Marie de l’Incarnation, une pionnière

Marie de I'IncarnationMener un équipe d’hommes, gérer une entreprise, voilà des fonctions qu’on n’attribuerait pas spontanément à des femmes du XVIIe siècle. Et pourtant, Marie Guyart, mieux connue sous le nom de Mère Marie de l’Incarnation, a rempli ces différents rôles, à un moment où on ne parlait pas de féminisme, à une époque où les femmes ne revendiquaient pas leurs droits sur la place publique. Cette femme a occupé une fonction sociale appréciable dans sa ville natale, Tours, et dans la Nouvelle-France, région colonisée par son pays au XVIIe siècle.

« [F]emme au génipolyvalent : écrivaine du Grand Siècle, historienne, linguiste, éducatrice, entrepreneure, architecte, économiste, et ce qui ne gâte rien théologienne et mystique » (Boucher, 1992, p. 273), elle est, selon Deroy-Pineau, « le troisième personnage d’importance dans l’histoire de la Nouvelle-France après Jacques Cartier et Samuel de Champlain. C’est LA principale femme de l’époque » (Deroy-Pineau, citée par Marion, 2008, p. 11). Avec les premières femmes du pays, elle a joué un rôle essentiel dans la mise sur pied de l’Église du Québec et du Canada. Elle vient d’être canonisée en même temps que François Montmorency de Laval, évêque de Québec de 1674 à 1688.

Un coup d’oeil jeté sur son action à Tours et à Québec et une brève présentation des aspects riches de sa personnalité permettent, non seulement de mieux la connaître, mais de mieux comprendre l’influence qu’elle a eu sur son époque.

I. Marie Guyart et son époque

Marie Guyart a eu un parcours de vie auquel il convient de s’arrêter. Sa contribution à la société et à l’Église du Québec gagnerait à être davantage transmise.

Sa vie peut se diviser en trois étapes : de 1599 à 1631, années de sa naissance, de son mariage, puis de son veuvage; de 1631 à 1639, époque de sa vie chez les Ursulines de Tours; de 1639 à 1672, sa vie en Nouvelle-France.

De 1599 à 1631: naissance – mariage – veuvage

Quatrième d’une famille de huit enfants, Marie Guyart naît à Tours le 28 octobre 1599 de parents très religieuxSans être riches, Jeanne Michelet et Florent Guyart assurent à leurs enfants une bonne éducation et une solide instruction.

Sa ville natale, Tours, est à cette époque l’une des 10 principales villes du royaume le plus prestigieux d’Europe. Située au coeur de la France, elle est une ville splendide avec une nature merveilleuse, des châteaux et de luxueuses industries de soierie et de broderie (Deroy-Pineau, 1989, p. 110).

Dès son jeune âge, Marie est perçue comme une enfant pieuse sachant allier prière et activité. Elle fréquente assidûment l’église et aime particulièrement les célébrations religieuses animées par les Capucins : ceux-ci racontent de façon très imagée la vie en Nouvelle-France. Leurs récits la fascinent et nourrissent son imaginaire; ils lui donnent le goût de s’engager elle-même de cette façon, un jour. À 14 ans, elle souhaite devenir religieuse. Ne recevant aucun soutien de sa famille pour actualiser son rêve, elle devra attendre pour qu’il se concrétise.

Alors qu’elle n’a que 17 ans, son père décide, sans la consulter, de la marier. Comme c’est la coutume à l’époque, le père a droit de regard sur les décisions de sa fille. Il choisit donc pour elle un mari qu’il croit un bon parti. Elle accepte son mariage comme permis par Dieu dans son cheminement. On ne peut parler de soumission aveugle à son père, mais d’une soumission à un idéal plus grand, Dieu, qu’elle voit se manifester à travers divers évènements de sa vie. Elle a la conviction que Dieu passe par son père pour lui exprimer sa volonté.

Son mari, Claude Martin est un fils unique, maître ouvrier en drap de soie. On a peu de renseignements sur le genre de relation que le couple avait sinon que Marie lui était fidèle et semblait mettre du sien pour que leur union réussisse. Dom Albert Jamet souligne que « l’on ne voyait pas en elle ces caresses molles qu’on voit en quelque nouvelles mariées mais seulement une humeur gaie et ouverte, retenue par une gravité respectueuse » (Jamet, 1929b, p. 179). Mais la vie de mariage n’est pas toujours facile. Elle doit entre autres composer avec la présence de sa belle-mère au foyer familial, ce qui lui est très pénible. De plus, le commercedont son mari est le propriétaire va mal et finalement, c’est la ruine de l’entreprise. La santé de celui-ci se détériore également.

Marie devient mère et veuve à 19 ans. Pour être en mesure de régler de graves problèmes juridiques et liquider la fabrique de son mari tout en minimisant l’impact de la faillite, elle se résigne alors à placer son petit Claude en nourrice (Deroy-Pineau, 1989, p. 124).

Renaît alors chez elle, son désir de vie religieuse, désir qu’elle gardera tout de même en veilleuse pendant plusieurs années pour s’occuper de son fils. Elle refuse même, durant cette période, des offres de mariage intéressantes.

