Vers la restauration du diaconat pour les femmes

En janvier 1982, nos évêques s’intéressaient déjà à la question de l’accès des femmes au diaconat. Gisèle Turcot y présentait le document préparé par Gertrude McLaughlin, S.N.J.M. à leur demande.

L’Exécutif de l’Assemblée des évêques du Québec a invité une bibliste de chez nous, Gertrude McLaughlin, S.N.J.M., à préparer un document de travail sur les diaconesses dans l’Église. L’éclairage biblique et l’histoire du diaconat dans les premiers siècles du christianisme sont complétés par une description du renouveau d’intérêt pour le diaconat féminin dans les Églises sœurs au XIXe et au XXe siècle.

L’auteur est en relation avec les diaconesses depuis dix-sept ans. Elle a participé à leurs sessions d’études et à leurs congrès; elle a prêché des retraites à ces femmes engagées dans le ministère. Elle est membre du Conseil d’administration de Diakonia of the Americas, l’association des diaconesses de onze Églises protestantes.

Éducatrice de carrière, auteur de nombreux articles, Sr McLaughlin a dirigé le Centre biblique du diocèse de Montréal — secteur anglais. Rédactrice du feuillet Discover the Bible de 1965 à 1974, elle y contribue encore. Elle est présidente de la Société biblique canadienne, région de Montréal, et membre de l’Exécutif national. En 1978, elle recevait la médaille Pro Ecclesia et Pontifice pour son œuvre biblique. Elle détient un Magister de l’Institut Regina Mundi de Rome.

Vers la restauration du diaconat pour les femmes

I. Introduction

II. Emploi du terme “diakonos” et les mots de même famille

III. Emploi du terme “diakonos” dans le Nouveau Testament

IV. Appellation des ministères dans le Nouveau Testament

a. “travailleuses”
b. apôtres
c. prophètes
d. couples mariés
e. maisons—églises
f. “veuves”

V. Diakonos — diakonissa dans les trois premiers siècles

VI. a. Diaconesses dans l’Église orientale
     b. Déclin des diaconesses

VII. Renouveau de l’Ordre des diaconesses au 19e siècle

– dans les Églises protestantes de l’Europe
– dans les pays d’expression anglaise

VIII. Recrudescence du diaconat permanent et les aspirations des femmes


I. INTRODUCTION

Il y avait dans les communautés chrétiennes du Nouveau Testament et dans l’Église primitive des ministères pour les femmes appelés diakonos. Nous possédons plusieurs témoignages relatifs à cette situation. Ces femmes étaient très appréciées et leur travail est clairement attesté. Cependant, quand il s’agit d’obtenir une description précise de leur rôle, de leurs fonctions et de leur place dans l’Église, on rencontre les mêmes difficultés que dans l’étude de tout autre ministère. Par contre, la connaissance de son évolution reste incomplète à cause du manque de documentation valable et de la multiplicité des témoignages contradictoires.

Le cas du ministère des femmes est doublement difficile. Premièrement, parce que la méfiance à l’endroit des femmes semble caractériser la plupart des ordonnances ecclésiastiques. Deuxièmement, parce qu’à peu près tout ce que nous savons nous vient sous forme de défenses et d’interdictions laissant chacun soupçonner que son rôle était plus important qu’à première vue. On n’interdit pas ce qui n’existe pas.

Une des caractéristiques du 20e siècle est l’émergence des femmes dans tous les champs de la société. Elles ont eu accès à des positions qui, il y a peu de temps, auraient été inimaginables. Les femmes veulent maintenant la même reconnaissance dans l’Église. Comme l’éminent liturgiste, Cypriano Vagaggini, O.S.B., le dit dans un article récent1, ce n’est pas un ministère pour les femmes dans l’Église qui est demandé car il a toujours existé. Les femmes ont toujours eu un rôle et une place dans l’Église. Ce qu’elles demandent aujourd’hui c’est que ce ministère soit confirmé [par] l’ordination. La plus humble de ces requêtes propose que le diaconat restauré pour les hommes par Vatican II et par le motu proprio du Pape Paul VI, Sacrum diaconatus ordinam de juin 1967, soit aussi appliqué pour les femmes.

Le ministère diaconal est déjà exercé par des femmes dans l’Église. Et cette réalité n’existe pas seulement dans les pays où sévit une grande pénurie de prêtres comme en Amérique latine, mais même ici, au Canada et au Québec. Une étude poussée sur ce sujet prouve que l’ordination des femmes au diaconat n’est pas une innovation mais un retour à une ancienne tradition. Aussi, comme le Père Yves Congar, O.P.2 le fait remarquer, le diaconat n’ajoute aucun nouveau pouvoir ou fonction que tout laïque baptisé peut exercer, mais il le consacre par le témoignage d’un engagement permanent.

II. L ‘EMPLOI DU MOT DIAKONOS ET DES MOTS DE MÊME FAMILLE

Le mot diakonos3 et les mots de même famille sont propres au Nouveau Testament. Bien que connu depuis Hérodote dans le Grec classique, diakonos n’est ordinairement pas  employé dans le sens de serviteur. On ne le rencontre jamais dans la version de la Septante, mais on le trouve fréquemment dans le Nouveau Testament et dans les textes de la plupart des écrivains du Nouveau Testament 4.  Diakonos a cette particularité d’indiquer le service rendu à un autre très personnellement. Il y a un rapprochement plus étroit à établir avec l’idée de « service dans l’amour »5.  Dans les Évangiles il est maintes fois employé dans son sens étymologique: au sujet de la belle-mère de Pierre (Mc 1, 31), de Marthe (Lc 10,40; Jn 12,2), des serviteurs de Cana (Jn 2, 5,9), des femmes « qui les assistaient de leurs biens » (Lc 8,3; 23,49).

