L’unité des chrétiens… et des chrétiennes

Pauline Jacob 2Du 18 au 25 janvier se vit la Semaine de l’unité de chrétiens. Le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises ont tiré de l’Évangile de Jean le thème de la Semaine 2015 : « Jésus lui dit : ″Donne-moi à boire″ » (Jn 4, 7) Quel beau thème issu du récit de la Samaritaine! En observant la relation de Jésus avec cette femme de Samarie à qui il demande à boire, il apparaît pertinent de remettre en question l’inégalité vécue par les baptisées dans notre Église.

Un thème prophétique

Le récit de la Samaritaine est bien connu. De nombreuses analyses et réflexions ont été réalisées à partir de ce texte. Le volet de la relation particulière de Jésus avec cette femme mérite à mon avis qu’on s’y arrête. Jésus s’adresse à elle dans un espace public, malgré l’interdit de la Loi. Cette femme de Samarie à qui il demande à boire, il en fait son apôtre, sa disciple. Elle laissera sa jarre, son instrument de travail, comme d’autres ont abandonné leur filet pour aller dire à ses frères et sœurs : « Ne serait-ce pas le Christ ? ». Et, fait intéressant, Jésus, dans son dialogue avec elle, accepte de passer à un autre niveau d’échange. Avec elle, une femme, il a une discussion d’ordre théologique; à elle, une femme, il révèle qu’il est le Messie, le Christ, le Sauveur du monde. Jésus entre en relation avec une personne sans ce soucier de son sexe. Et il n’hésite pas à faire d’une femme sa messagère, sa disciple, son apôtre…

Le pape François et l’unité de chrétiens

Actuellement, le pape François ouvre grandement la porte au dialogue oecuménique. Il rêve d’unité, de rapprochement, de dialogue avec nos frères et sœurs d’autres traditions religieuses. Mais une question revient régulièrement alors que plusieurs autres dénominations chrétiennes ordonnent des femmes ou les consacrent comme pasteures : fera-t-il réellement avancer la question de l’égalité entre les hommes et les femmes dans notre Église et se laissera-t-il interpeler par le signe d’inégalité le plus apparent, soit la non-accessibilité des femmes à tous les ministères. Jusqu’à ce jour, il maintient le cadenas posé par Jean-Paul II en 1994 interdisant aux femmes d’accéder à l’ensemble des fonctions dans l’Église catholique. Pourtant il parle régulièrement de l’importance de donner plus de place aux femmes; il reconnaît leur apport particulier à la vie de l’Église. Aux Philippines, dimanche dernier, il a affirmé aux jeunes venus le rencontrer : « Les femmes ont beaucoup à nous dire dans la société, […] Nous sommes parfois trop machistes… et nous ne ne laissons pas de place aux femmes1 (McElwee, 2015). Mais ces paroles ne suffisent pas. Le pape François ne semble pas prêt à reconnaître aux femmes une égalité réelle dans l’institution qu’il dirige. Pourtant, un changement de mentalité, de culture s’impose dans l’institution ecclésiale catholique. Le dialogue oecuménique promu par François devrait également passer par l’ouverture à cette question.

Un changement de mentalités

Nous sommes loin du temps où, comme catholiques, il nous était interdit de fraterniser avec d’autres traditions chrétiennes que la nôtre. Il existe maintenant diverses formes de collaboration entre les différentes Églises, entre autres au niveau des études théologiques et bibliques. J’ai d’ailleurs eu la chance de rencontrer des femmes devenues prêtres ou pasteures dans ces Églises et d’échanger avec elles au moments de mes études à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal. Je pense entre autres à Phyllis Smyth, pasteure de l’Église unie du Canada et professeure à la Faculté, à Holly Ratcliffe, prêtre de l’Église anglicane du Canada et collègue aux études doctorales. Ces femmes et bien d’autres ont ouvert la voie à la présence des femmes dans l’ensemble des ministères de leurs Églises respectives. Leur parcours et celui d’autres pasteures que le vie m’a permis de côtoyer, tant à travers des lectures qu’à travers des rencontres, m’ont amenée à saisir un peu mieux, de l’intérieur, leur façon de vivre leur pastorat.