Lorsque sa mère meurt, elle va vivre avec son père. Elle profite de nombreux moments de solitude pour nourrir sa vie spirituelle. Pour gagner sa vie, elle fait des contrats de broderie à domicile qui lui permettent d’allier travail et méditation. Elle ne sort de sa retraite que pour ses modestes repas en compagnie de son père, ses visites à l’église, celles aux malades et des rencontres régulières avec sa grande amie Gillette, qui lui fournit des livres, notamment les oeuvres de François de Sales (Deroy-Pineau, 1989, p. 105).

Le fait d’être veuve à 19 ans lui ouvre toutefois des portes fermées aux femmes célibataires ou mariées de son époque : elle peut agir socialement sans dépendre d’un père ou d’un mari car une veuve peut jouir de tous les droits sous la Coutume de Paris (DumontJean, Lavigne& Stoddart, 1982, p. 98). En1621, elle accepte d’aller aider sa soeur et son beau-frère dans leur entreprise en pleine expansion à Tours. Cette compagnie de transport et de navigation s’occupe autant de bois et de blé que de soie, de laine, de sel, de fer, d’ardoise ou de bétail. Elle y travaille pendant dix ans. C’est là qu’elle voit arriver sur le quai les premières morues salées de Terre-Neuve et des fourrures de la Nouvelle-France.

Dans ce milieu d’affaire, elle fait preuve de beaucoup de créativité. Elle travaille d’abord comme femme à tout faire, cuisinière, infirmière, servante de tous avant de devenir responsable de la compagnie de transport et administratrice des différentes entreprises de son beau-frère. Elle s’occupe de différentes tâches : contrôle du chargement et du déchargement des marchandises, supervision du personnel et des chevaux et, probablement, quand son beau-frère doit s’absenter, mise au point, vérification et signature des contrats. Elle est présente à tous et obtient le respect des débardeurs.

Son beau-frère se rend vit compte de l’initiative et de la capacité d’innovation de sa belle-soeur dans la gestion de sa compagnie. Entre Marie et lui, s’établit une relation de confiance. Il utilise alors ses services en abusant jusqu’à un certain point de son dévouement. Il la fait travailler sans la rémunérer à sa juste valeur. Marie est consciente de cette exploitation et accepte de lui rendre service au nom de sa foi. Ilfinira par la nommer responsable de sa compagnie, non pour lui donner une promotion, mais parce qu’il veut profiter au maximum de ses nombreux talents. Puisqu’il est analphabète, Marie lui lit les lettres qu’on lui adresse et rédige celles qu’il doit écrire.

À travers ses nombreuses activités, elle entretient fidèlement sa relation avec Dieu, l’amour de sa vie. Cette période lui permet de mûrir son désir de vie religieuse. C’est d’ailleurs durant ces années que débutent ses expériences mystiques( Deroy-Pineau, 1989, p. 116117).

De 1631 à 1639 : chez les Ursulines de Tours

Le 25 janvier 1631, à l’âge de 31 ans, malgré les pressions de son père, Marie joint les Ursulines de Tours, communauté religieuse cloîtrée vouée à l’éducation des filles. Son évêque, Bertrand d’Eschaux, y autorisera son entrée même si elle est sans dot et mère d’un enfant dont l’éducation n’est pas terminée. Son fils n’a alors que 12 ans. Elle souhaite, par son engagement dans la vie religieuse, répondre à ce qu’elle perçoit comme la volonté de Dieu pour elle. Elle prend alors le nom de Mère Marie de l’Incarnation, nom qu’elle demande à cause de sa certitude de savoir Dieu incarné dans les être humains (Deroy-Pineau, 1989, p. 146).

Marie découvre peu à peu la nouvelle route qui s’ouvre à elle. Dans ses moments de méditation, elle revoit ce pays immense et inconnu décrit par les Capucins quand elle était jeune et se sent attirer vers ces terres nouvelles. Elle croit de plus en plus qu’elle a une mission à accomplir sur ce nouveau continent.

Après son entrée au couvent, son fils reste tout d’abord chez son beau-frère, Paul Buisson. Acceptant difficilement l’« abandon » de sa mère, Claude vient troublela quiétude du monastère, encouragé, semble-t-il, par son oncle qui souhaite le retour de Marie à la tête de sa compagnie. Un jésuite, ami de Marie, le prend alors en charge, ce qui permet à cette dernière de poursuivre son chemin. Il était fréquent, à cette époque et dans ce milieu, que les garçons des villes, âgés10 à 12 ans, quittent leur famille pour se rendre au collège ou en apprentissage ( Deroy-Pineau, 1989, p. 127). Claude n’était pas un cas unique. Entre Marie et lui se vit une intense relation mère-fils en dépit de la distance physique de certaines périodes. Elle continuera de nourrir des liens avec lui à travers une riche correspondance. Après une jeunesse difficile, celui-ci devient bénédictin etprend le nom de Dom Claude. Marie continue de lui prodiguer des conseils : « En prêchant les autres, prêchez-vous vous-mêmes par une sainte intention de faire ce que vous enseignez » (citée par Deroy-Pineau, 1989, p. 77). Son fils devient par la suite son confident, l’interprète de sa pensée, son disciple et son historien (Jamet, 1929a, p. 65). Ses pressions auprès de sa mère incite d’ailleurs celle-ci à écrire ses mémoires, son autobiographie.

