Femmes à part entière dans l’Église

Présentation faite au colloque ayant pour thème Visage féminin de l’Église! dans le cadre des célébrations du150e anniversaire de la fondation de l’archidiocèse de Rimouski.
(Texte-synthèse – 
Une version complète suivra)

Rappelons d’abord qu’au temps de Jésus, la femme était considérée comme une mineure du berceau à la tombe, toujours sous la tutelle d’un homme (père, mari, fils). D’où la vie de misère pour une veuve sans fils. Elle tire se reconnaissance dans la maternité. D’où le drame de la stérilité, toujours imputée à la femme. Elle ne peut, en réalité, traverser le seuil de sa demeure sans être voilée. Lire la suite

Femmes ordonnées? Quel espoir?

Les femmes occupent une place indéniable dans l’Église catholique romaine. Elles composent la majorité du personnel engagé dans les paroisses, à titre bénévole ou en tant qu’agentes de pastorale salariées et mandatées par leur évêque. Je me plais parfois à imaginer l’électrochoc que provoquerait une grève où toutes les femmes engagées cesseraient leurs activités. Parions que le quotidien en serait affecté au point de réaliser que les femmes sont des piliers de la vie ecclésiale! Lire la suite

Une porte vers la prêtrise s’entrouvre pour les femmes

Début février, la revue Jésuite La Civiltà Cattolica a publié (n°3999) un article audacieux questionnant, de façon pertinente, quelques-uns des verrous empêchant les femmes de vivre leur vocation à la prêtrise.

Cette revue, dont les épreuves sont relues, avant publication, par la Secrétairerie d’État, jouit d’une grande crédibilité et semble appuyée par le pape lui-même. Ainsi, à l’occasion de la parution du numéro suivant (n°4000), le pape, dans un entretien avec l’équipe de rédaction, a conforté leur travail et les a encouragés à être « une revue de pont, de frontière et de discernement, riche du regard du Christ sur le monde ». Pour le Saint-Père, une foi authentique implique toujours un profond désir de changer le monde. Lire la suite

Transmettre le flambeau- Conversation entre les générations dans l’Église

couv-transmettre-le-flambeauDans la présentation de Transmettre le flambeau- Conversation entre les générations dans l’Église1, ouvrage qu’il a dirigé, Marco Veilleux en précise l’objectif :

Ce livre a précisément pour objectif de « faire mémoire » du souffle puissant qui traversait la période conciliaire et post-conciliaire. ll veut rappeler l’esprit de toute une génération qui a porté, chez nous, ce projet de réaliser une véritable « Église peuple de Dieu », une « Église communion » en tant que Corps du Christ. Alors que les acteurs et les témoins de cette époque se retirent, disparaissent et sont remplacés par des figures aux antipodes de cet esprit et de ce projet, ce livre cherche à favoriser un « passage ». Il veut permettre à des croyantes et des croyants de transmettre, à une nouvelle génération qui lui est solidaire de pensée et de vision, le flambeau de cette tradition ouverte et progressiste du catholicisme d’ici.

Avec les permissions requises, voici l’échange entre deux des six participants à cet ouvrage :

Une Église en mal de réconciliation par Élisabeth J. Lacelle 

Dans la tourmente de ce temps… espérer par Marco Veilleux


1- Veilleux, M. (Dir.), (2008).Transmettre le flambeau – Conversation entre les générations dans l’Église. Montréal : Éditions Fides.

Une Église en mal de réconciliation

Texte publié dans Veilleux, M. (Dir.), (2008).Transmettre le flambeau – Conversation entre les générations dans l’Église. Montréal : Éditions Fides et reproduit avec la permission de l’éditeur.

Elisabeth LacelleComment transmettre la foi que j’ai reçue en héritage et que j’ai vécue, engagée sur le plan théologique et pastoral dans une Église, certes remise en question sur bien des points, mais animée du souffle d’espérance qu’a été le concile Vatican II (1962-1965)? Sous une gouvernance restauratrice et centralisatrice, cette Église s’est repliée de nouveau sur elle-même, comme sur la défensive, dès les années 1980. On a fermé les fenêtres que Jean XXIII avait voulu ouvrir pour la rajeunir et l’aérer de vent évangélique. Au point que son témoignage de communauté de femmes et d’hommes intégralement sauvés en Jésus Christ, dans l’histoire et au cœur de la création, se trouve souvent et gravement compromis. Lire la suite

Dans la tourmente de ce temps… espérer

Texte publié dans Veilleux, M. (Dir.), (2008). Transmettre le flambeau – Conversation entre les générations dans l’Église. Montréal : Éditions Fides et reproduit avec la permission de l’éditeur.

