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A propos Johanne Philipps

Johanne Phillips a soutenu avec succès sa thèse de doctorat « Comment le projet de laïcité québécoise est défavorable aux femmes. L’urgence de briser une évidence », le 17 janvier 2020, pour l’obtention d’un Ph. D. en Sciences religieuses. Membre de la collective L'autre Parole, elle est l'auteure de nombreux articles concernant les relations religions-État. Elle a oeuvré comme intervenante en soins spirituels en milieu hospitalier.

À mes mères dans la foi

Chères mères dans la foi,

J’ai soutenu, au mois de janvier, une thèse de doctorat en sciences des religions qui vous était dédiée. Vous n’en avez rien su. Vous ne vous doutiez même pas que j’étais votre fille. Ce qui nous relie, vous et moi, est une filiation restée anonyme. Tout comme les nombreux ministères que vous exercez dans l’Église. Chères mères, vous ne savez pas jusqu’à quel point vous m’avez donné la vie. Je n’ai pas souvenir de l’avoir mentionné durant la soutenance. Nul mot à ce sujet. J’ai toutefois eu la joie de voir une d’entre vous venir s’installer discrètement dans la salle et je savais que certaines, n’ayant pu être présentes, me portaient dans leurs prières. Lire la suite

À quand une citoyenneté ecclésiale pour les femmes?

À l’heure où le droit à l’égalité et la laïcité de l’État sont au cœur des débats, la discrimination envers les femmes qui se vit dans l’Église catholique, soutenue par l’État, devrait nous faire réfléchir.

Depuis près de 50 ans, nous sommes témoins du déploiement des théologies et de la militance féministes chrétiennes. De nombreuses femmes ont cru que le jour viendrait où le statut des femmes dans l’Église catholique changerait. Or, nous assistons plutôt au blocage continu des relations de pouvoir dans cette Église, en dépit d’un contexte social qui a évolué en faveur des femmes. En effet, en 1964, par exemple, l’article 177 du Code civil, qui privait les femmes mariées de la disposition de leurs biens sans le consentement de leur mari, a été modifié. À la suite de l’abolition de l’article 174 du Code civil, en 1980, les premières générations de Québécoises ont pu se marier sans promettre obéissance à leur mari. Ainsi, le mariage ne signifie plus pour les femmes de renoncer à leurs droits. Lors du colloque Virage 2000 de Femmes et ministères, un réseau qui travaille à l’amélioration de la situation des femmes en Église, Hélène Pelletier-Baillargeon affirmait : « […] il paraissait déjà évident, à l’orée des années 1960, que la génération de nos filles, nées libres et égales dans la société civile, accepterait très mal cette dichotomie [dans l’Église] qui avait été le lot de leurs mères1. » Un tel écart, selon cette militante, ne pouvait que créer une forme de schizophrénie. Lire la suite

L’ordination des femmes – recension

L’ordination des femmeL’ordination des femmes
de Pauline Jacob et THuy-Linh Nguyen, Médiaspaul, 2011
Johanne Philipps, L’autre parole


L’ordination des femmes: un dialogue avec l’antiféminisme.
Les éditions Médiaspaul, dirigées par la Société Saint Paul, communauté religieuse masculine, proposent une nouvelle collection, intitulée Dialogues, dont le but est de traiter de questions controversées au sein de l’Église. Pour ce faire, on nous présente les arguments d’une ou d’un auteur qui défend la position du magistère et une ou un autre dont le propos appuie le changement. C’est dans le cadre de cette collection qu’est publié l’ouvrage L’ordination des femmes dont les auteures sont Pauline Jacob et Thuy-Linh Nguyen. À propos de ce volume, le site des Éditions Médiaspaul mentionne que « le lecteur pourra se faire sa propre idée sur l’ordination des femmes, sujet abordé ici avec clarté et discernement par des spécialistes ouvertes au dialogue. » Lire la suite