En 1639, Marie de l’Incarnation est choisie pour aller en Nouvelle-France. Son évêque lui donne son accord la sachant capable d’une telle entreprise. Personnage autoritaire, mais clairvoyant, au jugement sûr, Bertrand d’Eschaux sera le premier évêque, avec celui de Rouen, à donner à des religieuses une obédience pour les missions du Canada. À 39 ans, elle s’embarque à Dieppe, en Normandie, avec deux autres ursulines, trois hospitalières, cinq autres femmes dont madame de La Peltrie, la principale bienfaitrice des Ursulines jusqu’à la fondation de Ville-Marie. Quelques jésuites, dont le Père Vimont, futur supérieur de la mission de Nouvelle-France, faisaient aussi partie de cette expédition en route vers Québec. Ce sera la première fois que des femmes sans un conjoint – religieuses ou autres – traversent l’Atlantique. Marie passera la fin de sa vie sur cette terre d’adoption.

De 1639 à 1672: sa vie en Nouvelle-France

Arrivée à Québec le 1er août 1639 après une dure traversée, elle se met rapidement à l’oeuvre pour aider à l’édification de cette Nouvelle-France. Marie dirige la construction du premier monastère des Ursulines de Québec, monastère qui deviendra malheureusement la proie des flammes en 1650. Faute d’architecte à Québec, elle fera elle-même les plans de ce nouveau couventen s’inspirant du monastère de Tours; puis, elle en guidera les travaux. Elle sera la première à s’occuper de l’éducation des filles autochtones et de celles d’ascendance française en Nouvelle-France. Et elle sera au coeur de nombreuses activités que la vie dans ce nouveau continent exige.

Pendant cette deuxième partie de sa vie, Marie de l’Incarnation écrit beaucoup. Elle rédige, dans des conditions difficiles, plus de 13,000 lettres adressées tantôt à son fils, tantôt à ses bienfaiteurs, tantôt à Mère Ste-Ursule, une ursuline de Tours avec qui elle s’était liée d’amitié. Elle compose aussi des dictionnaires et des grammaires en langues amérindiennes de même que quelques ouvrages de spiritualité.

Le temps consacré à l’écriture ne l’empêche pas de passer plusieurs heures à écouter et à conseiller les gens. Plusieurs personnes de la colonie recherchent ses conseils, de Jean Talon aux Amérindiens en passant par les Filles du Roi et les coureurs des bois. Elle jouera ainsi un rôle de premier plan dans la vie de plusieurs personnalités renommées de l’époque tout en étant très proche de ceux qui sont dans le besoin. Cette attitude l’incitera à combattre l’alcoolisme chez les Indiens quand elle constate les effets dévastateurs de l’alcool chez ceux-ci, problème hérité des échanges de bien avec les commerçants français. Elle ne peut rester indifférente aux problèmes humains rencontrés.

Marie collabore également avec l’évêque du lieu, François de Montmorency Laval, un homme autoritaire qui cherche à imposer sa façon de faire aux religieuses. Il va jusqu’à s’installer sur leur terrain en s’appropriant la moitié de l’espace. Il tente, entre autres, de modifier les constitutions de la communauté sans tenir compte de leur avis, change également une partie de leurs règlements, leur impose une façon de prier, supprime leur chant aux offices et enlève aux jeunes professes toute voix au chapitre.

Mais Marie ne s’en laisse pas imposer. Tout en continuant à respecter cet homme d’Église et à se soumettre à ses exigences, elle ne se gêne pas pour déplorer ouvertement l’abus d’autorité qu’il exerce sur les congrégations religieuses. Elle résiste tout en demeurant, comme l’affirme, dans la limite de l’obéissance. Celui-ci, n’osant l’affronter directement attendra sa mort pour changer les constitutions et certains règlements des Ursulines de Québec. Marie est une femme forte capable de rester debout devant qui que ce soit.

Dans ce pays nouveau, elle s’intéresse au commerce, facteur premier de développement d’une nouvelle région. Elle est consciente que sans lui, personne ne peut établir de communication ni transporter ou soutenir les nouveaux colons et les « ouvriers de l’Évangile » (Deroy-Pineau, 1989, p. 191). Elle suggère la mise en place d’une économie diversifiée. Et elle encourage tout ce qui permet une autonomie par rapport à la France.

Après une vie bien remplie, elle meurt en 1672, après trois mois de maladie et de terribles souffrances, d’une violente crise hépatique provoquée par la consommation de nourriture avariée. Elle sera surnommée « Thérèse du Canada » et « Mère de la Nouvelle France ». Sa vie mérite qu’on s’attarde plus longuement à certains traits intéressants de sa personnalité.