marco-veilleux3Valete! Vous terminez votre lettre par une formule latine traditionnelle de salutation et d’adieu –que l’on peut traduire par « portez-vous bien! » Cette formule nous relie aux générations passées de chrétiens. Une telle volonté d’affirmer et de cultiver les liens entre les générations nous inscrit, en tant que croyants, dans une mystérieuse communion qui traverse l’espace et le temps. Elle donne à notre foi une profondeur historique et spirituelle. Lire la suite

Femmes prêtres : « Vraiment? Jamais? »

Texte d’abord publié sur le site Culture et Foi ‑ Explorer la quête spirituelle et la recherche de sens et reproduit avec les permission requises
jocelyn-girard
Lors de son vol de retour de Suède, où il a pu rencontrer notamment l’archevêque Antje Jackelén, présidente de l’Église luthérienne nationale et bien d’autres femmes prêtres, le pape François a dû répondre à nouveau à la question de l’ordination des femmes dans l’Église catholique. La journaliste, ne se satisfaisant pas de la première réponse, formelle, a insisté : « Vraiment? Jamais? ». Et le pape s’est alors clairement impliqué : « si on lit attentivement la déclaration de saint Jean-Paul, cela va dans cette direction, oui ».

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Une relecture sous l’angle de l’exégèse biblique des arguments scripturaires utilisés par Rome dans la controverse autour de l’ordination des femmes

Texte d’une conférence présentée lors du colloque L’accès des femmes aux ministères ordonnés dans l’Église catholique : une question réglée en octobre 2006. Ce texte a été publié une première fois sur notre site et est d’actualité à la suite des récentes déclarations de François

olivette-genest-2Des perplexités d’exégète « de métier », des réflexes nés d’une longue familiarité avec l’Ancien Testament, le Nouveau et la littérature apparentée m’ont conduite à l’étude des textes pontificaux promulgués en réponse à la demande d’ordination sacerdotale pour les femmes. Deux affirmations posées comme évidentes ont surtout attiré mon attention :

1) la dite clarté des évangiles au sujet de l’ordination réservée aux hommes;
2) la conclusion qu’ont tirée Paul VI et Jean-Paul II : l’Église n’est donc pas autorisée à ordonner les femmes.

Cette clarté ne s’était jamais levée sur ma lecture personnelle. Lire la suite

Tout a commencé par la désobéissance de certains évêques

pauline-jacob-6Des femmes prêtres reconnues depuis 40 ans dans l’Église épiscopale des États-Unis

Le 16 septembre 1976, l’Église épiscopale des États-Unis, une partie de la Communion anglicane mondiale, reconnaissait officiellement l’accessibilité de femmes à la prêtrise. Le 30 novembre de la même année, l’Église anglicane du Canada ordonnait six femmes prêtres grâce au travail de sensibilisation réalisé par Edward W. Scott, alors primat de l’Église anglicane du Canada (Fletcher-Marsh, 1995, p. 109‑111). Ces deux événements méritent d’être soulignés. Il sera davantage question dans ce texte des femmes de l’Église épiscopale des États-Unis dans la foulée d’un article de Winston W. Wiley (2016). Lire la suite

Les mouvements féministes chrétiens québécois : persévérance et créativité

Un appel à la solidarité : un autre monde est nécessaire pour une égalité
des hommes et des femmes dans l’Église

Intervention de Pauline Jacob au Forum mondial théologie et libération [FMTL] à l’intérieur du panel « Transformer les religions et les théologies kyriarcales : approches féministes », le 8 août 2016.

Pauline Jacob 3Afin de faciliter la compréhension de personnes originaires d’autres pays, voici une petite précision. En plus des sociétés autochtones, le Canada compte deux grandes sociétés : l’une anglophone et l’autre francophone; et la majorité francophone réside dans la province de Québec.

Au Québec, le féminisme chrétien est bien vivant. Il a été et continue d’être alimenté dans les milieux universitaires et dans des groupes de femmes. C’est de ceux-ci dont il sera davantage question ici, me limitant à la tradition catholique francophone, majoritaire au Québec. L’accent sera mis sur la réalité des femmes oeuvrant dans l’institution catholique. Elles font partie de notre société et sont souvent oubliées. En effet, dans l’ensemble des institutions de l’univers séculier québécois, les femmes ont obtenu, du moins en principe, l’égalité avec les hommes; mais ce n’est pas le cas dans l’Église catholique. Lire la suite