Les Actes des Apôtres et les Épitres emploient le mot diakonos au sens large de serviteur et dans le sens plus restreint de collaborateur spécial à l’intérieur de l’Église. L’emploi indiscuté de ce dernier sens est plutôt rare. Dans les Actes 6,1-6, péricope généralement citée comme principe fondamental du ministère du diakonos, le terme lui-même n’apparait pas. Les mots de la même famille sont employés dans les deux sens pour identifier les travaux des Douze, « le ministère (diakonia) du Verbe » (6,4) et des Sept « pour servir aux tables » (diakonein) (6,2). Etienne et Philippe ne sont jamais appelés diakonos.

Paul attribue à plusieurs personnes le titre de diakonos. Il l’utilise quand il parle d’Apollos et de lui- même (I Co 3,5). Il l’emploie pour ses collaborateurs Tychius (Ep 6,21), Epaphras (Co 1,7), Timothée (1 Ti 4,6) ainsi que tous les chrétiens (2Co 6,4; 11,23; Ep 3,7). En général, dans toutes ces circonstances, on emploie le sens de serviteur. On respecte ainsi le commandement de Jésus: « Il ne doit pas en être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, se fera votre serviteur… Aussi bien, le Fils de l’homme lui-même n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude ». (Mc 10,143).

Le premier usage que Paul fait de ce mot pour déterminer une fonction spécifique se trouve dans la salutation de l’épitre aux chrétiens de Philippes : « … à tous les saints dans le Christ Jésus qui sont à Philippes, avec leurs épiscopes et leurs diacres » (Ph 1,1). Les deux mots sont au pluriel, chose surprenante pour un aussi petit groupe de chrétiens que celui de l’Église de Philippes. Phoebée est appelée diakonos (Rm 16,3). Ce cas sera étudié plus tard.

La référence la plus précise et la plus détaillée relative à diakonos se rencontre dans la première lettre à Timothée. Cette lettre révèle l’organisation pastorale de l’Église en Asie Mineure à la fin du 1er siècle.

D’abord, les qualités requises pour devenir episkopos sont énumérées dans 1 Tm 3,2. Elles sont en accord avec sa charge de responsable ou de surveillant dans l’Église. 1 Tm 3,2 se lit ainsi: « Qu’il soit mari d’une seule femme ». Puis les qualités d’un diakonos sont détaillées (1 Tm 3,8-13). Ce passage se lit : « Les diacres, eux aussi, seront des hommes dignes, n’ayant qu’une parole, modérés dans l’usage du vin, fuyant les profits malhonnêtes, Qu’ils gardent le mystère de la foi dans une conscience pure. On commencera par les mettre à l’épreuve, et ensuite, si on n’a rien à leur reprocher, on les admettra aux fonctions de diacres. Que pareillement les femmes soient dignes, point médisantes, sobres, fidèles en tout. Les diacres doivent n’avoir été mariés qu’une fois, savoir bien diriger leurs enfants et leur propre maison. »

Leur rôle est comparé à celui des episkopos, « Les diacres, eux aussi… » comme leurs qualifications sont en accord avec leurs fonctions de collaborateurs des épiskopos et qu’ils assument les responsabilités des œuvres de charité. Mais la description est interrompue au verset II. « Les femmes aussi… » comme diakonoi sont comparées aux episkopoi, ainsi les femmes sont-elles comparées aux diakonoi.

III. L’EMPLOI DE DIAKONOS POUR LES FEMMES DANS LE NOUVEAU TESTAMENT

Qui sont ces femmes? Saint Jean Chrysostome a répondu à cette question dans son commentaire de 1 Tm : « Certains ont pensé que ce terme est employé pour les femmes en général, mais ce n’est pas le cas; pourquoi Paul insérerait-il quoi que ce soit au sujet des femmes pour interrompre son propos? Il parle des femmes qui assument la fonction de diacre » 7. Cependant, plusieurs traductions conservent encore l’expression « leurs femmes » mais ce n’est pas la version communément admise. Ce texte est considéré comme la référence la plus explicite de tout le Nouveau Testament en ce qui a trait à la charge de diaconesse. Il y a plusieurs raisons de préférer cette interprétation :

(1) Le mot est au pluriel. Il est par conséquent équivoque d’y voir une référence aux « femmes » des diacres. Le verset suivant est plus clair, là le mot femme est au singulier. « Les diacres doivent être le mari d’une seule femme ».

(2) L’adverbe pareillement établit une relation avec diacres comme le même adverbe met diacres en parallèle avec évêques quand il présente une nouvelle catégorie de personnes.

(3) Les qualités requises pour les femmes sont les mêmes que celles qui sont exigées pour les hommes.

(4) Puisque les qualités nécessaires pour la femme d’un évêque ne sont pas mentionnées, il n’y a pas de raison que la femme d’un fonctionnaire subalterne doive faire preuve des qualités énumérées.