II. Des traits intéressants de sa personnalité

Marie de l’Incarnation est une femme étonnante, dotée de nombreuses qualités. Elle a marqué notre histoire, particulièrement celle des femmes. Un coup d’oeil aux dimensions physique, intellectuelle, psychologique et spirituelle de sa personnalité est éclairant.

La dimension physique

Sur le plan physique, elle aurait fait l’envie de nombreuses adeptes de club de conditionnement physique d’aujourd’hui. Habituée à l’exercice physique, elle est en forme. Françoise Deroy-Pineau la décrit comme une grande et mince ursuline aux gestes sûrs et précis. Lorsque viendra le temps d’embarquer à bord du navire, son agilité la rendra capable d’escalader avec légèreté et souplesse l’échelle de corde lui permettant de se hisser sur le pont. Cette souplesse la fera sortir du rang des autres voyageuses embarquant sur le Saint-Joseph (Deroy-Pineau. 1989, p.16-17). Son fils Claude, note qu’elle « était « assez belle du visage », n’avait « rien de mol », jouissait d’une « constitution de corps forte et vigoureuse » » (cité par Deroy-Pineau, 1989, p. 78).

Elle est aussi habile de ses mains, ingénieuse et dotée d’un grand sens pratique. Elle sait manier la hache et l’aiguille, faire de la broderie et de la menuiserie et aménager l’espace intérieur en le rendant le plus fonctionnel possible. En bonne fille de boulanger, elle sait fabriquer du pain. Elle a du talent pour soigner les malades, que ce soit les employés de son beau-frère à Tours ou les autochtones et les religieuses à Québec. Et elle sera une véritable maîtresse d’oeuvre dans la construction du premier monastère des Ursulines de Québec.

La dimension intellectuelle

Au niveau intellectuel, Marie se présente comme un être très doué. Elle est une femme instruite et intelligente qui sait lire et écrire alors que seulement 14% des femmes et 29% des hommes de son époque ont développé cette habileté. On lui reconnaît une vigueur intellectuelle et spirituelle peu commune (Deroy-Pineau, 1989, p. 38). Elle a écrit les constitutions des Ursulines de Québec, sans oublier ses nombreuses lettres qui circulent en France et suscitent autant d’intérêt que les Relations des Jésuites. Elle y traite de sujets très variés depuis ceux d’ordre politique, économique jusqu’à ceux d’ordre agricole, social et religieux sans oublier « les nouvelles explorations ni les portraits des personnalités du moments.[….] Entre la flotte du printemps – qui apporte le courrier – et celle d’automne – qui emporte les réponses -, Marie rédige jusqu’à six cents missives, parfois très longues » (Deroy-Pineau, 1989, p. 67). « Elle raconte les choses comme elles sont, dans leur héroïsme et leur médiocrité » (Jamet, 1929a, p. 57).

Malgré l‘environnement difficile dans lequel elle évolue, elle composera un dictionnaire français-algonquin, un dictionnaire algonquin-français, un dictionnaire iroquois, un catéchisme iroquois auxquels viennent s’ajouter huit ouvrages d’écrits spirituels. Et tous ces textes se rédigent dans le français le plus pur, le plus classique du XVIIe siècle. « Marie de l’Incarnation est une écrivaine de grande classe, » comme l’affirme Olivette Genest, exégète reconnue et admiratrice de cette pionnière mystique.

Le Cercle des femmes journalistes reconnaîtra les efforts de cette pionnière en la nommant, un peu avant 1960, patronne des femmes journalistes du Québec (Deroy-Pineau, 1989, p. 10).

L’activité intellectuelle de Marie ne se limite pas à l’écriture. Femme brillante, elle s’initie à la nouvelle science des affaires mise au point par les Hollandais et les Allemands. Elle « apprend la comptabilité, la nécessité de réinvestissement des profits dans l’entreprise, l’usage des instruments de paiement et de crédit » (Deroy-Pineau, 1989, p. 119).

La dimension psychologique

Sur le plan psychologique, elle possède de grandes forces. Elle est tout d’abord une femme d’une grande sensibilitéElle essaie de comprendre au niveau du cœur tantles gens qu’elle côtoie au quotidien que ceux qui occupent des fonctions plus élevées dans la société. Elle prend soin des pauvres, des infirmes, des malades. Cette attitude la rend même capable d’affronter et de comprendre le mépris des autres à certaines heures ou encore d’excuser Mgr Laval qui lui fait parfois la vie dure.Si elle tient tête fermement mais gentiment à ce dernier, jamais elle ne lui fait perdre la face devant les autres.

