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A propos Yvonne Bergeron

Détentrice d'un Ph. D. (théologie), Yvonne Bergeron, c.n.d., est engagée dans différentes causes sociales. Professeure à la faculté de théologie et d'études religieuses de l'Université de Sherbrooke, puis coordonnatrice du Service de la pastorale sociale du diocèse de Sherbrooke, cette ancienne membre du réseau Femmes et Ministères sait allier rigueur intellectuelle et action. Elle est l'auteure de « Partenaires en Église, Femmes et hommes à part égale » (Éditions Paulines, 1991) et de nombreux articles.

Les relations femmes et hommes dans l’Église – « N’éteignez pas l’esprit »

Il y a cette question qui nous tenaille…

Depuis les cinquante dernières années, le débat sur l’égalité des relations hommes-femmes dans l’Église s’est singulièrement agité, les efforts de changement se sont multipliés, les recherches n’ont cessé d’approfondir la réflexion sous des angles différents. Par ailleurs, de nombreuses femmes « se disent » appelées au ministère ordonné, mais, jusqu’à ce jour, on leur refuse même le discernement vocationnel accordé aux hommes. Or l’accessibilité à toutes les fonctions constitue une facette de cette égalité. Si la volonté de progresser demeure présente et que des pas sont faits dans la bonne direction, le blocage systémique reste entier. L’enjeu est de taille pour l’Institution ecclésiale car il s’agit d’un test d’humanisation et de cohérence évangélique. Comment peut-elle avancer que le sexisme est un mal dans notre monde alors que dans sa propre organisation elle le confirme? Et quand elle affirme en même temps que c’est l’Esprit qui appelle et qu’il n’appelle que des hommes, alors émerge une question incontournable : De quel Esprit s’agit-il?  Lire la suite

« Ordinatio sacerdotalis » vingt ans plus tard

Yvonne BergeronC’était le 22 mai 1994. Il y a vingt ans déjà. Ce jour-là, Jean-Paul II publiait la lettre apostolique sur L’ordination exclusivement réservée aux hommes (Ordinatio sacerdotalis) dans laquelle il déclarait « que l’Église n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Église » (par. 4). Triste événement il va sans dire. Dans la présente réflexion, après avoir simplement rafraîchi notre mémoire concernant quelques éléments incontournables aujourd’hui encore, je tenterai brièvement de voir si quelque chose de prometteur se profile dans le paysage actuel.
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Des têtes « dures » ou des femmes d’espérance?

Yvonne BergeronÀ la soirée 70ème anniversaire de  Relations[1] , Albert Beaudry a rappelé de façon humoristique l’entrée des femmes au comité de rédaction de la revue. Évoquant les raisons d’un tel choix, il affirme qu’il ne s’agissait pas seulement d’une question d’écriture et de traitement de la situation des femmes dans la société et dans l’Église. Si le comité, disait-il, « ne pouvait se passer des femmes en 1979, c’était pour penser l’actualité en stéréo. Pour « tenir tête » : quelques « Monsieur Tête » avaient grand besoin, en face d’eux, d’une ou plusieurs ‘Madame Tête’ pour décoder un monde qui ne serait plus jamais ce que leurs études classiques et théologiques les avaient préparés à affronter »  et il ajoutait : « j’ai toujours pensé que le génie féminin saurait harnacher l’agressivité sublimée qui propulse la joute intellectuelle masculine »[2] . Lire la suite

L’ espérance d’un avenir en gestation dans notre monde – Relecture de la marche mondiale des femmes 2010

Yvonne BergeronDans le climat économique, politique et social actuel, nombre de militantes et de militants s’inquiètent parfois devant l’apparente inutilité de tant de gestes (prises de parole, pétitions, manifestations, marches…) par lesquels s’expriment leur refus de l’inacceptable et leur volonté de construire différemment le monde. Pourquoi donc continuer de marcher encore et encore ? Vers quoi marcher ? Y a-t-il quelque chose de prometteur à l’horizon ? Or, si tous les milieux humains sont « ouverts » à l’espérance, le mouvement de la Marche mondiale des femmes – concernant plus de la moitié de l’humanité – ne s’avère-t-il pas un lieu singulièrement représentatif ? Il nous renvoie, de façon spéciale, au cœur d’une conviction forte et profonde  que nous appelons une espérance têtue. Le présent texte entend développer brièvement cette affirmation en rappelant à la fois la promesse de cette espérance, le dynamisme dont elle est porteuse et le visage particulier qu’elle entend se donner aujourd’hui. Lire la suite

Le symposium au miroir des observateurs

Yvonne BergeronIl convient tout d’abord de remercier les responsables qui ont organisé ce symposium et qui ont présidé à son déroulement. Ce fut un lieu de parole libre. Ce fut un lieu de recherche éclairante en sciences humaines et en théologie. Sur un sujet vital, tant pour la société que pour l’Église : la mutualité homme-femme, ce qu’on appelle aujourd’hui d’un mot devenu un peu passe-partout mais qui dit bien une aspiration profonde de notre temps, le partenariat. Lire la suite