(5) Dans le Nouveau Testament le mot grec diakonos est féminin et masculin. Quant au terme diakonissa, il n’est pas apparu dans le Grec ecclésiastique avant la fin du troisième siècle8.

Par conséquent, il est donc préférable de conclure avec les commentaires modernes, y compris Ceslas Spicq 9, qu’on trouve ici une référence directe aux femmes diacres.

C’est dans cet éclairage qu’on doit lire en Romains 16,1: « Je vous recommande Phébée, notre sœur, diaconesse de l’Église de Cenchrées ». Il faut noter ici, l’emploi de diakonos dans son sens strict comme le donnent les notes n) et o) de TOB: « qui exerce la fonction dans l’assemblée de Cenchrées ». Il met en évidence le sens du verset qui suit. Phébée est appelée prostasis (protectrice) de l’Église, ce mot est employé seulement ici dans le Nouveau Testament. Il est traduit de différentes façons dans les diverses versions, on trouve donc ami, secoureuraide. Étymologiquement il signifie « se tenir devant, se tenir en avant ». Et Thayer, dans son dictionnaire grec-anglais du Nouveau Testament, le traduit comme « une femme placée au-dessus des autres » i.e. exerçant une certaine influence dans la communauté. On peut conclure que Phébée avait de l’importance et de l’autorité dans son milieu, sans toutefois laisser croire qu’elle participait à un ministère institutionnel tel que l’Église ultérieure l’aurait reconnu10.

IV. LE MINISTÈRE DES FEMMES DANS LE NOUVEAU TESTAMENT

Travailleuses, apôtres, prophètes, couples-mariés, maisons-églises, veuves.

« Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus ». (Gal 3,28) Les lettres de Paul prouvent avec évidence que l’Église primitive a vécu conformément à cette parole. À travers ses lettres, nous connaissons quelques-uns de ses collaborateurs. C’est dans l’épître aux Philippiens : Evodie et Syntichè qui ont « travaillé côte à côte avec moi pour l’Évangile » (Phil 4,2). Par les Actes, nous apprenons qu’à Philippes, l’Église se rencontrait dans la maison de « Lydia, la marchande en pourpre », une femme qui avait des moyens (Act 16, 14, 40). Les noms de plusieurs apparaissent à la fin de l’épître aux Romains : « Marie qui s’est bien fatiguée pour vous » (16,6); « Saluez Tryphène et Tryphose qui se fatiguent dans le Seigneur » (16,12); « Saluez ma chère Persis qui s’est beaucoup fatiguée dans le Seigneur » (16,12) et plusieurs autres. Il imite ainsi Jésus qui selon les Évangiles acceptait l’aide des femmes; celles qui l’ont accompagné dans son ministère (Lc 8,1-3; 23,49). Elles sont ses disciples (Lc 10,39; Jn 4,21), ses premières missionnaires (Jn 14,28-30,42; Mt 28,10) et aussi les fondatrices de l’Église à la Pentecôte (Ac 1, 12-14; 2,1).

Paul énumère les ministères qui étaient connus dans les Églises qu’il fonda. « Il en est que Dieu a établis dans l’Église, premièrement comme apôtres, deuxièmement comme prophètes, troisièmement contre docteurs… » (1 Co 12,28). « Car la construction que vous êtes a pour fondations les apôtres et les prophètes, et pour pierre d’angle le Christ Jésus lui-même ». (Eph 2,20). A part son fidèle compagnon Timothée, Paul donne le nom « d’apôtre » uniquement au couple de nouveaux convertis Andronicus et Junie, « mes parents et mes compagnons de captivité; ce sont des apôtres marquants qui m’ont précédé dans le Christ » (Rm 16,7)11.

Paul reconnaît que les femmes « prophétisent et prient » (l Co 11,5). Même si dans un long commentaire il leur recommande de rester voilées, il ne leur défend pas de prophétiser. On doit distinguer entre « prophétie » et « prendre la parole dans l’Église »; ce qui est défendu (1 Co 14,34; 1Tim 2,11). Les quatre filles de Philippe, l’évangéliste, sont présentées comme « prophètes » (Ac 21,9). On doit interpréter ce mot selon le sens que Paul lui donne : « Celui qui prophétise au contraire parle aux hommes; il édifie, exhorte, console. Celui qui parle en langue s’édifie lui-même, celui qui prophétise édifie l’assemblée » (1 Co 14,3-4). Dans leur travail à l’intérieur de l’Église, les femmes sont vues même comme apôtres et prophètes.