Elle a également un grand sens de l’organisation et des affaires. Elle se sert de ce don pour liquider l’entreprise que lui a laissée son mari. Elle assumera pendant 10 ans la gérance de la compagnie de transport et de navigation de son beau-frère. et fera rapidement fructifier ce commerce. Elle finira par convaincre son beau-frère de mettre ses connaissances économiques à profit. Plus tard, à bord du bateau qui la conduira en Nouvelle-France, Marie Guyart mettra ses talents d’organisatrice au service des voyageuses. Elle prendra à sa manière le leadership du groupe. Grâce à son initiative, elles « s’installent pour une durée indéterminée dans la belle et spacieuse chambre amirale, à l’abri de l’agitation des matelots. Mine de rien – un geste, un sourire, une suggestion de sa part-, voici les places distribuées, les ballots ouverts et leur contenu rangé » (Deroy-Pineau, p. 18-19). Et puis, chez les Ursulines, en Nouvelle-France, on fera appel à son merveilleux sens de l’organisation pour gérer les finances de la communauté; ce qu’elle fera consciencieusement et avec fidélité. Elle mène

l’entreprise du couvent des Ursulines à son terme. Elle voit à régulariser les ententes financières de son bailleur de fonds, madame de La Peltrie. Elle dirige la construction du premier monastère []. Elle s’occupe de faire couper les 175 cordes de bois que dévorent chaque année, les quatre cheminées du bâtiment. (Dumont & al., 1982, p. 37).

C’est elle qui verra, après l’incendie, à le faire reconstruire en trouvant elle-même les fonds nécessaires.

Marie de l’Incarnation est un être de relation extraordinaire : relation à Dieu, relation à son fils, relation à son entourage, relation à sa communauté. Pour elle, c’est vital d’être proche des autres, de s’en occuper; et elle le fait bien. Comme le souligne Jacques Loew, sa vie « a toujours été faite d’un entrelacement incessant de son regard émerveillé sur Dieu et de sa présence aux hommes: aux crocheteurs et rouliers de l’entreprise Buisson à Tours succèdent maintenant soldats et « filles du Roy« …. » (Loew, 1986, p. 133).

Elle est proche des gens, sait se rendre disponible pour eux et se met à leur niveau. Elle est une excellente pédagogue. À Tours, dans l’entreprise de son beau-frère,

[…] elle acquiert sur le personnel et les domestiques de l’entreprise un ascendant extraordinaire []. Toutefois, elle ne leur parle que de ce qui les intéresse. Certainement pas de sa vie spirituelle à elle. Ce qui lui permet de réussir à leur communiquer, à la mode de l’époque, des éléments de sa foi et de savoir-vivre en société [] » (Deroy-Pineau, 1989,p. 113).

Son désir de proximité des gens se reflète dans son souci d’adaptation dans différentes sphères de sa vie : adaptation des vêtements choisis pour sa communauté, adaptation à la langue utilisée,… C’est ce qui l’amène à faire des pressions pour conserver le costume des Ursulines de Tours plus simple que celui des Ursulines de Paris. Pour mieux comprendre les autochtones et se faire comprendre d’eux, elle apprendra le montagnais, l’algonquin et le ouendat (huron).

Marie est une oratrice née; elle avait le don de la parole et s’exprimait avec passion. « Silencieuse par attrait, quand l’obéissance lui commandait de parler, le torrent qu’elle retenait en son esprit en sortait avec une impétuosité (irrésistible) et emportait avec une douce violence l’esprit de ceux qui l’écoutaient »; ainsi la décrit Dom Albert Jamet (1929a, p. 37).

Cette facilité au niveau des relations humaines lui fait jouer, comme on l’a vu, le rôle de conseillère de toute la colonie.

Elle a réponse à tout en français et s’exprime tant bien que mal en montagnais ou en algonquin, cumulant, au grand bonheur de ses visiteurs , une expérience en commerce, en importation et exportation de toute marchandise, un savoir-faire en cuisine de collectivité, en couture et en menuiserie, une expertise en broderie, l’habitude de parler et commander à des hommes comme à des femmes de toutes conditions et, par-dessus tout, une très grande modestie qui lui permet de s’adresser facilement aux plus importants et à ceux qui se croient tels, en faisant -comble de diplomatie- oublier ses talents. (Deroy-Pineau, 1989, p. 49)

« Dans les circonstances critiques, elle est le conseil écouté, le rempart contre le découragement » (Jamet, 1929a, p. 35) « Enfin, par-dessus les grilles de sa clôture, elle conserva toujours son droit de regard sur les évènements du dehors » (p. 45).

Marie de l’Incarnation a beaucoup de diplomatie. Comme beaucoup de femmes de son époque, elle doit déployer de nombreuses ruses pour atteindre ses objectifs dans ce milieu supervisé par des hommes. Ceux en charge de l’Église ont plein pouvoir sur des organisations mises sur pied par des femmes, entre autres les communautés religieuses. Et il leur arrive souvent de leur mettre des bâtons dans les roues. Marie résiste alors fermement mais gentiment.

Et puis, Marie a la réputation d’être une conciliatrice née. C’est un rôle qu’elle remplit à merveille tant auprès de son beau-frère, des employés de Tours que des religieuses de sa communauté. Elle a un talent naturel pour apaiser la colère des gens et utilise différentes astuces pour apaiser les tensions. Il lui arrive régulièrement, par exemple, de changer des paroles blessantes en paroles cordiales lorsqu’elle lit à son beau-frère, riche mais illettré, les lettres qui lui sont adressées; et puis, dans l’entreprise de ce dernier, elle réussit souvent, par sa seule présence, à régler plusieurs conflits. En Nouvelle-France, dans sa communauté, elle trouvera une solution pour rallier les Ursulines de Paris et celles de Tours. « C’est une vrai conciliation où les deux parties sont gagnantes, car le meilleur de chacune a été sélectionné » (Deroy-Pineau, 1989, p. 52).