J’ai par la suite souhaité mieux comprendre ce que vivait celles de mon Église qui serait également devenues prêtres ou diacres si ce chemin avait été possible. À travers une recherche doctorale, j’ai analysé le parcours de femmes convaincues de leur appel à un ministère ordonné et le discours de témoins de leur cheminement. L’étude réalisée a permis de confirmer, à l’aide de méthodes éprouvées, la valeur et l’authenticité de leur discernement qui se situe dans la ligne de la grande Tradition de l’Église. Malheureusement, les représentants de l’institution se refuse toujours à ouvrir à des femmes le discernement qu’elle offre aux hommes qui en font la demande. Qu’attendent-ils pour faire un pas vers une reconnaissance réelles de toutes les baptisées comme l’ont réalisés leurs confrères de l’Église anglicane et ceux d’autres Églises?

L’action importante de clercs de l’Église anglicane

Dans les traditions chrétiennes qui ordonnent des femmes ou les reconnaissent comme pasteures, le dynamisme de clercs dans des postes de responsabilité a grandement aidé à tracer le chemin vers la reconnaissance ministérielle des femmes. Ainsi, en 1992, dans l’Église anglicane d’Angleterre, la parole d’évêques a largement contribué à une ouverture en ce sens. Plusieurs sont intervenus pour démontrer que des femmes pouvaient devenir prêtres et qu’il était même de leur devoir de leur faire une place. Ainsi s’exprimait George Carey, alors archevêque de Canterbury, lors du oui de l’Église d’Angleterre à l’ordination des femmes dans cette région :

Dieu nous appelle à prendre le risque de la foi. Je pense aussi que Dieu appelle son Église à ordonner des femmes à la prêtrise. […] Je veux rappeler au Synode que l’inclusion des païens dans le corps du Christ n’était pas évidente au moment où elle a eu lieu. Elle semblait être une rupture majeure avec la tradition. […] Le christianisme n’existe que quand Dieu libère, renouvelle, et extrait ce qui était là, implicitement, depuis le départ. (Mercier, 1994, p. 109-110)

Souvenons-nous également de l’attitude et de l’action d’Edward W. Scott, alors primat de l’Église anglicane du Canada, dans le dossier de l’ordination des femmes. Son influence pour faciliter les changements de mentalité, fut énorme. Sans rien brusquer ni imposer, il a su amener ceux et celles dont il était responsable à ouvrir aux femmes la porte de la prêtrise.

Et au Québec, Timothy Matthews, évêque du diocèse de Québec, fut un agent facilitateur dans le dénouement de cette question. Il sut, lui aussi, encourager ses confrères évêques à ouvrir leur cœur à la venue de femmes dans les différents ministères et ce, au nom du respect de leur appel :

Refuser l’ordination à la prêtrise aux femmes me semble remettre en cause la validité de leur appel et par le fait même la sagesse de Dieu. Je ne pense pas qu’aucun de nous en ait le droit… Je suis peiné et j’ai tellement honte que l’Église, mon Église, soit si divisée et se sente si menacée au sujet de ce qui m’apparaît une question claire et simple : reconnaître que Dieu appelle qui il veut pour lui rendre service de la manière qu’il lui plaît, que ce soit un homme ou une femme2. (Matthews, 1975 : cité par Fletcher-Marsh, 1995, p. 154‑155)

Ces gestes des Églises sœurs sont des lueurs d’espoir chez les chrétiennes catholiques qui espèrent une semblable reconnaissance dans leur Église.

Pour progresser vers l’unité entre les Églises, nos « dirigeants » auraient besoin de se mettre à l’écoute non seulement des théologiennes et des théologiens catholiques qui ont développé une autre argumentation que celle soutenue par Jean-Paul II et Paul VI, mais aussi de s’inspirer du chemin ouvert par les Églises sœurs.

Les évêques québécois et canadiens ont déjà manifesté une grand ouverture à la reconnaissance des ministères pour les femmes. Ils ont même porté cette question à Rome. Annine Parent l’a démontré dans Devoir de mémoire (2013). Souhaitons que nos dirigeants accueillent et adoptent l’attitude de Jésus, capable d’échanger d’égal à égale avec la Samaritaine. Qu’ils sachent délier leurs langues comme l’ont jadis fait les évêques du Québec et du Canada.