Il y avait des couples mariés qui exerçaient ensemble un ministère dans l’Église du Nouveau Testament. En tête de liste, apparaissent Aquila et Prisca. On les voit à Corinthe où ils étaient récemment arrivés de Rome (Ac 18,2); plus tard nous les rencontrons à Éphèse. Là, ils sont les professeurs d’Apollos, « et lui exposèrent plus exactement la Voie » (Ac 18,26). Leur maison devient le lieu de réunion pour les chrétiens comme Paul l’écrit d’Éphèse : « Aquila et Prisca vous saluent bien dans le Seigneur ainsi que l’assemblée qui se réunit chez eux » (1 Co 16,19). Plus tard, après avoir vanté le zèle de ce couple, Paul écrit : « Saluez aussi l’Église qui se réunit chez eux » (Rm 16,5). Dans sa courte lettre à Philémon, il commence par le saluer, lui, et « Apphia notre sœur et l’Église qui s’assemble dans ta maison » (Phm 1,2). Le premier endroit de réunion pour les chrétiens était la maison des croyants. Les convertis de la Pentecôte : « Jour après jour, d’un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons » (Ac 2,46). « La fraction du pain » est le plus ancien nom donné à l’eucharistie. Les maisons des femmes influentes devinrent les premières églises : Lydie de Philippes (Ac 17,5,40), Phoébée de Cenchrées (Ro 16,1), Nymphe de Colosse (ou Laodicée) (Col 14,15), et combien d’autres? Il n’y a qu’un autre groupe de femmes dont le ministère est mentionné dans le Nouveau Testament, ce sont les « veuves » citées dans la première lettre à Timothée (5,3-16). Ce que Paul veut dire par « inscrite » au verset 9 n’est pas clair, mais dans l’Église ultérieure la fonction de « veuves et vierges » semble importante; cette fonction était souvent confondue avec celle des diaconesses et parfois elle en était la rivale.

V. DIAKONOSDIAKONISSA AUX TROIS PREMIERS SIÈCLES

On doit attendre jusqu’au troisième siècle avant de trouver une référence précise relative au rôle, à la fonction et au statut de diacres dans l’Église, même si cet « ordre » existait depuis les premiers temps. La Didachè ou Enseignement des Douze Apôtres mentionne seulement les évêques et les diacres comme ministres (l5:1-2) et ne va pas plus loin que ce qui est prescrit en 1 Tm 3. Dans la première lettre de Clément, vers l’an 100, l’Église semble être organisée comme une armée impériale, « Frères, servons dans notre armée » (37,1). L’écrivain voit l’ordre des évêques et des diacres établi par les Apôtres (42,4), il remonte même à l’Ancien Testament (42,5; citant Isaïe 60,17 dans la traduction des Septante). Il nous dit très peu de choses au sujet des diacres parce qu’il semble désireux de rectifier les écarts des évêques de Corinthe.

Dans les premiers écrivains tels Clément de Rome, Ignace d’Antioche, Polycarpe de Smyrne, nous constatons qu’une hiérarchie d’évêques et de diacres – habituellement cités ensemble – et de presbytres est fermement établie. Leur point de vue peut être résumé dans l’exhortation de saint Ignace : « Respectons les diacres comme Jésus-Christ, de même que l’évêque est aussi l’image du Père et les presbytres comme le Conseil de Dieu et le Collège des Apôtres. Sans eux le nom de l‘Église ne peut pas être donné »12. La seule femme nommée comme ministre par les Pères apostoliques est la « veuve » dont le travail est de « prier sans cesse pour tous les hommes »; dès lors Polycarpe les appelle « l’autel de Dieu »13.

La plus ancienne mention des diaconesses après le Nouveau Testament se trouve dans la lettre numéro 96 de Pline, gouverneur de Bithynie, à Trajan vers 111 A.D. Cette lettre est un important témoin de la chrétienté primitive. L’auteur écrit en partie: « …Je juge plus nécessaire de trouver la vérité par l’examen même sous la torture de deux femmes qui étaient appelées diaconesses (ministrae) » 14 .

Deux commentateurs éminents des Écritures nous donnent un aperçu de la compréhension du ministère des femmes. Le premier, Clément d’Alexandrie (155-220) en charge de l’école catéchétique d’Alexandrie, interprète la 1re épître à Timothée 3,11 comme une référence à « femmes diacres ». Il écrit « Les Apôtres prirent des femmes avec eux, non comme épouses, mais comme sœurs pour partager leur ministère (syndiakonos) auprès des femmes demeurant à la maison; par leur intermédiaire l’enseignement sur le Seigneur atteignit les quartiers des femmes sans éveiller de soupçon »15. Origène, son successeur écrit au sujet de l’épître aux Romains 16,2 : « Ce passage démontre avec une autorité tout apostolique que les femmes étaient désignées au ministère de l’Église ». Paul recommande et loue Phébée qui a été établie en charge de l’Église de Cenchrées… Ce texte révèle deux choses : la première, qu’il y avait, comme nous l’avons dit, des femmes ministres; la deuxième, qu’on s’attendait à ce que ceux qui, par leur collaboration, avaient été d’un assez grand secours pour mériter l’éloge de l’Église, soient comptés au nombre des ministres16. Cependant, ces écrivains nous disent peu de choses au sujet des usages de l’Église contemporaine de leur temps.

Avec le troisième siècle nous avons le début des Constitutions de l’Église qui expliquent les cérémonies liturgiques et l’établissement hiérarchique pour aider les évêques dans leur ministère. Le plus ancien La Tradition apostolique parut à Rome vers 215. Ce texte fut écrit en grec par Hippolyte, un prêtre de Rome en désaccord avec le pape saint Calliste. Il contient plusieurs références quant à l’ordination des diacres et de leurs fonctions dans l’Église comme collaborateurs de l’évêque et voués au service des pauvres. Il insiste pour que le diacre soit ordonné « non in sacerdotio sed in ministerio »17.  Avant que ce texte soit écrit, le pouvoir des diacres à Rome rivalisait avec celui des prêtres et même des évêques. Grégory Dix, qui a édité ce document, dit : « La Tradition apostolique peut être vue comme une attaque à l’endroit des diacres sous le couvert d’un résumé de leurs devoirs, et une glorification analogue des presbytres »18.