Marie de l’Incarnation va chercher le meilleur chez les êtres humains. À ses yeux, toutepersonne, quel que soit son statut, son origine, son sexe, son âge, peut apporter sa contribution dans la chaîne humaine selon ses capacités. Et elle agit toujours en fonction de cette conviction. Elle cherche, dans la mesure de ses moyens, à améliorer le comportement de chacun et ne tolère aucun comportement « négatif ». Elle amène les travailleurs qu’elle côtoie à mieux parler, à trouver des solutions pacifiques à leurs problèmes comme la mère d’une grande famille. Elle réussit même à lire la Bible pendant les repas aux débardeurs engagés par son beau-frère. C’est une éducatrice née capable d’obtenir ce qu’elle veut des gens qui lui sont confiés. Monsieur Tout-le-monde semble bien accepter son autorité morale.

Marie de l’Incarnation est une femme centrée sur le choix qu’elle a fait : un engagement envers Celui à qui elle a consacré sa vie. C’est ce qui l’inspire et lui donne l’énergie nécessaire pour animer les travailleurs, les religieuses de sa communauté ou négocier avec son évêque. Cette option lui permet une liberté intérieure extraordinaire et lui donne la force de se tenir debout : devant les employés de la compagnie de transport tout d’abord, puis devant Mgr Laval, un peu plus tard, lorsque celui-ci veut une constitution moins centrée sur le milieu de la Nouvelle-France que ce qu’elle propose.

Femme autonome, elle ouvre aux autres femmes, par sa façon de faire, certaines portes au niveau de l’autonomie. Elle n’attend après personne pour prendre des décisions; elle règle elle-même, par exemple, la succession déficitaire de son mari. Et puis, quelques années plus tard, elle participe à un moment historique de son époque: elle fera partie du premier groupe de femmes à traverser l’océan sans être accompagnées d’un mari.

Marie de l’Incarnation est une femme forte, une femme déterminée qui ne transige jamais sur l’essentiel. Elle tient tête, par exemple, au Père Vimont et aux Ursulines de Paris pour conserver le costume des Ursulines de Tours qu’elle trouve plus modeste et plus adapté à la Nouvelle-France, plus proche des gens. Elle s’affirme face aux autorités ecclésiastiques lorsqu’il s’agit de valeurs essentielles à ses yeux : la pauvreté, l’inculturation, par exemple. Elle ne craint pas de s’affirmer devant Mgr Laval, tel que décrit précédemment. Elle déplore ouvertement son autorité sur les congrégations religieuses tout en continuant à le respecter et à se soumettre à ses exigences. C’est ce qui lui fera écrire à Mère Sainte-Ursule, son amie :

Il nous a donné huit mois ou un an pour y penser. Mais, ma chère Mère, l’affaire est déjà toute pensée et la résolution toute prise : nous ne l’accepterons pas si ce n’est à l’extrémité de l’obéissance. Nous ne disons mot néanmoins pour ne pas aigrir les affaires; car nous avons affaire à un Prélat,qui étant d’une très haute piété, s’il est une fois persuadé qu’il y va de la gloire de Dieu, il n’en reviendra jamais, et il nous en faudra passer par là, ce qui causeroit un grand préjudice à nos observances. (Marie de l’Incarnation à la Mère Sainte-Ursule, 13 sept. 1661, citée par Dumont & al., 1982, p. 39)

Marie ne se laisse pas arrêter par les commentaires désobligeants des gens. Ainsi, lorsqu’elle entre en communauté en confiant son fils de 12 ans à sa soeur puis aux Jésuites, elle ne se préoccupe pas des remarques déplaisantes qu’on lui adresse. Il en sera de même lorsqu’elle s’embarque sur le bateau qui la mène en Nouvelle-France, elle est capable de faire fi des commentaires venant des hommes et des femmes qui les observent. Elle poursuit sa route selon ce qu’elle croit être sa voie.

Ses nombreuses qualités et aptitudes n’empêchent pas Marie de l’Incarnation de demeurer humble. Jamais elle ne se met au devant de personne. Et elle est très discrète sur sa vie spirituelle. Les informations que nous possédons sur sa vie intérieure nous viennent de son fils et de son conseiller spirituel. Elle finira par accepter d’écrire ses mémoires, non par orgueil ou autosuffisance, mais à la demande pressante de ceux-ci.

Marie de l’Incarnation a beaucoup de ténacité. Lorsqu’elle entreprend quelque chose, elle ne lâche pas facilement et rend son travail à terme. Les difficultés qu’elle rencontre, loin de l’arrêter, semble la propulser en avant. Quand le monastère qu’elle a fait construire brûle, par exemple, elle se remet rapidement à la tâche de reconstruction sans se laisser abattre.

