Appelées aux ministères ordonnés – recension

AppeléesUne recension du livre de Pauline Jacob
Appelées aux ministères ordonnés
Ottawa, Novalis, 2007, 254 p.
par Denis Gagnon 

La question a vieilli. Chez certains, elle a séché sur un rayon dissimulé de leur mémoire. Plusieurs ne la supportent plus. D’autres, par contre, la gardent bien vive, à l’avant-scène de leurs conversations et de leurs préoccupations.

Dieu appelle-t-il des femmes au ministère presbytéral ou diaconal? En quatre chapitres bien faits, Pauline Jacob pose la question et donne des pistes vers de possibles réponses. Les titres de chapitre décrivent à eux seuls le cheminement de la réflexion: « À l’écoute des femmes et de leurs communautés » (premier chapitre), « Une problématique dans un contexte en ébullition » (deuxième chapitre), « Les fondements théologiques du discernement ministériel » (troisième chapitre), « La Tradition réinterprétée par les femmes » (quatrième chapitre).

J’ai aimé la lecture de cet ouvrage pour trois raisons. La première: cette étude ne sent pas du tout la revendication guerrière. Vous ne rencontrerez pas de pancarte de militantes et de militants purs et durs. Pas de poings levés pour imposer des idéologies. Au contraire, le ton est calme, serein. Tout ce qu’il faut pour porter un regard objectif sur une question qui souvent met le feu aux poudres.

J’ai apprécié aussi retrouver rassemblées les meilleures ressources sur la question. Trop souvent, la réflexion sur le sujet est partielle. Qu’elle soit partiale, je pardonne. Mais qu’elle soit partielle, qu’elle me laisse sur ma faim, j’aime moins. Dix-huit pages de bibliographie terminent ce livre: vous avez déjà là une mine d’or. En plus, l’auteure fait le tour du sujet. Elle creuse. Elle pose des questions. Elle oriente la lecture vers de possibles réponses. Le livre force à aller plus loin; il en donne le goût même. En même temps, il offre une bonne synthèse.

Enfin, troisième raison qui m’a fait aimer ce livre: le discours sur la vocation, son contenu, ses perspectives. Souvent, dans les conversations, on définit le prêtre ou le diacre en termes de pouvoirs que les uns gardent jalousement et que d’autres revendiquent ardemment. Ce n’est pas ce qui ressort de l’ouvrage de Pauline Jacob. Avant tout, le presbytérat et le diaconat sont présentés comme des ministères, de véritables services du peuple de Dieu.

Denis Gagnon 

Publié dans Présence magazine, volume 17, no 129, mars-avril 2008 et reproduit avec les permissions requises

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