La seule référence au ministère des femmes, touche les « veuves » dont il dit qu’elles ne sont point ordonnées mais « désignées » 19 , tout comme les veuves de la première épître à Timothée en 5,19 qui étaient « inscrites ». Il n’y a aucune mention des femmes diacres. Il est étrange qu’Hippolyte donne en détail le rite du baptême. Les catéchumènes doivent entrer dans l’eau complètement dévêtus, et une des premières fonctions réservées aux diaconesses était d’assister les femmes au baptême « par souci des convenances ».

VI.    A) DIACONESSE DANS L’ÉGLISE ORIENTALE

À peu près à la même époque où à Rome paraissait La Tradition apostolique, l’Orient, probablement en Syrie, produisait un document dont l’influence sera considérable sur les Constitutions dans l’Église des siècles qui suivront. La Didascalia Apostolorum prétend avoir été l’enseignement des Apôtres, mais elle reflète l’Église orientale du temps. Dans ce texte on trouve en détail les devoirs de tous les échelons de la hiérarchie. Dans un chapitre sur le respect dû aux évêques (ch XXV) nous lisons : « Parce que dans votre milieu l’évêque représente Dieu tout-puissant. Mais le diacre représente le Christ; et aimez-le. Les diaconesses devraient être honorées comme l’Esprit Saint, et les presbytres, être pour vous semblables aux Apôtres ». La citation trahit l’origine du terme parce qu’en syriaque, Esprit est féminin. Il témoigne aussi de l’estime pour les diaconesses. Les diaconesses sont toujours nommées parallèlement aux diacres (ch XVI, 3). « Alors qu’un évêque nomme ouvriers de justice des aides qui peuvent travailler avec lui pour le salut, ceux qui parmi le peuple lui plaisent, il peut les choisir et les nommer diacres; un homme pour l’accomplissement d’à peu près tout ce qui est à faire mais une femme pour le ministère des femmes. Car il y a des maisons où l’évêque ne peut pas envoyer un diacre chez les femmes à cause des païens (barbares) mais où il peut envoyer une diaconesse. La présence d’une femme est requise dans bien d’autres circonstances. D’abord, quand les femmes descendent dans l’eau —celles qui descendent dans l’eau doivent être ointes par une diaconesse —, qu’une femme diacre oigne cette femme. Mais qu’un homme prononce sur elle l’invocation aux Noms divins. Il résume ainsi : « qu’une femme diacre soit ordonnée au ministère des femmes et un homme diacre au ministère des hommes ».

La femme diacre doit compléter l’instruction des nouveaux baptisés et aider les nécessiteux et les malades. On rappelle aux évêques : « Car Notre-Seigneur et Sauveur était aussi secouru par des femmes ministres. Marie Madeleine… et toi aussi tu as besoin du ministère des diaconesses en plusieurs occasions ». Comme Cipriano Vagaggini le souligne, toutes les fois que la Didascalie fait allusion au diacre on entend et les hommes et les femmes 20 .

Au milieu du quatrième siècle parut en Égypte un écrit qui avait pour titre Constitutions apostoliques 21. C’est une collection de la plupart des règlements parus jusque là. Les six premiers livres s’inspirent de la Didascalie. Ils contiennent la plupart des mêmes enseignements, mais affaiblis par la répétition et la longueur du commentaire. On y semble effrayé par le rôle que jouent les femmes et on accorde beaucoup d’importance aux prohibitions; par exemple, défense aux femmes de baptiser (Livre 3).

Toutefois, il complète la Didascalie au sujet d’un point important. Il explique en détail le rite de l’ordination des femmes diaconesses. Comme le diacre, elles sont ordonnées par l’évêque en présence de tout le clergé. Il étend les mains sur elle et prie… « Puisse Dieu jeter un regard sur sa servante qui doit être ordonnée à la fonction de diaconesse et lui donner le Saint-Esprit… » (VIII:20,21). Ce rite est semblable à celui de l’ordination des prêtres et, comme le clergé, elle partage à l’eulogia des offrandes eucharistiques (VIII:31).

Dans l’exercice des œuvres de charité, diacres et diaconesses sont sur un même pied. « Que les diacres soient en toutes choses, comme l’évêque lui-même; seulement ils doivent être plus actifs; que leur nombre soit proportionnel à l’importance de I’Église de sorte qu’ils puissent accomplir leur ministère auprès des malades en travailleurs qui n’ont pas honte. Et que les diaconesses soient attentives à prendre soin des femmes; mais que les deux, diacres et diaconesses, soient prêts à porter les messages, à voyager à leur sujet, à remplir leurs fonctions et à rendre service… » (III:30). Il y a aussi cette étrange consigne que les femmes ne doivent pas s’adresser à l’évêque ou à un diacre si ce n’est par l’intermédiaire d’une diaconesse (II:27).

Du quatrième au dixième siècle, le rôle de diaconesse connut son plus grand épanouissement, surtout en Orient. Le concile de Nicée (canon 19) légiféra à ce sujet. Le concile de Chalcédoine (canon 15) est plus explicite. Il réduit à 40 ans – parce que plus favorable – l’âge d’admission d’une diaconesse.