On admire également chez elle son sens de l’humour et sa bonne humeur; « elle a le don de transformer les désagréments en gags » (Deroy-Pineau, 1989, p. 21). Ce trait de caractère l’aide à se rapprocher des Amérindiens qui utilisent beaucoup l’humour dans différentes situations de la vie. Marie apprécie leur sens de l’humour et c’est réciproque.

Marie de l’Incarnation est une femme libre. Pour elle, quand il y a une tâche à accomplir, il est judicieux de s’y attaquer quand on a les moyens et la responsabilité de la réaliser; et pour ce faire, il n’y a pas de rôles prédéterminés selon les sexes. Elle pose des gestes en accord avec ses convictions profondes et non en fonction des gestes qu’on attend d’un homme ou d’une femme. Pour elle, chaque homme et chaque femme a sa place à part égale dans l’univers, sans domination de l’un sur l’autre. À Tours, elle sait diriger une équipe d’hommes sur les quais de la Loire sans se demander si c’est sa place même si c’est un fonction remplie habituellement par un homme. Elle fait de même en Nouvelle-France lorsqu’il s’agit de construire un monastère. Et c’est elle qui écrit qu’on attend en Nouvelle-France surtout « des filles de village, propre au travail, comme des hommes » (Dumont & al, 1982, p. 23), des femmes capables de travailler aussi fort que les hommes.

Marie est créatrice et imaginative. Elle a plusieurs tours dans son sac pour faire face aux nombreux imprévus que la vie lui amène. Rien ne l’arrête, que le problème soit d’ordre matériel ou psychologique. Avec chaque problème, elle trouve une solution.

C’est une femme authentique qui affiche clairement ses couleurs. On sait à qui on a affaire quand on s’adresse à elle. Et elle n’hésite pas, au besoin, à défendre les victimes d’erreurs judiciaires, et ce, même si on la ridiculise à ce sujet.

La dimension spirituelle

Au niveau spirituel, on lui reconnaît des qualités exceptionnelles. Toute sa vie est animée par une très grande foi qui s’exprime dans une vie de service et de contemplation. Dès son enfance, elle expérimente un bien-être à prier seule aussi bien qu’à l’intérieur de célébrations religieuses. Elle écrira, dans un sorte de testament spirituel :

Il y a seulement deux choses où l’âme trouve son compte : la première est la pratique des maximes de l’Évangile, ou du moins un effort continuel pour les pratiquer. L’autre est la douce familiarité avec Dieu, de l’entretenir, et, s’il faut ainsi parler, de s’égayer avec lui…(Citée par Loew, 1986, p. 139.

Elle est une mystique que Bossuet compare à Thérèse d’Avila : il la nomme d’ailleurs la « Thérèse de nos jours et du Nouveau-Monde ». Plusieurs de ses lettres et de ses écrits alimentent la vie intérieure de ceux et celles qui veulent s’en inspirer. Toute sa vie sera mue par un profond désir de plaire à Dieu. Son premier conseiller spirituel, le moine feuillant Dom Raymond de Saint-Bernard, décrit comme un homme sage et un bon conseiller, entretient d’abord avec elle une relation d’aidant-aidée. Conscient des qualités intérieures extraordinaires de Marie, il en vient à l’admirer et à la regarder comme sa « maîtresse dans la vie spirituelle » tout en continuant de veiller sur sa conduite » (Martin, 1929a, p. 190). À son départ de Dieppe, il traduira ainsi son admiration : « La France ne sait pas la perte qu’elle fait en perdant la mère de l’Incarnation; si l’on connaissait sa sainteté, et ce qu’elle peut auprès de Dieu, tout le monde aurait voulu qu’elle reste et aurait fait son possible pour la retenir » (Jamet, 1929a. p. 18). Rendue en Nouvelle-France, le jésuite Jérôme Lallemant deviendra son conseiller spirituel. Elle le considèrera comme un deuxième Dom Raymond. Mais, comme dans ce dernier cas, leur relation deviendra, au fil des ans, un accompagnement spirituel réciproque.

Marie Guyart de l’Incarnation est, si l’on peu ainsi s’exprimer, une théologienne sans diplôme universitaire, une théologienne avant la lettre puisque le femmes ne pouvait le devenir à cette époque. Ainsi l’exprime Ghislaine Boucher (1992, p. 275) :

Un monument de théologie pure et appliquée, à tel point que que l’on pourrait parler de l’existence d’un École de théologie à Québec et en Nouvelle-France. Une faculté de Théologie ambulante dont Marie Guyart est pratiquement « doyenne », entourée des doctes Pères Jésuites et de Mgr Laval que ce derniers ont formés et suggéré au roi Louis XIV comme premier évêque de l’Église canadienne.

Marie Guyart possède, tel que décrit,des traits de personnalité remarquables. Et ses nombreuses qualités lui confèrent une sécurité qui lui ont permis de vivre des rapports égalitaires avec les nombreux hommes et femmes qui ont parsemé sa route à Tours, en Nouvelle-France comme sur les bateaux qui l’ont transportée entre les deux continents. Son chemin en est un de fidélité, de service, de générosité.