Le pape François manifeste beaucoup d’ouverture par rapport à l’oecuménisme. Osera-t-il, comme le suggère la théologienne Mary E. Hunt (2013), regarder les femmes catholiques dans les yeux et leur dire : « Tu es ma sœur, mon égale à tous les niveaux » et, dans un deuxième temps, changer les structures en conséquence? Saura-t-il s’inspirer de nos frères d’autres traditions pour ouvrir la porte aux femmes dans tous les ministères? N’écrivait-il pas, en novembre dernier, dans une lettre adressée aux participants à l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens à l’occasion du 50e anniversaire du décret Unitatis redintegratio : « Chers frères et sœurs, à cinquante ans d’Unitatis redintegratio, la recherche de la pleine unité des chrétiens reste une priorité pour l’Église catholique, et c’est donc pour moi une des principales préoccupations quotidiennes. » Saura-t-il accueillir comme prophétique les gestes de reconnaissance pleine et entière des Églises sœurs envers les femmes?

Jésus et la Samaritaine se parlent dans un face à face réel. Ils dialoguent; ils se comprennent. Notre pape progressiste, proche des personnes, capable de s’émouvoir avec elles, saura-t-il amorcer des changements pour favoriser l’unité entre les chrétiennes et les chrétiens?

Asbestos,
le 22 janvier 2015


Notes :

1– Texte original : « Women have much to tell us in today’s society […]. Sometimes we are too machista … and we don’t allow room for the women. »

2– Texte original : « To deny priest’s orders to women seems to me to question the validity of her calling and of God’s wisdom in extending it. I don’t feel that any of us has that right…. I am sorry, yes ashamed that the church or that part of it to which I belong should be so divided and feel so threatened about what seems to me a very simple straightforward issue -allowing God call whom he will to render him service in such ways as he may please, be they male or female. »

Références :

Fletcher-Marsh, Wendy (1995). Beyond the walled garden. Anglican women & the priesthood [Au-delà du jardin fortifié. Les femmes anglicanes et la prêtrise]. Dudas, Ontario, Canada: Artemis Enterprises.

Hunt, Mary E. (2013, 17 avril). Pope Francis and the American Sisters. Religion Dispatches, [en ligne]. [http://religiondispatches.org/pope-francis-and-the-american-sisters/] (22 janvier 2015)

McElwee, Joshua J. (2015, 17 janvier). Francis struggles to answer crying girl’s question about suffering [François peine à répondre à la question de la fille en pleurs concernant la souffrance], National Catholic Reporter, [en ligne]. [http://ncronline.org/news/global/francis-struggles-answer-crying-girls-question-about-suffering] (22 janvier 2015)

Mercier, Jean (1994). Des femmes pour le Royaume de Dieu. Paris : Éditions Albin Michel.

Parent, Annine (2013). Devoir de mémoire. Femmes et évêques – un dialogue à poursuivre.Québec : Réseau Femmes et Ministères.

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A propos Pauline Jacob

Théologienne féministe, Pauline Jacob détient un Ph. D. en théologie pratique et une maîtrise en psychoéducation de l’Université de Montréal. Elle est l’auteure d'« Appelées aux ministères ordonnés » (Novalis, 2007), coauteure de « L’ordination des femmes » (Médiaspaul, 2011) et a à son actif plusieurs articles. Elle poursuit depuis plus de 20 ans des recherches sur l'ordination des femmes dans l’Église catholique et est très active à l’intérieur du réseau Femmes et Ministères.

6 thoughts on “L’unité des chrétiens… et des chrétiennes

  1. Merci de nous ouvrir les yeux avec tant de persévérance et de sérénité. Tu es certainement de celles et ceux qui combattent pour que la justice du Royaume de Dieu finisse par vaincre la peur et tu as payé de ta propre personne ta fidélité aux enseignements de Jésus. Je prie que le pape François vive assez longtemps pour changer les mentalités à la Curie romaine et toutes ses ramifications dans nos diocèses, pour que l’esprit de pouvoir cède la place à l’esprit de service des pauvres et des humains qui ont faim et soif de justice. Que l’Esprit de discernement continue de se manifester par tes paroles et tes écrits!

