif en Église;
  • Traite humaine avec le Cathii [Comité d’action contre la traite humaine, interne et internationale];
  • Journée du 8 mars (sensibilisation et manifestation de solidarité);
  • Promotion d’une culture partenariale en Église qui soit le reflet d’une véritable égalité hommes et femmes;
  • Suivi des trois tomes qui restent à paraître de l’ouvrage en cinq volumes de madame Denise Veillette relatant 25 ans (1981-2006) d’histoire des répondantes dans les diocèses du Québec;
  • Maintien du dossier Violence en héritage (même s‘il n’est pas aussi actif qu’au début);
  • Vigilance pour que le plus de diocèses possible continuent d’assurer la nomination d’une responsable de la condition des femmes.

Les répondantes diocésaines ont à cœur, malgré les temps difficiles (diminution des effectifs humains, coupures financières au niveau des groupes de femmes, etc.) de continuer le travail des femmes qui les ont précédées. Elles veulent poursuivre un idéal de justice, d’égalité (en cohérence avec la Charte mondiale des femmes pour l’humanité) et de respect de la dignité humaine, inspiré des valeurs évangéliques et du comportement de Jésus à l’égard des femmes.

Le thème de la Journée internationale du 8 mars 2016 : « Appel à toutes pour se faire entendre », s’applique bien au mandat des répondantes et à leur travail pour améliorer les conditions de vie des femmes dans l’Église et la société.

Eileen Perry
Membre du Réseau des répondantes diocésaine à la condition des femmes
Gaspé, 12 février 2016

« L’Église et la société québécoise vous doivent une fière chandelle à vous, femmes généreuses et audacieuses, qui depuis 30 ans façonnez le réseau des répondantes diocésaines. Votre apport est plus que jamais essentiel en cette période où un grand nombre de pièces des échiquiers sociétaux et ecclésiaux sont dans une phase de déplacement, pour ne pas dire de conversion. Merci de continuer, au nom de Jésus, à « pousser pour donner la vie »… (Rimouski, le 28 octobre 2011)

+ Pierre-André Fournier,
Président de l’AECQ

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A propos Eileen Perry

Responsable du service des communications, répondante à la condition des femmes et responsable de la pastorale sociale pour le diocèse de Gaspé, Eileen Perry est rédactrice du bulletin « L’Église de Gaspé » et membre de l'Association des médias catholiques et œcuméniques [AMéCO].

3 réflexions au sujet de « Le Réseau des répondantes diocésaines à la condition des femmes »

  1. Courageuses êtes-vous! Comme toutes les femmes qui soutiennent à bout de bras l’utopie qui demeure encore hélas! une aventure qui nous garde dans les domaines du service à ceux qui, supposément, nous sont supérieurs puisqu’ils nous gardent pour longtemps encore dans «la complémentarité» sans égard à l’égalité voulue par notre Créateur…

    Peu d’espérance ! mais espérance tout de même qu’un jour nouveau finira bien par se lever… dès qu’on acceptera que se répande la représentation d’un Dieu «avec un utérus»…

  2. Chère Eileen,
    Quelle vaillante tu es ! Quelles vaillantes vous êtes toutes ! Vous avez le courage de la durée. Ce que tu dis de ton engagement est tout à fait vrai, j’en suis témoin. Ce que tu ne dis pas c’est que tu es responsable de deux autres énormes dossiers (pastorale sociale et communications). Une tâche colossale que tu accomplis avec la détermination, la force et l’inventivité de l’espérance.
    Merci infiniment au nom de toutes les femmes qui aspirent non pas à la complémentarité, comme on le souhaite trop souvent dans l’Église, mais à une véritable égalité.

    Lise Baroni, diocèse de Gaspé

    • Merci Lise pour ce beau commentaire… Il est vrai que je suis une femme qui ne lâche pas et qui fait de son mieux, comme beaucoup de femmes dans notre société d’ailleurs !… et tout cela à travers le travail de mère et de grand-mère !

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