À propos de Lise Baroni

Théologienne spécialisée en théologie pratique et en travail social et cofondatrice du réseau Femmes et Ministères, Lise Baroni a été successivement directrice d’un centre de jour pour familles défavorisées, d’une école de formation au diocèse de St-Jérôme et professeure à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal. Elle est coauteure de « Voix de femmes, voies de passage » et de « L’utopie de la solidarité au Québec ».

Le Déni. Enquête sur l’Église et l’égalité des sexes – recension

COUV Le DeniUne recension du livre de Maud Amandier et Alice Chablis, Le déni : Enquête sur l’Église et l’égalité de sexes, Éditions Bayard/Novalis, 2014, 394 pages
par Lise Baroni Dansereau

Cette recension a été publiée dans RENCONTRE, LE MAGAZINE DU CENTRE CULTUREL CHRÉTIEN DE MONTRÉAL et est reproduite avec les permissions requises.

Ouf ! Quel pavé dans la mare! Lourd, solide, corsé… Mais reste-t-il encore beaucoup d’eau dans la mare ecclésiale? Qui éclaboussera-t-elle vraiment ? Peu de gens peut-être. Voilà pourtant une enquête sérieuse, documentée, fondée sur de nombreuses études et fort pertinente pour qui ne renonce pas à voir l’Église catholique évoluer. Lire la suite

Conversation entre femmes de deux générations

J’ai 68 ans. Je suis issue du grand mouvement de libération féministe. Il me semble parfois que mon réseau d’amies s’étend presque à l’infini. L’amitié, la solidarité, la complicité, la sororité ont toujours occupé une place importante dans ma vie. De toutes ces femmes que j’apprécie, Jeanne est l’aînée. Elle porte ses 92 ans avec une élégance et une intelligence qui me touchent chaque fois que j’ai la chance de la rencontrer, ou de « la lire », car les communications informatiques sont loin de bloquer sa vivacité d’esprit. Nos échanges, plutôt occasionnels, soulèvent toujours chez moi un grand intérêt. Deux univers nous animent : celui de la foi car elle est grande croyante, et celui du féminisme car elle est femme jusqu’au bout des doigts. Par ailleurs, nos formations, nos professions et nos expériences étant différentes, nos conversations évoluent parfois vers une sorte de confrontation riche et dynamique. Voici le résultat de l’une d’entre elles : à l’occasion de la rédaction d’un article, j’ai sollicité ses questions et commentaires. Vous constaterez que notre discussion autour des rapports difficiles entre certaines interprétations chrétiennes et le féminisme d’aujourd’hui ne souffre en aucune façon des écarts d’âges, de culture et d’origine sociale qui nous caractérisent. Seule l’expérience d’être femmes semble avoir guidé, plus ou moins consciemment, nos propos. Lire la suite

Le corps/eucharistie

De nos jours, parler de rites chrétiens même s’il s’agit du plus fondamental d’entre eux n’est certes pas un défi facile à relever. La culture religieuse québécoise a subi un tel éclatement que tout se passe comme si des phrases connues s’étaient mises à virevolter dans tous les sens, se libérant de leur cadre d’interprétation habituelle, pour aller s’accoler de façon éparse et  indéterminée sur les pages vierges d’un livre non encore écrit[1]. On ne s’y retrouve plus; comment arriverais-je à revisiter théologiquement, pour notre contexte, des siècles et des siècles de croyances, de prières et de foi sincère, sans trahir le meilleur de ce qui s’est transmis? Le pari est immense. Lire la suite

Des réalisations qui passeront à l’histoire

Ces dernières années, on m’a souvent demandé une sorte de bilan du féminisme québécois, surtout depuis la Révolution Tranquille des années 60. J’y retraçais alors les étapes suivantes : la décennie 70/80 qui m’apparaît être celle du « Non, ça suffit! », celle de 80/90 qui se caractérise par nos grandes batailles sociales, politiques et ecclésiales, la décennie 90/2000 où nous avons travaillé à réinterpréter les notions d’expérience, de sujet, de genre, de corporalité, de sororité, de divinité. Quant à 2000/2010, elle m’a semblé amorcer un mouvement qui va du social (axé sur des revendications publiques de type politique) au culturel (axé sur une nouvelle façon d’être, de se positionner, d’analyser et d’intervenir). À quelques décalages près, cette évolution s’est réalisée tout autant dans l’Église que dans la société québécoise. Lire la suite

La résistance des femmes engagées en Église : un mouvement à poursuivre

Le présent texte[*] a d’abord été présenté dans le cadre du colloque Virage 2000. Il a été grandement retravaillé et a été publié dans un collectif chez Novalis sous le titre « Pour une théologie de la résistance dans l’Église » Il a pour objectif de soutenir la réflexion sur les fondements du geste de résistance lui-même, de quelque teneur qu’il soit. Autrement dit, il tente de répondre à la question suivante : Existe-t-il des bases théologiques sur lesquelles des chrétiennes et des chrétiens puissent fonder un geste « politique » de contestation, de dénonciation, de revendication, bref de résistance, dans l’institution ecclésiale elle même ? Lire la suite

Virage 2000 – Les fondements théologiques de la résistance dans l’Église

Quelques précisions

Avant d’aborder la lecture de ce texte, nous aimerions rappeler à la mémoire des « anciennes » et à la connaissance des « nouvelles » le contexte dans lequel il a été élaboré. Nous l’admettons sans problème, à la fois le contenu, le style et le ton demandent à être justifiés. Voici donc, très brièvement, quelques précisions : Lire la suite

Dieu, Itinérance infinie

Lise BaroniL’automne dernier, sur le quai d’une gare, au terme d’un voyage qui avait duré 16 heures, mon attention fut attirée par une femme semblant attendre qu’on la remarque enfin. Seule, au milieu de quelques bagages, elle ne savait pas où elle arrivait, elle n’avait aucun endroit où aller et espérait trouver du travail, à l’encontre de tout bon sens, dans ce petit village gaspésien qui s’apprêtait à fermer pour l’hiver. Était-ce son mode de vie habituel? Une fuite de quelqu’un ou quelque chose? Je ne sais… mais visiblement, cette jeune femme était une itinérante. Peut-être a-t-elle fait écho à ma propre itinérance car tout de suite j’ai ressenti de la tendresse pour elle. Lire la suite