  2. « Va vers mes frères et dis-leur. » (Jean 20:17)

    Toute la « vocation » d’un prêtre se trouve décrite dans ces mots.
    Et ces mots sont dits à une femme, Marie-Madeleine.

    Et les femmes n’auraient pas le droit de devenir des prêtres ?

  3. Commentaire à l’éditorial de Pauline Jacob

    Rappel utile que cet excellent et large dossier, il se fera fécond pour beaucoup!
    On ne rappellera jamais assez que Jésus, assumant pleinement la condition humaine, femme et homme, n’a pas craint de faire rupture avec sa société patriarcale pour confier le message évangélique à La Samaritaine et à bien d’autres femmes, ses envoyées, ses disciples, ses apôtres, ses ministres. Réjouissons-nous que de nombreux travaux aujourd’hui, scientifiquement argumentés et œcuméniquement partagés, s’étayent mutuellement pour le découvrir et le redire. Sans même le savoir ou le saluer suffisamment, nos communautés chrétiennes vivent ainsi de leurs échanges et apports mutuels; les femmes y ont une part déterminante : relectures, découvertes, interprétations vivantes des textes, théologie féministe. Pauline le rappelle utilement. Et, comme elle, nous pouvons fêter la grâce de rencontres émerveillées avec des femmes ministres reconnues dans leurs vocations, ordonnées, livrant leurs témoignages qui enrichissent et renouvellent leurs traditions.
    C’est là l’ancrage et la mesure de mon attachement à l’œcuménisme.

    Mais, oserais-je l’avouer – perte d’espérance ou temps d’ascèse nécessaire? – je ne participe plus à la Semaine de l’Unité…trop vif désormais mon désarroi de femme catholique…
    L’œcuménisme officiel va son chemin sans doute pour ceux qui s’occupent des dogmes, des canons, des accords, qui organisent des rencontres, colloques et cérémonies … Nous pouvons louer leur ténacité et reconnaître en particulier les bienfaits apportés par le Conseil Œcuménique des Églises dans ses efforts pionniers : programmes, études, rencontres, mise en valeur des jeunes et des femmes.
    Mais moi, d’une longue lignée catholique, moi comme tant d’autres aujourd’hui, femmes et hommes de notre Église, je ne crois plus en une véritable conviction et volonté d’œcuménisme de la part des organes cléricaux décisionnels de l’Église catholique romaine! Pas d’état de grâce non plus pour fêter le « rêve » du Pape quand il évoque de temps à autre un manque de femmes ou reconnaît en passant quelque machisme mais renvoyant problèmes et progrès nécessaires à la société civile … Je ne crois pas non plus à « plus de fraises » sur le gâteau romain!
    Ce que nous attendons? Tout simplement que l’Église de Rome veuille bien prendre en compte la capacité des contemporains à apprécier ce qui est essentiel dans le message évangélique et ce que nous devons aux structurations sociales, mentales, symboliques et « religieuses » d’un patriarcat désormais caduc et qui ne fait plus norme sociale ni référence éthique dans les sociétés démocratiques parce que s’y impose peu à peu le paradigme pleinement Humain, qui fut déjà évangélique, de la parité des sexes.
    Le sexisme de la structure catholique romaine se traduit par l’éviction des femmes des ministères, du gouvernement et de l’interprétation doctrinaire. Il est perçu de plus en plus comme un abus de pouvoir (ou de « services »! )qui ne veut ni se reconnaître ni céder. Pourtant, aujourd’hui, cette omnipotence du cléricalisme dans la responsabilité de la vie en Église signe une triple rupture de sens : rupture avec l’Évangile; rupture avec les nouvelles références sociales et morales de la société civile; rupture avec le témoignage œcuménique d’autres confessions chrétiennes qui ont su rompre, non pas avec toute pratique, mais du moins avec la sacralisation et la loi d’un sexisme qui se prétend volonté divine.
    Je n’attends aucun miracle immédiat qui nous dispenserait toutes et tous des conversions nécessaires. Mais j’attends une déclaration officielle de mon Église affirmant qu’elle se met en chemin, reconnaissant avec modestie et confiance l’aide et l’exemple d’autres confessions chrétiennes car elle sait ne plus pouvoir cheminer seule. Mais choisir délibérément pour se justifier une alliance avec des traditions encore plus fermées que les siennes et refuser les autres, n’aide en rien et dénie même le sens de l’œcuménisme.

