Ma rencontre avec soeur Gisèle Turcot

Gisele TurcotC’est une femme élégante et pressée qui m’accueille chez elle pour un entretien de deux heures dans un quartier au nord du Plateau de Montréal. À peine ai-je mis le doigt sur la sonnette que retentit un klaxon derrière moi. Gisèle Turcot est plus du genre à se faire attendre qu’à attendre. Ouvrant la vitre de sa voiture, elle s’excuse d’avoir « prévu trop juste » et entame sans aucune hésitation son créneau. Sitôt les présentations d’usage accomplies, elle vous glisse deux énormes valises entre les bras, « du matériel pour la formation », qu’il faut l’aider à monter au deuxième étage d’un petit immeuble appartenant à sa congrégation où vivent ensemble quatre autres sœurs. Soeur Gisèle Turcot dispose là de quelques pièces pour son travail. L’appartement où je suis reçu est décoré avec goût et si on ne voyait ça et là icônes, bibles, livres et sujets pieux ainsi qu’un petit orgue électrique, on ne pourrait pas vraiment dire qu’il s’agit de l’appartement d’une religieuse… L’entretien se passe dans le salon et pendant deux heures, la soeur revient sur son enfance, sa vocation religieuse son lien avec le féminisme, et aussi son engagement de quarante ans pour l’Église et pour la société du Québec… Un grand témoin de son époque dont la mémoire est un bien précieux! Lire la suite