La Bible au féminin : Houlda, traversée par la Parole divine

Le nom d’Houlda apparaît quatre fois dans le Premier Testament; deux fois dans le second livre des Rois (2 R 22,14.15) et deux fois dans le second livre des Chroniques (2 Ch 34,22.23). Ces deux livres évoquent, chacun à leur manière, l’époque de la monarchie en Israël et Juda. Nous nous limiterons ici au texte du livre des Rois. Lire la suite

Dieu(e) : les images féminines du Dieu de la Bible

Texte publié dans Interbible, chronique du 19 mai 2017 et reproduit avec les permissions requises

Bien que pour les chrétiens Dieu ne soit pas sexué, la plupart du temps, nous le représentons comme un homme. Le fait que Jésus réfère souvent à Dieu comme son père a marqué la tradition. Or, la Bible utilise aussi des symboles féminins pour représenter Dieu. En voici quelques-uns. Lire la suite

« Ni homme, ni femme  »

Résumé de la conférence de Michel Gourgues, o.p.
prononcée au Montmartre, le 1er décembre 2016, à l’invitation du Parvis de Québec
sur le thème « Ni homme, ni femme  »1 

Le Père Gourgues avait bien fixé les limites de son allocution dans un schéma structuré en trois grandes étapes, soit:

1. L’affirmation du spécifique chrétien sans référence au modèle socioculturel, soit «  Avant Paul ». – Années 30-50 (Ga 3, 28), et le Paul des années 50 (1 Co 7, 1-7; 1 Co 11, 2-16; 1 Co 14, 33-36)
2. La référence au modèle socioculturel coexistant avec l’affirmation du spécifique chrétien. Le Paul des années 60 « Que la femme soit soumise à son mari »  (Col 3, 18- 19; Ep 5, 21-24; Tt 2, 4-5; 1 P 3, 1-2)
3. La référence au modèle socioculturel et son importation à l’intérieur des communautés. L’après Paul (1 Tm 2,8-15)
Conclusion: « L’effet pervers du phénomène d’inculturation. » Lire la suite

L’apôtre Junia

L’apôtre Junia – La femme et le ministère dans le Nouveau Testament à la lumière de Romains 16[1]

valerie-duval-poujolLa révélation biblique met en avant de nombreuses femmes ayant servi Dieu de manière extraordinaire. Certaines sont familières (Déborah, Miriam, Esther), d’autres méconnues, comme la prophétesse Houlda alors que c’est sous son autorité qu’est menée la plus grande réforme en Israël sous Josias (2 Rois 22).

Nous aborderons la question de la femme et du ministère dans le NT (Nouveau Testament) par l’exemple de femmes remarquables mais que la tradition, les traducteurs ont poussées dans l’oubli : l’apôtre Junia et ses amies en Romains 16. Lire la suite

Dans l’œil de Hagar : une théologie de la survie (Gn 16)

Anne LétourneauAu chapitre 16 du livre de la Genèse, Hagar, esclave égyptienne, fuit dans le désert pour échapper aux mauvais traitements infligés par Saraï1, sa maîtresse. À proximité d’une source, sur la route de Shour, vers l’Égypte, la jeune femme enceinte fait l’expérience d’une théophanie. Elle rencontre un messager de YHWH qui lui ordonne de retourner vers Saraï, lui annonce une descendance nombreuse et surtout son fils à naître, Ishmaël. Cette rencontre mène Hagar à une pratique théologique tout à fait singulière alors qu’elle entreprend de nommer Dieu : El-Ro’î. Je propose ici une lecture qui prolonge le travail d’exégètes féministes, womanistes et postcoloniales, en suivant la trace des regards posés par Hagar dans le récit de Gn 16. Ses expériences visuelles, dont les oppressions liées au genre, à la classe et à l’ethnicité sont constitutives, en particulier dans ses interactions avec Saraï (v. 4-6), sont déterminantes dans sa rencontre avec Dieu et la « théologie expérientielle » qu’elle en dégage. Lire la suite

Un rite et ce qu’il sous-tend : si Jésus peut laver les pieds de ses disciples, les femmes peuvent diriger l’Église

Il a renversé la relation de pouvoir maître/serviteur et la relation homme/femme.

Soline Humbert 2Le Jeudi saint, dans les églises catholiques à travers le monde, le rituel du lavement des pieds sera reproduit en mémoire de l’exemple du geste intime de service dans l’amour que Jésus a donné et par respect du commandement fait à ses disciples de faire de même. Lire la suite

Marie de Magdala, une figure instauratrice

Charlotte Plante

De toutes les figures évangéliques féminines, celle de Marie de Magdala me paraît valoir occuper une place dans ce numéro des Cahiers de spiritualité ignatienne consacré aux réformatrices. Non pas qu’elle se qualifie, à proprement parler, comme telle, mais sous l’aspect connotatif d’une instauratrice. Je la présente d’une part à la fois comme « inaugurale » de l’annonce de Jésus ressuscité qui, selon le récit johannique, lui est apparu, à elle, la première. Et d’autre part comme une figure « mémorielle » à interpréter, encore et toujours, de sorte que la parole de l’annonce soit conservée et amenée à une expression nouvelle dans les communautés de disciples, aujourd’hui notamment. Lire la suite

Marie – Madeleine : le chemin de la « perte féconde* »

   Anne-Marie ChapleauOublions la prostituée, la femme fatale ou la séductrice drapée dans sa longue chevelure comme d’autres dans leur vertu. Cette image de Marie de Magdala 2, forgée au VIe s. par le pape Grégoire le Grand, résulte d’un amalgame de trois personnages féminins du Nouveau Testament que rien n’autorise pourtant à confondre : la pécheresse anonyme de Luc (7,36-50), Marie de Béthanie (Lc 10,38-42 ; Jn 11,1 ss) et… Marie-Madeleine. La figure ainsi forgée devenait le modèle exemplaire de la femme de mauvaise vie transmuée en incarnation de la repentance. Entre Ève, celle par qui arriva le scandale [du péché], et la Vierge Marie, aussi parfaite que hors d’atteinte, la Magdaléenne représentait de manière particulièrement efficace l’humanité rachetée. Cette figure a fait florès auprès des artistes et des facteurs de légendes 3. Lire la suite

Marie de Magdala, l’« apôtre des apôtres »

Pauline Jacob[…] Un personnage du Second Testament dont j’ai assez souvent entendu parler à l’église comme sur les bancs de l’école est Marie de Magdala, mieux connue sous le nom de Marie Madeleine, une déformation probable du mot « Magdaléenne ».

On l’a longtemps considérée comme la « prostituée repentie ». Mais le récit biblique nous en présente un portrait bien différent. Nulle part dans l’Écriture elle n’est identifiée comme une pécheresse publique ou une prostituée. Lire la suite