  4. Merci Mme Pauline Jacob de continuer à nous faire réfléchir! Je ne réponds pas à votre lettre à titre de grand théologien, mais à titre de prêtre qui veut s’exprimer avec son cœur. Comme jeune adulte, en 1994, je suis resté fidèle au pape Jean-Paul II, et je ne regrette rien. Je me rappelle qu’il se disait « incapable » d’ouvrir le ministère presbytéral aux femmes. Quoi que je sois à l’aise avec l’idée de partager un tel ministère avec des femmes, je ne pense pas que je verrai cela. Est-ce chose possible? Je vis au jour le jour en essayant de collaborer avec des femmes… Est-ce que je réussis? Je ne sais pas. J’apprécie BEAUCOUP le verbe du Pape François, et son désir de dépoussiérer la structure de l’Église. Que découvrirons-nous en dessous de la poussière? Je ne sais pas. En attendant, faisons ce que suggérait la Semaine de prière de l’unité des chrétiens : Prions!

  5. À mon sens le premier pas à franchir serait de permettre aux prêtres de se marier, comme tout le monde, il y aurait peut être des volontaires parmi toutes ces femmes qui aiment Jésus et éventuellement leur petit curé.

    On dit que c’est une question d’argent; mais je crois que ce serait tout un défi pour les prêtres de donner le témoignage d’une famille unie dans la foi et dans l’amour de Dieu.

  6. Quelle belle réflexion sur les ministères dans l’Église. Si les femmes sont les égales de l’homme, c’est malheureusement faux dans l’Église catholique. Les pouvoirs de décision sont toujours entre les mains d’hommes, autant pour les hommes que pour les femmes. Voici très brièvement en quelques lignes ce que j’écrivais à mon évêque en 2014. « S’il y a une chose que Vatican II a clamé haut et fort, c’est que l’Église, ce n’est pas seulement la hiérarchie, mais tous les baptisés qui forment ce qu’on appelle le Peuple de Dieu. Comment se fait-il que, maintenant, sans consultation de la base, ce sont les autorités ecclésiales qui décident de toujours de tout (je faisais référence dans ce cas-ci à la suppression de la pénitence avec absolution collective et récemment de la directive supprimant la communion lors des Adaces ou célébration de la Paroles), même si nous laïcs sommes les premiers à subir les conséquences de ces décisions? »
    Comme le disait Mgr P.-É. Charbonneau dans Un même souffle de vie p. 76 éd. Novalis 2011 au #30 de Lumen Gentium : « Les pasteurs savent parfaitement qu’eux-mêmes n’ont pas été institués par le Christ pour assumer à eux seuls la mission salvatrice de l’Église envers le monde, mais qu’ils ont la charge sublime de bien reconnaître chez les fidèles les ministères et les charismes, de telle sorte que tous coopèrent à leur mesure et d’un même coeur à l’oeuvre commune. » Et au #33 : « L’apostolat des laïcs… tous y sont destinés par le Seigneur en vertu de leur baptême et de leur confirmation. Il y a donc urgence à faire de nos laïcs, non seulement des croyants, non seulement des pratiquants, mais des participants. » et plus loin dans son texte : « Je constate que la hiérarchie et le clergé, nous sommes attachés à notre Église cléricale… nous nous entêtons à conserver le modèle constantinien – qui date du IVe siècle – au lieu du modèle proposé par Vatican II, inspiré des trois premiers siècles ou la conscience des chrétiens, disciples du Christ, d’être le Peuple de Dieu était prédominante. Pour Mgr Charbonneau : passer d’une Église cléricale à une Église, peuple des baptisés, c’est la grande urgence aujourd’hui.
    Nos évêques ont besoin de communiquer, d’être à l’écoute de la base, de faire un examen de conscience sur leur influence auprès de leurs fidèles. C’est particulièrement vrai au Québec où ils sont le plus souvent muets. Et cela veut dire tenir compte – pas seulement en théorie – des actions et de la participation des agentes de pastorale de nos paroisses qui sont actuellement plus nombreuses à s’occuper de pastorale que les membres du clergé. Sinon, notre Église au Québec, va s’éteindre, faute de se renouveler.

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