À la même période, les noms de plusieurs éminentes diaconesses sont connus par les écrits des Pères de l’Église et par les inscriptions, Justinien dans ses Novellas (525 A.D.) prescrivit longuement à ce sujet 22 . Il emploie la singulière expression « le sacerdoce des diaconesses ». Il fixe à quarante le nombre des diaconesses pour Sainte-Sophie de Constantinople 24 .

Les diaconesses étaient-elles vraiment ordonnées? Cette question n’a jamais reçu de réponse précise, mais aujourd’hui, plusieurs croient que la réponse serait affirmative. Entre autres fonctions, elles devaient porter l’eucharistie aux malades et la distribuer aux femmes et aux enfants. En dépit des nombreuses défenses, un réel débat peut être mené quant à leur droit d’administrer le baptême. Dans les Constitutions Apostoliques elles sont certainement comptées parmi le clergé; le mot employé pour leur ordination, le même que dans le canon 19 du concile de Chalcédoine, cheirotonia ou  cheirathesia est habituellement employé pour l’ordination de l’évêque, des presbytres et des diacres. Le théologien grec orthodoxe, Evangelos Theodorou, soutient que dans son Église les diaconesses ont toujours été considérées comme des ministres ordonnés23.

        B) RÉGRESSION (DÉCLIN) DES DIACONESSES

Qu’est-ce qui a amené le déclin de la fonction des diaconesses? Il faut remarquer que les diaconesses étaient plus nombreuses et plus connues dans l’Est que dans l’Ouest. Elles étaient nécessaires quand les chrétiens étaient peu nombreux au milieu d’une majorité de païens. Avec l’expansion du christianisme, le nombre de baptêmes d’adultes diminua et le service des diaconesses devint moins indispensable. Mais le facteur le plus important de leur graduelle disparition fut la montée du monachisme pour les femmes. Ces institutions monastiques monopolisèrent presque toutes les œuvres caritatives confiées aux diaconesses. Là où les diaconesses ont survécu jusqu’à nos jours, c’est dans I’Église d’Orient où habituellement elles sont en même temps religieuses.

VII. RENOUVEAU DE L’ORDRE DES DIACONESSES AU XIXe SIÈCLE

– Dans les Églises protestantes d’Europe

Le renouveau coïncide avec le travail de plusieurs ministres luthériens surtout Théodore Fliedner de Kaiserwerth, Allemagne en 1836, et à Wilhem Löhe de Suisse. En France les fondations furent réalisées, en 1841, par Caroline Malvesin et le pasteur réformé Antoine Vermeil. Les communautés qu’ils ont fondées et qui sont florissantes encore aujourd’hui sont appelées Maison mère, catégorie des diaconesses. Les influences qui orientèrent leur fondation sont similaires 24 :

  1. Les mouvements revivalist (renouveau religieux) et piétiste dans les Églises protestantes au début du 19e siècle.
  2. Les nombreuses fondations des catholiques  –Sœurs de la Charité  ou  Sœurs de la Miséricorde- suscitées pour venir en aide à tous les besoins des hommes. Cet exemple orienta les fondateurs protestants vers le choix d’une vie de communauté stable pour femmes célibataires qui partageaient leurs gages et leurs possessions.
  3. L’accès des femmes aux diverses professions. La communauté permit aux femmes d’exercer les professions d’infirmières, de professeurs, etc., alors qu’en même temps elle leur assurait la protection que l’atmosphère sociale exigeait pour les femmes.
  4. Le rôle des diaconesses dans l’Église primitive. Ce fut la section allemande de la Communauté, catégorie des diaconesses, de loin la plus nombreuse, qui se répandit rapidement en Hollande, dans les pays scandinaves, aux États-Unies et dans les missions protestantes du Proche-Orient. Le nom de diaconesses fut choisi pour ces institutions plutôt que  Sœurs de la Charité  ou quelque chose d’analogue à cause du sentiment général, répandu chez les protestants, de rejet par les réformateurs de tout ce qui ressemblait aux Institutions monastiques comme l’avait déclaré Luther dans son De Votis, et plus violemment Calvin dans L’institution de la religion chrétienne. Le mot diaconesse fut choisi pour rester fidèle au Nouveau Testament, bien que les associations diffèrent grandement du diaconat de l’Église primitive. Les diaconesses ne dépendent pas de l’Église locale. Elles ne sont, d’aucune manière, considérées comme membres du clergé. Elles sont en fait l‘équivalent protestant des Sœurs de la Charité de Saint Vincent de Paul.

– Dans les pays d’expression anglaise

Dans les pays anglophones, la situation est très différente. Puisqu’il y avait une vraie renaissance de la vie religieuse surtout dans l’Église anglicane, la forme que prit le diaconat pour les femmes est plus près des modèles du Nouveau Testament. Cependant, la première inspiration et fondation vint de la Maison mère de Kaiserwerth, mais elle ne répondait pas aux besoins des Anglicans. La renaissance de l’Ordre des diaconesses dans l’Église d’Angleterre commença en 1862 quand Elizabeth Ferard fut consacrée par l’évêque de Londres. En 1897, la conférence de Lambeth  « reconnut avec gratitude la renaissance de la fonction de diaconesses », mais insista pour que le nom soit réservé aux femmes consacrées par l’évêque, et travaillant sous le contrôle du clergé paroissial.

