Saffia, femme de Smyrne – recension

Untitled-1Une recension du roman de Rita Amabili-Rivet, Saffia, femme de Smyrne, Novalis, 2007, par Sylvie Paquette Lessard

Rita Amabili-Rivet, auteure et étudiante à la maîtrise à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal, m’a offert un livre écrit par elle, livre pour lequel elle m’avait demandé conseil lors de sa recherche. Elle me dit : « Je veux que tu me fasses tes commentaires quand tu l’auras lu ». Après lecture, et commentaires à l’auteure, je me suis dit qu’il serait intéressant d’en faire profiter celles et ceux qui fréquentent le site de Femmes et ministères, d’autant plus que je me suis régalée à la lecture de Saffia, femme de Smyrne (Novalis, 2007).

Ce roman imagine une chronique de la vie de la petite communauté chrétienne de Smyrne, entre les années 117 et 123, à travers plusieurs personnages attachants ou parfois troublants : Polycarpe, le sage épiscope à l’esprit ouvert; l’esclave Stephanas, homme profondément blessé par sa condition mais que la révolte et le courage entraîneront sur le chemin de la liberté et du bonheur; Lydre, la petite fille esclave, abusée et meurtrie; Kyrilla, la missionnaire itinérante; Fulvia, la prophétesse lucide et courageuse; Damaris et Epitropos, un couple de chrétiens épris du Christ mais divisé par l’intolérance; mais surtout, Saffia, jeune femme à la foi ardente qui sera appelée à servir sa communauté à titre de diaconesse. À travers cette chronique, l’auteure illustre comment des femmes ont animé et nourri de leurs différents charismes la vitalité des premières communautés chrétiennes. La quête passionnée de Saffia pour l’histoire de Marie de Magdala et sa lutte pour vaincre les préjugés mettent en lumière ce qu’ont pu être les aspirations, les joies, les peines, les désillusions, les terreurs, la ténacité, mais surtout la foi de toutes ces Mères méconnues de l’Église.

Habile mélange d’intrigue dramatique, d’ouvrage d’éducation et de sensibilisation, ce roman est très bien documenté et utilise habilement les résultats de la recherche exégétique sur les femmes du mouvement Jésus et des débuts du christianisme. L’auteure ose présenter une Saffia diaconesse dont le cheminement jure de plus d’une manière avec les règles actuelles du diaconat permanent. Un des protagonistes du récit incarne le mouvement qui a dû causer l’élimination des femmes dans les postes de responsabilités officielles ! Bref, un livre qui choque et émerveille à la fois.  À mon avis, ce roman historique se classe dans la même catégorie que l’Ombre du Galiléen, du prestigieux exégète Gerd Theissen. Je ne peux que vous en recommander la lecture car, tout en étant une fiction, il illustre habilement les préoccupations des membres et sympathisantes de Femmes et ministères.

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