Conclusion

La vie de Marie Guyart de l’Incarnation et l’apport incroyable de ses multiples dons au Québec d’alors et d’aujourd’hui méritent d’être diffusés. Nous lui sommes redevables de beaucoup, non seulement pour sa contribution à l’éducation des filles, mais aussi pour les influences positives tant sur les décideurs de l’époque que sur la population en générale. À l’instar d’autres religieuses, elle a su utiliser son pouvoir de persuasion auprès du clergé et de la population pour tenter de leur démontrer que l’instruction des filles était un objectif souhaitable (Rapley, citée par Dumont, 1995, p. 31).

Elle contribuera à faire connaître le travail impressionnant accompli par les femmes de son époque. Ce qu’elle apprenait sur le vécu des femmes lorsqu’on venait la visiter pour profiter de ses conseils, elle le communiquait aux autres par les nombreuses lettres qu’elle rédige et envoie en Europe. « C’est ainsi qu’au cours des récits de guerre et de survie en forêt écoutés dans son parloir, Marie enregistre le rôle extraordinaire des femmes – qu’elles soient françaises ou amérindiennes, – leur courage, leur savoir-faire, leurs réflexes à point nommé » (Dumont & al, 1982, p. 77).

Marie de l’Incarnation est une pionnière en Amérique du Nord. Elle est une femme qui s’est tenue debout devant les femmes et les hommes qu’elle a rencontrés. Elle a su allier la vie intérieure et l’action débordante dans son travail, devenant au fil des ans une personne avec un grand rayonnement. Elle a vécu pleinement sa vie de femme à Tours comme à Québec. Contemporaine de Marie de Médicis, de Madame de Sévigné, elle a su, comme ces femmes, prendre sa place dans une société où ce n’était pas toujours évident pour une femme. Elle a, à sa façon, ouvert la porte à celles qui, par la suite, ont travaillé à la reconnaissance des droits des femmes.

Marie de l’Incarnation est un personnage extraordinaire et je crois que les femmes ont une dette envers elle. Elle a marqué l’histoire du Canada, du Québec en particulier, par sa détermination, sa foi, sa subtilité, sa finesse sans oublier son extraordinaire liberté intérieure. Elle a su échapper « aux contraintes de son milieu pour trouver des solutions pratiques et efficaces à des situations inédites et parfois désespérées » (Deroy-Pineau, 1989, p. 11). Elle est unsource d’inspiration toujours actuelle.

Asbestos, le 15 mai 2014.

* Adaptation d’un travail réalisé pour le séminaire interdisciplinaire Le féminisme au carrefour des disciplines (Université de Montréal, avril 1996)

Références

Boucher, Ghislaine (1992, 18 juin). L’Église canadienne, 25/9, 273-275.

Deroy-Pineau, Françoise (1989). Marie de l’Incarnation : Marie Guyart femme d’affaires, mystique, mère de la Nouvelle France, 1599-1672. Paris : Éditions Robert Laffont.

Dumont, Micheline (1995). Les religieuses sont-elles féministes?. Montréal : Éditions Bellarmin. 204 p.

Dumont, Micheline, Jean, Michèle, Lavigne, Marie & Stoddart, Jennifer (1982). L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles. Montréal : Les Quinze.

Jamet, Dom Albert (1929a). Annotations. Dans Marie de l’Incarnation, Écrits spirituels et historiques, tome 1. Paris : Desclée de Brouwer; Québec : Action sociale.

Jamet, Dom Albert (1929b). Annotations. Dans Marie de l’Incarnation, Écrits spirituels et historiques, tome 2. Paris : Desclée de Brouwer; Québec : Action sociale.

Loew, Jacques (1986). La bienheureuse Marie de l’Incarnation Dieu dans le tracas. La vie à l’écoute des grands priants (p. 93-140). Paris : Arthème Fayard.

Marion, Hélène (2008). Marie de l’Incarnation, éducatrice et mystique. Présence magazine,17/134, 10-12.

Martin Dom Claude (1929a). Dans Marie de l’Incarnation, Écrits spirituels et historiques, tome 1. Paris : Desclée de Brouwer; Québec : Action sociale.

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A propos Pauline Jacob

Théologienne féministe, Pauline Jacob détient un Ph. D. en théologie pratique et une maîtrise en psychoéducation de l’Université de Montréal. Elle est l’auteure d'« Appelées aux ministères ordonnés » (Novalis, 2007), coauteure de « L’ordination des femmes » (Médiaspaul, 2011) et a à son actif plusieurs articles. Elle poursuit depuis plus de 15 ans des recherches sur l'ordination des femmes dans l’Église catholique et est très active à l’intérieur du réseau Femmes et Ministères.

2 réflexions au sujet de « Marie de l’Incarnation, une pionnière »

  1. Merci pour cette rare biographie d’une sainte de chez nous. En espérant que nos évêques sachent, à leur tour, en tirer une inspiration dans l’administration de nos diocèses.

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