C’est cette forme de diaconat qui de nos jours existe dans les Églises protestantes sauf sur le continent européen. Les diaconesses travaillent habituellement comme membres du clergé paroissial. Elles peuvent être mariées ou célibataires, Elles sont consacrées ou ordonnées par leur Église. Leur éducation et leur formation sont sous le contrôle de l’Église. Elles sont particulièrement actives dans l’éducation chrétienne, dans la visite des hôpitaux, des prisons et dans les œuvres sociales de leurs Églises. Quoique de nos jours leur situation est fréquemment soumise à un examen minutieux, elles demeurent un groupe actif de leur Église respective.

VIII. VERS LA DIACONAT POUR LES FEMMES DANS L’ÉGLISE CATHOLIQUE

Recrudescence du diaconat permanent et les aspirations des femmes.

Une des plus importantes et clairvoyantes décisions prises par Vatican II est le rétablissement de la charge de diacre permanent où un homme marié pourrait être accepté. Dès le début on a posé la question au sujet du rétablissement du diaconat pour les femmes. À la conférence de presse hebdomadaire  tenue au Vatican, le 3 novembre 1971, après le compte-rendu de la Commission d’étude sur le diaconat permanent, un des journalistes demanda si la restauration du diaconat pour les femmes avait été considérée. Mgr Vallainc répondit que le sujet n’avait été étudié ni par le Concile ni par la Commission. Cependant, on a l’impression que la réforme est incomplète, qu’elle est infidèle aux habitudes de l’Église primitive, si les femmes ne sont pas considérées à l’égal des hommes.

Dans le rapport sur la restauration du diaconat préparé par un comité de la Catholic Theological Society of America, en mars 1971 25, on proposait depuis le début d’y inclure et les hommes et les femmes. La première phrase est révélatrice : « Le second concile du Vatican préparait le terrain pour l’introduction d’une forme de ministère où des personnes mariées ou célibataires pourraient être ordonnées ». Plus loin, la teneur du texte est claire : « La personne qui reçoit l’ordination comme diacre est officiellement désignée par l’Église comme un collaborateur spécial et l’Église prie pour que lui ou elle reçoive le Saint-Esprit afin d’être fortifié pour ce service ». Il est évident que tous les chrétiens à travers le baptême, la confirmation et l’eucharistie sont appelés au service de la communauté. A moins de preuve de son dévouement antérieur à un tel service, l’Église locale ne serait pas apte à désigner, lui ou elle, pour endosser des responsabilités nouvelles et spécifiques en son nom (par 14). Cet extrait est même plus fort que le plaidoyer contenu dans les paragraphes 28~34 pour obtenir le rétablissement du diaconat pour les femmes.

Dans l’Épilogue de Guidelines on the formation and Ministry of Permanent Deacons in the United States par la Conférence catholique des États-Unis en 1971, on trouve une argumentation en faveur de l’ordination des femmes, religieuses et laïques, comme diacres. La Conférence des évêques cependant, n’a prévu l’ordination que pour les hommes 26.

Au Canada le mouvement en faveur du diaconat permanent pour les femmes a été particulièrement actif. En 1970, un groupe installé à Toronto mais représentant les femmes de tout le Canada, commença la publication occasionnelle d’un bulletin d’information appelé Diakonos. Beaucoup de beaux textes parurent dans les seize publications qui se sont succédées pendant sept ans. En avril 1971, un groupe de femmes rencontra les évêques canadiens pour discuter du statut des femmes dans l’Église. Cependant, même si cette rencontre constitue un événement historique les participants furent déçus parce que trop de sujets avaient été discutés en trop peu de temps.

On peut juger comme une conséquence de cette rencontre la proposition faite par le Cardinal Flahiff 27  au Synode des évêques tenu à Rome, en octobre 1971, pour discuter des ministères dans l’Église, Il adressa cette question à l’Assemblée : « Ces nouveaux ministères sont-ils réservés aux hommes seulement? » Après la révision de la position traditionnelle de l’Église au sujet des femmes – répétée encore dans la « Déclaration sur la question de l’admission des femmes au ministère sacerdotal » – il conclut : « Comme vous le savez tous, cette position historique n’est plus estimée valable aujourd’hui ». Il condamne alors la discrimination basée sur le sexe qui est contraire au Nouveau Testament et aux décrets de Vatican II. Au nom des évêques du Canada, il demanda qu’immédiatement une commission mixte soit formée pour étudier, en profondeur, les ministères des femmes dans l’Église. Il avertit que les événements évolueraient plus vite que ses décisions puisque plusieurs femmes remplissent actuellement leurs ministères avec beaucoup de compétence.

Les décisions officielles de l’Église n’ont pas été très encourageantes. Dans le Motu Proprio sur les ministères dans l’Église, Ministeria Quaedam, d’août 1972, Paul VI écrit: « Ces ministères (lecteur, acolyte, etc.) sont réservés aux hommes » (par. VII). En 1976, la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avec l’approbation du pape Paul VI, publia  Une déclaration sur la question de l’admission des femmes au sacerdoce ministériel. Le texte répète l’enseignement que la restriction du sacerdoce aux hommes est conforme à la volonté du Christ. Bien que la Déclaration n’ouvre pas de nouvelles perspectives sur la place des femmes dans l‘Église, néanmoins elle a le mérite de poser le problème et d’exprimer clairement la position officielle.

CONCLUSION

Dès les premiers mots du Motu Proprio Sacrum diaconatus ordinam, paru en juin 1967, le pape Paul VI écrit: « Depuis le temps des Apôtres, l’Église catholique a tenu en haute estime l’ordre sacré du diaconat comme le témoignait saint Paul lui-même… J’aimerais qu’on se rappelle que ce diaconat fut établi et pour les hommes et pour les femmes. Je résumerais par ce que la Didascalia Apostolorum écrivait aux évêques de ce temps-là. « Vous avez besoin du ministère des diaconesses pour plusieurs raisons ».

Gertrude McLaughlin. s.n.j.m.
Montréal, janvier 1982

Texte original en anglais : Towards the restoration of the ordained diaconate for women


Références:

1-  Cipriano Vagaggini O.S.B., « L’ordinazione delle dioconesse nella tradizione grece e bizantina », Orientalia christiana periodica, 40 (1974), p. 145
2 –  Yves Congar, O .P. Préface de Femmes et Ministères dans l’Église (traduit de l’Américain) (Casterman), Paris 1971
3-  Diakorios est employé de préférence à diacre pour le Nouveau Testament parce que ce mot est féminin et masculin,
4-  Herrrian Boyer, Theological Dictionary of the New Testament, (Erdmans) Grands Rapids, Michigan, 1964, vol. II, p. 83. La version des Septante emploie ce mot une fois, Is 60;17.
5- Idem, p. 81.
6-  Idem, p. 82.
7- St John Chrysostom, Commentary on I Timothy, Migne, P.G. LXII, p.551.
8- Officiellement, il fut employé pour la 1è re fois au Canon 19 du Concile de Nicée.
9-  Ceslas Spicq, O.P. Les Épîtres pastorales (Gabalda) Paris,1969, Tome I, 457, 460- 61
10-  Jean Daniélou, The Ministry of Women In the Earl Church (Faith Press), London 1961, p14.
11-  Dans plusieurs traductions et par plusieurs commentateurs Junias fut traitée comme un homme. Cependant, il serait préférable de la voir comme une femme parce que Julias au verset 16, est toujours considérée comme une femme, apostolos attribué à ceux-ci est à la fois féminin et masculin. Aussi la règle de grammaire « quand deux noms unis par et sont de différent genre les mots qui s’accordent avec eux doivent être du masculin pluriel ». Cette situation a suscité de multiples malentendus parce que les deux mots sont souvent masculins mais ce n’est pas le cas ici. Voir aussi TOB N,T., p.487, note u).
12-  To the Trallians III: I Kirsopp Lake (trans) Loeb Classical Library
13-  To the Philipplans IV: 3, Kirsopp Lake (trans) Loeb Classical Library
14-  La lettre complète peut être trouvée dans Encyclopédia Britanica (1947) vol. l8, p. 79,
15-  Migne, P.G. XIV : 1278
16-  Migne
17-  Cité dans Lumen Gentium, par.29
18-  Gregory Dix (ed and tranz) Apostolic Tradition of Hippolytus of Rome, (SPCK) London, 2e ed., 1968.
19-  Richard Hugh Connoly (ed) (C1arendon), Oxfords, 1929.
20-  Loc. Cit. p. 148, no.2
21- James Donaldson (ed) T & T C1ark, Edinburg, Ante-Nicene Fathers, vol. VII.
22- Louis Brehier, Le monde Byzantin : les institutions, (Albin Michel) Paris l949.
23- Evangelos Theodoro : « Le ministère des diaconesses dans 1l’Église grecque orthodoxe » dans The Diaconess, World Council of Churches Studies, No 4, (Concile mondial des Église), Genève, 1966. (N.B. à une rencontre récente avec le théologien russe orthodoxe, Jean Meyendorff, j’ai demandé si l’ordination des diaconesses dans cette Église était considérée comme un sacrement. Il répondit : « Certainement, autrement elles n’auraient pas pu apporter la communion aux malades, un de leurs principaux devoirs ».
24- Une bonne partie de cet extrait est tirée de The Diaconess cité immédiatement plus hauts, pp. 12-20.
25- Compte-rendu sur la restauration de la charge de diacre perrnanent, donné par le très révérend Ernest L. Unterkoefler, et le Comité des évêques des États-Unis par un Comité de la Société théologique catholique d’Amérique, Crux, Mars 19, 1971.
26- Publié par la Conférence catholique des États-Unis, Washington, D.C.
27- Voir : Documentation catholique, no 1596, 7 nov. 1971, p. 999.
28- Marie Walter Flood, O.P. The Place of Women in the ministerial Offices of the Church as witnessed by Ecclesial Tradition and Rites of ordination, une dissertation doctorale, Université St Michael’s College, 1976, VII, –297 p. Pro manuscrits. Cet essai était terminé quand ce dernier travail m’a été signalé. Je n’ai pas eu à apporter de modification à mon travail. Cependant, j’aime la façon dont elle distingue la législation orientale de celle des Églises de l’Ouest.

2 réflexions au sujet de « Vers la restauration du diaconat pour les femmes »

  1. Bravo et félicitations à Gertrude M. pour cet article brillant et complet qui démontre très bien l’évidence et l’implication obligatoire des femmes dans l’Église. Continuons ensemble dans la prière et la prise de parole, pour ramollir le joug masculin avec l’Esprit-Saint qu’il suscite un précurseur et défenseur de la mission de la femme dans l’Église.

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